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Le glissement droitier de la société française, Anne Sinclair interviewe le politologue Gaël Brustier

Glissement droitier de la société française : Anne Sinclair interviewe le politologue Gaël Brustier

10/12/2014 – PARIS (NOVOpress)
Alors qu’on remarque très clairement le glissement droitier de la société française, Anne Sinclair a invité Gaël Brustier, politologue, contributeur à la fondation Jean-Jaurès (proche du Parti socialiste), auteur de Le Mai 68 conservateur, et l’un de ceux qui ausculte le mieux la droite, pour nous parler de cette mouvance. Emission d’Europe 1 du 6 décembre 2014.

Quelques brefs extraits en texte (et ensuite l’interview en audio et vidéo) :

La Manif pour tous a fait se lever une génération de cadres politiques nouveaux qui s’attaquent à tous les aspects de la vie humaine ». « Donc ça leur donne une force dans la société parce qu’ils donnent une explication du monde cohérente avec l’expérience de nos concitoyens.

Jean-Yves le Gallou, Bruno Mégret ont joué dans les années 80 un rôle extrêmement pervers dans notre histoire, qui a été celui de réinoculer dans le débat politique français un certain nombre de thématiques qui ensuite ont infesté toute la droite.

Zemmour qui s’est droitisé devient l’idéologue du Bloc Identitaire.

En France il y a maintenant « une espèce de volonté de casser les tabous » (il parle bien sûr des tabous du politiquement correct, pour Gaël Brustier cette volonté est d’ailleurs un « malaise intellectuel »).

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Malgré le rejet de la gauche, la droite parlementaire reste dans l’impasse - par Michel Geoffroy

Malgré le rejet de la gauche, la droite parlementaire reste dans l’impasse – par Michel Geoffroy

05/09/2014 – PARIS (via Polémia)
La gauche dégringole dans l’opinion avec la pitoyable présidence Hollande. Néanmoins avec le gouvernement Valls 2 elle prend rang pour l’avenir autour d’une stratégie lisible et cohérente : néo-capitalisme et réformes sociétales. On ne peut pas en dire autant de la droite parlementaire.


Une stratégie cohérente

Les médias de propagande ont mis en scène les états d’âme des militants du PS. Cependant cela ne peut masquer le fait que la stratégie Valls 2 est cohérente à la fois idéologiquement et politiquement.

Cohérente idéologiquement, parce que le néocapitalisme repose sur l’individuation des mœurs et la déconstruction de toutes les normes culturelles et sociales qui pourraient faire obstacle au libre-marché censé rendre la mondialisation heureuse.

Les grandes entreprises mondiales et leurs fondations préconisent d’ailleurs les réformes « sociétales » (qu’il s’agisse des discriminations positives, du féminisme ou de la promotion de l’homosexualité) comme on se souvient que l’ancienne présidente du Medef se déclarait favorable au métissage des cultures. La gauche bobo-libertaire est donc parfaitement en phase avec le néocapitalisme.

Les réformes sociétales servent aussi à faire croire que la gauche se préoccupe toujours du « progrès social » et du « changement », alors qu’en réalité elle sert le néocapitalisme.

La gauche peut désormais se passer du peuple

La stratégie Valls 2 est cohérente politiquement aussi, parce que la gauche a rompu avec le peuple et les classes moyennes autochtones – qui votent désormais majoritairement populiste – puisqu’elle a abandonné l’ambition socialiste de sortir du capitalisme et de faire fonctionner l’ascenseur social.

La gauche se concentre désormais sur une stratégie de niches électorales (immigrés, «minorités» diverses, bobos) et cherche à séduire les puissances d’argent car celles-ci maîtrisent les médias et donc le système politique en post-démocratie. Et comme l’a montré l’élection présidentielle de 2012, on peut très bien en post-démocratie être élu tout en étant minoritaire dans l’opinion.

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Résultats des législatives 2012 : attention à l'intoxication médiatique !

Résultats des législatives 2012 : attention à l’intoxication médiatique !

24/06/2012 —16h00
Via POLEMIA — « C’est la droitisation de l’UMP qui lui a fait perdre les élections législatives » : voilà l’affirmation reprise en boucle par les médias de l’oligarchie depuis le 17 juin 2012, une assertion d’ailleurs répétée par les principaux médiagogues de l’UMP mais qui ne repose sur aucune réalité. Nos lecteurs trouveront, en PDF, une analyse très complète et très argumentée des résultats réalisée par Etienne Lahyre.

Il s’agit d’une analyse implacable des faits qui démontre notamment :

1-Que les législatives sont dans l’étroite dépendance de la présidentielle ; que l’abstention a été particulièrement forte dans les régions de droite (Alsace-Moselle, littoral méditerranéen, Rhône-Alpes), régions qui sont aussi les zones de force du Front national. On constate d’ailleurs, dans les circonscriptions où le Front national est fort au premier tour mais absent du second, une forte poussée de l’abstention au deuxième tour (de 4% à 6% supplémentaires). Cette dégradation des reports des électeurs FN vers l’UMP ne peut pas s’expliquer par sa « droitisation » mais, au contraire, par son insuffisance…

2-A contrario, le Front national améliore considérablement sa situation au deuxième tour par rapport aux élections antérieures. Non seulement il gagne des voix dans les duels UMP/FN, ce qui est habituel, mais surtout sa situation s’améliore fortement en triangulaires et en duels FN/gauche :

– en triangulaires : là où le FN arrive en troisième position, il reculait fortement en pourcentage en 1997, mais il résiste très bien en 2012 ; là où le FN arrive en deuxième place, il progresse nettement, bénéficiant d’un « vote utile » en provenance de l’UMP comme dans le Gard, ce qui permet l’élection de Gilbert Collard ;

– en duels gauche/FN, les reports de l’UMP et des divers droites sur le FN sont nettement meilleurs que lors des échéances électorales précédentes ; dans les 21 circonscriptions concernées le FN récupère au deuxième tour 92,5% du total FN + UMP + divers droites.

3-L’exemple du Comtat Venaissin

A Orange, Jacques Bompard obtient 22% au premier tour et rassemble sur sa candidature d’union populiste 59% des suffrages au deuxième tour ; sa stratégie d’union facilite l’élection de Marion Le Pen à Carpentras-Sud et celle d’un UMP à Carpentras-Nord. A Cavaillon, la gauche est éliminée dès le premier tour. Ainsi, dans le Vaucluse quatre des cinq circonscriptions sont acquises à la droite mais la gauche minoritaire l’emporte en triangulaire (avec un FN devant l’UMP) à Avignon.

4-L’intoxication médiatique sur la droite populaire

Les médias de l’oligarchie ont souligné à l’envi ce qu’ils ont appelé « la débandade de la droite populaire ». Or, sur 38 députés réinvestis 20 sont réélus, dont trois en triangulaires. Sur les 30 candidats en duel au deuxième tour, 15 améliorent les résultats de deuxième tour de la présidentielle, ce qui est une performance remarquable puisque, en moyenne nationale, l’UMP atteint 44% le 17 juin, en recul de 4,5% sur le résultat du 6 mai de Sarkozy.

Sur les 18 candidats battus, 6 le sont en triangulaire dont un au profit du FN : ce n’est pas la « droitisation » des candidats qui les a privés des voix FN, c’est la distorsion entre leurs paroles et leurs actes.

Quant aux 12 candidats battus en duel, seuls deux le sont dans des circonscriptions où Sarkozy avait obtenu plus de 50% des suffrages. A contrario 6 d’entre eux sont battus malgré une performance meilleure que celle du président sortant. Les difficultés de la droite populaire ne sont pas dues à son mauvais positionnement politique mais à la nature des circonscriptions concernées.

L’étude d’Etienne Lahyre est un outil de travail indispensable pour comprendre ce qui s’est passé les 10 et 17 juin 2012 et ne pas se laisser abuser par des « observateurs » aussi mal informés que malhonnêtes.