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Drachmes : billets grecs

La BCE évoque une monnaie Grecque parallèle

Source : Reuters – Une dépêche de Reuters mentionnait, le weekend dernier, une « proposition » de Bruxelles, pour aider la Grèce, en cas de non accord avec l’Eurogroupe et donc d’impossibilité pour le gouvernement grec de payer ses salaires, ses retraites, etc… à mettre en place de façon provisoire une double monnaie appelé en Anglais IOU, « I Owe You », soit « Je Vous Dois ». Plus simplement des reconnaissances de dette papier.

Le gouvernement pourrait ainsi émettre des reconnaissances de dette pour payer les salariés du secteur public et les retraités et libérer du « vrai » cash pour rembourser la dette. Mais cela pourrait aussi provoquer un chaos économique si la population craint que les reconnaissances de dette ne soient jamais payées, avec un risque de paralysie du secteur public qui pourrait tout simplement se mettre en grève générale. Même si le peuple grec accepte ces reconnaissances de dette, ce système ne pourrait pas fonctionner longtemps. Ces reconnaissances de dettes pourraient ainsi servir à payer l’impôt. Et comme ces IOU n’ont aucune valeur sur le plan international nous aurions un nouveau défaut de paiement. De fait les IOU deviendrait une monnaie grecque parallèle dont la valeur serait largement inférieure à celle d’un euro normal. Cela équivaudrait à une sortie de la zone euro.

Mais comme il est bien entendu impossible d’abandonner l’euro, on présentera cette solution comme provisoire – un provisoire qui conduira inéluctablement, à plus ou moins brève échéance, à la sortie de l’euro. Car les élites ultra-libérales qui nous gouvernent ne peuvent admettre à aucun prix qu’ils ont bâti il y 25 ans un système extrêmement rentable pour une minorité d’entre eux mais qui a tant couté au peuple en destruction de richesses, d’emplois, en vies perdues et que ce système n’est plus tenable. La Grèce est bien un parfait symbole de cette chimère qui a enrichi les riches et appauvri les pauvres, balayé toute forme de services public dans la santé et les transports et en tentant jusqu’au bout de détruire toute contestation populaire, par la menace ou en envoyant des élus du peuple en prison sous des prétextes fallacieux. La nouveauté est que Bruxelles cherche des solutions techniques pour que le passage soit le moins chaotique possible, en présentant cela bien entendu comme une aide purement humaniste, mais sans pour autant annuler la dette. Le défaut viendra forcément, par une dévaluation/inflation qui en réduira le montant nominal au fil des ans.

Première étape de ce scénario, l’établissement en Grèce d’un contrôle de sortie des capitaux, qui mettra déjà en cause le principe fondamental de libre circulation des biens et des capitaux dans l’UE. Cela pourrait être évoqué cette semaine si la Grèce ne capitule pas face aux exigences de l’Allemagne, la BCE et la Commission. En tout état de cause, ce n’est qu’une question de temps avant que la drachme soit officiellement de retour.

Une question qui semble n’intéresser pour le moment que les spécialistes, mais dont l’impact sur l’UE et donc sur la France pourrait être considérable.

Crédits photo : montage NOVOpress