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Rome : non au « mariage » gay (Présent 8382)

24/06/2015 – FRANCE (NOVOpress)

Rome a rendu public le document de travail pour la deuxième session du synode, en octobre prochain, consacré à la famille en général, mais focalisé, en particulier, sur le sort des divorcés-remariés et l’accueil des homosexuels dans l’Église. Les propositions « d’ouverture » n’avaient pu recueillir les deux tiers des suffrages épiscopaux nécessaires à leur adoption, en 2014. François espère qu’un an plus tard, après la consultation des fidèles et des épiscopats, les pères synodaux iront dans le sens des « avancées » qu’il souhaite. De toute façon, c’est au souverain pontife qu’il appartiendra de trancher. C’est la grande ambiguïté d’une Église qui, après Vatican II et l’extension de la collégialité, l’exaltation du « peuple de Dieu », se veut plus démocratique, mais dont le pape entend continuer à user de son pouvoir hiérarchique dès que « le peuple de Dieu » et les évêques ne sont pas d’accord avec lui…
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Cela, c’est pour la forme. Sur le fond, le document de travail récuse le « mariage » entre personnes du même sexe on ne peut plus clairement. La communauté gay doit retomber sur terre, elle qui avait cru voir dans le « Qui suis-je pour juger un homosexuel qui cherche le Seigneur ? » une ouverture vers ce « mariage ». Mais alors, que peut bien signifier l’accueil de ces personnes dans les églises, puisqu’il n’y aura ni « mariage » ni bénédiction ? Les traiter avec bienveillance, comme toute personne humaine et « les écouter avec respect et délicatesse », dit le texte, ce que font déjà les prêtres quand un homosexuel frappe à leur porte. Fallait-il susciter tant d’émoi chez les fidèles pour énoncer de telles évidences morales ?
Pour ce qui est de l’accès à la communion des divorcés remariés, il y aurait là une rupture avec la doctrine et la pratique de l’Église, puisque certains pourraient être admis à partager le sacrifice eucharistique. Cela devra se faire au cas par cas, « sous certaines conditions strictes et après un long discernement spirituel ». Le cardinal Kasper, chargé par le pape de la rédaction du document, a précisé que, pour décider ou non de cette admission, il faudra tenir compte « de la conscience subjective » et de « l’intention » du fidèle qui la sollicite. Mais n’est-ce pas cela, le « for interne » qui relève du confessionnal ? Il y a antinomie entre édicter une règle commune et l’appréciation au « cas par cas ».
Avec l’abandon du principe, ce qu’on retiendra, c’est que les divorcés-remariés peuvent communier. C’en sera fini du « cas par cas » rapidement. Le processus est connu : la permission devient autorisation et celle-là droit. Dernier exemple en date : la distribution de la communion par les laïcs. L’Instruction Redemptionis sacramentum ne la prévoyait qu’en des « cas exceptionnels » – jamais de façon fréquente et régulière – le laïc, devenant « ministre extraordinaire de la sainte communion », devait être agréé par l’évêque. Quelle paroisse aujourd’hui tient compte de ces normes ? Il en sera de même du « cas par cas » des divorcés-remariés.

Guy Rouvrais