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Rétrospective Diane Arbus à la Galerie nationale du Jeu de Paume (Paris)

Rétrospective Diane Arbus à la Galerie nationale du Jeu de Paume (Paris)

09/01/2012- 20h00
PARIS (NOVOpress) – A Paris, la Galerie nationale du Jeu de Paume consacre jusqu’au 5 février prochain une rétrospective événement à la photographe américaine Diane Arbus (1923-1971). L’occasion de découvrir ou de revoir une œuvre qui n’a rien perdu de sa puissance singulière, 40 ans après la disparition de son auteur.

Diane Arbus (photo-ci-dessus) s’est fait connaître dans les années 60 grâce à une série de photos consacrées à ceux qu’elle nommait avec affection les « freaks » : phénomènes de foire, travestis, transsexuels, nudistes, handicapés… Issue d’une riche famille juive new-yorkaise, sa prédilection pour les bas-fonds peuplés de monstres et de marginaux tient à la fois de la fascination et de la répulsion. Toutefois, l’excentricité, voire parfois la difformité de ses modèles, ne constitue pas le thème central de ses photos. En donnant à voir leur mal-être, leur solitude, leur détresse affective, leur fêlure, c’est le mystère de notre unicité, de notre identité, que la photographe interroge. En cela, on peut dire que Diane Arbus a dynamité les codes du grand reportage social américain hérités de Walker Evans pour explorer une veine plus métaphysique et personnelle, imposant une vision inédite de l’Amérique.

L’accrochage de l’exposition, dans laquelle les photographies sont présentées sans fil chronologique ou thématique précis, permet au spectateur de se confronter à la force et à la modernité de son œuvre. Seule son ultime série, plus connue sous le nom d’« Untitled », réalisée peu avant son suicide, est présentée dans une salle à part. Ici, l’inquiétante étrangeté qui habite ses séries précédentes a laissé place à un sentiment d’angoisse face à des visions hallucinées et fantomatiques d’handicapés grimaçants et masqués qui évoquent celles d’un Goya ou d’un Ensor.

Diane Arbus a élevé la photographie au rang d’art majeur et exercé une influence durable sur la génération suivante de photographes, notamment sur Nan Goldin, qui, comme elle, s’attache à documenter l’intimité.

Crédit photo : DR