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Jean-Jacques Urvoas veut désarmer les policiers municipaux

Jean-Jacques Urvoas veut désarmer les policiers municipaux

08/09/2011 – 18h30
QUIMPER (NOVOpress Breizh) – « Désarmer et changer l’uniforme des policiers municipaux » : c’est peu dire que cette proposition du député du Finistère Jean-Jacques Urvoas (PS) a fait réagir les syndicats des intéressés. Qui rappellent que l’armement des policiers municipaux n’a pour seul but que de garantir leur intégrité physique afin qu’ils puissent remplir leur mission – de plus en plus dangereuse – en toute sécurité. Une réalité qui semble échapper à toute une partie de l’oligarchie politique. Et aussi au gouvernement
.

« Il m’a semblé en effet opportun, avant que le candidat du changement soit désigné lors des primaires, de proposer à ceux que le sujet intéresse quelques réflexions iconoclastes sur le terrain que je travaille pour le compte du PS depuis 3 ans : la sécurité. » Avec son livre « Onze propositions chocs pour rétablir la sécurité » (Fayard), le « monsieur sécurité » du PS peut se vanter d’avoir réussi dans la provocation.

Pour le syndicat de la police municipale de la fédération autonome de la fonction publique territoriale (FAFPT) les propositions de cet ex-strauss-kahnien (rallié aujourd’hui à Martine Aubry) font fi de la réalité. D’abord parce que seulement 40% des 3.500 polices municipales sont armées, alors que les autres ne disposent que d’un bâton de défense ou d’une bombe lacrymogène. Ensuite parce que ces débats, estime le syndicat, sont « angéliques » et « d’un autre âge. « La société a évolué. La violence est quotidienne. Une arme est un outil de travail et un équipement de protection individuel. »

Le Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC) s’indigne, quant à lui, du « mépris affiché par M. Urvoas pour les missions exercées au quotidien par des milliers de collègues policiers municipaux ». Dénonçant « la vision technocratique de la sécurité » de J.J. Urvoas, le président du syndicat, Frédéric Foncel, souligne que « ce dédain pour les policiers municipaux de France, 3ème force de sécurité de notre pays, va jusqu’à interdire l’appellation même de police municipale. C’est ignorer les réalités du terrain, et tout cela dans une société de plus en plus violente » avant d’inviter le député du Finistère à faire « un stage de découverte » ( !) dans une police municipale.

Jean-Jacques Urvoas veut désarmer les policiers municipaux

Jean-Jacques Urvoas : des propositions "angéliques" et "d’un autre âge"

Il est vrai que la question de l’armement des policiers municipaux divise aussi l’UMP. Interrogé par Le Figaro (édition du 30 août) Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille – la ville qui bat tous les records d’insécurité – a pu déclarer : « Si armer la police municipale était la bonne solution, il y aurait moins de délinquance dans les villes où elle a été mise en œuvre. Or aucune statistique ne l’a démontré jusqu’à présent. » Ce à quoi le syndicat FAFPT a répondu que l’armement des policiers municipaux « n’a pour but que de garantir l’intégrité physique des agents afin que ceux-ci interviennent en toute sécurité. »

Après la mort tragique de leur collègue Aurélie Fouquet le 20 mai 2010, abattue par une bande de truands équipés d’armes automatiques, les policiers municipaux espéraient une prise en compte de leurs problèmes de la part du gouvernement. Un an plus tard, lors des Premières rencontres de la police municipale qui se sont tenues à Nice le 20 juin dernier, Claude Guéant s’est borné à promettre le financement (partiel) de gilets pare-balles, renvoyant la question de l’armement des policiers à un examen au cas par cas, dans le cadre des conventions de coordination avec la police nationale. Et récemment une circulaire, cosignée par le ministre de l’Intérieur et le Garde des Sceaux, a rappelé que les policiers municipaux ne devaient en aucun cas mener des opérations de maintien de l’ordre.

Lors du décès d’Aurélie Fouquet Nicolas Sarkozy avait rendu hommage aux policiers municipaux qui, avait-t-il dit, « ont droit à la reconnaissance de la Nation pour la qualité de leur travail ». Une reconnaissance toute théorique, manifestement.