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Horst Seehofer

La Bavière contre la suppression des visas pour les Turcs

A l’approche de la suppression des visas pour les près de 80 millions de citoyens turcs, le ministre président de Bavière exprime ouvertement ses inquiétudes. Selon des propos rapportés par le journal Die Welt, Horst Seehofer, qui est aussi président de la CSU, l’allié bavarois du parti CDU d’Angela Merkel, craint que la levée des visas ne conduise à importer en Allemagne les troubles internes de la Turquie. Car la Turquie poursuit ses dures répressions contre sa minorité kurde, et une partie des populations civiles bombardées par les forces d’Erdogan pourrait être tentée par l’émigration.

Seehofer a également critiqué l’annonce de l’accélération des négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE car, a-t-il expliqué, cela fait croire à Ankara que l’Allemagne et les autres nations européennes veulent de la Turquie dans l’UE. « Nous, à la CSU, nous n’en voulons pas », a précisé le leader bavarois.

Dans ce contexte, les déclarations du ministre des Affaires étrangères polonais, Witold Waszczykowski, la semaine dernière à Ankara, ont de quoi surprendre : « Nous voulons voir la Turquie dans un avenir proche comme membre de l’Union européenne », a annoncé le ministre, qui a aussi exprimé le soutien de son pays à la suppression des visas. Même s’il s’agit probablement pour la Pologne d’obtenir le soutien des Turcs et des Américains pour des bases militaires de l’OTAN en Europe centrale pour se protéger contre la Russie, on ne s’attendait pas à de telles déclarations de la part d’un pays qui s’oppose, avec le groupe de Visegrad, à l’immigration de masse et à l’islamisation de l’Europe.

Et ce d’autant plus que la Turquie est en train d’élaborer une nouvelle Constitution que le président du parlement d’Ankara a déclarée mardi vouloir être islamique et non plus laïque. « Nous sommes un pays musulman, c’est pourquoi il nous faut une constitution religieuse », a déclaré Ismail Khraman, de l’AKP, le parti du président Erdogan. Pour le secrétaire général de la CSU bavaroise, Andreas Scheuer, l’adoption par la Turquie d’une constitution islamique reviendra pour elle à claquer la porte de l’Europe. Espérons qu’il ne se trompe pas.

Olivier Bault

 Article paru dans Présent n° 8598 daté du 29 avril 2016

Chard

Transformer les musulmans en « richesse pour l’Allemagne »

La CSU bavaroise, parti frère de la CDU d’Angela Merkel, voudrait interdire les financements étrangers de l’islam en Allemagne. Dans une interview pour le journal Die Welt publié mercredi, le secrétaire général de la CSU a exposé les propositions de son parti. A l’instar de la loi autrichienne adoptée au début de l’année dernière, la CSU voudrait que les institutions islamiques soient mieux contrôlées. Il s’agirait notamment de faire obstacle à l’influence de pays comme l’Arabie saoudite et les pays du Golfe. Par ailleurs, comme c’est désormais le cas en Autriche, c’est la langue allemande qui devra être utilisée dans les mosquées. Tous les imams exerçant en Allemagne devront aussi avoir été formés dans le pays et « partager les valeurs fondamentales » allemandes.

Les propositions de la CSU ont été critiquées par l’Union islamique turque (Ditib) qui y voit une atteinte à la constitution allemande. La DITIB, feignant de s’étonner que ces propositions ne visent que les musulmans et pas les chrétiens et les juifs, avait déjà critiqué la loi autrichienne en 2015.

Si ces mesures ne sont pour le moment qu’à l’état de propositions, la coalition CDU-CSU et SPD au pouvoir en Allemagne a réussi à s’entendre jeudi sur un projet de loi pour l’intégration des « réfugiés ». Une des mesures prévues consisterait à suspendre pendant trois ans l’interdiction d’employer des non-Européens à des postes pour lesquels il y a des candidats allemands ou européens qualifiés. Le projet de loi prévoit aussi la création de 100 000 emplois payés entre 1 euro et 2,50 euros de l’heure sans perte des allocations auxquelles ont droit les demandeurs d’asile. Et les « réfugiés » auront l’obligation d’apprendre l’allemand. Ceux qui refuseront ces emplois ou l’apprentissage de la langue perdront leurs allocations. Les mesures discutées jeudi par la coalition comprennent également un volet antiterroriste qui sera financé par le contribuable autochtone.

Des autochtones sommés eux aussi de s’intégrer aux nouveaux arrivants. Après les appels à mieux se couvrir lancés aux habitantes de Cologne et les wagons réservés aux femmes sur certaines lignes ferroviaires, voilà que le ministre de la Justice prépare un projet de loi pour interdire les modèles trop dénudés dans les publicités.

Olivier Bault

Article paru dans Présent n° 8589 daté du 16 avril 2016

Chard

Cauchemar merkelien

24/03/2016 – BERLIN (NOVOpress avec Présent) :

L’office de la statistique allemand (Destatis) publiait lundi les chiffres de l’immigration en 2015 : l’Allemagne a eu en 2015 un solde migratoire net de 1,14 million, avec 2 millions d’étrangers arrivés et 860 000 repartis. C’est plus du double du chiffre de 2014 et un record historique absolu, sans doute sous-estimé d’ailleurs, selon les aveux à la presse du directeur du Destatis. Le nombre de citoyens étrangers résidant officiellement en Allemagne atteint désormais 9,1 millions. En 2015, il y a eu largement plus d’arrivées d’étrangers que de naissances, alors qu’un tiers environ des enfants naissant en Allemagne sont eux-mêmes issus de l’immigration, et pour la première fois la grande majorité des arrivants n’étaient pas originaires du continent européen.

Angela Merkel compte bien sur l’accord UE-Turquie de la semaine dernière pour freiner l’invasion qu’elle a elle-même encouragée. Mais la CSU bavaroise, parti frère de la CDU de la chancelière, n’y croit pas. Les Bavarois critiquent notamment la suppression des visas pour les citoyens turcs, craignant un afflux de Kurdes de Turquie fuyant les exactions d’Erdogan. Ceci alors que la fermeture des frontières sur la route des Balkans avait enfin réduit de manière drastique l’arrivée de clandestins en Allemagne. Un communiqué de l’agence de presse allemande DPA informait le 22 mars qu’il y avait eu ce mois-ci, d’après les chiffres du ministère des Affaires sociales bavarois, 5 280 arrivées à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche, soit une baisse de 93 % depuis janvier !

Après les attentats de Paris, Angela Merkel insistait lourdement sur l’absence de liens entre immigration et terrorisme. Pourtant les services allemands ont déjoué plusieurs attentats islamistes ces derniers mois et ils arrêtaient, pas plus tard que mardi encore, trois Kosovars soupçonnés de préparer des attaques terroristes. Après les attentats de Bruxelles, le chef du syndicat de police DPoIG a expliqué qu’il fallait se préparer pour une longue période de terreur et que les villes allemandes ne seraient pas épargnées. D’autres syndicats de police ont exprimé leur inquiétude et demandé plus de moyens et une coopération renforcée au niveau européen.

Ce sont donc bien tous les citoyens allemands qui sont aujourd’hui menacés à cause de la politique d’Angela Merkel, et pas que les jeunes femmes et jeunes filles ayant à subir l’explosion des cas d’agressions sexuelles.

Olivier Bault

Article paru dans le quotidien Présent n° 8574 daté du 26 mars 2016

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Belle percée du parti anti-immigration allemand

14/03/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Trois Länder allemands étaient appelés aux urnes hier, le Bade-Würtemberg, la Rhénanie-Palatinat et la Saxe-Anhalt. Les Allemands devaient renouveler les parlements régionaux. Dans ces trois régions, le succès le plus important a été enregistré par la jeune formation Alternative für Deutschland, Alternative pour l’Allemagne, un parti anti-immigration et qui a seulement trois ans.

La CDU et le SPD enregistrent des résultats décevants
Les deux partis traditionnels de la scène politique allemande payent le prix de leur position sur l’immigration. Ça a été en effet le thème principal de cette campagne et Angela Merkel a payé sa politique laxiste. Dans le Bade-Würtemberg d’abord la CDU perd 12 points à 27 % et se fait distancer par les Verts à 32 %. L’AfD se retrouve en 3e position à 14,5 %. En Rhénanie-Palatinat, ce sont les socialistes du SPD qui sont en tête à 36 %. Les chrétiens-démocrates sont à 32 % et l’AfD en troisième position à 10 %. Enfin, c’est en Saxe-Anhalt que l’Alternative pour l’Allemagne fait le meilleur résultat en arrivant deuxième à 24 %, devant la CDU à 30 %. Ces résultats sont particulièrement significatifs, alors que la participation a été importante.

Les différents partis élus doivent désormais organiser des gouvernements de coalition
La tâche risque d’être difficile. Ostracisé par les autres partis, l’AfD n’a pas l’intention de participer à ces coalitions. Il ne sera pas facile pour les partis traditionnels d’arriver à une majorité. Ces élections marquent un premier désaveu dans les urnes de la part des Allemands contre la politique migratoire.


Crise migratoire : « le temps de toutes les factures est venu pour Angela Merkel »

11/03/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Un accord est intervenu entre l’Europe et la Turquie pour que cette dernière reprenne les migrants sur son territoire. Un accord paraphé et négocié par Angela Merkel. D’où vient son revirement ?

« C’était il y a un mois, c’était il y a un an, c’était il y a un siècle« , lance Éric Zemmour en introduction. « Les ‘on va y arriver », les leçons de morale de fille de pasteur luthérien, la bonne conscience, Les unes du monde entier à sa gloire, La promesse d’un prix Nobel de la paix : pour Angela Merkel aussi, c’était mieux avant« , poursuit le journaliste. Selon lui, le temps de toutes les factures est venu » pour la chancelière allemande.

Éric Zemmour rappelle ensuite que les frontières se rappellent au bon souvenir des dirigeants européens :

Tous les pays de l’Est, que Merkel croyait avoir achetés, se sont rebiffés. Les Italiens et les Français l’ont ensuite lâchée sur la crise des migrants. On revenait aux fondamentaux, loin des illusions universalistes des bien-pensants et de la commission de Bruxelles : les frontières servaient à quelque chose !


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Accord UE-Turquie : le couple franco-allemand à l’épreuve de la crise migratoire

11/03/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le 7 mars dernier a eu lieu le sommet entre la Turquie et l’Union européenne destiné à trouver un accord – et éventuellement un début de solution — à la crise migratoire que traverse l’Europe
Ce sommet aurait pu être qualifié de « germano-turc » tant l’Union européenne et la France en particulier, en ont été tenues à l’écart. Turcs et Allemands s’étaient déjà mis d’accord, avant même le début du sommet ! Le représentant de la France à Bruxelles n’a en effet été informé d’un accord que le dimanche 6 mars à 19 h, alors même qu’Angela Merkel présentait un plan, déjà accepté par les Turcs. Où est donc l’excellence de la « coopération franco-allemande », vantée par le président Hollande ?

Pourquoi le cavalier seul de Mme Merkel ?
Angela Merkel jouait son bilan politique lors de ces négociations. Il lui fallait éviter d’apparaître en situation délicate sur sa scène politique intérieure, et d’empêcher une nouvelle percée sur sa droite de l’AfD (Alternative für Deutschland). Elle devait donc arracher aux Turcs la promesse d’un retour en Turquie des clandestins arrivés en Grèce.

Quand on est à la tête de la première puissance économique du continent, ça aide à avoir les coudées franches
« On a tiré un trait sur la France depuis des mois », a affirmé une source à la chancellerie, à Berlin. Ce n’est plus Paris, mais Ankara, qui est le partenaire privilégié de Berlin dans le dossier de la crise migratoire. L’accord UE-Turquie, mené en sous-main de bout en bout par Berlin, renforce l’hégémonie allemande sur l’Europe. Une nouvelle alliance germano-turque qui rappellera de bien mauvais souvenirs à certains…

Percée en Allemagne du parti anti-invasion migratoire AfD

10/03/2016 – EUROPE (NOVOpress)
Les Allemands sont appelés aux urnes ce week-end dans trois länder pour des élections régionales. Un scrutin-test pour le parti d’Angela Merkel et sa politique d’accueil massif des réfugiés. La CDU est en effet menacée sur sa droite par l’AfD, l’Alternative pour l’Allemagne, un parti eurosceptique qui prend des positions anti-invasion migratoire.

Les élections qui se succèdent en Allemagne confirment la montée du parti nationaliste Alternativ für Deutschland. Pas plus tard que dimanche dernier, dans le land de Hesse, ce parti a effectué une nouvelle percée en franchissant dans plusieurs grandes villes, et notamment à Francfort, la barre des 10 %. Cette progression, qui fait écho aux fortes mobilisations autour du mouvement Pegida et à l’arrivée massive d’immigrés clandestins, n’a pas été entamée par les attaques directes d’Angela Merkel et la mobilisation de toute la classe politique. Après la France, l’Italie, l’Autriche, le Danemark, la Slovaquie, la tendance au réveil des peuples en Europe se confirme et redonne de l’espoir en ces temps troubles.

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Clandestins : l’Allemagne durcit le ton… trop tard ?

31/01/2016 – EUROPE (NOVOpress)
L’Allemagne va durcir les conditions de regroupement familial et d’entrée sur le territoire pour certaines catégories de « migrants ». Trop tard pour l’opinion publique, alors que 40 % des Allemands veulent la démission d’Angela Merkel.

L’Allemagne veut limiter l’afflux de clandestins en durcissant les conditions du regroupement familial et en plaçant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie sur la liste des pays d’origine « sûrs », ce qui limitera de façon drastique les cas dans lesquels les ressortissants de ce pays pourront obtenir l’asile.

Les clandestins qui bénéficieront de la « protection subsidiaire » n’auront ainsi plus le droit « pendant deux ans » de faire venir leur famille, a indiqué M. Gabriel, ministre de l’Économie. Cette mesure concernera aussi les Syriens, qui ont longtemps bénéficié d’un droit d’asile quasi-automatique. Mais depuis le 1er janvier, Berlin a réintroduit l’examen individuel des demandes, y compris pour les Syriens.
La « protection subsidiaire » est un cran en dessous du statut de réfugiés : elle est octroyée à certains déboutés du droit d’asile ou du statut de réfugiés qu’on ne peut toutefois pas expulser, car ils risquent torture ou peine de mort dans leur pays. Renouvelable, elle limite le premier droit de séjour à un an, contre trois ans pour le statut de réfugié.

Ces demi-mesures ont fait l’objet d’âpres négociations entre les principaux partis politiques allemands : CDU et CSU voulaient réduire drastiquement le regroupement familial, ce que refusait le SPD.

« Je crois qu’aujourd’hui était un bon jour, puisque nous avons mis en route » ces mesures, a déclaré Mme Merkel après une réunion avec les patrons des Länder, les États régionaux allemands.
Un optimisme de façade que dément un sondage paru récemment, selon lequel 40 % des Allemands souhaitent la démission d’Angela Merkel en raison de sa politique en matière d’accueil des réfugiés, contre 45 % à estimer le contraire et 15 % de sans opinion sur cette question.