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Les retraités, ces pigeons du pouvoir

02/11/2015 – FRANCE (Présent 8474)

Ils ne brûlent pas de voitures, ils ne lacèrent pas la chemise des dirigeants, ils ne font pas grève, ne bloquent pas les autoroutes, alors on peut plumer sans crainte ces pigeons que sont les retraités. Sauf quand s’approche une échéance électorale. Alors là, toutes affaires cessantes, le gouvernement réagit dans la panique. Il va, dit-il, rembourser les impôts locaux exorbitants qu’ont dû payer certains retraités, un montant égal et parfois supérieur à leur modeste retraite. Plus de 900 000 retraités ont vu bondir leur taxe d’habitation !
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À l’origine de cette situation, une mesure décidée par Sarkozy et appliquée par Fillon en 2008 supprimant progressivement la demi-part des parents isolés et des veufs ayant eu un enfant. Ce juste avantage devant disparaître totalement en 2014. Cette suppression entraîne une hausse de la RFR (revenu fiscal de référence) qui sert de critère pour l’exonération ou la diminution des impôts locaux.
Si la main de Hollande n’a pas tremblé pour mettre fin à la défiscalisation des heures supplémentaires, elle n’a pas bougé pour réparer une injustice frappant les plus faibles, les plus isolés, veufs et veuves, personnes seules aux revenus modestes. Valls a attendu qu’une centaine de députés socialistes l’alertent sur la colère qui monte chez ces victimes du fiscalisme hollando-sarkozyste pour réagir à un mois des élections régionales. Christian Eckert, secrétaire d’État au budget a annoncé, promis, juré qu’on va leur restituer cette ponction qu’il juge « inacceptable » et que le gouvernement a pourtant acceptée.

Tout est bien qui finit bien, alors ? Hélas, non ! Car ce remboursement ne concerne que « les plus modestes » et cette affaire de la demi-part n’est qu’un élément de la tonte des retraités sous Hollande qui peut se résumer ainsi : les pensions baissent, les impôts croissent.

Le montant des pensions n’est pas revalorisé depuis deux ans, tandis que la CSG est passée de 3,8 % à 6,6 % pour les retraités percevant plus de 1 200 euros. En outre, les suppléments accordés aux parents ayant élevé trois enfants ou plus sont désormais imposables, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.

Pour « compenser », Valls leur a annoncé, il y a quelques mois, une prime exceptionnelle de 40 euros par… an, soit 10 centimes par jour ! Ce qu’on n’oserait pas donner à un mendiant, le Premier ministre en fait l’aumône à nos anciens. Mais pas à tous, à ceux qui sont titulaires d’une « petite retraite » soit, selon Matignon, 1 200 euros mensuels. Au-delà, vous êtes un nanti et n’avez droit à rien. Ce n’est pas tout ! L’accord sur les retraites complémentaires va se solder par une baisse des pensions. Puisque l’inflation est proche de zéro, on ne peut faire d’économies au moment de leur revalorisation, en conséquence, elles seront indexées sur l’inflation… moins un point. Provisoirement pendant trois ans, on sait que dans ce domaine le « provisoire » dure toujours quand les caisses sont vides.
Traiter ainsi ceux qui, pendant des décennies, ont enrichi le pays grâce à leur travail, dont les socialistes dilapident les fruits, est aussi indigne qu’injuste.

Guy Rouvrais

Affaire Nicolas Sarkozy : le lapsus de Michel Sapin

Des députés socialistes veulent fusionner l’impôt sur le revenu et la CSG

14/10/2015 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le débat parlementaire sur le projet de loi de finances pour 2016 a débuté hier mardi à l’Assemblée nationale. Comme chaque année, le budget de l’État pose la question des efforts budgétaires pour rééquilibrer les comptes publics. Cette année, le gouvernement annonce 16 milliards d’économies.

Mais cette année, le gouvernement ne prévoit plus de hausses d’impôts
Michel Sapin, ministre des Finances, a déclaré vouloir rendre aux Français une partie des efforts qu’ils ont consentis ces dernières années. Le projet de loi de finances prévoit d’ailleurs une baisse de 2 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu. Une mesure qui profitera aux ménages imposables situés vers le milieu de l’échelle des revenus… mais pas aux autres : les ménages réputés aisés ne verront pas leurs impôts baisser.

Cela pourrait d’ailleurs être pire, car Jean-Marc Ayrault et Pierre-Alain Muet veulent aller plus loin dans la réforme fiscale
L’ancien Premier ministre et environ 130 autres députés socialistes — notamment des députés dits frondeurs — veulent fusionner l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée (la CSG). Ils estiment en effet qu’il est injuste que la CSG soit essentiellement proportionnelle et non progressive ; d’autant plus qu’elle pèse plus lourd que l’impôt sur le revenu. Leur objectif, qui avait déjà été affiché par le Congrès du Parti socialiste cet été, est donc de rendre la CSG progressive.

En clair, les ménages modestes paieraient encore moins d’impôts. Et les classes moyennes supérieures paieraient toujours plus
À moins de deux ans de la présidentielle de 2017, François Hollande n’entend pas s’engager dans cette voie. Michel Sapin a opposé une fin de non-recevoir : selon lui, l’amendement fusionnant les deux impôts risquerait d’être inconstitutionnel, parce qu’il rendrait progressive la CSG sans tenir compte de la situation familiale. Gilles Carrez, président de la commission des finances, est en outre venu à la rescousse du gouvernement : il a déclaré l’amendement irrecevable à ce stade des débats, faute d’impact sur le budget de l’État.

Loïc Raynard feuille impot

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu pourrait bien ne rien simplifier du tout

03/06/2015 – POLITIQUE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Il y a deux semaines, le président de la République déclarait que l’impôt sur le revenu devrait être prélevé à la source – et non plus payé par le contribuable avec une année de décalage.
Sauf que ce véritable serpent de mer soulève des difficultés à la fois opérationnelles et juridiques. Dans ces conditions, il serait hasardeux pour le gouvernement de se lancer dans cette entreprise juste avant les élections présidentielles et législatives de 2017.

En quoi prélever l’impôt à la source est-il si compliqué ? Tant de pays le font déjà…
Mais tous les pays n’ont pas les mêmes règles de calcul que l’impôt sur le revenu français. En France, il existe en réalité deux impôts sur le revenu. L’un est assez simple : c’est la contribution sociale généralisée, qui est pour l’essentiel prélevée à la source à un taux proportionnel. L’autre est plus complexe : c’est l’impôt sur le revenu proprement dit. Son taux résulte d’un barème progressif. Son calcul tient compte de la configuration du foyer et de l’ensemble de ses revenus et de ses charges, sans compter diverses réductions d’impôt…

Dans ces conditions, comment les employeurs sauront-ils quel taux d’imposition appliquer sur les salaires de leurs employés ?
Cela s’annonce difficile, d’autant que le gouvernement ne prévoit à ce stade pas de modifier les règles de calcul de l’impôt. Par conséquent, le prélèvement à la source effectué sur les salaires ne devrait être qu’une forme d’acompte. L’année d’après, les contribuables continueraient à déposer une déclaration de revenus et verraient leur situation régularisée : soit ils bénéficieraient d’un remboursement du trop-perçu, soit ils devraient remettre au pot…

Mais où est la simplification si on n’en a pas fini avec le fisc une fois que la retenue à la source a été prélevée ?
En réalité, l’objectif du gouvernement semble surtout être politique. Pour les hiérarques du PS, la retenue à la source est vue comme un préalable à la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, censée rendre l’impôt plus progressif et plus juste.