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Budget 2016 : fausses promesses et vrais impôts

02/10/2015 – POLITIQUE (Présent 8453)

Qui se souvient encore qu’en 2012, le Premier ministre d’alors, Jean-Marc Ayrault, assurait : « Neuf Français sur dix ne seront pas concernés par les augmentations de fiscalité », ce qui signifiait que 90 % d’entre eux ne verraient pas leur impôt augmenter ? La réalité, ce fut l’inverse : 90 % furent touchés et 10 % épargnés, mais pour cela il fallait être en deçà du seuil de pauvreté, car le plus modeste smicard fut victime du coup de massue fiscal. Hollande « n’aime pas les riches », mais les pauvres pas davantage.

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Depuis, le gouvernement cherche à faire oublier aux contribuables avec quelle vigueur il les a tondus, en accélérant à mesure que s’approche 2017. Nos ministres se muent en défenseurs de ceux qu’ils ont accablés d’impôts et de taxes. Jusqu’à Hollande qui a déclaré : « C’est beaucoup, donc ça devient trop ! » Comme s’il n’y était pour rien !

La tendance est d’imputer à ce malheureux Ayrault la responsabilité de cette horreur fiscale, ce dont son successeur ne se prive pas qui parle « d’erreur ». Or, ces hausses faisaient partie du plan de Hollande. Elles étaient censées rétablir l’équilibre budgétaire et réduire les déficits après quoi il pourrait redistribuer du pouvoir d’achat. Ça, c’était sur le papier de ses petits calculs ! La réalité est qu’ayant décrété, au doigt mouillé, que la croissance serait de 2,5 % pendant son quinquennat et qu’au mieux elle est de 1 %, les Français ont payé et les déficits ont continué à prospérer. À la colère suscitée par ces levées impôts massives s’est ajouté le constat amer que ces efforts n’ont servi à rien.

Qui aussi se souvient encore, qu’en 2013, le ministre des Finances, bientôt confirmé par Hollande, avait annoncé une « pause fiscale »… qui ne vint pas ? De vrais impôts suivirent cette fausse promesse.

Michel Sapin vient de déclarer, à l’occasion de la présentation du budget 2016 : « Nous allons fermer la parenthèse de l’augmentation d’impôts payée par les plus modestes », ce qui est reconnaître que ceux-ci, sous Hollande, ont bien été ponctionnés, confirmant en même temps a contrario que la tonte continuera pour les autres. C’est un mouvement continu sous la droite comme sous la gauche : l’impôt sur le revenu se concentre chaque année davantage sur un nombre de plus en plus faible d’assujettis, 20 % d’entre eux paient 90 % de l’impôt. Mais ce sont les plus « favorisés », tant pis pour eux ! En réalité ce sont les membres de la classe moyenne dont le revenu tourne autour de 2 700 euros par mois.

Tout ce que le « favorisé » livre à l’État n’est pas affecté à la consommation, nécessaire à la croissance. Quant aux « plus modestes » de Sapin, ce que le fisc ne leur prend pas, ils le consacrent à des biens peu chers, bas de gamme, notamment textiles, fabriqués en Chine, en Inde ou au Bangladesh, relançant l’emploi là-bas, mais pas chez nous.

Sur trois ans, 12 millions de foyers bénéficieront d’une baisse, se vante Sapin, pour 5 milliards d’euros. On est censé applaudir. Or, depuis qu’il est au pouvoir, Hollande a pris 10 milliards de plus aux contribuables. Le compte n’y est pas.

Guy Rouvrais

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Argent plus cher ? l’agence de notation Moody’s abaisse la note de la France

22/09/2015 – ÉCONOMIE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Chers lecteurs, vous connaissez tous ces agences de notation qui sont chargées d’évaluer la capacité à rembourser une dette. L’agence Moody’s, l’un des trois géants mondiaux dans le domaine, a abaissé, en fin de semaine dernière, la note de la France. En effet, la qualité de la signature française est passée au 3e rang de qualité, c’est-à-dire AA2.

Qu’est-ce qui justifie cette baisse ?
Quelles sont les justifications ? Non seulement l’agence considère que les perspectives de croissance sont faibles pour le reste de la décennie. Mais surtout elle déplore des contraintes institutionnelles et politiques qui alourdissent le fardeau de la dette.
La note de la France avait déjà été dégradée en 2012, perdant son triple A. Cette note correspond à une dette de la meilleure qualité et du plus bas risque. Notons que cette note permet toujours à la France de s’endetter à des taux très bas et de rester un pays considéré comme des plus sûrs.

Comment ont réagi nos dirigeants ?
En novlangue des plus sibyllines, le ministre des Finances Michel Sapin a dit « avoir pris acte » de la décision.
Notons au passage qu’en 2012, François Hollande alors en pleine campagne électorale avait déclaré que c’était « une politique qui était dégradée ».
A-t-il la même analyse aujourd’hui ? Rappelons que le gouvernement a présenté son budget pour 2016 il y a deux semaines, cela n’a visiblement pas convaincu l’agence de notation.


La BCE révise encore à la baisse ses perspectives de croissance pour la zone euro

La BCE révise encore à la baisse ses perspectives de croissance pour la zone euro

08/12/2014 – FRANCFORT (NOVOpress vie le Bulletin de réinformation)
Mario Draghi (photo), ancien vice-président pour l’Europe de la banque d’affaires Goldman Sachs et actuel président de la Banque centrale européenne (BCE), l’a annoncé jeudi 4 décembre : contrairement au 1,6 % espéré il y a quelques mois, la croissance du PIB de la zone euro ne devrait pas excéder 1 % en 2015. Les chiffres 2016 sont également revus à la baisse, avec 1,5 %. Des évaluations sans doute optimistes, selon les observateurs. Ces chiffres plancher laissent redouter une entrée en récession de la France, dont l’économie est profondément mise à mal par la politique d’austérité drastique menée par le gouvernement socialiste. La baisse constatée de l’euro devrait en principe stimuler les exportations, mais cet effet bénéfique est annulé par le tassement de la demande mondiale. En cause selon M. Draghi, l’effondrement du cours du pétrole — moins 30 % depuis — qui déprime les marchés émergents.

Crédit photo : World Economic Forum via Wikipédia (cc).

[Exclusivité Novopress] Serge Latouche : "La décroissance n'a pas à se situer sur l'échiquier politique"

[Exclusivité Novopress] Serge Latouche : « La décroissance n’a pas à se situer sur l’échiquier politique »

07/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
Professeur émérite d’économie à l’université de Paris-Sud (Orsay), Serge Latouche est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales. Il est l’un des fondateurs de la revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia.  Rédacteur historique de la Revue du MAUSS, il dirige depuis 2013 la collection « Les précurseurs de la décroissance » aux éditions Le Passager Clandestin.

Serge Latouche est aujourd’hui considéré comme le spécialiste de la décroissance qu’il a contribuée à lancer dès le début des années 2000 grâce à des ouvrages tels que Le pari de la décroissance, Pour une société d’abondance frugale ou encore l’Age des limites. C’est à ce titre que nous avons désiré le rencontrer, afin d’engager un dialogue à bâtons rompus avec ce courageux dissident de la société de consommation. Serge Latouche nous a donné rendez-vous dans une brûlerie du boulevard Saint-Germain à Paris, où, entre deux cafés, il a bien voulu développer pour nous son analyse de la société industrielle. L’échange, à l’heure où les débats sont plus que jamais tronqués, nous parait stimulant et porteur de sens.

Propos recueillis par Arnaud Naudin et Guillaume Le Carbonnel


Question récurrente s’il en est, mais nécessaire : existe-t-il une définition simple de ce qu’est la décroissance ?

Ce n’est pas seulement une question récurrente, c’est une question impossible. On ne peut pas définir la décroissance parce que c’est un terme que nous avons utilisé comme un slogan provocateur et qui bien évidemment, contrairement à ce que la plupart des gens pensent, et surtout nos adversaires, ne doit pas être pris à la lettre. Etre absolument contre toute croissance est absurde dans la mesure où c’est une des lois de la nature. Décroître pour décroître serait complètement stupide au même titre que croître pour croître. Ce serait prendre un moyen pour la fin. Derrière ce slogan politique, l’idée est de faire comprendre aux gens la nécessité de sortir de la société de croissance, société dominée par la religion de la croissance. Il est urgent de devenir des athées de la croissance. Si nous voulions être rigoureux, il faudrait d’ailleurs parler d’a-croissance, au même titre que d’athéisme. Nous envisageons ce rejet de la société de croissance, non pas pour rejeter le bien être mais au contraire, cette société ayant trahie ses promesses, pour réaliser ce que mon collègue britannique Tim Jackson appelle la prospérité sans croissance et ce que je nomme l’abondance frugale.

C’est un slogan que vous avez d’ailleurs relancé dès 2002…

Oui, disons même que la date officielle du lancement est avril 2002 lors du colloque organisé à l’UNESCO. Précédemment, le numéro 280 de la revue Silence daté de février 2002, publié sous la direction de Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, avait déjà pris pour titre « La Décroissance ». Il faut le reconnaître, ce sont eux qui ont eu l’intuition géniale à cette époque que le moment était venu de reprendre l’idée lancée par Nicholas Georgescu-Roegen dans son livre traduit en français par Jacques Grinevald. J’avais lu ce livre à sa sortie en 1994 et j’en avais fait une recension sans que cela ne marque vraiment les esprits. D’ailleurs, l’ouvrage n’avait pas eu un gros succès. Et pourtant en 2002, le mouvement va se mettre en place.

Derrière ce slogan politique, l’idée est de faire comprendre aux gens la nécessité de sortir de la société de croissance, société dominée par la religion de la croissance.

La décroissance n’est en rien une croissance négative…

En effet, la décroissance n’est pas le symétrique de la croissance. Ce n’est sûrement pas une croissance négative. Mais l’idée n’est claire pour personne et encore moins pour les partisans de la croissance. Qu’est-ce que la croissance ? On évoque généralement la croissance du PIB, l’indice fétiche des croyants. C’est ce que remettent en cause les athées. Cependant, du point de vue de l’écologie et dans la mesure où le PIB mesure tout et son contraire, l’indice le plus rigoureux reste l’empreinte écologique, c’est à dire le poids de notre mode de vie sur la biosphère. C’est d’ailleurs dans ce sens strict, et non pas dans celui d’un slogan provocateur pour un projet alternatif, que les Verts avait inscrit dans leur programme la notion de « décroissance de l’empreinte écologique ». Signe manifeste qu’ils n’avaient pas lu mon livre. Mais ce détournement leur permettait d’affirmer : « Nous ne sommes pas pour la décroissance de tout mais pour une croissance sélective ». Inutile de dire que je ne fus jamais partisan d’une décroissance de tout. C’est une vision pour le moins très réductrice du projet. Si vous êtes favorable à la simple décroissance du PIB, alors votre projet est en cours de réalisation ! Mais ce n’est guère serein, convivial et joyeux. C’est bien plutôt l’austérité que la décroissance. Si votre projet est de réduire l’empreinte écologique, le problème est plus complexe. Le PIB décroît bien plus que l’empreinte écologique. On peut même avoir une décroissance du PIB tout en connaissant une croissance de l’empreinte écologique.

Inutile de dire que je ne fus jamais partisan d’une décroissance de tout. C’est une vision pour le moins très réductrice du projet. Si vous êtes favorable à la simple décroissance du PIB, alors votre projet est en cours de réalisation !

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Le lien entre croissance et immigration est un leurre et un piège mortel pour les générations futures

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France : toujours pas de décollage pour la croissance

France : toujours pas de décollage pour la croissance

14/05/2014 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
François Hollande l’avait pourtant affirmé : le retournement économique est pour bientôt. Hélas, la prédiction du président de la République se heurte à la réalité. Le Chef de l’Etat et Manuel Valls avait prévu 1% de croissance en 2014 et 1,7% en 2015. Les prévisions de la banque de France, établies ce lundi, ont montré une tendance tout autre. Le taux de croissance du produit intérieur brut français serait de 0,2% au second trimestre. Un peu plus optimiste, l’Institut National de la Statistique et des étude économique (INSEE) table quant à lui sur 0,3% . Et pourtant, le ministre des relations avec le Parlement Monsieur Le Guen avait annoncé que le redressement économique est « le carburant du redressement ». Dans ce cas autant dire qu’on en est loin.

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Hollande : le président Coué. Il y croit toujours, pas les Français

Hollande : le président Coué. Il y croit toujours, pas les Français

Le président Hollande doit tout de même avoir des chiffres. Il ne peut, après avoir raté le changement et la baisse de la courbe du chômage, se tromper totalement sur le retournement économique. On a le droit d’avoir un doute. Le seul français vraiment optimiste, c’est lui et il pratique la méthode Coué comme personne.

ho interIl faut revenir à la définition de cette méthode qui permet à un sujet d’être optimiste quand la réalité l’est moins. Coué considère que toute idée qui se grave dans notre esprit tend à devenir une réalité dans l’ordre du possible. « Si, étant malade, nous nous imaginons que la guérison va se produire, celle-ci se produira si elle est possible. Si elle ne l’est pas, nous obtiendrons le maximum d’améliorations qu’il est possible d’obtenir » répétait-il inlassablement. La méthode Coué est une prophétie autoréalisatrice qui tire son nom des travaux du psychologue et pharmacien français Émile Coué de la Châtaigneraie (1857 – 1926). Elle est fondée sur la suggestion et l’autohypnose. Cette méthode est une forme d’autosuggestion censée entraîner l’adhésion du sujet aux idées positives qu’il s’impose et ainsi un mieux-être psychologique ou physique. Elle se veut autant préventive que curative. Hollande se soigne donc, mais les Français ne croient plus en ses remèdes.

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Le “coming out” de Pierre Moscovici : 0,1%

Le “coming out” de Pierre Moscovici : 0,1%

27/04/2013 – 12H30
PARIS (NOVOpress Breizh) –
Il n’y a pas que Cahuzac à avouer… Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des finances, vient de se livrer au même exercice. C’était le 4 avril dernier à Sciences Po Paris au cours d’un forum organisé par Libération, appelé fort poétiquement « Après la crise, le bonheur ? » (sic).

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Déficit zéro annoncé en Russie pour 2012

Déficit zéro annoncé en Russie pour 2012

26/10/2012 — 18h00
MOSCOU (NOVOpress) —
A l’issue d’une réunion gouvernementale sur le budget cette semaine, le ministre russe des Finances, Anton Silouanov (photo) a confirmé qu’en 2012, la Russie ne connaîtrait aucun déficit budgétaire. A l’heure où les Etats européens, dont la France, connaissent des déficits et un endettement records, la Russie s’en sort plutôt bien.

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