Tag Archives: crédits

puits

Déficit de l’État : la Cour des comptes pointe un dérapage de 10 milliards en 2014

29/05/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Le gouvernement se félicitait récemment d’avoir maîtrisé sa gestion budgétaire en 2014. C’était avant que la Cour des comptes ne publie son rapport annuel du budget de l’État, venant contredire les prévisions optimistes de l’Exécutif.

Selon ce rapport, avec 85 milliards d’euros de déficit, le budget de l’État est « deux fois supérieur à celui d’avant la crise » (38 milliards en 2007). Un déficit qui a augmenté de 10 milliards par rapport à 2013, alors qu’il diminuait depuis 2010. Ce n’est pas tout, les recettes fiscales sont inférieures de 9 milliards aux prévisions initiales
Cela s’explique en partie par une croissance plus faible que prévu. Mais aussi par les hausses de fiscalité que les contribuables ont notamment dû subir : 2 milliards pour la baisse du plafonnement du quotient familial ou la hausse de TVA, par exemple.

Avec 1528 milliards d’euros, la dette atteint un record
Elle a continué de croître de 71 milliards entre 2013 et 2014. Grâce aux faibles taux d’intérêt, la charge de la dette a toutefois baissé par rapport à celle de 2013. La Cour estime que pour stabiliser le poids de la dette dans le PIB, le déficit budgétaire aurait dû être limité à 11 milliards, soit 7 fois moins que celui constaté.

Stabilisation des dépenses
Les dépenses ont continué à être stabilisées, comme en 2013. Ce qui constitue un progrès selon Didier Migaud, président de la Cour des comptes. Cependant, ces dépenses ont été contenues par des annulations de crédits en cours des années (des coups de rabot) davantage que par des économies pérennes et structurelles, a déploré l’institution.

Quelques dérapages non contrôlés
Les opérations extérieures de l’armée ont coûté plus cher que prévu : 1,2 milliard, alors que le budget initial tablait sur 450 millions. Certains dispositifs ont par ailleurs été sous évalués, principalement en matière d’aides sociales, comme l’hébergement d’urgence, les aides personnelles au logement, l’allocation aux adultes handicapés, l’allocation temporaire d’attente, l’aide médicale d’État et le RSA.

Crédit photo : Christophe André via Flickr (CC)



Lire la suite

Défilé du 14 juillet 2010

Focus Défense (½) : Budget, le pire est évité… pour l’instant

29/04/2014 – FRANCE (NOVOpress)
18 500 postes sauvés et 3,8 milliards d’euros de crédits budgétaires, l’armée peut respirer. François Hollande a rendu des arbitrages moins mauvais que prévu. Il faut dire que notre outil de défense est au bord de la rupture tant humaine que matérielle.

François Hollande aime les OPEX (opérations militaires extérieures). Son mandat aura vu le déclenchement des opérations Serval et Barkhane au Mali, Sangaris en Centrafrique, des livraisons d’armes clandestines en Syrie ou l’engagement des Rafale français en Irak contre Daech. Le chef de l’État envisage d’intervenir en Libye, non seulement sur les côtes pour stopper les afflux de migrants, mais aussi parce que ce foyer de déstabilisation menace le Mali et constitue une zone pivot entre le Proche-Orient et le Sahel, par laquelle les différents califats pourraient opérer une jonction. Tout cela sans parler des opérations en cours depuis plus longtemps, au Liban, au Tchad, en Côte d’Ivoire, dans le Golfe de Guinée et de la présence militaire à Djibouti, aux Émirats Arabes Unis, au Gabon et au Sénégal (environ 4000 hommes en 2014). Et bien sûr sans oublier le front intérieur, avec l’opération Sentinelle, soit 7000 à 10 000 hommes déployés en permanence pour protéger les sites sensibles sur le territoire français.

Un long préambule pour expliquer pourquoi le président a décidé de ne pas (complètement) casser son jouet. Le conseil de Défense qui s’est tenu aujourd’hui a en effet acté de la très forte sollicitation des forces armées et a rendu des arbitrages budgétaires dans ce sens. La loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019 prévoyait en effet un budget annuel de 31,4 milliards d’euros et 34 000 suppressions de postes. Impensable dans le contexte actuel où l’usure des troupes et des matériels nécessitent, selon les estimations, 8 à 9 milliards d’Euros et où les armées étaient menacées d’une cessation de paiement d’ici l’été prochain en raison du retard dans l’encaissement de recettes exceptionnelles (REX) à hauteur de 2,2 milliards d’Euros.

Lire la suite

Kriegspiel en presqu’île de Crozon

Bretagne : Kriegspiel en presqu’île de Crozon

01/09/2011 – 16h30
CROZON (NOVOpress Breizh) –
Les estivants n’en sont toujours pas revenus. Mardi, les 250 élèves du 1er bataillon de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan et de la 1ère brigade de l’Ecole militaire interarmes ont été parachutés sur la plage de Pentrez , à Plomodiern (Finistère). But de l’exercice : déjouer le projet de séparatistes qui ont pris en otage des ressortissants français. Un kriegspiel inédit en presqu’ile de Crozon, sur fond de restrictions budgétaires

Bien entendu il ne s’agit que d’un exercice, et les Bretons ne semblent pas être en cause – le FLB et l’ARB ne sont plus d’actualité ! Selon le scénario conçu par l’armée, l’objectif de la manœuvre est de venir en aide à un pays « vert » – ami de la France- en proie à la dissidence d’une partie de sa population qui revendique son indépendance. Aidés par des conseillers militaires de l’état « violet », les sécessionnistes ont pris en otage des Français. La France décide alors d’intervenir militairement pour évacuer ses ressortissants.

D’où l’opération aéroportée qui a permis mardi le déploiement des forces engagées dans la presqu’ile de Crozon. Hier matin leur mission était de reconnaître d’Est en Ouest la presqu’île dans le but de faire reculer les forces sécessionnistes, de localiser et de regrouper les Français. Si tout se passe bien, aujourd’hui un centre de regroupement de réfugiés sera installé près du Fort de Landaoudec.

Tout en poursuivant leur mission de récupération et d’évacuation des ressortissants jusqu’aux extrémités nord et ouest de la presqu’île, les cyrards devront assurer la protection des réfugiés en liaison avec les ONG installées sur place, dont le rôle est tenu par des élèves d’HEC, en stage de « formation au leadership » à Coëtquidan. Demain matin, fin de l’exercice AVEL MOR 2011 : les réfugiés seront évacués vers Brest à partir du port de Camaret par un bâtiment de la Royale.

On espère que l’exercice se déroulera sans trop de casse : François Fillon vient en effet d’annoncer que le ministère de la Défense devra supporter à lui seul 222,5 millions des 460 millions de nouvelles annulations de crédit (soit 48%) qui viennent d’être décidées dans le cadre de la « lettre rectificative au projet de loi de finances rectificative ».

A ces annulations, rappelle Jean-Dominique Merchet sur son blog Secret Défense, s’ajoute en outre l’explosion des crédits consacrés aux opérations extérieures : « A l’Afghanistan, s’est ajouté la Libye sans oublier la Cote d’Ivoire au printemps. Résultat : la barre du milliard d’euros aurait déjà été franchie, alors que ce surcoût atteignait déjà les 870 millions en 2010. » Comme le constate un observateur cité par Merchet « la défense reste bien la variable d’ajustement » et « la sanctuarisation de son budget est un mythe ». Faute de moyens adaptés, l’armée pourra-t-elle dans l’avenir exercer – si le cas se présentait – des missions telles que celle qui se déroule actuellement à Crozon ? Les futurs officiers ont de quoi s’interroger.