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Le maire (LR) de Poissy s’attaque aux arrêts-maladie bidon

Le maire (LR) de Poissy s’est courageusement attaqué à un fléau français entouré d’une énorme hypocrisie : les arrêts maladie de complaisance.

Cet ancien journaliste sportif du groupe Canal devenu maire de Poissy en mars 2014 s’est aperçu comme beaucoup de chefs d’entreprise que chaque fois qu’il refusait des vacances à la date exigée ou qu’il faisait une remarque à ses employés ceux-ci revenaient aussitôt avec un arrêt maladie…

« J’ai constaté que depuis la suppression du jour de carence le 1er janvier 2014 », explique Karl Olive, « le nombre d’arrêts en mairie a progressé de 20 %. » Ce qui désorganise complètement ses services municipaux et au final creuse l’endettement de sa ville. « Ils coûtent deux millions d’euros à la mairie. »

A la mairie de Poissy, la moyenne est de 22 jours d’arrêt de travail par an et par agent. Une employée à laquelle un congé-formation n’avait pu être accordé s’est ainsi vue prescrire un repos d’une semaine par mois, pendant un an ! Entre 2007 et 2014, le taux d’absence des agents municipaux s’est envolé de 19 %. La « maladie » concentre plus de 75 % des absences.

Afin d’endiguer cette épidémie, Karl Olive a sollicité l’aide des médecins du secteur. Dans un courrier adressé à 45 généralistes le maire les appelle à une « vigilance accrue » et les invite même à « orienter (leurs) patients » vers le service municipal de prévention plutôt que de les recevoir.

Car il faut bien voir que s’il y a des médecins qui signent des arrêts maladie bidons en le sachant très bien, il y a aussi des faux malades au long cours (souvent les premiers à donner des leçons de conscience professionnelle et personnelle !) qui se portent comme des charmes et que l’on peut croiser faisant des courses ou en train de faire la fête (vécu) alors qu’ils ont joué la comédie de la dépression voire du chantage au suicide à leur médecin. Ce sont les collègues de leur boîte qui bossent pour deux ou trois et les entretiennent. Quel médecin va prendre le risque de les renvoyer « à la mine » ?

Dans ses vœux au personnel en janvier dernier, le maire de Poissy avait cité Benjamin Franklin : « L’humanité se divise en trois catégories : ceux qui ne peuvent pas bouger, ceux qui peuvent bouger, et ceux qui bougent. »

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent n° 8587 daté du 14 avril 2016