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Coup d’Etat avorté dans le Burundi

16/05/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation)
Depuis mercredi, une tentative de coup d’État ébranle le Burundi. En trois semaines, le pays a sombré dans le chaos. Cette crise politique ravive les souvenirs encore brûlants de la guerre civile qui a secoué le pays de 1993 à 2006.

Mais quelle est l’origine de la crise ?
Réunis au sein du Collectif, les manifestants se rebellaient contre la volonté du président du Burundi, Pierre Nkurunziza, de briguer un troisième mandat. Les manifestants ont amorcé la contestation le 26 avril, lorsqu’il a été investi par son parti pour se présenter aux élections présidentielles du 26 juin. L’opposition estime qu’un nouveau mandat du président sortant, élu en 2005, réélu en 2010, irait contre les accords de paix qui ont marqué la fin de l’affrontement entre les populations adverses des Hutus et des Tutsis. Ces accords limitent en effet à deux le nombre de mandats.

Comment expliquer que les manifestations aient dégénéré en une tentative de putsch ?
Au début, l’armée s’interposait régulièrement entre manifestants et police, à la fois pour protéger les uns et les autres. Cette armée, composée strictement du même nombre de Hutus et de Tutsis depuis les accords de paix, veillait tant sur la police que sur les manifestants. Mais depuis mercredi, l’armée s’est scindée entre loyalistes et putschistes. Le général Niyombare, chef des services de renseignement, a tenté un coup d’État. Le premier réflexe des parties de l’armée a été de tenter de trouver un compromis. Marqués par le génocide perpétré chez leurs voisins du Rwanda, marqués par leur propre guerre civile, les Burundais voulaient éviter tout bain de sang.

Cette tentative de putsch a t elle été une réussite ?
Hier soir, après de nombreux et vifs combats, l’armée loyaliste semblait avoir repris le contrôle du principal lieu d’affrontement : la radio nationale. Ces combats ont occasionné de nombreuses destructions de bâtiments de la capitale et la mort de trois militaires. Après s’être réfugié en Tanzanie, le président actuel est revenu au Burundi, et a prononcé une allocution qui a été rediffusée au pays entier. Les chefs d’État de la communauté est africaine ont condamné le coup d’État, et ont demandé un report des élections. L’ONU, à mots couverts, a annoncé qu’elle ne reconnaîtrait pas un gouvernement né de la violence et de l’illégalité. Selon les États Unis, Pierre Nkurunziza reste le président légitime. Comme l’a reconnu le numéro 2 des militaires putschistes, « le mouvement a échoué (…) nous avons rencontré une trop grande détermination militaire ».

Crédit pbhoto : AlbertHerring via WikiCommons (CC) = soldats burundais

Boissy d’Anglas salue Féraud

Les classes moyennes aspirent à un coup d’État

Source : Boulevard Voltaire.
Selon une enquête menée par le cabinet d’étude FreeThinking, les français moyens aspirent à un coup d’État

Véronique Langlois et Xavier Charpentier s’apprêtent à publier un travail qu’ils ont baptisé Dissonances. Quand les classes moyennes parlent de la France d’après le 11 janvier, deux ans avant 2017, réalisée par un cabinet d’études du groupe Publicis. Cette étude menée pendant la campagne des départementales a été entreprise auprès de 190 Français des classes moyennes et pointe trois « dissonances » majeures :

La première : entre la réalité vécue par les Français et l’optimisme des discours officiels, le fossé est béant. Le manque de sérieux des élites, le déni de démocratie chez les parlementaires qui ne remplissent pas le mandat pour lequel ils ont été élus est aussi pointé du doigt.

La seconde : nos compatriotes restent malgré tout optimistes et croient à « un projet qui rassemble les Français au-delà du religieux et du politique », mais, dans le même temps, ils précisent « qu’aujourd’hui ils n’en voient pas la couleur ».

La troisième : « pour la première fois très clairement, ils expriment le rêve d’un coup d’État citoyen et républicain », prévient Véronique Langlois. Les mots « citoyen » et « républicain » n’étant là que pour se donner bonne conscience.

En conclusion, et comme il était facile de l’imaginer : « Les Français très ébranlés par les événements du mois de janvier considèrent que s’ils ont fait leur part du travail en descendant massivement dans la rue, la classe des dirigeants politiques, dirigeante, elle, n’a rien fait de concret. »

Crédit photo : Renaud Camus via Flickr (CC) = Boissy d’Anglas salue Féraud, musée des Beaux-Arts de Valenciennes


Coup d’Etat au Burkina Faso

Coup d’Etat au Burkina Faso

03/11/2014- OUAGADOUGOU (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Petit rappel des faits : jeudi soir, l’armée a pris le pouvoir au Burkina Faso et a annoncé la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée après une journée d’émeute, qui a fait une trentaine de morts, contre le régime de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. Elle a instauré un couvre-feu de 19 heures à 6 heures pour protéger les habitants. Le président Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir, en 1987, par un coup d’Etat, devait s’exprimer jeudi soir.

Quelles ont été les motivations de cette émeute ?

Le Burkina Faso a basculé dans la crise avec l’annonce, le 21 octobre, d’un projet de révision constitutionnelle portant de deux à trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels. Arrivé aux affaires, il y a 27 ans à l’issue d’un putsch, le président Compaoré devait achever l’an prochain son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015). Lui qui a déjà modifié deux fois l’article 37 de la Loi fondamentale, en 1997 puis en 2000, pour se maintenir au pouvoir, défend la stricte légalité de sa démarche pour cette troisième retouche. Les opposants souhaitaient un renversement du régime, longtemps considéré comme l’un des plus stables de la région. Un « printemps noir au Burkina Faso, à l’image du printemps arabe », lançait mercredi l’opposant Emile Pargui Paré. Mardi, des centaines de milliers de personnes – un million, selon l’opposition – étaient descendues dans la rue à Ouagadougou pour dénoncer un « coup d’Etat constitutionnel ». « L’armée est soudée avec le peuple », avait affirmé Bénéwendé Sankara, l’un des chefs de l’opposition, demandant « la démission pure et simple du président Blaise Compaoré ».

Quelles ont été les réactions face à cette crise que connaît le Burkina Faso ?

Face à ce que le gouvernement sénégalais a qualifié de « soulèvement populaire », l’Union africaine a fait part de sa « profonde préoccupation » et appelé « toutes les parties concernées à faire preuve de la plus grande retenue ». L’Union européenne a lancé un appel à « engager rapidement un dialogue » et à mettre fin aux violences. La France a plaidé pour un « retour au calme » et les Etats-Unis ont exprimé leur « vive inquiétude ». L’ONU, comme l’UA, a décidé d’envoyer sur place un émissaire.

La médiation internationale au Burkina Faso, un pays en crise après la chute du président Blaise Compaoré, a appelé dimanche à la mise en place d’un régime de transition « conduit par un civil » et « conforme à l’ordre constitutionnel », menaçant sinon de « sanctions ».

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Golpe partitocratique en Italie, quand la gauche se donne un duce, par Jean Bonnevey

Golpe partitocratique en Italie, quand la gauche se donne un duce, par Jean Bonnevey

On peut facilement imaginer l’indignation de la presse internationale et des hommes politiques européens sur Silvio Berlusconi s’il s’était emparé, par un coup d’état au sein de son parti, du poste de président du conseil italien. On aurait hurlé à la Rome et au retour du fascisme. C’est pourtant ce qui vient de se passer au sein du parti de gauche dominant en Italie, un pays où se succèdent les chefs de gouvernement n’ayant aucune légitimité électorale.

Enrico Letta a démissionné de la présidence du Conseil italien le vendredi 14 février. Le président du Parti démocrate Matteo Renzi (photo) devrait le remplacer, devenant ainsi le troisième chef de gouvernement non élu par les électeurs italiens en moins de quatre ans. Si sa manœuvre a fonctionné, elle a également précipité la politique italienne dans un tourbillon qui était encore inconcevable il y a peu. « Comment allons-nous encore expliquer au monde ce qui se passe au sein de notre système politique labyrinthique » s’interroge la presse italienne. Aucun des deux présidents du Conseil qui ont succédé à Berlusconi – dont toute l’Europe se méfie désormais – n’a pris ses fonctions grâce à un vote populaire. Ni Mario Monti, ni Enrico Letta. Pas plus que Matteo Renzi, certes élu maire de Florence, mais pas de l’Italie. Le 8 décembre 2013, il a été élu secrétaire du PD en obtenant deux millions de voix lors de primaire. Mais le PD n’est pas l’Italie non plus, et il n’a même pas gagné les élections avec une marge suffisante pour gouverner seul le pays.

Après l’ère Berlusconi, imprévisible et rarement impliqué dans les grandes réunions du Conseil, est venue l’ère Monti, le professeur capable de donner des leçons à une Angela Merkel attentive. Puis les membres de Conseil européen s’étaient habitués au jeune Enrico Letta, qui avait construit sa culture politique sur l’autel de l’Europe. Il était illusoire de croire qu’un homme comme Renzi allait attendre son tour, en restant patiemment dans l’ombre.

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