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Le clip des gangsta-collégiens fait scandale

03/02/2016 – SOCIÉTÉ (NOVOpress)
Apologie de la violence, de la drogue, de l’argent et des filles faciles, le clip de rap standard… oui, sauf que les « chanteurs » ont au plus 14 ans…

Couteaux, battes de base-ball en main, casquette à l’envers et survêtement de marque, la panoplie du parfait rappeur, scandant leur ode débile à la violence et à l’argent facile « Que des coups de machette, ouais, chez nous tout s’achète »… rien que du banal, sauf que les « artistes » sont une bande de collégiens du XVIIIe arrondissement de Paris.
Farès et Mehdi, 14 ans, posent avec des enfants encore plus jeunes qu’eux à la fin du clip, l’un armé d’un Opinel, ce qui prête presque à sourire, l’autre d’une feuille de boucher, ce qui est tout de suite moins drôle. C’est la même arme qui était brandie par le terroriste qui avait tenté de s’en prendre à des policiers dans ce même XVIIIe arrondissement ; coïncidents ? Le clip a été tourné par la maison de production Vision Industry, qui a fait aux rappeurs en herbe un prix au vu de leur jeune âge.

Bien sûr, la « communauté éducative est en émoi », indique Le Parisien. Les gangsta-collégiens sont issus pour la plupart du collège Daniel-Mayer, classé en ZEP, qui ne ménage pas ses efforts pour mettre ses élèves sur le droit chemin : actions de prévention de la violence, d’insertion par le sport et d’ouverture culturelle et, pire, sortie pour assister aux vœux de François Hollande à la jeunesse. Étonnez-vous après cela qu’ils tournent mal…

Le fond de l’affaire est bien là : incapable d’offrir un modèle fort et structurant, l’Éducation Nationale (reflet en ceci de la société), perdue dans ses idéaux pédagosistes, bien-pensants et naïfs, laisse le champ libre à la sous-culture du rap, celle de la violence tribale (les guerres de gang ne sont pas autre chose), de l’argent facile et de la consommation à outrance : filles, drogue… Un horizon bien limité, dont de plus en plus de « jeunes » finissent par échapper en versant dans l’islamisme, qui donne au moins un sens à leur existence.
Entre les deux, la voie est étroite, et ce n’est pas le discours ou les actions de nos bonnes consciences de service qui vont aider les « jeunes » à la trouver.

C.D.


 

Un jour un livre : la propagande de la marchandise, vue par Christopher Lasch

Un jour un livre : la propagande de la marchandise, vue par Christopher Lasch

25/12/2013 – 11h00
PARIS (NOVOpress) –
À l’occasion des fêtes de fin d’année, les rédacteurs de Novopress vous proposent de découvrir une sélection de livres à travers des extraits choisis. Dans La Culture du narcissisme, sous-titré La vie américaine à un âge de déclin des espérances (publié en 1979), l’historien et sociologue américain Christopher Lasch analyse les tourments et les contradictions de la vie moderne mais aussi les conditions politiques et culturelles qui en commandent le sens.


À une époque moins complexe, la publicité se contentait d’attirer l’attention sur un produit et de vanter ses avantages. Maintenant, elle fabrique son propre produit : le consommateur, être perpétuellement insatisfait, agité, anxieux et blasé. La publicité sert moins à lancer un produit qu’à promouvoir la consommation comme style de vie. Elle « éduque » les masses à ressentir un appétit insatiable, non seulement de produits, mais d’expériences nouvelles et d’accomplissement personnel. Elle vante la consommation, remède universel aux maux familiers que sont la solitude, la maladie, la fatigue, l’insatisfaction sexuelle. Mais simultanément, elle crée de nouvelles formes de mécontentements, spécifiques de l’âge moderne.

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La France sous psychotropes

La France sous psychotropes

05/11/2013 – 09h00
PARIS (NOVOpress) –
Dans son numéro 148, l’excellente revue Eléments se penchait dans son dossier sur « La France malade de sa médecine ». Jean-François Gautier y décortiquait savamment le système à fabriquer des malades, par le diagnostic permanent et l’obsession médicale (et médicamenteuse) du berceau au cercueil. Il épinglait également les « dealers » de l’industrie pharmaceutique qui avaient peu à peu poussé les Français sur la première marche du podium européen (bientôt mondial ?) des consommateurs de psychotropes. Dans un pays où les recettes du bonheur sont tartinées sur toutes les unes des hebdomadaires, où l’on nous vante quotidiennement les joies de l’Empire du Bien et du vivre-ensemble, la tartufferie fait plouf.

Une étude menée par l’assurance-maladie et présentée la semaine dernière, sur les dépenses de santé et les principales pathologies des Français confirme le constat d’Eléments. Portant sur l’année 2011, elle fait apparaître en tête les « pathologies psychiatriques et la consommation de psychotropes » parmi le coût total des « pathologies chroniques et traitements médicamenteux réguliers ». Ces pathologies psychiatriques coûtent 22,6 Mds d’euros par an (soit 15 % de la dépense totale). En comparaison, le diabète (15,7 Mds) et le cancer (14,5 Mds) arrivent loin derrière.

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L’obsolescence au cœur du système - Par Julien Jauffret

L’obsolescence au cœur du système – Par Julien Jauffret

Le socialiste anglais William Morris (1834-1896) qualifiait l’époque issue de la révolution industrielle – la nôtre – d’« âge de l’ersatz ». Etre socialiste alors n’avait évidemment pas grand-chose à voir avec les progressistes imbéciles qui, couchés à plat ventre devant le marché, se revendiquent aujourd’hui du socialisme, même lorsqu’ils dirigent le FMI ou l’Organisation mondiale du commerce !

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Folie de la consommation, cinq millions d’iPhones 5 vendus en trois jours

Folie de la consommation, cinq millions d’iPhones 5 vendus en trois jours

Photo : La queue à New York pour acheter l’iPhone 5.
25/09/2012 — 16h00
PARIS (NOVOpress, en partie via le Bulletin de réinformation) —
L’iPhone 5 est vendu depuis vendredi dans neuf pays, dont la France. Entre vendredi matin et dimanche soir, Apple a vendu cinq millions d’iPhones a annoncé le groupe dans un communiqué. Selon Tim Cook, PDG d’Apple, la demande pour l’iPhone 5 a été « incroyable » et a excédé les stocks disponibles.
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Naissance de l’association « la Fabrique d’à côté »

Naissance de l’association « la Fabrique d’à côté »

02/05/12 – 13h45
PARIS (NOVOpress)
– C’est à l’occasion de la fête du 1er mai qu’a été lancé l’association de « consommateurs citoyens », « la Fabrique d’à côté ».

Prolongement du site internet « la Fabrique hexagonale », née au printemps 2008 pour valoriser les entreprises qui fabriquent en France, l’association à pour but de fédérer les dizaines de milliers de consommateurs qui, par leurs achats, soutiennent des entreprises nationales et l’économie locale.

Naissance de l’association « la Fabrique d’à côté »Prenant acte, qu’il n’y a « pas d’économie locale sans entreprises, mais pas davantage d’entreprises sans acheteurs » l’association vise notamment, à ce que les promesses de la campagne présidentielle 2012 concernant le « made in France » et l’économie de proximité ne restent pas sans lendemain.

Pour plus de renseignements: http://www.lafabriquehexagonale.com

Crédit photo Cleraly Ambigous via Flickr (CC).
[Tribune libre] Pour Noël, faites la fête, pas des cadeaux !

[Tribune libre] Pour Noël, faites la fête, pas des cadeaux !

[box class= »info »] L’habituelle effervescence consumériste à l’approche de Noël prend cette année une dimension pathétique. C’est le moment de porter l’estocade. [/box]

Les prospectus arrivent dans les boites aux lettres, les spots publicitaires à la télévision se multiplient, tous nous avertissent : il ne nous reste plus que trois semaines pour acheter les cadeaux de Noël. Les entrepôts sont pleins, les têtes de gondole se mettent en place et nous attendent. Et si cette année, nous décidions tous ensemble de ne pas faire de cadeaux marchands ? Cela ne présente en effet que des avantages.

Ne pas faire de cadeaux marchands, aide tout d’abord à assumer positivement la baisse généralisée du pouvoir d’achat en sublimant une contrainte subie en acte engagé. Autant se dire : « Si je ne fais pas de cadeau, ce n’est pas parce-que c’est trop cher pour moi à présent, mais c’est parce-que c’est dépassé. » Il suffit alors de faire passer le mot aux proches : « Cette année, ne vous embêtez pas avec un cadeau marchand, du reste, pour ma part je n’en ferai pas. » Ainsi tout le monde est à l’aise.

Ne pas faire de cadeaux marchands, aidera alors à retrouver les valeurs de cette fête multimillénaire puisqu’elle est le prolongement chrétien du solstice d’hiver. L’envahissement de la société marchande a réduit Noël à la fête des cadeaux. Mais pendant des millénaires cette fête commémorait la renaissance du soleil qui passait au point le plus bas le 21 décembre, puis fut assimilée en l’an 354 à l’anniversaire de la naissance du Christ. Que l’on soit croyant ou non, retrouvons l’âme de Noël, fête du renouveau et de la natalité. Les cadeaux ne sont que des perturbateurs de cet événement essentiellement spirituel.

Ne pas faire de cadeaux marchands, aidera les enfants à se préparer au monde qui sera le leur. Ne les laissons pas tomber dans ce monde du tout jetable qui touche à sa fin. Aidons-les dès à présent à se passer des gadgets électroniques mondialisés, obsolescents dès le lendemain lorsqu’on observe toutes les ventes qui apparaissent sur eBay le 26 décembre. Aidons-les à retrouver du sens à la fête en dehors du nombre de paquets au pied du sapin. Aidons les à être plutôt qu’à avoir. Expliquons leur pourquoi cette année, ils n’auront pas de cadeaux, ou beaucoup moins. Il faut profiter de la période pour expliquer ce qu’est Noël. Cela fait partie de leur éducation. Préparons-les au monde de l’après-crise.

Ne pas faire de cadeaux marchands, réduira le déficit commercial car l’immense majorité de ces cadeaux provient de Chine. Outre le fait qu’ils sont de mauvaise qualité, parfois nuisibles à la santé, ils sont la plupart du temps fabriqués dans des usines-casernes. Ajoutons que le transport confère à ces cadeaux une lourde empreinte carbone.

Allons plus loin : ne pas faire de cadeaux marchands, c’est contribuer à la chute du système en place qui nous appauvrit et nous aliène. Malgré les efforts pour nous forcer à consommer (treizième mois, voire quatorzième ou plus, primes de fin d’année versées juste avant Noël, et lorsqu’on n’a pas d’argent « crédit spécial Noël ») [image ci-dessous], tout le monde a conscience que la société marchande ne fonctionne plus. Qu’elle vit son agonie. Alors portons l’estocade ! Pas de cadeaux marchands, c’est pas de TVA payée ! Le cadeau marchand s’appuie sur du négoce de masse qui ne génère aucune valeur ajoutée. Les marges sont très faibles tout au long de la chaîne de production et de fabrication. Le plus grand bénéficiaire en est le fisc qui prélève environ 20% de toute cette masse. Inutile de payer une TVA élevée sur des biens à faible valeur ajoutée, qui, plus est, sont importés. Inutile de faire des cadeaux à l’État-glouton.

Pour Noël, faites la fête, pas des cadeaux !(On peut cliquer sur l’image pour l’agrandir.)

 

Mais ne pas faire de cadeaux marchands ne signifie par pour autant ne pas faire la fête, et ne pas faire de cadeaux. Au contraire : retrouvez la valeur des cadeaux en dehors de leur valeur purement marchande, et faisons une vraie fête. Offrez plutôt des livres, des produits du terroir, des bons vins, des objets issus de l’artisanat d’art et porteurs de savoir-faire, offrez des œuvres personnelles, des dessins, écrivez des poèmes, chantez, jouez des scénettes en famille, préparez un bon repas traditionnel. Ou bien allez au restaurant, choisissez en un bon : ça sera autant d’argent qui valorisera un savoir-faire local. Amusez vous par vous mêmes, retrouvez la joie d’être ensemble : faites la fête, tout simplement !

Georges Gourdin pour Novopress France

Comment j’ai survécu aux soldes

[Tribune libre ] Comment j’ai survécu aux soldes

[box] Mathilde ne veut pas passer pour une ringarde dans une société du paraître, alors elle tente de s’adonner à ce sport national qu’est le chopine… à ses risques et périls. [/box]

Ça y est, on y est presque ! L’excitation, la fébrilité et l’impatience commencent à gagner les allées du centre commercial jouxtant mon lieu de travail. Le moment tant attendu n’a jamais été aussi proche : la période des soldes va enfin commencer. Jean-Pierre Pernault nous a mitonné ce midi un petit reportage à l’usage de la ménagère de moins de 50 ans sur tous les trucs et astuces de la consommatrice avisée en période de soldes. Bénie soit cette période magique qui, deux fois par an, rappelle à la femme moderne que le bonheur se trouve irrévocablement dans la consommation.

Moment clés dans la vie d’une femme d’aujourd’hui, ces deux semaines sont capitales, que dis-je PRI-MOR-DI-ALES, instants délicieux augurant d’une saison résolument placée sous le signe de la beauté, de la mode, de l’élégance et du bon goût. Car oui, faire les soldes pour la femme moderne est devenu un impératif social presque aussi important que les sorties entre amis. Il suffit pour s’en convaincre de consulter la une des magazines féminins avec leur cohorte de slogans incantatoires, impérieux, impératifs et pressants (comme si il était question de vie ou de mort) : « Les its de la saison à s’offrir de toute urgence », « Les must-have à shopper absolument », « Les 8 accessoires indispensables », « 50 pages de totale fashion », « Les pièces phares de cet hiver », « Les soldes à shopper », « Les tendances du printemps à adopter », « Les nouvelles tendances que vous allez aimer ».

Avec les compliments de la presse féminine

Présenté dans la presse féminine et dans leur légion d’articles psychologisants comme intrinsèquement lié à la féminité et donc par extension passage préalable et indispensable à toute rencontre amoureuse, le shopping, et donc les soldes qui en sont la quintessence, serait par association d’idée une promesse de bonheurs à deux.

Une lapalissade intellectuelle me permet de considérer que 1) La femme moderne, active et urbaine aime et s’adonne avec délice et gourmandise à la pratique des soldes de façon sérieuse et consciencieuse 2) Je suis une femme moderne, active et urbaine 3) Je me dois donc de m’adonner avec ferveur à ces deux semaines de débauche financière et d’orgies textiles.

A force de me répéter mentalement, comme un mantra, « Bientôt les soldes », « Tu DOIS aller faire les soldes », « IL FAUT renouveler ta garde-robe », « TU MÉRITES toi aussi de connaître le bonheur des soldes, tu y a DROIT comme n’importe quelle femme » je finis par m’auto-persuader et par y croire vraiment.

Jour J -2

Bien décidée à procéder avec sérieux et méthode, je décide de trier ma garde-robe existante, bien remplie au demeurant, afin de pouvoir accueillir dignement mes futurs nouveaux habits. Je constate que je possède déjà les basiques, c’est-à-dire les vêtements indispensable à tout dressing digne de ce nom et dont il est hors de question de se défaire : le pantalon jean, le pantalon tailleur, la jupe longue, la jupe courte, le chemisier, le gilet, le petit pull bien ajusté et la petite robe. Je les possède tous en noir, mais également en gris, vert et bleu, ce qui commence à faire pas mal de basiques. Il y a aussi tous ces nombreux vêtements délaissés, achetés un peu impulsivement et quasiment jamais portés dont je ne parvient pas à me séparer, on ne sait jamais, ils peuvent toujours servir. Tiens, je ne me souvenais même pas avoir acheté ce veston en toile cirée ! Oh ! et puis ce joli sac bandoulière en toile de jute offert par ma sœur que je n’ai jamais utilisé à cause d’un liseré brodé que je trouve un peu too much. Hors de question de m’en débarrasser, ce sac a une valeur sentimentale !

Au final le tri de la penderie n’aura servi à rien puisque je ne souhaite me séparer d’aucun de mes vêtements. Je prends surtout conscience qu’en réalité, je mets quasiment toujours les mêmes choses, 4 ou 5 vêtements fétiches que je porte et reporte très régulièrement. Peu importe, les soldes du lendemain seront faits pour changer la donne !

Je m’endors un sourire aux lèvres et la tête pleine de froufrous, d’accessoires, de tissus drapés, smockés, gansés, lamés, de « must have oniriques à shopper absolument » et la bienheureuse certitude que la journée du lendemain sera placée sous le signe du glamour et de la féminité.

Le jour fatidique est arrivé. Je pars à l’assaut des boutiques. Face à la première vitrine rutilante, je constate avec joie que les magazines n’avaient pas menti ! Effectivement tous les « its » de la saison sont là ! J’ai sous les yeux la traduction réelle et matérielle des titres accrocheurs des suppléments mode : « Rayures forever», « Ethic chic», « Couleurs pop et flashy pour un printemps lumineux», « L’asymétrique c’est tendance». Bref, il y a là de quoi se concocter un style trendy et dans le vent.

Must have, it truc, do/don’t ou le langage total

Sauf qu’une fois dans le premier magasin je m’emmêle un peu les pinceaux entre les must have passés, présents et futurs, ce qui est soldé et les nouvelles collections qui ne le sont pas.

Résumons afin d’y voir un peu plus clair : il y a donc « les must-have printemps-été à shopper absolument » qui font partie de la nouvelle collection et qui ne sont donc pas soldés et les « must have » de l’hiver qui sont soldés, mais qu’il fallait se procurer avant l’hiver afin de pouvoir les porter pendant l’hiver et dont l’achat n’a plus grand intérêt dès lors que le printemps montre ses prémisses, que les températures remontent et que les vêtement raccourcissent. En fait, la logique même des soldes me laisse quelque peu dubitative. Acheter un vêtement chaud alors même que le printemps va arriver, il y a quelque chose qui m’échappe !

Niveau prix, les -70% placardés sur les vitrines ont de quoi appâter le chaland. Mais en voyant l’extrême fantaisie de certains modèles confinant au mauvais goût, je comprends vite pourquoi les gérants de boutiques cherchent à s’en débarrasser à tout prix. La qualité médiocre de certaines enseignes de prêt-à-porter permet également de comprendre pourquoi les prix sont cassés : il n’est en effet pas difficile de vendre 3 euros un tee-shirt fabriqué Dieu seul sait où, fin comme du papier à cigarette et dont les finitions sont bâclées.

Niveau marketing, l’astuce classique des commerçants n’aura échappé à personne : la disposition des échoppes fait que la cliente vient pour les soldes mais achète également les nouvelles collections, plus chères, celles-ci étant avantageusement disposées dans les rayons, de façon à attirer le regard et susciter le désir.

Sur les portants, des modèles inspiration années 70, des formes géométriques, de l’asymétrique, des couleurs moutarde, des chemises bucheron, du liberty, des rayurres et du zèbre en veux-tu en voilà, des couleurs pop et acidulées et des imprimés à texte peu compatibles avec le monde de l’entreprise et mon environnement professionnel.

Je vous passe les détails relatifs aux foires d’empoigne entre des fashions victimes fanatisées se battant comme des charognards sur le dernier pull turquoise/bleu lagon taille S à 5 euro, l’interminable queue aux cabines d’essayages et aux caisses et la difficulté qu’il y a à circuler entre les rayons. Je ne m’étendrais pas davantage sur les risques que fait courir le shopping sur la santé des modeuses entre le froid hivernal du dehors, la chaleur étouffante des magasins et même parfois la clim mal réglée il y a de quoi attraper en prime une rhino-pharyngite qui elle, n’est ni en option, ni même en soldes !

Autre boutique, mais toujours la même musique électro-house assourdissante. Cette enseigne est de bien meilleure facture, les prix y sont d’ailleurs plus élevés. Les vêtements, taillés dans des textiles dignes de ce nom y sont de meilleure qualité, il y a de vraies matières, un vrai style, qu’on aime ou pas. Ou pas me concernant, d’autant plus que je retrouve sur les portiques le même mot d’ordre désespérant : format xxl, rayures, liberty bohème, imprimés géométriques, formes asymétriques, couleur moutarde et zèbre à tous les étages…

Je passe devant la vitrine de la marque Morgan, plutôt jolie et élégante mais je ne tiens pas à donner mon argent à une entreprise commercialisant des vêtements en fourrures de lapin et de renard.

Autre magasin, je repère un pantalon qui me plaît bien, en plus il est soldé ! Manque de chance ils ne l’ont plus qu’en taille 36 ou 44. Et oui, pendant les soldes, première arrivée, première servie !

Sortie du quatrième magasin. Au total, il y a sur tous ces portants de quoi créer une armée de clones habillée de frusques moutardes, asymétriques, xxl et géométriquement zébrées.

Je renonce, fin de la virée shopping.

D’une chimère l’autre

Je suis un peu déçue, moi qui m’imaginais rentrer à la tombée de la nuit le porte-monnaie vide mais les bras pleins de paquets et de sacs bigarrés, je n’ai rien trouvé qui me plaise vraiment et m’apprête à rentrer les mains vides. J’essaye de me remémorer mes derniers achats de vêtements, c’était il n’y a pas si longtemps et je me rends compte que j’achète principalement dans deux cas de figure, par nécessité ou par coup de cœur et mes achats ne sont généralement pas déterminés par les « must have à shopper absolument» ou par « les its de la saison ». Non. C’est juste un vêtement qui me met en valeur, moi, personnellement, celui qui correspond à mes goûts et non à ceux dans l’air du temps, celui dans lequel moi je me sens belle et féminine, celui qui sublime mes avantages et gommes mes défauts, qui est adapté à ma morphologie et non à celle du mannequin taille 34 sur la couverture des magazines.

D’ailleurs, ces couvertures sur papier glacé sont l’archétype par excellence de l’obsolescence programmée qui a investi nos modes de vie, le reflet de ces diktats-mode de la saison aussi éphémères qu’une giboulée de mars et qui seront de toute façon has been et démodés l’année prochaine.

A bien y réfléchir, je crois que finalement il n’y a pas de quoi se sentit déçue ou même frustrée, je me rends compte que je n’ai en fait besoin de rien. Faire les soldes pour faire les soldes, juste pour faire comme tout le mode n’a pas de sens et si les soldes permettent effectivement de faire de bonnes affaires lorsque l’on a un besoin précis et déterminé à l’avance, ils permettent aussi et surtout d’acheter des choses qu’on a déjà ou qu’on ne portera pas.

Enfin, le concept même de « faire les soldes » me semble un poncif assez peu flatteur pour les femmes en général puisque la réduction simpliste selon laquelle faire les soldes serait une activité féminine par excellence et par essence me semble fallacieuse à deux titres. En premier lieu, elle accrédite l’idée selon laquelle une femme serait par nature obligatoirement légère, frivole, et dépensière, alors même qu’en réalité, dans un couple, c’est souvent Madame qui a en charge la gestion de l’argent du ménage et des achats courants. Ensuite, cette conception des choses est particulièrement outrageante puisqu’elle suppose que la femme qui s’habille à la mode est belle et donc implicitement que la femme ne serait belle que grâce aux parures sans cesse renouvelées, artifices superficiels, froufrous, rubans et autres colifichets.

Épuisée, je prend le chemin du retour. A deux pas de chez moi, je passe devant une petite mercerie dans laquelle j’achète pour 7 euros de rivets et de galons en soie. Je connais un sac bandoulière, cadeau de ma sœur en toile de jute, qui une fois customisé par mes soins va devenir un de mes « must-have » !

Mathilde

[box class= »info »] Source : le webzine féminin « Belle et Rebelle ». [/box]

La CFTC Paris appelle au boycott des grandes surfaces le 14 juillet

La CFTC Paris appelle au boycott des grandes surfaces le 14 juillet

08/07/2011 – 17h00
PARIS (NOVOpress) – La CFTC Paris lance une campagne d’affiches (photos) pour dénoncer l’ouverture des magasins le 14 juillet.

Dans un communiqué, elle indique : “Un jour férié est un jour de fête civile ou religieuse, ou commémorant un évènement. Il est, sauf exception, non travaillé. La France compte 11 jours fériés. A ces jours nationaux, se rajoutent ceux liés à des particularismes locaux. Ces jours sont un oasis de calme dans un monde en agitation perpétuelle, ils permettent, comme le dimanche, de vivre autre chose que la course à la production/consommation. Ils sont indispensables pour l’équilibre de la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle. Et pourtant ! Ils sont de plus en plus remis en cause, principalement dans le commerce où grandes surfaces et centres commerciaux bafouent de façon récurrente la notion même de jour férié. C’est pour cette raison que nous voulons marquer le coup à l’occasion de la Fête Nationale en dénonçant l’ouverture des grandes surfaces le 14 juillet.”

Cette action débute à Paris puis aura lieu en Picardie.