Tag Archives: conflits

Les Grands Entretiens de Novopress - Piero San Giorgio : "Aider le maximum de gens à prendre conscience" (1/2)

Les Grands Entretiens de Novopress – Piero San Giorgio : « Aider le maximum de gens à prendre conscience » (1/2)

26/02/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien cadre supérieur puis entrepreneur dans le secteur des nouvelles technologies, Piero San Giorgio (photo) a fait une arrivée éditoriale remarquée à l’automne 2011 avec la publication de son premier ouvrage « Survivre à l’effondrement économique ». Le titre, qui a remporté un grand succès, a fortement contribué au développement des préoccupations survivalistes et à leur couverture médiatique. Après un deuxième titre « Rues Barbares, survivre en ville » publié en décembre 2012, Piero San Giorgio vient de débuter il y a quelques jours une nouvelle expérience.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Comment un cadre dirigeant parfaitement intégré professionnellement à la superclasse mondialisée se retrouve un jour frappé par « le monde tel qu’il ne va pas » et s’interroge sur « l’effondrement qui vient » ?

C’est le cumul d’expériences et de ressentis personnels. D’une part j’ai eu la chance de beaucoup voyager, notamment en Afrique, et de voir la réalité de notre monde : la surpopulation, les vagues migratoires, l’urbanisme dément, la consommation énergétique… Et d’autre part, je suis féru d’histoire et les effondrements économiques, civilisationnels, etc… sont relativement fréquents et sont passionnants, même si tragiques. Enfin, ma curiosité à essayer de comprendre le « comment ça marche » de notre monde moderne m’a fait prendre conscience que nous sommes au cœur d’une convergence de tendances lourdes aux conséquences catastrophiques : surpopulation, tarissement des ressources naturelles notamment pétrole et minerai, surexploitation et pollution de nos écosystèmes notamment pénuries des sols fertiles et de l’eau potable, économies globalisées et financiarisées, crise structurelle du chômage avec perte de valeurs morales en Occident … La liste est longue et tout nous amène à rendre très fragile et imprévisible un système économique déjà trop complexe et en perte de contrôle.

Bien que cadre supérieur, je n’étais qu’un tout petit rouage dans la machine. Malgré un bon salaire – qui parfois me manque, je l’avoue – je n’avais rien pour m’en sortir réellement, si l’effondrement de notre système arrivait, comme je pense qu’il arrive dans la décennie.

Lire la suite

Iles Diaoyu/Senkaku : tensions toujours très vives entre la Chine et le Japon

Iles Diaoyu/Senkaku : tensions toujours très vives entre la Chine et le Japon

12/01/2013 – 08h00
TOKYO (NOVOpress) –
Les tensions restent fortes entre les deux géants d’Asie concernant l’archipel Senkaku/Diaoyu. Jeudi 10 janvier, nous sommes passés à un cheveu de l’incident diplomatique majeur, lorsqu’un avion patrouilleur chinois fut repéré par l’armée nippone. En réaction, l’aviation japonaise fit décoller deux chasseurs F-15 auxquels la Chine a réagi à son tour par l’envoi de deux appareils de type J-10.

Lire la suite

Syrie : un conflit local aux conséquences globales

Bataille pour la Syrie – Reportage russe sous-titré en français

La guerre fait rage en Syrie depuis un an et demi. Une interminable série d’opérations spéciales, de victoires et de replis, une lutte entre les forces gouvernementales et l’opposition armée qui se déroule à la fois sur le terrain et sur les écrans. L’équipe russe du film a passé 2 mois sur la ligne de front avec les soldats de l’armée syrienne et des civils. Ce film a été réalisé dans des conditions de terrain afin de mieux raconter l’histoire qui s’y déroule.

Publié le
Bernard Lugan : "quatre réflexions « utiles » avant le déclenchement de l’offensive" au Mali

Bernard Lugan : « quatre réflexions “utiles” avant le déclenchement de l’offensive » au Mali

Le numéro 34 de l’Afrique Réelle (octobre 2012) vient de paraître. Éditorial – Mali : quatre réflexions « utiles » avant le déclenchement de l’offensive

Avant de déclencher l’intervention militaire programmée et nécessaire, quatre points méritent réflexion :

1) Au long des siècles, l’Islam s’est peu à peu imposé dans tout l’Ouest africain sahélien aux dépens des peuples animistes dont les constructions politiques furent détruites et les populations régulièrement mises en servitude. Au XIème siècle, les Almoravides disloquèrent ainsi le royaume soninké de Ghana. L’islamisation s’enracina ensuite à l’époque des empires du Mali et du Songhay. Puis, à partir des XVIIème-XVIIIème siècles, vint le temps des jihad qui se succédèrent de l’Atlantique au lac Tchad. À l’Ouest, les principaux furent celui des Toucouleur qui aboutit à la constitution de l’empire d’al Hadj Omar dans la partie occidentale du Sahel et celui des Peul de Shekku Ahmadu qui s’étendit dans la vallée moyenne du Niger. Plus à l’est, l’empire Peul-Haoussa de Sokoto fut fondé par le jihad d’Osman dan Fodio au début du XIXème siècle dans le nord du Nigeria, zone actuelle d’opération de Boko Haram. Qu’il s’agisse de Boko Haram, d’Aqmi, du Mujao ou encore d’Ansar Eddine, les actuels courants fondamentalistes sahéliens s’inscrivent tous clairement dans la tradition de ces jihad.

Lire la suite

Tensions croissantes en mer de Chine : revoir « La politique étrangère de la Chine »

Renforcement du dispositif de l’OCS, initiatives militaro-diplomatiques chinoises adressées aux États-Unis : enjeux et perspectives.

Realpolitik.tv avait, en juin 2012, diffusé l’intervention du politiste, sémiologue et sinologue Emmanuel Lincot, par ailleurs directeur de la Chaire des Études Chinoises Contemporaines à l’Institut Catholique de Paris, sur le thème de « La politique étrangère de la Chine ». À l’heure où les tensions vont croissant entre la Chine et le Japon en mer de Chine, il nous a semblé pertinent de voir ou revoir cette brillante analyse de géopolitique.

Publié le
Les tensions montent en Extrême-Orient

Les tensions montent en Extrême-Orient

18/09/2012 — 18h45
TOKYO (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
Des activistes japonais et chinois se sont mutuellement provoqués aux abords des îles désertes contestées appelées Shenkaku, par les Japonais, et Diaoyu, par les Chinois (cliquer sur la carte en Une pour la voir en enlier).
Lire la suite

Société multiethnique : toujours le chaos au Soudan du Sud

Société multiethnique : toujours le chaos au Soudan du Sud

25/08/2012 – 19h30
JUBA (NOVOpress) – 
L’ONU déplore de nombreux viols et actes de torture au Soudan du Sud, indépendant depuis un an. Entre le 15 juillet et le 20 août, la mission de maintien de la paix de l’ONU au Soudan du Sud (Minuss), a relevé notamment des passages à tabac, des simulations de noyade, douze viols, six tentatives de viols et huit enlèvements. Ces violences contre la population civile interviennent après les violents affrontements interethniques ayant secoué le pays à la fin décembre et début janvier.

A cette époque, environ 6.000 hommes armés de la tribu des Lou Nuer avaient attaqué leurs rivaux de la tribu des Murle, de la localité de Pibor. Ces conflits interethniques constituent l’un des principaux défis auxquels le Soudan du Sud est confronté. Ils ont été exacerbés par vingt ans de guerre civile entre le nord et le sud du Soudan. Ces combats ont nourri les inimitiés historiques entre les différentes tribus, parfois instrumentalisées par Khartoum, la capitale du Nord musulman. La violence multiethnique frappe aussi l’Europe via l’immigration de masse.
Crédit photo : babasteve via Flickr (cc)

Audrey Pulvar à la direction des “Inrockuptibles” : révélateur des rapports incestueux presse/pouvoir politique

Audrey Pulvar à la direction des “Inrockuptibles” : révélateur des rapports incestueux presse/pouvoir politique

14/07/2012 — 16h30
PARIS (NOVOpress) — Pierre Salviac aurait-il eu raison au-delà du cas particulier de Valérie Trierweller ? Telle est la question que l’on peut se poser suite à la nomination d’Audrey Pulvar (photo ci-dessus)à la direction des Inrockuptibles, journaliste certes, mais surtout compagne d’Arnaud Montebourg… actuel ministre du Redressement productif. Evincée de France-Inter et de France 2, suite au fait qu’elle est en couple avec Arnaud Montebourg, Audrey Pulvar a ainsi pu se recaser au sein d’un titre prestigieux de la gauche bobo. Ayant abandonné leur côté journal musical, les Inrocks sont devenus un mélange de Télérama et de Nouvel Obs pour trentenaires.

Magazine aux opinions de gauche clairement tranchées, les Inrocks sont depuis 2009 la propriété de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et vice-président Europe de la Banque Lazard, également actionnaire du Monde. Une énième preuve de l’alliance culturelle entre la gauche bobo et le monde des affaires.

Sans juger du talent et de la compétence journalistique d’Audrey Pulvar, sa nomination comme directrice générale, chargée de l’éditorial, ne peut que raviver les polémiques sur les rapports « incestueux » entre pouvoir politique et presse (polémique qui n’est pas du goût de Télérama). D’autant que ce mouvement à la direction des Inrocks montre un mouvement dans le sens inverse. En effet, Les deux nouveaux directeurs généraux [en plus d’Audrey Pulvar, Arnaud Aubron, ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur de Rue89 et de Libération, est nommé directeur général en charge du développement de la marque sur les nouveaux supports et hors-médias] succèdent à David Kessler, qui a quitté l’hebdomadaire il y un mois, pour rejoindre le cabinet du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

La présidence normale de François Hollande a l’air de respecter les bonnes vieilles traditions quant au fait que presse de gauche et pouvoir politique de gauche font à ce point si bon ménage.

Mais au-delà du cas particulier Montebourg/Pulvar/Inrocks, cette nomination montre qu’une seule presse d’opinion est admise en France, celle de gauche, qui fonctionne comme une caste, une oligarchie. Il serait temps qu’à côté de cette presse d’opinion de gauche, qui doit exister, la presse d’opinion identitaire ou patriote puisse sortir de son ghetto. Mais ça c’est une autre histoire…

Crédit photo : Lionel Allorge/Wikipédia sous licence CC.

La guerre au XXIe siècle

La guerre au XXIe siècle

[box] La présente contribution vise à dresser un panorama d’ensemble de la problématique du conflit en ce début du XXIe siècle. Le domaine militaire comme d’autres domaines de la vie sociale a été profondément affecté par les bouleversements intervenus à la fin du XXe siècle : « mondialisation », révolution de l’information, mutation dans les rapports de puissance. De tout temps, l’art de la guerre a été marqué par des transformations profondes, inspirant la réflexion de grands théoriciens. Par les quelques explications suivantes, qui se réfèrent à différentes études publiées, l’auteur de ces lignes souhaite apporter certains éclaircissements pour une meilleure compréhension du phénomène de la guerre dans ses formes actuelles. [/box]

Le conflit asymétrique et la mise en cause de la RMA

Les revers subis par les forces Américaines et leurs alliées sur les deux théâtres où elles furent engagées mais aussi les mécomptes de l’armée Israélienne lors de son offensive en juillet 2006 contre le Hezbollah ont généré de larges développements sur l’asymétrie allant au-delà du strict aspect militaire.

Contestant le dogme d’une primauté de la technologie comme assurance de la victoire, des experts avisés ont ouvert la réflexion, appréhendant le conflit aussi bien dans sa conduite qu’au travers des facteurs politique, sociologique, économique qui pèsent de manière déterminante sur cette conduite.

Bernard Bradie, cité par Cyrille Caron, constate dans un entretien au Monde du 25 août 2007 que : « L’essentiel de la violence internationale ne repose plus aujourd’hui sur l’emploi des forces conventionnelles, mais sur l’expression plus ou moins coordonnée, plus ou moins organisée de violences sociales de toute nature…. On comprendra que la menace se déplace des Etats vers les sociétés».

L’observation est importante puisque de nos jours les guerres opposent rarement des Etats entre eux, dans un affrontement direct, mais des organisations non étatiques à des Etats ou ces organisations entre elles. Ainsi, le conflit, comme acte de belligérance, a basculé dans des tournures multiples où la notion de bataille a disparu et où l’usure par la durée a pris une place déterminante (21).

Depuis plus de cinquante ans, dans un contexte d’affranchissement envers les puissances dominantes et d’altération d’un modèle de l’Etat propre à la pensée occidentale, la violence guerrière a pour expression marquante ces luttes où « l’insurgé », le « rebelle », le « terroriste », « le milicien », usent de moyens bien éloignés des principes westphaliens du droit des gens pour défaire plus politiquement que militairement l’adversaire. Parmi les premiers à appréhender ces guerres subversives et à définir, de manière différente, les moyens d’y faire face figurent David Galula (22) et Roger Trinquier (23). Galula, officier français, qui vécut et mourut dans l’ombre, est considéré comme l’un des meilleurs théoriciens de la contre-insurrection, auteur de Contre-insurrection : Théorie et pratique, auquel des généraux américains se référèrent face à leurs déboires irakiens et afghans.

Ces dernières années, nombreuses furent les études sur ces conflits asymétriques, forme de la guerre subversive, pour lesquels la « solution politique » est le substitut à la victoire militaire. Vincent Desportes remarque que « les vulnérabilités politiques étant devenues l’un des facteurs essentiels de la faiblesse des forts, les restrictions à l’utilisation de notre puissance de destruction vont croissant » (24). En se référant à son analyse, il est possible de mettre en exergue au moins quatre éléments qui distinguent, d’un point de vue politique, les situations respectives des belligérants. Il s’agit du temps, des enjeux, des pertes et de l’attitude des opinions publiques. Ces facteurs sont, bien évidemment, liés.

D’abord, les conflits dits asymétriques s’inscrivent dans la longue durée, perçue, du côté occidental, comme un enlisement, éloignant pour « l’insurgé » la perspective d’une défaite. En termes d’enjeux, le Général Vincent Desportes souligne que « lorsque les intérêts sont élevés, le fort peut adopter un comportement dur facilitant sa victoire ; quand la survie n’est pas en cause l’engagement est moins absolu et moins durable ». La perception des intérêts n’est pas la même pour les gouvernants et les experts de l’analyse géopolitique, d’un côté et la société civile, de l’autre. Le rapport à la mort ayant profondément évolué au sein des sociétés occidentales, celles-ci ne supportent plus que des pertes modestes, lesquelles ne touchent que des soldats professionnels (dans les conflits asymétriques, la proportion des pertes humaines entre les deux camps est en moyenne de un à huit (25). De plus, au-delà de l’émotion suscitée, la mort au feu, risque inhérent au combat, est maintenant susceptible de déclencher l’action judicaire par la plainte des familles. Il est difficile, à ce jour d’en mesurer les conséquences, puisque la seule procédure engagée en France n’est qu’à son début (26). Mais la mise en cause du commandement dans la conduite d’une opération militaire qui n’a opposé que des combattants pourrait avoir des répercussions considérables quant aux règles d’engagement et à l’initiative des chefs. Tout cela, bien sûr, forme une opinion publique qui appréhende les évènements au travers du regard médiatique et du pouvoir de l’image. La brutalité n’étant plus « politiquement correcte », « la coercition n’est plus durablement utilisable en contre-insurrection ». Mais les limites ne valent que pour l’un des camps, elles ne contraignent que le « fort ».

Soumises à l’astreinte politique, les armées occidentales si elles détiennent une suprématie dans le domaine de la technologie, elles n’en présentent pas moins un niveau de vulnérabilité par rapport à celle-ci. Les dernières innovations civiles, d’un usage aisé, sont largement diffusées à travers la planète autorisant le développement d’armes artisanales d’une redoutable efficacité (27). En outre, certaines milices et groupes de guérillas sont équipées d’armes performantes en dotation dans les armées les plus modernes. Ce fut le cas, notamment, du Hezbollah face à l’armée Israélienne lors de son offensive de juillet 2006. Ainsi, d’une certaine manière l’avantage technique des armées occidentales est tempéré par de « menus transferts de technologie » qui accroissent le risque et peuvent « les conduire à prendre des mesures de protection sans commune mesure avec la menace réelle ».

Au vu de ces constats, la prééminence de conflits non conventionnels où l’adversaire adopte selon les termes du Général Vincent Desportes « une stratégie de contournement » conduirait à mettre en cause la pertinence de la RMA. Cependant, il faut être attentif au sens donné à celle-ci. Lorsqu’elle est vue comme une transformation totale de la guerre où la technique est en elle-même l’instrument de la victoire, elle ne saurait répondre aux attentes. En revanche, si elle est considérée à sa juste place, c’est-à-dire une disponibilité de l’information pour une aide à la décision, alors elle est susceptible de constituer un atout majeur, sachant que tous les systèmes utiles ne sont pas encore créés.

La guerre probable

Dans le prolongement des réflexions précédentes et en les élargissant, le Général Vincent Desportes a introduit la notion de Guerre probable , titre d’un livre qu’il a publié en 2008. Elle est définie comme « la guerre irrégulière, celle qui se moque de nos meilleures technologies et se conduit, par dessein autant que par nécessité, au cœur de nos sociétés », non plus entre les sociétés. Cette guerre probable, « guerre d’adaptation », se conduit au sein des populations devenues actrices et enjeux majeurs des conflits, ceux-ci relevant alors de l’ordre asymétrique.

Si l’essai du Général Desportes caractérise la guerre probable sous ses différents aspects et qu’il exprime, là encore, une appréciation sur le rôle dévolu à la technologie, allant à l’encontre de la « vraie nature de la guerre », il vaut aussi par ses prémisses. En vertu de « la règle fondamentale du contournement », l’adversaire, altérité, nullement assujettie aux normes édictées par son rival, a la faculté de renverser une situation au moyen d’une « surprise stratégique ». Il est nécessaire de s’y préparer en restant ouvert à toutes les éventualités.

Les guerres nucléaires et les guerres classiques demeurent des possibilités que le maintien d’arsenaux adaptés permet de prévenir. La guerre la plus « probable », celle à conduire « au sein des populations », asymétrique, suppose de développer, en parallèle, les moyens conventionnels correspondants. Mais il ne faut pas exclure « un affrontement du fort au fort » où l’adversaire pour obtenir l’ascendant usera d’une « surprise stratégique (28) », évitant l’action symétrique et tous ses effets de puissance par une réduction des fondements de celle-ci en recourant, par exemple « à des attaques informatiques ou à des armes à impulsion électromagnétique ». Vincent Desportes remarque que cet adversaire « agira de manière préférentielle dans des espaces hors limites ».

La Guerre hors limites (29) est, justement, le titre d’un ouvrage de deux colonels Chinois : Qiao Liang et Wang Xiangsui. Dépassant la notion traditionnelle du combat pour lequel sont développés des « armes de conception nouvelle », ils avancent l’idée de « nouveau concept d’arme ». Elle relève « d’une vision des armes au sens large, qui considère comme armes tous les moyens qui dépassent le domaine militaire mais qui peuvent être utilisés au combat ». « Tout ce qui peut bénéficier à l’humanité peut aussi lui nuire ». La guerre peut alors recouvrir d’autres formes : la guerre commerciale, la guerre financière, la nouvelle guerre terroriste (effraction de réseaux informatiques, par exemple), voire la guerre écologique. L’objectif demeure d’assujettir l’adversaire à sa propre volonté. « Ceux qui sont experts dans l’art de la guerre soumettent l’armée ennemie sans combat… (30)» écrivait Sun Tzu.

Les sociétés militaires privées

Les sociétés militaires privées (ou SMP), phénomène particulièrement étudié en France par Georges-Henri Bricet des Vallons, sont des prestataires de services dans les domaines de la sécurité et de la défense à l’attention des gouvernements mais aussi des organisations internationales, des ONG ou de simples entreprises privées. Elles ont connu une expansion notable depuis le début du siècle avec les interventions américaines en Irak et en Afghanistan.

Le recours au mercenariat n’est pas une pratique nouvelle. Dans l’Antiquité, les Dix Mille, des Grecs (Xenophon, l’Anabase), servirent le Perse, Cyrus le Jeune luttant pour s’emparer du trône de son frère Artaxerxès II. Les Grandes compagnies acquirent une triste célébrité durant la guerre de Cent ans et les condottieres, chefs d’armées de mercenaires, mirent « leur art et leur expérience » au service des Républiques italiennes de la Renaissance. Au début des années soixante après l’indépendance de l’ancien Congo Belge, Moïse Tshombé fit appel à des mercenaires, « les affreux », pour assurer la défense du Katanga en sécession. Il s’agissait encore à cette époque de l’aventure individuelle de « soldats de fortune ».

Sensiblement réduit dans ses effectifs, entièrement composés par des professionnels, l’armée Américaine pour mener ses missions et, particulièrement ses interventions extérieures, en Irak et en Afghanistan a fait largement appel à des sociétés militaires privées (SMP). Si le mercenariat traditionnel n’a pas totalement disparu, il s’y substitue une logique d’entreprise capitaliste où des sociétés privées prennent en charge des fonctions assurées exclusivement, auparavant, par l’armée ou des services de sécurité officiels. Cette politique, qui vise à diminuer les coûts, n’est pas sans rapport avec la conception économique libérale, dominante depuis les années quatre vingt, aux termes de laquelle l’Etat est amené à renoncer à l’exercice direct de prérogatives traditionnels. Ainsi Georges-Henri Bricet des Vallons (31) note : « Hormis les opérations offensives et les structures de dissuasion nucléaire, tous les services militaires sont devenus externalisables ». Pour l’Afghanistan et l’Irak, il précise que les trois-quarts des sociétés ayant obtenu des contrats interviennent dans les domaines de « la sécurité statique, la protection des convois et la sécurité rapprochée ». Il n’empêche que des missions plus sensibles peuvent être dévolues à ces SMP comme l’interrogatoire de prisonniers, le recrutement et la formation de milices (au Kurdistan irakien) ou le repérage de cibles à la frontière du Pakistan.

L’organisation n’est pas sans dérive. En Afghanistan, le recours à des entreprises locales pour assurer la sécurité des convois d’approvisionnement de l’armée américaine aboutit à un financement indirect des « milices talibanes » par le contribuable américain (10% à 20% du montant des contrats conclus, à l’origine, par l’administration américaine avec huit sociétés privées – contrat HNT – seraient ainsi versés à l’insurrection soit des sommes supérieures à celles allouées pendant l’occupation soviétique (32).

Concernant la France, Bricet des Vallons note l’absence d’un « marché des sociétés d’appui stratégique » alors qu’elle est engagée comme les Etats-Unis dans un processus de réduction des effectifs de son armée et que celle-ci ne dispose que de « très faibles capacités de projection ». Le risque, à terme, est d’être obligé, faute de prestataires nationaux, de faire appel à des entreprises anglo-saxonnes. Cette situation tient, pour une grande part, à des réticences face à ce qui est considéré par certains comme une perte de souveraineté.

° °
°

« Vers la paix perpétuelle » écrivait Kant en 1795 alors que l’Europe basculait, par le fait de la Révolution française, dans une conflagration générale. Après les deux guerres mondiales et l’issue de la guerre froide, des penseurs comme des responsables politiques, aux Etats-Unis (répondant souvent à des intérêts bien compris) et en Europe (animés par un réel idéalisme), ont imaginé que l’extension de la démocratie et d’un corollaire supposé, l’économie de marché, ouvrait la voie vers la fin des affrontements armés entre les peuples. Certes, aujourd’hui les probabilités de guerres entre les Etats-nations traditionnels paraissent bien éloignées. Au sein des nations occidentales, les populations ne sont aucunement disposées à une telle éventualité ; l’intensification des échanges économiques est la source d’une compétition pas d’une opposition militaire directe ; enfin la dissuasion nucléaire mais aussi celle résultant de l’utilisation de moyens conventionnels de haute technologie rendent abstrait l’acte de belligérance entre grandes puissances. Pour autant, le conflit armé demeure comme mode d’expression des antagonismes ; la violence est l’un des caractères de la nature humaine.

Les armées occidentales, forgées depuis l’Antiquité à la bataille où elles ont dominé, le plus souvent, par leur capacité d’organisation et l’innovation technique, sont maintenant impliquées dans des formes de conflit où la victoire militaire, difficile voire impossible à atteindre n’est pas l’objectif final. Celui-ci est d’ordre politique et il vise à créer ou à restaurer des Etats de droit conformes aux conceptions valant dans nos sociétés. L’adversaire qui évolue « au sein des populations », pouvant recueillir leur appui comme les terroriser, dispose du temps, est peu sensible à ses pertes et profite de la lassitude d’une opinion publique occidentale facilement émue au vu des images offertes par l’univers médiatique. Au-delà de la seule guérilla, phénomène strictement militaire, ces conflits ont une dimension d’ensemble que le concept d’asymétrie permet d’appréhender dans ses différents éléments.

Les Etats-Unis ont cru, un moment, que leur suprématie scientifique et technique leur permettrait de réduire tout adversaire possible. La Révolution dans les affaires militaires a été un échec sous l’angle d’une théorie de la domination absolue. En revanche, les outils qu’elle suppose et qui touchent à la gestion de l’information sont des instruments indispensables dans la conduite des opérations présentes et futures.

La guerre, pour les peuples occidentaux, particulièrement européens, est devenue une perspective éloignée, voire anachronique. Changeant de visage, distante dans l’espace, en dehors des préoccupations de la société, elle est, pour l’essentiel, une affaire de professionnels et d’experts. Seules les images interpellent, le plus souvent pour susciter l’émotion et l’assentiment pour une cause. Pourtant, demeure l’impératif de défendre ses intérêts et ses conceptions, au besoin par la violence armée, dans un monde où de nouvelles forces ont émergé, décidées à s’imposer les unes par rapport aux autres mais aussi à notre détriment.

Dans ce contexte, adapter les doctrines, fournir les moyens militaires correspondants, mais surtout disposer d’une vision politique fondée sur la constance des réalités humaines, tel est l’enjeu.

Michel Leblay

Notes de l’auteur :

(21) La dernière guerre de mouvement classique où les adversaires agissaient dans un rapport équivalent fut probablement celle du Kippour d’octobre 1973. Il y eut aussi la guerre des Malouines, en 1982, où les Britanniques montrèrent une maîtrise exemplaire dans la projection de forces. Les huit années d’hostilités entre l’Irak et l’Iran, marquées par de très lourdes pertes de part et d’autre et l’emploi d’un matériel conséquent, ne donnèrent lieu à aucune percée majeure. Quant aux deux guerres menées contre l’Irak en 1991 et en 2003, elles aboutirent, dans une totale disproportion des forces, pour la première à un cessez le feu rapide, pour la seconde, dans sa phase conventionnelle à un écroulement de l’armée irakienne.
(22) David Galula, saint-cyrien, radié des cadres en 1941 en application du statut des juifs, fut envoyé au Maroc (les officiers juifs étant affectés à l’étranger afin d’être soustraits à la répression de l’occupant). Au sein de l’armée d’Afrique, il participa aux combats de la Libération. Après des séjours en Chine, dans les Balkans, à Hong-Kong, il commanda en Algérie une compagnie d’infanterie de 1956 à 1958 où il appliqua les méthodes de contre-insurrection. Terminant sa carrière avec le grade de Lieutenant- colonel, il enseigna aux Etats-Unis avant de revenir en France où il mourut en 1969.
(23) Le colonel Trinquier a, entre autres, commandé, le 3ème RPC en mai 1958, l’un des trois régiments de la 10ème DP ; il succédait à Marcel Bigeard.
(24) Voir l’article du Général Vincent Desportes – Peut-on encore gagner une guerre ? – Défense & Sécurité Internationale n° 77 octobre 2011.
(25) Idem note 22.
(26) Cette procédure fait suite à l’embuscade d’Uzbin, le 18 août 2008, où un groupe de talibans accrocha une section du 8ème RPIMA, causant la mort de neuf soldats français.
(27) Notamment les engins explosifs improvisés, IED selon l’acronyme anglais.
(28) Pour une analyse critique de la notion de « surprise stratégique », voir l’entretien avec Corentin Brustlein – Défense & Sécurité Internationale n° 79 Mars 2012.
(29) Editions Payot & Rivages
(30) Cité par Vladimir Volkoff dans son roman Le Montage – Editions Julliard 1982.
(31) Voir l’entretien donné au site Theatrum Belli par Georges-Henri Bricet des Vallons à l’occasion de la publication de son livre Irak, terre mercenaire– http://www.theatrum-belli.com/archive/2010/02/07/en-librairie-irak-terre-mercenaire-les-armees-privees-rempla.html
(32) Voir article de Georges-Henri Bricet des Vallons « La paradigme de Watan » publié dans Défense & Sécurité Internationale n° 66 Janvier 2011 – Synthèse de l’article par Michel Leblay Polémia 14 février 2011.

[box class= »info »]  Source : Polémia. [/box]

Crédit photo : U.S. Navy, domaine public.

Les Iraniens auraient abattu un drone américain

Les Iraniens auraient abattu un drone américain

05/12/2011 – 18h00
TEHERAN (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Une chaîne de télévision iranienne a annoncé dimanche que les forces aériennes du pays auraient abattu un drone RQ 170 de l’armée américaine (photo ci-dessus). Ces drones « furtifs » de conception très récente sont utilisés régulièrement en Afghanistan.

Les forces américaines confirment la perte d’un drone qui se serait « perdu » à la fin d’une mission et « égaré » au dessus du territoire iranien.

[box class=info »]Crédit photo : Papa Lima Whiskey/Wikipédia sous licence Creative Common[/box]

La grande guerre patriotique française [extrait]

La grande guerre patriotique française [extrait]

[box class= »warning »]Novopress reproduit le premier tiers du dernier éditorial de Realpolitik.tv, écrit par Xavier Moreau. Ce texte est disponible en intégralité sur le site www.realpolitik.tv[/box]

Les célébrations du 11 novembre 1918 perdent d’année en année de leur importance. La première guerre mondiale fut pourtant pour la France une grande épopée diplomatique et guerrière. Diplomatique, car elle a su compenser son infériorité démographique par un vaste réseau d’alliances. Guerrière parce qu’en 1918, l’armée française, par l’emploi massif de blindés et d’avions, est la première armée moderne de l’Histoire. Cette grande guerre patriotique française n’est pas sans rappeler sous bien des aspects, la grande guerre patriotique russe de 1941 à 1945, y compris dans certains de ses aspects les plus dramatiques.

Jusqu’en 1916 en France, comme en Union Soviétique jusqu’en 1943, l’aveuglement des chefs militaires et politiques est compensé par le sang des soldats. En France, Joffre, Foch et Nivelle ne réalisent pas les changements profonds que l’augmentation massive de la puissance de feu, imposent à la guerre moderne. En URSS, les commissaires politiques, à qui Staline a confié la conduite de la guerre, sont plus occupés à pourchasser les soi-disant traitres, qu’à manœuvrer contre les armées allemandes. Ils s’obstinent à lancer des vagues d’assaut sans perspectives et interdisent à leurs courageuses unités de se replier, permettant ainsi à la Wehrmacht de réussir de magnifiques encerclements et de capturer des centaines de milliers de prisonniers. Un Russe sur cinq reviendra vivant des camps de prisonniers allemands, et l’armée rouge manquera cruellement d’infanterie jusqu’à la fin de la guerre.

Pour la France, comme pour l’URSS, ce sont les échecs successifs et l’épuisement du réservoir humain qui obligent les dirigeants à faire monter de nouveaux chefs aux idées révolutionnaires. Ces nouveaux chefs apportent avec eux une nouvelle manière de faire la guerre et infligent aux armées allemandes leurs revers les plus cruels depuis Iéna. En France c’est à Villers-Cotterêts, en juillet 1918, que les Français inaugurent une série d’offensives appuyées par les blindés et l’aviation, que l’industrie française a réussi à produire en masse à partir de 1917. Renforcée par l’armée américaine du général Pershing, qu’elle a équipée et formée depuis le début de l’année 1918, l’armée française fait reculer l’armée allemande sur tous les fronts jusqu’en novembre de la même année. Seul l’armistice sauve l’armée allemande du gigantesque « Sedan » que les généraux Pétain et Castelnau lui préparent. En pleine guerre, la France s’est dotée, de la première armée moderne, motorisée, blindée et aérienne. L’État-major allemand, de son côté n’a rien vu. La supériorité stratégique et tactique française est totale. Les meilleurs généraux allemands et américains de la seconde guerre mondiale, dont Gudérian, Manstein, Rommel et Patton, ont été à l’école française en 1918.

En URSS, à partir de 1943, Staline a compris qu’il vaut mieux laisser la conduite de la guerre à ses généraux, quitte à s’attribuer par la suite, la gloire de leur succès. Vassilievski, Joukov, Koniev et Vatoutine mettent à profit la doctrine de l’emploi des blindés, mise au point en Union Soviétique dans les années 20. Les Japonais ont été les premiers en août 1939 à éprouver la supériorité des blindés de Joukov à Khalkin Gol. Pourtant, en 1941, les premiers combats contre l’armée allemande s’avèrent catastrophiques. La purge de 36000 membres de l’armée rouge par Staline en 1938, la prive de ses cadres expérimentés, que les commissaires politiques sont incapables de remplacer. Cette purge et le refus par Staline d’admettre la réalité de l’offensive allemande en juin 1941, font sans doute du dictateur géorgien, le meilleur allié d’Hitler pendant l’opération Barbarossa. Mais la Russie éternelle, comme la France en 14-18, possède en son sein, la ressource nécessaire à la victoire. A partir de la bataille de Koursk, en juillet 1943, c’est l’avènement de « l’art opératif » et de la frappe dans la profondeur. L’armée soviétique, commandée par Joukov, Koniev et Rokossovski, réalise des modèles d’offensives, comme en Biélorussie en 1944, ou entre la Vistule et l’Oder en 1945. Cette dernière offensive permet à l’armée rouge de progresser de 600 km en 17 jours, ce qui en fait la progression la plus profonde et la plus rapide de la seconde guerre mondiale.

[box class= »info »]Lire la suite : http://www.realpolitik.tv/2011/11/la-grande-guerre-patriotique-francaise/[/box]

Photo en Une : Douaumont. Crédits : Wikipedia Commons (cc)

Conflits ethniques autour du nouveau lieu de culte musulman parisien

Conflits ethniques autour du nouveau lieu de culte musulman parisien

10/11/2001 – 15h25
PARIS (NOVOpress) –
Près de deux mois après l’installation d’un nouveau lieu de culte aux portes de Paris afin d’essayer d’empêcher les prières de rue en plein Paris, le torchon brûle entre les responsables musulmans originaires du Maghreb et ceux originaires d’Afrique subsaharienne.

Ces imams se disputent, en fait, le contrôle de la caserne transformée en mosquée par un tour de passe‑passe du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. « Je ne veux pas de ce bébé, je ne peux pas le gérer avec les Africains », s’emporte l’imam algérien de la rue Myrrah, tandis que son commensal béninois refuse (sic) « d’être asservi » par un imam maghrébin.

La préfecture de police en est pour ses frais et attend vainement les statuts de l’association devant gérer ce lieu de culte. Les prières de rue continuent donc rue Myrrha, l’islam n’est pas près de baisser pavillon et les fonctionnaires de police seraient bien inspirés de consacrer leurs loisirs à lire les ouvrages de Bernard Lugan…

[box class= »info »]Crédit photo : DR[/box]

Vers la guerre Iran/Etats-Unis ?

Vers la guerre Iran/Etats-Unis ?

12/10/2011 – 18h30
WASHINGTON (NOVOpress) –
Les relations Iran/Etats-Unis, déjà très tendues, semblent désormais aller vers un climat belliciste. Dernier épisode en date : les Etats-Unis accusent l’Iran d’être à l’origine d’une tentative d’assassinat de l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington. Aurait été également visée l’ambassade d’Israël.

Pour Hillary Clinton, le régime iranien est pris « en violation flagrante des règles internationales ».

Comme l’indique l’agence de presse Ria Novosti, mardi 11 octobre, « Eric Holder, procureur général des Etats-Unis (équivalent américain du ministre de la Justice), a annoncé que deux ressortissants iraniens avaient été inculpés pour avoir tenté d’assassiner sur le territoire américain l’ambassadeur saoudien Abdel Al-Jubeir dans le cadre d’un complot « conçu, organisé et dirigé par l’Iran » ».

Face à ces accusations, l’Iran se défend en mettant en garde les Etats-Unis contre toute tentative de confrontation avec l’Iran. Ainsi, comme le rapporte Ria Novosti, « nous ne cherchons pas la confrontation mais si les Etats-Unis nous l’imposent, les conséquences en seront plus dures pour eux que pour l’Iran », a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi.

[box class= »info »]Photo : Fresque murale à Téhéran. Bertil Videt/Wikipédia sous licence Creative Common[/box]