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La télé-réalité des hommes politiques, ou le constant abaissement de la fonction - par Gabriel Robin

La télé-réalité des hommes politiques, ou le constant abaissement de la fonction – par Gabriel Robin

29/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
La chaîne D8, appartenant au groupe Canal +, s’apprête à lancer un nouveau programme de « télé-réalité » ; l’idée est simple, grimer des hommes et des femmes politiques, en Français « lambdas », afin qu’ils puissent réellement observer comment vit la France d’en bas. Penser que ces gens ont besoin de se déguiser pour comprendre la vie des français fait froid dans le dos !

Le casting comprend quelques personnages très médiatiques du paysage politique français : Thierry Mariani dans la peau d’un handicapé en fauteuil roulant, Geoffroy Didier en chanteur de rock sudiste, Samia Ghali en mère divorcée à la recherche d’un logement pour elle et ses deux enfants, ou encore Julien Dray en professeur de lycée. Heureusement que le ridicule ne tue pas, et que le déshonneur n’existe plus en ce monde.

En mal de reconnaissance, nos hommes politiques ont décidé de se muer en amuseurs publics, en bouffons. Ils procèdent d’ailleurs d’un phénomène entamé depuis déjà longtemps : l’abaissement du politique. Autrefois émanation de la première fonction souveraine ; l’homme politique est progressivement devenu un gestionnaire des stocks et des ressources tel un banquier, pour désormais se voir réduit à jouer pleinement le rôle d’acteur, pire de participant à une émission de « télé-réalité ». Après « Les ch’tis dans la jet set », ou les « Anges de la télé-réalité », voici « Les élus chez les ploucs ».

Sous couvert de pédagogie et de « bons sentiments », l’émission cache une indécente volonté spéculative. On a peu de mal à imaginer un producteur se dire qu’un « Vis ma Vie (de pauvre) » avec des hommes politiques, serait susceptible de générer un énorme buzz et donc de gros profits ! Une relation gagnant-gagnant, car les politiques participants à l’émission pourront augmenter leur cote de popularité, ou tout du moins leur visibilité.

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Le magazine « Dabiq », un outil de communication au service de l’État islamique

15/10/2014 – IRAK (NOVOpress)
L’État islamique dispose d’un magazine écrit en anglais et disponible sur le Net : « Dabiq ». Cet outil de communication permet de relayer largement la propagande des barbares islamistes : prêches, appels au djihad et photos d’exécutions.

Dans le dernier numéro de « Dabiq » (disponible ici), l’État islamique lance un appel aux « loups solitaires » afin de leur demander d’agir dans les pays qui prennent part à la coalition anti-EI.

L’on apprend également que des femmes et enfants yazidis auraient été réduits en esclavage :

Après leur capture, les femmes et enfants yazidis ont été répartis parmi les combattants de l’EI ayant participé aux opérations de Sinjar


Pourquoi les djihadistes lèvent-ils l’index vers le ciel ?


VIDEO – Pourquoi les djihadistes lèvent-ils l… par Europe1fr

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La web-culture au service de l’Etat islamique ?

20/09/2014 – IRAK (NOVOpress)
L’Etat islamique semble parfaitement maîtriser les codes de la web-culture, notamment pour recruter de nouveaux djihadistes.

Un selfie avec un doigt levé vers le ciel, un logo simple et efficace à la manière d’Apple, des photomontages de chat… Bienvenue dans l’univers de la « web-culture ». A quelques détails près. Les selfies ? Réalisés par des hommes barbus, brandissant leurs kalachnikovs vers le ciel. Le logo ? Présent sur le drapeau du groupe djihadiste le plus sanguinaire de ces dernières années. Les lolcats, eux, s’accompagnent de photos de décapitations.

Internet constitue donc une porte d’entrée pour rejoindre l’Etat islamique. Un constat partagé par Benjamin Ducol, doctorant à l’université de Laval (Canada) et spécialiste de la radicalisation en ligne :

« Si l’Etat islamique est si efficace sur Internet, c’est parce qu’ils ont recruté dans les pays Occidentaux. Il y a un effet de groupe des Occidentaux, qui, comme nous, passent la plupart de leur journée sur les réseaux sociaux et sur Internet. Et qui n’ont jamais changé leurs pratiques une fois sur place. Ce n’est pas tant une impulsion qui vient des membres fondateurs de l’Etat islamique »

[Tribune libre] Le rôle du pouvoir est l’action, non la compassion… - par Christian Vanneste

[Tribune libre] Le rôle du pouvoir est l’action, non la compassion… – par Christian Vanneste

30/07/2014 – PARIS (via le site de Christian Vanneste)
L’Etat nounou est de plus en plus la forme privilégiée par les démocraties médiatiques. La politique s’y résume en une gestion de l’image du pouvoir. Celui-ci doit être proche des gens et semblable à la plupart d’entre eux. C’est l’astuce d’Obama, l’homme le plus puissant du globe, mais qui va dans les boutiques ou les cafétérias comme tout le monde et s’excuse s’il doit resquiller un peu dans les queues. La proximité compassionnelle est la première des règles. Dès qu’un malheur revêt un dimension un peu collective, le pouvoir incarné au plus haut niveau doit être présent et participer à l’émotion. Chacun sait que les moyens publics seraient mobilisés selon la loi avec ou sans lui. Toutefois, avec le temps, l’émotion qui envahit la vie sociale grâce à la permanence et à la rapidité de l’information augmente l’exigence que ce soit le principal détenteur de pouvoir qui s’investisse dans la gestion de la crise… émotionnelle. Les absences ou les distances ne pardonnent pas. Un ministre de la Santé qui commente, en pull, les effets dévastateurs de la canicule sur les personnes âgées, un président qui se contente de survoler les inondations de la Nouvelle-Orléans, sont des fautes inexpiables. Schröder fut réélu pour avoir chaussé ses bottes lors des inondations allemandes… Evidemment, la distinction s’impose entre la réaction face à un drame où l’Etat ne joue qu’un rôle faible, voire pas de rôle du tout et celui qui dépend en amont de son action. Soit il peut être, alors, accusé de négligence, soit il peut énergiquement mobiliser sa résilience. C’est ce que Bush avait su faire en 2001. Certains hommes politiques ont plus de talents comme Shérif et d’autres pour animer les cellules de soutien psychologique. Poutine appartient manifestement à la première catégorie.

Notre Président dont l’action politique proprement dite semble vouée à un insuccès certain tente de reconquérir l’opinion en optant pour le second rôle. On ne peut a priori lui reprocher. Tandis que les chiffres du chômage soulignent une fois encore le contre-sens de la politique française, des accidents endeuillent nombre de familles françaises. Le Président de la République a tenu des discours compassionnels et s’est fait l’organisateur principal de la réaction face à ces drames. Celle-ci sur tous les plans semble à la hauteur et il faut s’en féliciter. Le déploiement rapide des moyens après la catastrophe aérienne du Mali et le soutien aux familles des victimes paraissent répondre à l’attente. De plus, M. Hollande a habilement su éviter les images sur fond de carte postale dans l’océan Indien alors que l’actualité est dramatique. Il est resté à Paris et reçoit les familles. Pour autant, il faut s’interroger sur l’exercice de communication dont on souligne ici et là la réussite et l’évolution de la fonction présidentielle.

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L’affaire Bygmalion : le symbole des folies de la communication

L’affaire Bygmalion : le symbole des folies de la communication

29/06/2014 – PARIS (NOVOpress via Kiosque courtois)
Sites Internet facturés 300 fois leur prix, études fantaisistes, parc de voitures de luxe, le tout payé sur fonds publics : tels sont les comptes fantastiques de Bygmalion, l’agence de communication de l’UMP.

Résultat : Nicolas Sarkozy a dépensé pour sa campagne présidentielle de 2012 le double de la somme‑plafond légalement autorisée. La même année, l’UMP, a consacré 33 millions à sa communication, en creusant son déficit de 36 millions.

Comment expliquer de telles fautes de gestion ?

Les paillettes de la communication répondent à un objectif : faire oublier le bilan des politiques conduites et les promesses non tenues. C’est le carburant du Système.

Les socialistes se frottent les mains mais…

Ils ont bien tort : la popularité de Valls n’existe que par l’agence Euro‑RSCG. Son patron Stéphane Fouks mélange publicité et propagande et se vante de donner des conseils bénévoles (sic) aux hommes politiques qui attribuent des marchés publics à son entreprise.

Crédit photo : GemeinWesen, via Flickr, (cc).

[Humour] Intoxication technologique ? Les infirmes sont parmi nous ! Par Michel Geoffroy

[Humour] Intoxication technologique ? Les infirmes sont parmi nous ! Par Michel Geoffroy

On voit de plus en plus d’infirmes de nos jours. Signe des temps.

Les infirmes dépendent de prothèses, de béquilles et autres appareillages destinés à soutenir leur organisme déficient. Sans eux ils ne pourraient pas se déplacer ni vivre tout simplement. Victimes de naissance ou d’accidents de la vie, les infirmes sont pour cette raison condamnés à une existence différente de celles des autres hommes. C’est pourquoi ils ont toujours provoqué la compassion des gens bien portants dans notre civilisation. M.G.

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Christiane Taubira nous fait son cinéma

Christiane Taubira nous fait son cinéma

23/05/2013 – 08h00
PARIS (NOVOpress) –
Christiane Taubira depuis quelques temps n’est pas très populaire, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle est même sans doute l’une des personnalités les moins aimées du gouvernement Ayrault.

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Claude Sérillon : un soixante-huitard nantais à la com’ de l’Elysée

Claude Sérillon : un soixante-huitard nantais à la com’ de l’Élysée

10/01/2013 – 10h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
La communication de l’Élysée serait-elle une spécialité nantaise ? On peut légitiment le penser. Après Frank Louvrier, qui eut pendant le précédent quinquennat la haute main sur la communication de Nicolas Sarkozy, c’est maintenant un autre Nantais, Claude Sérillon, qui aura la (lourde) tâche de promouvoir l’image de François Hollande. Portrait de ce communiquant du Système.

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Frank Louvrier, ancien conseiller en communication de Sarkozy, veut aider Ayrault

Frank Louvrier, ancien conseiller en communication de Sarkozy, veut aider Ayrault

11/12/2012 – 18h00
NANTES (NOVOpress Breizh) –
A l’Elysée, sous le règne de Nicolas Sarkozy, Frank Louvrier (photo ci-dessus) dirigeait la communication. Après la défaite de mai, il n’eut pas besoin de rejoindre la case Pôle emploi ; son carnet d’adresses, les services rendus et ses compétences lui permirent d’être immédiatement recasé à la tête de la branche évènementielle du groupe Publicis, où il a remplacé… Richard Attias, le mari de l’ex de son ancien patron, Cécilia.

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Notre-Dame-des-Landes : chronique d’un rétropédalage, par Paul Le Guern

Notre-Dame-des-Landes : chronique d’un rétropédalage, par Paul Le Guern

30/11/2012 — 18h00
PARIS (NOVOpress Breizh) — Le rétropédalage constitue un des arts majeurs de la politique. C’est à leur capacité de manier cette technique avec bonheur que l’on reconnait les grands fauves de la politique. Une affirmation péremptoire le lundi – avec coup de menton à l’appui – suivie par des propos moins assurés le samedi : on commence à flancher. Mais quelquefois on fait plus court, MM. Hollande et Ayrault viennent de nous montrer qu’ils savaient utiliser les raccourcis.

Le dossier très embarrassant pour le pouvoir de Notre-Dame-des-Landes  vient de nous donner une application concrète de cette méthode qui gagnerait à être enseignée à Science-Po et à l’ENA.

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Manuel Valls, directeur des relations publique, place Beauvau

Manuel Valls, directeur des relations publiques, place Beauvau

31/07/2012 — 13h00
PARIS (NOVOpress BReizh) — En politique, il faut compter avec les faux « poids lourds ». Comment reconnait-on ces ministres ? Réponse : à la faible marche de manœuvre qui leur a été accordée par l’Elysée et Matignon lors de la constitution de leur cabinet.

Un vrai poids lourd désigne son directeur de cabinet et ses collaborateurs. Un faux apprend par le téléphone qu’« on » a choisi pour lui  Untel. C’est le cas de Manuel Valls (photo ci-dessus), officiellement ministre de l’Intérieur. Le vrai patron de la place Beauvau s’appelle en réalité Jean-Marc Ayrault, ci-devant député-maire de Nantes et présentement Premier ministre.

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Un site Internet pour faire la promotion des mosquées

Un site Internet pour faire la promotion des mosquées

30/07/2012 — 14h00
PARIS (NOVOpress) —
Islam et nouvelles technologies peuvent faire bon ménage. C’est en tout cas ce que montre le site trouvetamosquee.fr. Pour la deuxième année consécutive, le fondateur du site, Baddre-Eddine Bentaïb, visite (et ce depuis le 20 juillet) une mosquée par jour. Le but de cette visite, en plus de permettre aux musulmans de trouver un lieu adéquat pour leurs prières pendant le Ramadan, est de montrer sous un jour favorable les mosquées visitées. Une sorte de storytelling : “La jolie mosquée et les gentils musulmans”. Au programme : Orléans, Paris, Troyes, Strasbourg, Mulhouse, Annecy, Grenoble, Saint- Etienne, Valence, Nice, Toulon, Lunel, Toulouse, Mérignac, Angoulême, Poitiers, Le Havre, Lille, Roubaix, Vigneux, Cergy-Pointoise et Blois.

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Affaire du collégien de Rennes : quand la com’ du Gouvernement déraille

Affaire du collégien de Rennes : quand la com’ du Gouvernement déraille

23/06/2012 – 13h30
RENNES (NOVOpress Breizh) –
Alors que suite à une bagarre avec un autre élève survenue hier matin, un collégien de Rennes était toujours vendredi soir entre la vie et la mort, Jean-Marc Ayrault et le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon se sont empressés d’annoncer, par des communiqués grandiloquents, son décès. Une intervention prématurée plutôt malvenue, qui rappelle celles du précédent gouvernement.

Hier soir aux alentours de 21h, un communiqué du Premier ministre informait la presse qu’il avait appris « avec une grande tristesse » le décès du collégien de 13 ans « survenu en fin de journée », à la suite d’une bagarre en matinée dans la cour de récréation du collège Cleunay à Rennes, faisant part « à la communauté éducative tout entière de son soutien dans cette épreuve ». Vincent Peillon avait aussitôt renchéri, affirmant que « ce soir, ce sont tous les parents de ce pays qui sont en deuil », ajoutant, pour faire bonne mesure que « ce décès est une véritable tragédie ».

Ces informations ont aussitôt été démenties hier par la directrice de la communication au CHU de Rennes, qui a déclaré à l’AFP que le collégien « est toujours entre la vie et la mort. Le pronostic vital est toujours engagé. Son état est toujours très grave, mais il est en vie ». Mettant en cause « des informations erronées »  Jean-Marc Ayrault a donc dû exprimer dans la soirée « ses regrets les plus vifs », ainsi que ceux de son ministre, pour avoir « annoncé à tort » le décès de la victime. Malheureusement, aujourd’hui samedi 23 juin, le collégien est décédé des suites de ses blessures.

La Première secrétaire du PS, Martine Aubry, qui avait dénoncé – à juste titre – en 2010 une « dramatique erreur » et fustigé une « récupération lamentable du gouvernement », à propos de l’annonce erronée par François Fillon de la mort d’un policier, sur le thème de l’insécurité, n’a pas encore fait part de son sentiment sur la communication de son « ami » Jean-Marc Ayrault.

La bagarre survenue pendant la récréation vendredi matin entre les deux garçons – Souleymane et Killian -, reste inexpliquée. Selon l’inspecteur d’académie d’Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Bessol, dont les propos sont rapportés par l’AFP, « il y a eu une bagarre qui a opposé deux élèves ordinaires », et l’un des deux protagonistes « ne s’est pas relevé ». Pour ce fonctionnaire « le scénario n’est pas clairement établi », selon lui « il y a eu deux coups de poing » et peut-être un début de « strangulation », et « la tête a peut-être heurté quelque chose ». L’autre collégien, Souleymane,  âgé de 16 ans, a été interpellé par les policiers.

Si, selon l’inspecteur d’académie aucun de ces deux élèves n’avaient posé de problème jusqu’à maintenant, la principale du collège précise qu’ « elle est amenée à gérer régulièrement des problèmes de dispute de ce genre en récréation ». Construit dans les années 60, le collège se situe dans le quartier « sensible » de Cleunay dont la population – selon les termes de l’AFP – « été considérablement renouvelée depuis deux décennies ».

 

Crédit photo : Commentator,via Wikimedia, licence CC

Nicolas Sarkozy : le travail rend libre !

Nicolas Sarkozy : le travail rend libre !

25/02/12 – 14h15
PARIS (NOVOpress) –
C’est une surprenante nouvelle erreur que viennent de commettre les communicants de Nicolas Sarkozy.

Lors du meeting du candidat UMP à Lille jeudi dernier axé sur la « valeur travail », une phrase n’est pas passée inaperçue auprès de nombreux internautes. Nicolas Sarkozy, en déclarant qu’ « il ne faut pas opposer le travail à la vie, parce que le travail c’est le moyen d’être libre !« , a tout simplement repris une des devises du national-socialisme : « le travail rend libre » (« Arbeit macht frei »). Une expression qui ornait l’entrée des camps de concentration notamment Auschwitz, Dachau, Gross-Rosen, Sachsenhausen.

"La fabrique des présidents : Spin doctors - la gouvernance de l'ombre" par Florence Vielcanet

« La fabrique des présidents : Spin doctors – la gouvernance de l’ombre » par Florence Vielcanet

14/12/201 – 08h00
PARIS (NOVOpress) –
La novlangue, apanage de la tyrannie médiatique, dévoie l’essence même de ce qui constitue l’information à l’état brut. L’objectif étant de lui substituer une réalité passée à la moulinette du politiquement correct où l’essentiel des faits épouse le conformisme ambiant. C’était l’une des thèses défendues par François Ruffin dans Les petits soldats du journalisme. Ce dernier dénonçait ainsi le formatage intellectuel qui règne au sein du Centre de formation des journalistes et livrait alors un formidable réquisitoire sur la manipulation de l’information par des bataillons entiers de serviles fantassins de la plume et du micro.

Florence Vielcanet, auteur de La fabrique des présidents : Spin doctors – la gouvernance de l’ombre, s’est également aventurée sur le terrain de la société du spectacle. Le lecteur pénètre alors l’envers du décor et s’immisce, quoique de manière superficielle, dans les arcanes du pouvoir. Un pèlerinage initiatique où la communication se met au service des professionnels de la politique. Si la désinformation à laquelle nous sommes confrontés quotidiennement met en scène médias et opinion publique, l’ouvrage de Florence Vielcanet nous entraîne dans les coulisses d’une autre forme de manipulation. Une manipulation beaucoup plus feutrée et d’autant plus sournoise, qu’elle demeure difficile à détecter par les radars de l’esprit critique. Elle est l’œuvre de grands communicants et d’agences spécialisées qui façonnent les hommes politiques et leur discours. Florence Vielcanet s’intéresse ici à celles et ceux à qui ont a fabriqué un destin de présidentiable, planifiant leurs moindres faits et gestes jusqu’à là manière de rendre publique leurs décisions politiques. Un monde où tout n’est qu’artifice, merchandising des idées politiques et des programmes électoraux. Ce travail minutieux résulte à la fois de la ruse et du cynisme dont usent ces anciens journalistes ou pubards recyclés au service des politiques. Une reconversion financièrement juteuse pour ces nouveaux apprentis-sorciers de la communication.

Ces nouveaux mercenaires puisent leur inspiration chez les spin doctors ayant contribué outre-Atlantique ou au Royaume-Uni aux succès électoraux de Tony Blair, Bill Clinton ou Barack Obama. Ils s’emparent ainsi de leurs recettes et méthodes de travail pour les répliquer en France afin de choyer leurs poulains. Ces véritables conseillers de l’ombre rivalisent d’ingéniosité, exploitant tour à tour les opportunités fournies par les nouvelles technologies ou usant de pratiques parfois douteuses avec pour seule mission que leurs « clients » atteignent le firmament du pouvoir. A cet égard, toutes les techniques sont bonnes pour détourner l’attention des Français ou au contraire concocter de quoi les inciter à accepter certaines mesures. Tout y passe : le storytelling, internet, l’imposture des sondages, les députés sacrifiés faisant office de porte voix de mesures impopulaires à venir. Le but étant de manipuler les médias et l’information que ces derniers délivreront ensuite au vulgum pecus qui n’y verra que du feu. Un art remisant le politicien au rang de triste marionnette dont les faits et gestes sont dictés par ces conseillers de l’ombre. Un opéra-bouffe où les caciques du système se fourvoient dans des sentiers dangereux comme l’illustra la funeste planification au Royaume-Uni des mensonges qui ont entouré les guerres d’Irak. Une intervention vendue aux médias britanniques comme nécessaire par Alastair Campbell (photo ci-dessus), l’un des maîtres du « prêt-à-dire » outre-Manche.

Florence Vielcanet égratigne ainsi la myriade de conseillers (Buisson, Méaux, Fouks, Guéant, …) de ces hommes et ces femmes politiques lancés dans cette course effrénée du pouvoir. Des gourous qui figurent le plus souvent en bonne place dans l’organigramme du pouvoir ou des partis. On regrettera la tendance à répéter certains poncifs sur ce que le Système qualifie injustement d’extrême-droite. Néanmoins, à l’approche d’échéances électorales décisives pour l’avenir de notre pays, on ne peut que conseiller la lecture de cet opus fort bien documenté. Ce guide décrypte les rouages du discours politique passé sous les fourches caudines de la communication et permet d’en savoir plus sur le curriculum de ces éminences grises qui arpentent les allées du pouvoir. Mais une fois le livre refermé, le lecteur aura pour principale question : quid de la politique au service du peuple dans tout cela ?

Guillaume Lamarque pour Novopress France

* La fabrique de présidents, spin doctors et public relations : la gouvernance de l’ombre de Florence Vielcanet – Editions La Martinière (27 octobre 2011)

Crédit photo : DR