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Alain de Benoist : « la repentance n’a strictement rien à faire en politique »

Source : Boulevard Voltaire

Peu de temps avant son décès, François Mitterrand avait eu ces mots définitifs vis-à-vis d’un Jean-Pierre Elkabbach éberlué : « La France n’a pas à s’excuser. » Il parlait des fameuses « heures les plus sombres de notre histoire ». Aujourd’hui, la mode est à la « repentance ». Qu’est-ce que cela signifie ?
Réduite à sa plus simple expression,

la repentance peut se résumer ainsi : des gens s’excusent de méfaits qu’ils n’ont pas commis pour complaire à d’autres qui ne les ont pas subis.

Ceux qui se repentent n’ont commis aucun tort, ceux qui reçoivent la demande de pardon n’en ont subi aucun. Tout cela est donc parfaitement ridicule. La repentance consiste, en fait, à faire un choix sélectif dans notre histoire, et à n’en retenir que certaines périodes, toujours les mêmes (esclavage, colonisation, etc.), considérées comme « sombres » au regard des idées actuelles pour s’en repentir officiellement. Une très imaginaire culpabilité collective héréditaire s’ajoute à cet anachronisme majeur qui consiste à « rétrojecter » dans le passé des jugements de valeurs qui n’appartiennent qu’à notre époque. Le passé étant réduit au « devoir de mémoire », le présent devient flottant, autoréférentiel, existentiellement vide.
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Dhimmitude et repentance pour les évêques italiens

19/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Italie : Pour les évêques, « accueillir les immigrés est une réparation pour la colonisation ». Où comment aller plus loin que le pape ou la conférence des évêques de France, qui poussent déjà assez loin le bouchon de l’immigrationnisme.

Alors que la résistance monte en Italie contre le déferlement sans fin des clandestins, la hiérarchie catholique s’est engagée dans une surenchère immigrationniste de plus en plus violente. Mercredi, lors de l’audience générale, le pape François, comme l’écrit Il Giornale « a lancé un anathème contre ceux qui refusent d’accueillir les immigrés » :

Je vous invite tous à prier, a-t-il lancé, pour que les personnes et les institutions qui repoussent ces frères demandent pardon.

Mardi après-midi, le secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Nunzio Galantino a expliqué de son côté sur TV2000 (la télévision des évêques italiens) qu’

aujourd’hui, accueillir les immigrés est une sorte de réparation. Une réparation pour les dommages que nous avons accomplis pendant des années et les vols que nous avons commis.

Selon le prélat, « nous devons l’hospitalité aux migrants pour ce que nous avons fait par le passé dans leurs pays, où nous ne sommes allés que pour voler, coloniser et exploiter. Bref, nous avons été répugnants ».
Mgr Galantino a illustré ces propos par le cas du Congo (ex-Zaïre), où, d’après lui « la Belgique fit réaliser une très longue route, construite non pas pour les Congolais, mais pour mieux transporter les matières premières qui sont volées ». « Parler de honte, a-t-il conclu, n’est même pas assez fort ».

Il y a quand même un point difficile à comprendre. Comment l’accueil des immigrés peut-il être à la fois un enrichissement pour l’Europe et le moyen d’expier la colonisation de l’Afrique ? Si les immigrés sont une ressource si précieuse – on nous le ressasse assez –, où est la réparation ? Et inversement…

Crédit photo : Mike via Flickr (CC) = le Vatican


Strasbourg : conférence de Guillaume Faye sur la colonisation de l'Europe le 13 février

Strasbourg : conférence de Guillaume Faye sur la colonisation de l’Europe le 13 février

18/01/2015- STRASBOURG (NOVOpress)
Guillaume Faye tiendra une conférence à Strasbourg le 13 février prochain. Il sera l’invité de la quatrième édition du Cercle Eugène Ricklin.

Le Cercle Eugène Ricklin recevra donc, le vendredi 13 Février 2015 à 19 heures (Strasbourg), Guillaume Faye qui abordera l’épineux sujet de « La Colonisation de l’Europe, situation et solutions. » Participation aux frais : 5 euros.

Les inscriptions se font par mail (alsace@bloc-identitaire.com), en précisant le nombre d’accompagnants.

Une colonisation plus profonde : submersion démographique, changement de peuple

Le musée de la France coloniale est devenu musée de la France colonisée. Il s’agit toujours de colonisation, mais cette fois plus profondément qu’avant : car la vraie colonisation, ce n’est pas la conquête militaire et politique, impériale ; c’est la submersion démographique, le changement de peuple et de civilisation.
Renaud Camus

Yvan Blot : "L’Union européenne est un relais des Etats-Unis"

Yvan Blot : « L’Union européenne est un relais des Etats-Unis »

19/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, Yvan Blot fut l’un des fondateurs du Club de l’Horloge, aux côtés d’Henry de Lesquen et de Jean-Yves Le Gallou. Il développa pendant plusieurs décennies des positions iconoclastes (immigration, démocratie directe …) et poursuivit ses travaux de philosophie politique à travers de nombreux ouvrages. Ses derniers titres publiés sont L’Europe colonisée et Nous les descendants d’Athéna (2 tomes, ici et ). Très fin connaisseur des réalités russes, il est consultant pour le groupe de médias La Voix de la Russie.

Propos recueillis par Romain Vincent


Vous venez de publier L’Europe colonisée aux éditons Apopsix. Qu’est-ce qui vous a poussé à rédiger cet ouvrage ?

J’ai pu voir que l’Europe était colonisée notamment lorsque j’étais député au parlement européen. Plusieurs députés votaient alors toujours contre les intérêts européens et pour les intérêts américains. C’est un exemple parmi d’autres. Plus récemment, j’ai vu la diplomatie américaine essayer de creuser un fossé entre l’Europe occidentale et la Russie. En relisant Le grand échiquier de Zbignew Brzezinski, le conseiller des présidents américains, j’ai bien vu que ceux-ci voulaient faire de l’Europe une colonie et qu’ils visaient l’hégémonie mondiale. L’actualité en Ukraine m’a aussi poussé à faire cet ouvrage sur l’Europe.

Cela m’a permis de définir quatre formes de colonisation : l’exploitation (économique), la satellisation (politique), l’immigration de masse (les hommes) et l’aliénation intellectuelle et morale (la cause finale d’Aristote).

Dans votre livre, vous prenez en référence Aristote et Heidegger pour décrire une situation très actuelle, la colonisation du continent européen. Quels ont été leurs apports à votre réflexion ?

Aristote a défini les quatre causes de chaque phénomène humain dans sa Métaphysique : la cause matérielle ( la technique, l’économie), la cause formelle (les normes), la cause motrice (les hommes) et la cause finale (la religion, la culture, les valeurs). Heidegger a repris cet outil intellectuel avec d’autres noms (terre ciel, mortels, Divinité).

Cela m’a permis de définir quatre formes de colonisation : l’exploitation (économique), la satellisation (politique), l’immigration de masse (les hommes) et l’aliénation intellectuelle et morale (la cause finale d’Aristote). Ainsi, on n’oublie rien : on ne voit pas qu’un seul aspect de la colonisation, l’immigration par exemple.

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Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Entretien exclusif réalisé par Info-Bordeaux.fr À l’occasion des élections européennes de dimanche prochain, Infos-Bordeaux a souhaité interviewer un des « petits » candidats qui se présente dans la circonscription Sud-Ouest. Ce brillant écrivain, ami d’Alain Finkielkraut, est dans les années 1980 un habitué des soirées branchées du milieu culturel parisien, et l’une des voix de la communauté homosexuelle. Depuis quelques années, Renaud Camus alerte les français sur le grand nombre d’immigrés s’installant en France chaque année, et les dangers d’une telle situation.

Crédit photo : renaud-camus via Flickr (cc)


Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Infos-Bordeaux : Pourquoi êtes-vous candidat aux élections européennes ?

Renaud Camus : Parce que nous sommes désespérés de constater que le phénomène qui nous semble de très loin le plus important de notre époque, celui que retiendra l’histoire comme le plus marquant, le changement de peuple, et nécessairement de civilisation — l’un entraînant l’autre, car les êtres ne sont pas des pions, des robots qui arrivent et agissent indépendamment de leur propre histoire, de leur culture —, que ce phénomène énorme, donc, la transformation radicale du paysage démographique, culturel et physique de notre pays et de tout le continent européen, se déroule dans le plus complet silence politique, sans que les peuples d’origine aient jamais été consultés, sans que cette question majeure, capitale, auprès de laquelle toutes les autres, même les plus graves et les plus douloureuses, sont secondaires, ait jamais été posée.

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Vu sur Twitter

Quand un socialiste compare la construction de mosquées en France à la colonisation

Publié le

Eric Zemmour : « Christiane Taubira hait la France » (vidéo)

15/03/2014 – PARIS (NOVOpress)
Hier soir dans « Ça se dispute » sur I-TELE, Eric Zemmour a analysé la pensée de Christiane Taubira : « Obsédée par la colonisation », la garde des sceaux, « hait la France » et « ne comprend rien à la République ».

Publié le
Comment la France s’est ruinée en Algérie : Hommage à Daniel Lefeuvre, par Bernard Lugan

Comment la France s’est ruinée en Algérie : Hommage à Daniel Lefeuvre, par Bernard Lugan

Ci-dessus : le pont de Constantine (Algérie) en 1899. Photo colorisée en Photochrom, technique mise au point en 1880. Crédit photo : domaine public.

La mort de Daniel Lefeuvre est une perte immense pour la minuscule phalange des africanistes libres, eux qui, dans les Thermopyles de la pensée, ont décidé de combattre jusqu’au bout les masses du bas clergé universitaire porteuses du politiquement correct.

Né le 11 août 1951 et mort le 4 novembre 2013, le brillant universitaire qu’était Daniel Lefeuvre avait suivi la voie ouverte par Jacques Marseille qui fut son directeur de thèse. Après que ce dernier eut magistralement prouvé que, loin de les avoir pillées, la France s’était appauvrie dans ses colonies (1), Daniel Lefeuvre, alors professeur à l’université de Paris VIII, démontra dans un livre fondateur (2) que l’Algérie fut un insupportable fardeau pour la France et que, loin de l’avoir pillée, la France s’y ruina.

Une telle remise en cause de la doxa marxisto-tiers-mondiste venant d’un ancien communiste provoqua un véritable déchaînement de haine chez les « bien-pensants ».

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Cécile Kyenge veut plus d’Africains en Italie et en Europe

Cécile Kyenge veut plus d’Africains en Italie et en Europe

12/07/2013 – 08h00
ROME (NOVOpress) –
La ministre italienne au sang congolais, Cécile Kyenge (photo), enfonce le clou : elle souhaite accélérer l’immigration de remplacement en Europe. Pour elle, il est temps que les Européens commencent « à raisonner ensemble pour se donner des règles communes » en matière d’immigration. Dans un entretien au journal Il Messaggero, elle fait référence au modèle français : « Si une personne prend, par exemple, la nationalité française, elle devient, par voie de conséquence, citoyenne européenne ». Traduction : Cécile Kyenge, qui compte 37 frères et sœurs au Congo, milite pour une propagation de l’immigration extra-européenne à l’échelle du Vieux continent.

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Aux sources des consciences et cultures politiques - Par Hervé Juvin [vidéo]

Aux sources des consciences et cultures politiques – Par Hervé Juvin [vidéo]

Qu’est-ce qui fait advenir la culture politique à une nation ou à un pays ? Le culte de la conformité actuelle, le respect des institutions de papier et même un certain nominalisme conduit à poser très peu souvent la question.

A partir du moment où des institutions sont données, on considère que la réalité de la politique suit. Dites “démocratie”, et l’ensemble de la vie politique d’un pays semble en découler. Ce n’est pourtant absolument pas le cas dans la réalité. Il est alors intéressant d’examiner pays par pays, pour chaque peuple, ce qui a fait advenir la conscience politique.
Ce qui se passe actuellement pourrait être une manœuvre stratégique pouvant se traduire par une nouvelle étape de la colonisation du monde.

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Au Mali, les ethnies sont-elles des créations françaises ? Par Bernard Lugan

Au Mali, les ethnies sont-elles des créations françaises ? Par Bernard Lugan

Dans sa livraison du 26 janvier 2013, l’hebdomadaire Marianne rapporte les propos suivants tenus par Jean-Loup Amselle, anthropologue et directeur d’études à l’Ehess (École des hautes études en sciences sociales) : « J’ai passé de nombreuses années sur le terrain au Mali, avec les Peuls, les Bambaras, les Malinkés, et nous avons démontré qu’en réalité les ethnies telles qu’elles existent sont des créations coloniales ».

Avec cette phrase, l’explication des évènements maliens devient soudain claire : si les Maures du Mujao coupent les mains des Bambara et si les Songhay tabassent les Touareg du MNLA, c’est parce que tous sont les prisonniers inconscients de catégories sociales qui leur furent imposées par les colonisateurs. In fine, la France , ancienne puissance coloniale, est donc responsable de la guerre civile malienne… CQFD !

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François Hollande en Algérie : repentance et feu vert à l’afflux d’Algériens en France

François Hollande en Algérie : repentance et feu vert à l’afflux d’Algériens en France

21/11/2012 – 12h00
ALGER (NOVOpress) – Retour en force de l’esprit de repentance avec François Hollande. Au deuxième jour de sa visite d’État en Algérie, le président français a eu des mots très durs sur la présence française et européenne dans ce pays du Maghreb durant les deux siècles précédents, comme d’ailleurs son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, en 2007 à Constantine. « Pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste, brutal et destructeur », a lancé l’actuel hôte de l’Elysée. Au passage, le chef de l’Etat français s’est engagé à donner un coup de fouet à l’immigration d’Algériens en France en s’engageant à « accueillir mieux » ces étrangers et en faisant en sorte que les consulats français délivrent plus vite les visas.

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Le bras d’honneur à l’Algérie de Gérard Longuet fait un tabac ! [vidéo]

Le bras d’honneur à l’Algérie de Gérard Longuet fait un tabac ! [vidéo]

03/11/2012 – 08h00
PARIS (NOVOpress) –
Le bras d’honneur que Gérard Longuet (photo ci-dessus) vient d’adresser à l’Algérie est la vidéo la plus vue sur le site Dailymotion (vidéo ci-dessous). L’ex-ministre de la Défense a assumé ce geste jeudi, date du 58ème anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, alors que ce pays maghrébin célèbre cette année le cinquantenaire de son indépendance et attend une visite de François Hollande dans un mois. Ce bras d’honneur de Gérard Longuet était une réponse à une énième demande du gouvernement algérien exigeant que la France reconnaisse les « crimes » du colonialisme.

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Mensonges médiatiques, mensonges historiques : L’Algérie vue par Le Monde en 2012 – Par Pierre Milloz

Mensonges médiatiques, mensonges historiques : L’Algérie vue par Le Monde en 2012 – Par Pierre Milloz

Le conformisme, l’inculture et l’absence de tout regard critique ne cessent de progresser dans les médias. A partir du moment où une affirmation est politiquement ou historiquement correcte les journalistes se croient tout permis : à-peu-près et invraisemblances s’accumulent. Les faits n’interviennent plus, seule compte l’idéologie. Voici un décryptage d’un article du Monde. Le très rigoureux Pierre Milloz y compare ce qu’il a connu de l’Algérie et ce qu’en dit Le Monde.
Polémia.

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Atelier Fol’Fer : la désinformation passée au crible sous toutes ses facettes

Atelier Fol’Fer : la désinformation passée au crible sous toutes ses facettes

19/05/2012 – 18h45
ANET (NOVOpress) –
En 1993, sortait un Annuaire de la désinformation chez Critérion. Il visait au jour le jour à décrypter les opérations de désinformation. Cette initiative heureuse n’a pas eu de lendemain. Mais une maison d’édition, basée en Eure-et-Loir à Anet, L’atelier Fol’Fer, reprend le flambeau autour d’une collection baptisée : La désinformation autour. Il s’agit de rétablir la vérité sur un grand nombre d’évènements historiques ou d’actualité. Le catalogue est impressionnant : la désinformation autour… du satanisme, de la colonisation, du film Hors-la-loi ou encore de l’immigration avec une édition actualisée et augmentée qui sortira dans quelques jours.

Atelier Fol’Fer : la désinformation passée au crible sous toutes ses facettesAutre nouveauté dans cette collection, l’ouvrage d’Alain Sanders consacré à la désinformation autour de la guerre de Sécession. Pour le commun des mortels, le conflit qui ensanglanta les Etats-Unis entre 1861 et 1865 se résume à un affrontement entre « les vertueux Nordistes d’un côté et, de l’autre, les diaboliques Sudistes ». C’est à ce mythe auquel s’attaque Alain  Sanders. Il rappelle que le Nord n’a pas agressé le Sud pour des « raisons humanitaires », l’abolition de l’esclavage, mais pour éliminer la concurrence commerciale des Etats confédérés. Mieux, c’est le Nord qui fut à l’origine de l’esclavage sur le sol américain au XVIIème siècle.

Autre chapitre passionnant, celui relatif aux crimes de guerre perpétrés par les Yankees. Ainsi, Sherman, l’un des plus célèbres généraux nordistes, appelaient en juin 1864 à tuer ou déporter hommes, femmes et enfants sudistes. Les massacres à grande échelle : une vieille habitude du côté de Washington…

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (4/4)

Ombres et lumières d’un passé colonial, par Clément Mesdon (4/4)

Clément Mesdon revient ici sur ce que fut la politique coloniale de la France. Alors que le débat sur la colonisation « a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels » (B. Lugan), c’est en historien authentique, soucieux de retracer la réalité de ce qu’il décrit, que l’auteur aborde la question coloniale. Traitant d’une question qui demeure trop souvent passionnelle, l’auteur s’est efforcé d’instruire à charge et à décharge le dossier d’un phénomène qui, s’il a concerné la France au premier chef pendant moins d’un siècle, s’est manifesté à toutes époques et en tous lieux. Et qui se perpétue aujourd’hui sous des formes qui, pour être nouvelles, n’en sont pas moins aussi importantes.

Exposition coloniale Paris 1931 : une France persuadée de sa mission universelle

Reste à esquisser le plus délicat, cette confrontation culturelle entre une France sûre d’elle dans la plupart des domaines et des populations dépourvues des savoir-faire qui garantissent la suprématie ou en tout cas l’indépendance. La plupart des colonisés ont souffert de cette arrogance propre à tous ceux qui se croient les maîtres du monde mais beaucoup se sont laissés fasciner par leurs maîtres et d’autres encore se sont mis à l’école du conquérant pour lui prouver leur valeur.

Le regard du colonisateur a été, trop souvent, dénué de toute bienveillance. Un racisme qui n’avait pas besoin de s’appeler ainsi hiérarchisait les hommes, « naturellement ». Mais Gide put observer que les cadres supérieurs des colonies étaient beaucoup plus ouverts, curieux et respectueux que les fonctionnaires subalternes, les petits colons et les commerçants, tous « petits Blancs » venus dans les colonies pour trouver une position sociale qu’ils n’auraient jamais eu en métropole. Ils vivaient comme des expatriés, à la française, et ne regardaient pas leur environnement sinon pour le travail et le profit. Ceux de ces hilotes qui passèrent ou s’établirent en Indochine durent souffrir car l’adaptabilité culturelle des élites fut remarquable. Ainsi, à titre d’exemple, durant la période coloniale, on n’imprima pas moins de 16 000 ouvrages en quôc ngu (romanisation de la langue vietnamienne) traitant de tous les domaines. La vulgarisation scientifique fut le fait d’auteurs de culture binaire comme Nguyen Cong Tien (1892-1971) et Hoang Xvan Han (1909-1926). Et si André Malraux eut quelques soucis avec l’autorité coloniale pour sa feuille anticolonialiste, on ne comptait pas moins de 128 quotidiens et 176 revues ou bulletins en 1939 !

Quand l'Afrique inspirait la Bretagne : faïences de Quimper créées à l'occasion de l'Expo coloniale de 1931

Une nouvelle culture était en germe comme en Algérie d’ailleurs et, dans les deux cas, elles armèrent les militants nationalistes. La reconnaissance vint moins vite pour l’Afrique noire dépourvue de langues écrites mais les avant-gardes parisiennes (cubisme, dadaïsme, surréalisme) donnèrent toute sa place à l’« art nègre ». Quant à l’ethnologie, inutile d’insister sur l’importance de chercheurs comme Paul Rivet, Marcel Mauss, Marcel Griaule, Michel Leiris, Jacques Berque ou Jean Rouch. Plusieurs prirent fait et cause pour les indépendantistes, avec une bonne dose de naïveté dont ceux-ci firent bon usage. Mais tous ont livré un « corpus » de travaux qui constituent le socle de tout ce qui se fait aujourd’hui sur ces matières. Un mot encore pour saluer l’Ecole française d’Extrême-Orient (fondée en 1900) qui ressuscita les sites khmers autour d’Angkor.

Evoquant le proche passé culturel de son pays, Samuel Sidibé, directeur du musée national du Mali à Bamako rappelle toute l’importance de l’Institut français de l’Afrique noire qui depuis Dakar ordonna collectes et recherches. S’il regrette que la recherche coloniale ait donné trop d’importance à l’appartenance ethnique et aux objets rituels, sacrés (négligeant ainsi ceux qui relevaient du domaine domestique) il n’oublie pas de stigmatiser l’artificialité culturelle de dirigeants entêtés à constituer une culture « nationale » visiblement introuvable (Médiapart, août 2010).

La colonisation française doit être approchée dans toute sa complexité. Son échec, inévitable et probablement salutaire pour les deux parties n’empêche pas de la regarder comme une ouverture originale au monde ; une manifestation première de ce que l’on appelle aujourd’hui la mondialisation ; la mise en place de circuits d’échanges, biens matériels et biens culturels auxquels il ne manquait que la parité. La désillusion et le procès sont venus des suites de la décolonisation. Les Africains par exemple ont perdu beaucoup de temps. Ce que regrettent des panafricanistes comme Cheikh Hamidou Kane qui déplore qu’on en soit resté au maillage territorial de l’époque coloniale. Il salue au passage les mérites des deux grandes fédérations coloniales françaises. Un point de vu partagé par le sénégalais Dialo Diop (opposant au président Wade) lorsqu’il s’en prend aux « pires fantoches de l’époque néo-coloniale (…) incapables de conserver les acquis de l’époque coloniale, en dissolvant par exemple les fédérations… » (Médiapart, août 2010).

La colonisation de l'Europe : arrivée d'Africains clandestins en Italie

Depuis les années 60 du siècle passé, les flux migratoires se sont inversés. Ils mettent en relation les pays européens, vieillis, « pleins », au summum de leurs capacités productives et des pays issus des empires coloniaux, jeunes, débordant d’une main d’œuvre sous-employée qui rêve d’un nouvel Eldorado. La logique et le bon sens, tels que l’entendent les oligarchies marchandes qui régentent le continent européen, voudraient qu’ils fournissent une main d’œuvre à l’Europe. Car l’Europe est pour la première fois de son histoire devenue un continent de migrants. 40 millions sont nés dans un autre continent soit plus de 10 % de la population européenne. Cette colonisation de peuplement et les incidences qu’elle a sur la vie des peuples d’Europe sont aujourd’hui au cœur du débat politique. La « décolonisation » de l’Europe risque fort d’être la question politique majeure du siècle qui commence.

Clément Mesdon

– Le premier article est ici.
– Le deuxième est ici.
– Enfin le troisième est ici.

Source : Novopress Breizh.