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Le gouverneur chrétien de Jakarta inculpé pour blasphème du Coran

17/11/2016 – INDONESIE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Un chrétien a été inculpé pour blasphème en Indonésieil s’agit du gouverneur de la capitale Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok. Issu de la minorité chinoise et premier non musulman à diriger la ville de Jakarta, il est soupçonné d’avoir insulté le Coran. Cela passe mal dans un des pays du monde où les musulmans sont les plus nombreux. Il a donc été inculpé lundi pour blasphèmes et risque jusqu’à cinq ans de prison. Laissé libre, il a interdiction de quitter le territoire.

Une manifestation islamiste avait eu lieu le 4 novembre afin de le dénoncer et de réclamer son arrestation. Celle‑ci aurait rassemblé 100 000 personnes selon les organisateurs. Ce gouverneur est très populaire, mais il a un franc‑parler plutôt inhabituel dans ce pays. En cette période de campagne électorale – on s’approche du scrutin visant à renouveler le siège de gouverneur –, il avait affirmé qu’un musulman n’est pas obligé de voter pour un musulmans, contrairement à ce que dit le Coran, d’où l’ire des islamistes.

Asia Bibi

Ne laissons pas pendre Asia Bibi !, par Eric Letty

Que va-t-il advenir d’Asia Noreen, plus connue sous le nom d’Asia Bibi ? Cette mère d’une famille de cinq enfants, pakistanaise et chrétienne, a déjà passé plus de sept années en prison après avoir été accusée, en juin 2009, d’avoir blasphémé contre l’islam, et elle risque d’être bientôt pendue.

Asia BibiSept ans de prison dans une cellule minuscule, soumise à un régime d’isolement pour la protéger des autres détenues, avec la mort pour perspective ! Pour mériter pareil traitement, la jeune femme avait simplement bu un peu d’eau au même puits que des musulmanes qui lui avaient reproché d’être impure, et professé sa foi en Jésus-Christ. Crime inexpiable au Pakistan, où une loi promulguée en 1986 permet de s’emparer des biens d’un chrétien et de le faire condamner à mort sur une simple accusation de blasphème.

Le cas d’Asia Bibi est particulièrement tragique et émouvant, mais il n’est pas unique. En novembre 2014, un couple de chrétiens, accusé à tort d’avoir mis le feu à un Coran, avait été lynchés par la foule et brûlé dans un four à briques. Selon le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés, la loi sur le blasphème aurait déjà conduit plus de 11 500 chrétiens pakistanais à demander asile à la Thaïlande.

L’affaire Asia Bibi n’est pas passée inaperçue. Le Vatican a demandé sa libération. Le maire de Paris, Anne Hidalgo – c’est à son honneur – a proposé que la jeune chrétienne devienne citoyenne d’honneur de la ville de Paris et de l’accueillir dans la capitale lorsqu’elle sera libérée. Au Pakistan même, la communauté chrétienne, très minoritaire et menacée, a organisé, le 9 mars dernier des veillées de prières pour elle, dans quatre villes. Un musulman, le gouverneur du Pendjab Salman Taseer, a pris le risque de la défendre, de la visiter dans sa prison et de s’élever contre la loi de 1986 ; son courage lui a coûté la vie : il a été assassiné en janvier 2011 par son propre garde du corps. Une autre personnalité, Shahbaz Bhatti, ministre – chrétien – des minorités religieuses, opposé lui aussi à la loi sur le blasphème, a été tué par des islamistes en mars 2011. Ces meurtres n’ont pas empêché la Haute Cour de Lahore de confirmer en appel, le 16 octobre 2014, la condamnation à mort d’Asia Bibi, prononcée en première instance en novembre 2010. Les juges craignent pour leur vie…

La défense de la jeune femme a alors introduit un ultime recours auprès de la Cour suprême du Pakistan, qui se prononcera au mois d’octobre 2016. Par ailleurs, un avocat chrétien courageux, Me Sooba Bhatti, a écrit au chef de l’État pakistanais, le président Mammoon Hussain, pour lui demander d’user de son droit de grâce. Tout n’est donc pas perdu, mais le temps presse.Les lois de l’actualité veulent qu’une information chasse l’autre.

C’est donc à nous, chrétiens de France, qu’il appartient de nous mobiliser, pour prier, mais aussi pour réveiller les médias, alerter l’opinion publique et faire entendre l’appel que lançait la jeune mère, dans un texte publié par Le Figaro le 17 novembre 2014 : « Vous êtes ma seule chance de ne pas mourir au fond de ce cachot. S’il vous plaît, ne me laissez pas tomber. »

Eric Letty

Article paru dans Monde & Vie n° 930 daté d’octobre 2016