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Conférence sur la sécurité à Munich ou chronique de l’impuissance occidentale

16/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Fondée, en 1963, afin de permettre à des ministres, à des députés ou encore à de hauts responsables militaires d’échanger sur les problèmes de politique étrangère et de défense auxquels les États-Unis et l’Europe sont confrontés, la conférence de Munich sur la sécurité a eu lieu le WE dernier.

Le début de la conférence a été marqué par une signature d’un accord sur la situation syrienne entre le secrétaire d’État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères russes Sergueï Lavrov.
Tout à fait, mais il faut être prudent sur l’application de l’accord : il ne s’agit nullement d’un cessez-le-feu, mais plus d’une cessation des hostilités. En effet, le caractère définitif de l’arrêt du conflit n’est pas prévu par l’accord. Selon le texte, cet arrêt des combats interviendra après confirmation par le gouvernement syrien et l’opposition ; une perspective qualifiée par beaucoup d’ambitieuse.

Les chances de réussites de cet accord ne paraissent donc pas très élevées…
D’autant plus que même les signataires n’y croient pas vraiment. Côté américain on craint l’inaction russe. Côté russe on dénonce les divergences de discours entre le Pentagone et le département d’État. M. Lavrov a conclu « Tout cela veut dire que les États-Unis ne vont pas cesser leurs frappes aériennes, mais que la Russie doit arrêter les siennes. C’est malheureux, mais ça signifie que cet accord de Munich sera impossible à réaliser, et ce sera la faute des Américains ».

L’autre sujet de tension a été les propos de Manuel Valls sur l’accueil des migrants
En effet, celui-ci a indiqué que la France ne pourrait pas accueillir plus de 30 000 demandeurs d’asile. Sur le fond, les propos du Premier ministre n’ont pas surpris : les Allemands savent que la France ne veut pas accueillir plus de réfugiés, mais la forme est jugée inconvenante par l’entourage d’Angela Merkel.

Peut-on donc dire que tout a divisé lors de cette conférence ?
Tout sauf le constat clinique : nous n’avons jamais été aussi peu en sécurité.

Pour aller plus loin, peut-on dire que la Russie et les États-Unis sont dans une seconde guerre froide ?
En effet, James Clapper, le patron du renseignement américain, a déclaré qu’il était possible que les États-Unis et la Russie retrouvent une guerre froide. Il considère que la Russie a développé un projet de missiles croisière en violation du traité des forces nucléaires. Tout comme pendant la guerre froide, les États-Unis se servent de l’OTAN et de théâtres extérieurs pour intervenir indirectement. À ce titre, on peut rappeler que les ministres de la Défense de l’OTAN ont annoncé que l’OTAN allait renforcer sa présence militaire en Europe de l’Est afin de minimiser le risque d’une nouvelle annexion par la Russie.

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Syrie : la mise en garde russe porte ses fruits ? accord sur la cessation des hostilités

12/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Les États-Unis et la Russie sont tombés d’accord dans la nuit de jeudi à vendredi sur une « cessation des hostilités » en Syrie dans un délai d’une semaine afin de relancer le processus de paix et de stopper l’exode de civils.

À l’issue de cinq heures d’intenses négociations à Munich (Allemagne), les deux pays et leurs principaux alliés ont convenu d’une cessation des hostilités dans tout le pays dans un délai d’une semaine et décidé un accès accru et « immédiat » de l’aide humanitaire aux civils en détresse.
L’arrêt des hostilités concernera toutes les parties au conflit à l’exception des « groupes terroristes Daech (acronyme du groupe État islamique en arabe) et Al-Nosra (Al-Qaïda) », ont précisé les ministres des Affaires étrangères russes, Sergueï Lavrov et américain, John Kerry. Les États-Unis et la Russie vont piloter les « modalités » de mise en œuvre de cette cessation des hostilités. Sans doute les avertissements du premier ministre russe Dmitri Medvedev ont-ils été entendus.

Dans un entretien au quotidien économique allemand Handelsblatt, paru aujourd’hui, le Premier ministre russe adresse une solennelle mise en garde aux États-Unis et à leurs vassaux.
Dmitri Medvedev a en effet estimé qu’une offensive terrestre étrangère en Syrie présenterait « Le risque de déclencher une nouvelle guerre mondiale ». « Les Américains et nos partenaires arabes doivent bien réfléchir : veulent-ils une guerre permanente ? Pensent-ils qu’ils pourraient gagner rapidement une telle guerre ? Quelque chose de cet ordre est impossible, particulièrement dans le monde arabe », avertit M. Medvedev.

L’Arabie saoudite a en effet récemment évoqué l’idée de dépêcher des troupes au sol en Syrie, dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe jihadiste État islamique.
Une proposition soutenue directement par le Pentagone. Pour Washington, il s’agit de contrer, par alliés interposés, l’offensive victorieuse de Bachar El-Assad contre Daech. À tel point qu’on peut se demander qui est l’ennemi principal pour les États-Unis : Bachar ou Daech… Rappelons qu’après la signature de l’accord nucléaire avec l’Iran, le Premier ministre israélien Netanyahu et son ministre des Affaires étrangères Moshé Yaalon n’avaient pas caché leur sympathie finale pour Daech. Rappelons également que depuis la mise sur pied de la coalition Occidentale anti-Daech, à l’été 2014, l’aviation américaine a mené quelque 10 000 sorties dont le seul résultat tangible semble d’avoir favorisé l’expansion du groupe islamo-terroriste. Vous avez dit bizarre ?

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a par ailleurs fait une offre concrète de cessez-le-feu, lors de la réunion du « Groupe international de soutien à la Syrie », hier à Munich.
Offre qui a donc été acceptée et ce alors qu’au même moment, en parfait petit vassal des États-Unis, le président français François Hollande demandait l’arrêt des frappes aériennes russes en soutien à l’armée syrienne contre Daech. L’indépendance de la politique étrangère française n’est décidément plus qu’un souvenir.

La France reconnaît avoir fourni directement des armes aux “rebelles” syriens

Le trompeur Printemps arabe, de la démocratie au terrorisme…

Source : Nouvelles de France
Un point de situation complet et pertinent sur la Syrie, déchirée par un terrorisme d’importation.

Mars/avril 2011, le printemps arabe fleurissait en Syrie. Des manifestations d’opposants avaient lieu dans de nombreuses villes. Le gouvernement alternait la carotte des baisses de taxes, des augmentations de postes et de salaires avec le bâton d’une répression sévère.
Dans une mise en scène bien réglée, les médias dénonçaient la barbarie du régime, des défections se produisaient dans ses rangs, un organisme de transition voyait le jour tandis que la protestation se muait en rébellion et la révolte en guerre civile. Le scénario étonnamment semblable à celui d’autres tournages se produisait avec des variantes locales.
Le dictateur ne partait pas comme en Tunisie. L’armée ne basculait pas comme en Égypte. Faute d’intervention militaire directe d’une puissance occidentale, le régime ne s’effondrait pas comme en Libye. Il tenait avec le soutien de milices loyalistes, celui de l’Iran et de la Russie et l’arrivée des supplétifs chiites libanais ou irakiens.

Il contrôle aujourd’hui plus de 70 % de la population, notamment les personnes déplacées qui se sont mises sous sa protection, dont on parle peu. Pendant ce temps, l’opposition connaissait, sans avoir gagné, le sort de celle de Libye apparemment victorieuse. Sa façade démocratique se craquelait, son unité se fissurait.
Deux conseils dominés par les Frères Musulmans, l’un appuyé par la Turquie, le CNS, l’autre par le Qatar, la CNFOR revendiquaient la légitimité. Le décor démocratique et son Armée Syrienne Libre étaient débordés par des groupes islamistes rivaux et de plus en plus violents : le Front islamique, le Front Al-Nosra, l’État islamique multipliaient les conflits fratricides. Les Kurdes accédaient de fait à l’autonomie le long de la frontière turque.
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L’Iran accuse l’Arabie saoudite d’avoir bombardé son ambassade au Yémen

08/01/2016 – MONDE (NOVOpress)
L’escalade se poursuit entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Après l’exécution d’un dignitaire chiite pour « terrorisme » par Ryad, l’ambassade saoudienne endommagée en Iran, c’est maintenant au Yémen que se déplace l’affrontement entre les deux puissances régionales.

L’Iran a accusé l’aviation saoudienne d’avoir sciemment bombardé son ambassade au Yémen, dans un contexte de tension exacerbée entre les deux pays après l’exécution d’un religieux chiite saoudien, l’attaque de représentations diplomatiques saoudiennes en Iran et une rupture diplomatique.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a annoncé son intention d’informer l’ONU de ce que Téhéran qualifie d’« action délibérée de l’Arabie saoudite » en violation des conventions internationales.

Lors d’une attaque aérienne de l’Arabie saoudite contre Sanaa, une roquette est tombée à proximité de notre ambassade et malheureusement un de nos gardes a été grièvement blessé (…). Nous allons informer d’ici quelques heures le Conseil de sécurité des détails de cette attaque.

S’agit-il d’une stratégie de l’escalade de la part de Téhéran ? Des journalistes et des témoins locaux n’ont constaté aucun dégât sur l’ambassade iranienne, qui aurait été touchée par des éclats et gravats d’une frappe aérienne visant un objectif à 700 mètres de là.
Les deux puissances s’affrontent indirectement sur plusieurs terrains au Moyen-Orient, en Syrie, en Irak au Liban et au Yémen.
Le royaume saoudien avait déjà délibérément joué la provocation en exécutant Nimr al-Nimr, le dignitaire chiite figure de proue de l’opposition au régime le jour même de la rupture d’une fragile trêve au Yémen entre le pouvoir soutenu par une coalition menée par Ryad et les rebelles chiites houthis.
La trêve a été rompue à l’initiative de l’Arabie saoudite, qui a repris une campagne de bombardement meurtrière pour les populations civiles : 6 000 morts, vingt-huit mille blessés et deux millions cinq cent mille déplacés, selon l’Organisation des Nations unies (ONU), qui estime que 80 % des Yéménites ont besoin d’aide humanitaire.
Il faut dire que sur un plan strictement militaire, le royaume saoudien accumule des revers et fait la preuve de la médiocrité de son armée dès lors qu’il s’agit de faire autre chose que de parader sur des matériels dernier cri, la stratégie de la terre brûlée semblant la seule efficace pour Ryad.

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Éric Zemmour : « Entre Ryad et Téhéran, ce n’est pas encore la guerre »

05/01/2016 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
L’exécution d’un imam chiite par l’Arabie Saoudite a provoqué des manifestations très hostiles à Téhéran, avec qui Ryad a rompu les relations diplomatiques.

« Ce n’est pas la guerre entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Enfin, pas encore », affirme Éric Zemmour. « L’ambassade saoudienne à Téhéran brûle et Ryad rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran, mais ce n’est pas la guerre, pas encore », insiste le journaliste, pour qui la guerre est pourtant « dans les têtes et dans les cœurs : une guerre de mille ans entre chiites et sunnites, une guerre civile au sein de la nation musulmane ». Il explique que si l’Iran est une république et si l’Arabie est une monarchie, « seul le Coran fait loi ».

Pour le journaliste, « la révolution iranienne de 1979 a refait de la religion le moteur politique du monde arabo-musulman ».

Depuis lors, les deux rivaux s’affichent comme le meilleur musulman, le plus cher à Allah, le plus respectueux de son message divin, même quand il s’agit d’occire les infidèles.

Pour Éric Zemmour, Téhéran comme Ryad ont fait de l’islam « un message mondialisé, le seul qui depuis la chute de l’Union soviétique s’oppose à sa version occidentale ».


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L’exécution d’un dignitaire chiite par l’Arabie saoudite provoque une grave crise avec l’Iran

04/01/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

47 prisonniers du régime saoudien sunnite ont été exécutés par balle ou par décapitation, vendredi dernier après la prière. L’Arabie saoudite avance qu’il s’agit de terroristes. Pourtant parmi les exécutés seuls deux étaient membres d’Al-Qaida. De nombreux autres étaient membres de la minorité chiite. Parmi lesquels le cheikh Nimr Baqer al Nimr, condamné à mort pour sédition contre le régime.

Comment le monde chiite a-t-il réagi ?
Des manifestations ont eu lieu à Beyrouth, Ankara, Bagdad, jusqu’au Pakistan et au Cachemire. À Bahreïn, de violents affrontements ont opposé les manifestants et la police. À Téhéran, les manifestants ont pris d’assaut l’ambassade saoudienne samedi soir et l’ont incendiée au cocktail Molotov.

Des responsables chiites se sont également exprimés
Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, a prévenu « le sang du cheikh Nimr, poursuivra la famille des Saoud dans le monde et dans l’au-delà ». Il a également appelé à la condamnation des Saoud pour leur soutien au terrorisme. Il a insisté sur le combat pacifique du cheikh Nimr et a rappelé la responsabilité du Hezbollah dans l’évitement d’un conflit chiite-sunnite. L’ayatollah Khamenei, guide suprême iranien, a quant à lui averti que la main divine vengerait ce crime.

L’Arabie saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a annoncé hier la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. Tous les diplomates iraniens ont 48 h pour faire leurs bagages et rentrer à Téhéran. Il accuse le régime de passivité envers les manifestants. Il a également accusé l’Iran d’ingérence dans les affaires du royaume et de créer des cellules terroristes sur le sol saoudien.

Crédit photo : WikiCommons (CC) = cheikh Nimr Baqer al Nimr

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Syrie : rififi chez les djihadistes

05/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Syrie, le Front Al Nosra s’oppose plus ouvertement à l’État islamique

Le chef du Front Al Nosra, la branche syrienne d’al-Qaida, a déclaré dans un entretien qu’il ne voit pas de solution rapide au conflit qui l’oppose à l’État islamique en Syrie. Abou Mohamed al Golani précise « Nous espérons de l’État islamique qu’ils se repentiront devant Allah et qu’ils reviendront à la raison. Sinon, il n’y aura rien d’autre que des combats entre nous »
Il avait cependant déclaré il y a quelques semaines que le régime de Damas reste leur cible prioritaire.
Le Front Al Nosra est une alliance formée de différents groupes islamiques combattants. Ils sont notamment soutenus par le Qatar, l’Arabie saoudite et… la Turquie, laquelle livre aussi des armes à l’État islamique.
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