Tag Archives: Centrafrique

Opération Barkhane ! Tribune libre par Vincent Revel

Opération Barkhane ! Tribune libre de Vincent Revel

Sacré général Hollande ! Souvenez-vous, février 2013, notre chef de guerre, qui aujourd’hui a endossé le costume du sauveur du monde libre, nous expliquait avec le plus grand sérieux, au début de l’Opération Serval au Mali, que nos hommes étaient présents au Sahel pour une durée de deux mois. En juin 2013, en fin spécialiste de l’Afrique et de la géopolitique, il certifiait : « nous voyons que nous sommes maintenant dans la dernière phase de l’opération. » Juin 2015, c’est-à-dire deux ans plus tard, nous pouvons logiquement constater que la situation est évidemment toute autre avec l’Opération Barkhane.

La zone de tension s’est considérablement agrandie. Les islamistes sunnites ont la capacité de fragiliser plusieurs pays. Le Centrafrique, le Mali, le Niger, le Cameroun, le Nigéria sont régulièrement touchés par des attaques terroristes. La Lybie sombre dans un chaos qui nous rappelle celui de la Syrie. Mais rassurons-nous, le général Hollande et son ministre des Affaires étrangères Fabius gèrent formidablement bien le secteur. Il était tout à fait sensé d’être aussi optimiste en 2013 avec une zone à contrôler grande comme huit fois la superficie de la France ! Nos hommes, seuls soldats européens sur le front, avancent à l’aveugle avec du matériel vieillissant (certains engins ont plus de 40 ans !) et doivent obéir à des politiques qui étaient quand même prêts, faut-il le rappeler, à armer les djihadistes en Syrie ! Nous envoyons nos soldats combattre sans réellement prendre conscience ce que nous combattons et sans réellement leur donner les moyens d’accomplir leurs missions. Nous ne nommons pas explicitement nos ennemis.

En employant le terme de terroristes nous esquivons maladroitement et dangereusement nos responsabilités en ne pointant pas distinctement du doigt les véritables causes des conflits. Pourtant, les événements parlent d’eux-mêmes ! L’Islam sunnite connaît sur tous les continents un réveil violent et conquérant et une grande partie de ses croyants se radicalisent.

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Pourquoi François Hollande a t-il décidé d'abandonner la Centrafrique à la Séléka ? Par Bernard Lugan

Pourquoi François Hollande a t-il décidé d’abandonner la Centrafrique à la Séléka ? Par Bernard Lugan

Les affrontements qui opposent actuellement anti-balaka et Séléka montrent que la Centrafrique est plus que jamais en perdition. Or, c’est le moment choisi par Paris pour annoncer que d’ici le printemps 2015, l’essentiel du dispositif Sangaris sera retiré. Une décision ahurissante et insolite tout à la fois. En effet :

1) Des élections présidentielles étant « prévues » en 2015, le retrait français va laisser le champ libre à la Séléka qui occupe déjà le centre, le nord et l’est du pays, ainsi que les zones minières. Dans les territoires qu’elle contrôle, les chrétiens sont persécutés ou islamisés et les élections seront « arrangées ».

2) Comme les 8000 hommes du volapük militaire baptisé Minusca (Mission des Nations Unies pour la Centrafrique) seront incapables de se faire respecter, le pays va donc être de fait abandonné à la Séléka. L’Opération Sangaris n’aura donc finalement servi à rien.

 

Dans le dossier de la RCA, François Hollande a constamment tergiversé et accumulé les erreurs :

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L'Afrique face à plusieurs grands problèmes - L’Afrique Réelle N°55, Juillet 2014

L’Afrique face à plusieurs grands problèmes – L’Afrique Réelle N°55, Juillet 2014

Editorial et Sommaire

En ce début du mois de juillet 2014, l’Afrique est face à plusieurs grands problèmes – Editorial de Bernard Lugan

En Afrique du Nord, la Libye n’en finit pas de sombrer et de se morceler. A l’Est, en Cyrénaïque, l’offensive menée contre les jihadistes par le général Haftar semble piétiner cependant qu’en Tripolitaine, constamment approvisionnées par la Turquie et le Qatar, les milices de Misrata affiliées aux Frères musulmans ont conservé tout leur pouvoir de nuisance. Quant au grand sud saharien qui a échappé à toute autorité, il « intéresse » de plus en plus les forces algériennes à l’Ouest et les éléments franco-tchadiens au Sud.

En Tunisie, les autorités font désormais face à une véritable implantation jihadiste dans les monts Chaambi, cependant que les partis islamistes refont leurs forces en vue des prochaines élections.

 

Au sud du Sahara, la question malienne n’a pas été réglée. Les autorités de Bamako refusent de reconnaître qu’elles ne sont pas en mesure de détruire la revendication des Touareg et qu’elles doivent donc composer sur la base d’une nouvelle organisation étatique quasi-confédérale.

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Trois opérations militaires françaises en Afrique : trois échecs politiques. Par Bernard Lugan

Trois opérations militaires françaises en Afrique : trois échecs politiques. Par Bernard Lugan

Editorial du N°52, avril 2014 de la revue l’Afrique Réelle

Ces dernières années, la France a mené trois opérations militaires d’envergure en Afrique. Leurs résultats politiques sont autant d’échecs :

1) En Libye, l’incompréhensible « croisade pour la démocratie » lancée par M.M. BHL et Sarkozy a provoqué le chaos. Le pays est aujourd’hui dans une situation de guerres régionales, tribales, claniques, religieuses et mafieuses. Un espace inespéré s’est ainsi ouvert pour Aqmi et toutes les forces terroristes qui prospèrent désormais au milieu de l’anarchie ambiante avec des répercussions dans toute la zone sahélo saharienne comme nous l’avons observé au Mali.

Si le cataclysme régional ne s’est pas encore produit c’est parce que le Tchad du président Déby constitue un maillon de résistance. Pour combien de temps encore ? Là est toute la question car la situation du pays est plus que complexe :

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La France en Centrafrique : gare à l’enlisement

18/02/2014 – PARIS (Bulletin de réinformation) – Début décembre, quand François Hollande avait annoncé l’opération militaire en Centrafrique, il avait assuré que cela serait « rapide ». De même que la courbe du chômage ne s’est pas inversée, c’est sans surprise donc que Jean‑Yves le Drian nous apprend que l’opération durera plus longtemps que prévu. « Le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu’on imaginait », s’est justifié le ministre de la Défense.

Le gouvernement a‑t‑il mal évalué l’ampleur de l’opération militaire ? Oui, à l’évidence. Bien que, encore une fois, François Hollande ait promis que les 1.600 soldats envoyés là‑bas suffiraient, le ministre de la Défense a annoncé samedi le renfort de 400 effectifs supplémentaires. Cela répond à une demande du secrétaire général des Nations unies, ainsi qu’à la décision de l’Union européenne d’engager une opération militaire en Centrafrique. En effet, les troupes françaises se sont rapidement retrouvées dépassées par les événements. Quant aux effectifs de la Misca, la force panafricaine, ils ont atteint un volume de 6.000 hommes. Mais cette Misca manque de moyens de transports permettant d’opérer dans les provinces. En cela, les renforts français comprenant des unités de combat d’infanterie, des hélicoptères de transport et des moyens logistiques et de commandement sont les bienvenus.

Quelle est la mission de ces nouvelles troupes envoyées en renfort ? Il s’agit d’aider les troupes sur place à pacifier la région et à désarmer les milices. A Bangui, la tension est encore palpable. Le ressentiment de la population chrétienne contre la rébellion Malaka, à dominante musulmane, est encore fort. Cette rébellion qui avait pris le pouvoir en mars 2013 et qui persécutait la communauté chrétienne, avait amené cette dernière à se soulever. Il est donc à craindre pour nos soldats qu’ils soient présents en Centrafrique encore longtemps, avant que le calme ne revienne durablement.

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Halte à l’impérialisme démocratique, par Jean Bonnevey

Halte à l’impérialisme démocratique, par Jean Bonnevey

Syrie – Centrafrique – Ukraine : la stratégie des bons sentiments.

Il n’y a pas de révolution spontanée. La conférence de Genève prouve que la guerre civile syrienne est bien une guerre internationale. La reprise des émeutes en Ukraine montre l’extrémisme des manifestants sans nier la répression du régime. L’élection d’une femme à la présidence à Bangui ne gomme pas les racines religieuses et ethniques d’un bourbier africain.

Dans chacun de ces conflits, l’occident atlantique a décrété le bien et le mal par rapport au dogme démocratique. Il se condamne à être partial et à n’avoir qu’une compréhension partielle des problèmes. Partout on reproduit les erreurs inexpiables du Rwanda ou de l’Irak et on ne tire leçon de rien.

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Centrafrique : le lapsus de Bernard Kouchner

03/01/2014 – VIDÉO BFMTV – Concours de gaffes entre François Hollande et l’ex-ministre des Affaires étrangères ? Interrogé sur la Grande Bretagne, Bernard Kouchner a commis un léger lapsus, déclarant : « ce qui aurait été bien c’est qu’ils viennent avec nous en Françafrique », voulant parler de la Centrafrique. L’expression « Françafrique » est utilisée pour qualifier l’action néo-coloniale prêtée à la France en Afrique, mais également pour dénoncer la politique étrangère de la France en Afrique.

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Quand Hollande "charrie en Oubangui" ; Afrique, toujours le cœur des ténèbres - Par Jean Bonnevey

Quand Hollande « charrie en Oubangui » ; Afrique, toujours le cœur des ténèbres – Par Jean Bonnevey

Alors que la planète politique célébrait une Afrique virtuelle du vivre ensemble mondial, deux soldats français étaient tués par des bandes de miliciens sauvages à Bangui. La réalité africaine c’est Bangui, pas l’exorcisme antiraciste politico-médiatique de Pretoria.

Le président français savait que deux de nos paras étaient morts. Il est resté à la cérémonie du stade en Afrique du Sud, assistant à des discours convenus et parfois brillants, au milieu de chants tribaux et révolutionnaires. On aura tout de même remarqué que la nation arc-en-ciel était particulièrement noire et que le stade qui devait refuser du monde n’était plein qu’aux deux tiers, comme un signe tout de même que la réalité est têtue.

Il s’est rendu à Bangui pour un hommage aux tués et aux combattants. Ce faisant, annonçant ce déplacement, il a rendu difficile la tache des militaires français dans la capitale Centrafricaine. La sécurisation délicate de l’aéroport a livré les populations pendant quelques heures à la vengeance des milices armées.

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Intervention française en Centrafrique : le gouvernement socialiste dans l'impasse démocratique

Intervention française en Centrafrique : le gouvernement socialiste dans l’impasse démocratique

09/12/2013 – 13h45
PARIS (NOVOpress/Bulletin de réinformation) –
394 personnes ont été tuées ces trois derniers jours à Bangui. Cette annonce nous vient de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. Aussi a‑t‑il précisé que les opérations de désarmement devraient bientôt commencer, ce qui semble en cours dès ce lundi. Michel Djotodia (photo), président de la RCA, a quant à lui décrété un deuil national de trois jours à compter de dimanche, en mémoire des victimes de ces exactions. C’est ce même président autoproclamé qui est en ligne de mire de la France : il fédère en effet les groupes armés nordistes et islamisés qui ont récemment pris le pouvoir en Centrafrique.

Récemment, François Hollande s’est exprimé en faveur de la destitution de Michel Djotodia : « On ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire, a laissé faire. (…) Nous en avons parlé avec des Africains qui se mobilisent, avec le Premier ministre et l’idée a été d’aller le plus vite possible vers une élection pour qu’il y ait une autorité légitime ».

Une fois encore, la politique française consiste donc à intervenir militairement et à organiser une élection… qui ne réglera rien. En effet, mathématiquement parlant, une élection démocratique donnera le pouvoir aux peuples de la savane, majoritaires. Les peuples nordistes et les gens du fleuve, dans le sud seront perdants et auront tôt fait de contester le futur pouvoir démocratique.

Crédit photo : BINUCA, via Flickr, (cc).

Centrafrique : ironie de l'histoire l’armée française intervient… pendant les fêtes de l’indépendance

Centrafrique : ironie de l’histoire l’armée française intervient… pendant les fêtes de l’indépendance

07/12/2013 – 16h30
PARIS (NOVOpress/Kiosque Courtois) –
Ironie apparente de l’histoire, cette projection militaire de l’ancienne métropole est déployée en plein milieu de la « fête nationale et de l’indépendance » qui a lieu le 1er décembre.

Après le Mali c’est en Centrafrique que l’armée française intervient avec un millier d’hommes, officiellement pour des raisons humanitaires.

Comme pour le Mali, c’est aussi une conséquence de la guerre en Libye qui a déstabilisé la région du Sahel. Pour l’africaniste Bernard Lugan, derrière l’opposition entre musulmans et chrétiens, il y a l’éternel conflit entre nomades et sédentaires.

Photo en Une : Bangui, image d’archive. Crédit photo : Kayikwamba, via Flickr, (cc).

Mais c’est où le « Centrafrique » ? Après l’AOF voici le retour de l’AEF

Mais c’est où le « Centrafrique » ? Après l’AOF voici le retour de l’AEF

Rebelles en République centrafricaine.

Dans les atlas anciens, le rose indiquait les territoires immenses de l’empire de la république française. Il y avait en Afrique noire, l’AOF (Afrique occidentale française) et l’AEF, (Afrique équatoriale française). Le Mali c’était l’AOF, le Centrafrique sous un autre nom l’AEF. Dans le premier pays, la colonisation a été motivée par les menaces islamo esclavagistes et dans l’autre par les cruautés tribales. Prétextes peut-être, prétextes sans doute, mais fondés sur des réalités comme les si désintéressées guerres humanitaires de la France socialiste d’aujourd’hui.

Lundi dernier, la France a soumis à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution visant à renforcer la Misca, avec la perspective éventuelle de la transformer en force de l’ONU de maintien de la paix, impliquant le déploiement de casques bleus en Centrafrique.

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