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Boat people à Aberdeen

Réponses à l’immigration : Entre utopie européenne et réalisme malaisien

16/05/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation)

Face à l’immigration, toujours plus importante : que faire ?
Face à l’arrivée croissante de migrants par la Méditerranée, au sort connu par les naufragés, la Commission européenne a présenté ce mercredi sa stratégie en matière de politique migratoire : installation et intégration des migrants, lutte contre les passeurs et quotas, font partie des mesures débattues mercredi dernier. Le cap à tenir tient dans ces mots du chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini : « pas un seul réfugié ou migrant intercepté en mer ne sera renvoyé contre son gré ».
Du coup, l’idée se fait jour de répartir les migrants par quotas obligatoires au sein des pays membres ; cette initiative ne fait pas l’unanimité.

Quels pays s’opposent à ces projets ?
La Grande Bretagne d’abord. La ministre britannique de l’Intérieur, Theresa May, a même estimé dans une tribune publiée mercredi par le Times que les migrants qui traversent la Méditerranée pour tenter de rejoindre l’Europe devraient être renvoyés.
La Hongrie aussi se montre très hostile. Viktor Orban a déclaré le 8 mai : « L’idée européenne selon laquelle on peut laisser des réfugiés pénétrer dans son pays pour ensuite les redistribuer dans d’autres États membres n’est pas équitable, elle est folle ».

La France et l’Allemagne au contraire seraient favorables à l’instauration de tels quotas
Quotas qui, établis sur des critères de population, PIB, et taux de chômage, feraient de ces deux nations les plus gros pays d’accueil européens. Et pourtant en France, on se plaint que rien n’est vraiment prévu pour l’accueil et l’intégration de ces personnes : « Les lieux d’hébergement gérés par le SAMU social sont complètement saturés, près de 70 % des migrants doivent passer la nuit dehors. Dans ces conditions, la réponse globale des autorités est insuffisante », déclare le responsable français de l’ONG Médecins du Monde.
Pendant ce temps, le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, affirme que l’Europe, qui compte 24 millions de chômeurs officiels, a besoin de cette main d’œuvre immigrée.

En Asie du Sud Est, face à l’afflux de migrants illégaux, des pays décident avec fermeté de fermer leurs frontières
La Malaisie, pays relativement prospère, à dominante musulmane, a averti mercredi qu’à l’instar de l’Indonésie et de la Thaïlande, elle n’accueillerait pas les clandestins, mais qu’elle repousserait vers le large les bateaux entrant dans ses eaux territoriales, sauf risque imminent de naufrage. Ces migrants, bangladais ou birmans, arrivent de plus en plus nombreux, sur des bateaux guidés par des passeurs.
L’amiral Tan Kok Kwee a déclaré à l’AFP : « La politique a toujours été de les escorter en dehors des eaux territoriales, après leur avoir donné les provisions nécessaires ».

(small>Crédit photo : shankar s via Flickr (CC) = boat people a Aberdeen (Hong-Kong)

Italie : en toute discrétion, l’invasion continue

Italie : en toute discrétion, l’invasion continue


12/06/2012 – 08h00
ROME (NOVOpress) — Depuis que Mario Monti est au pouvoir, les débarquements de clandestins semblent n’être plus qu’un souvenir. On ne voit plus jamais toutes ces images de « réfugiés » entassés sur les épaves, de femmes au dernier stade de la grossesse, d’enfants terrifiés, de cadavres échoués sur les plages, que les médias passaient et repassaient naguère en boucle, pour culpabiliser les Italiens de souche et paralyser toute réaction du gouvernement Berlusconi, réduit – la Lega « xénophobe » et « raciste » en tête – à jouer indéfiniment les sauveteurs en mer, en attendant que les flux d’immigrés veuillent bien s’arrêter tout seuls. Le 28 mars dernier, le ministre de l’Intérieur de Monti, Annamaria Cancellieri, avait tenu à rassurer ceux, s’il en était, qui s’inquiéteraient encore : il n’y aurait eu depuis janvier que 1.407 débarquements, contre près de vingt mille dans la même période de l’année dernière.

Dans un article paru la semaine dernière dans Libero, le journaliste Salvatore Garzillo a rétabli la vérité : « les bateaux arrivent encore mais on n’en parle pas : l’urgence est niée ». Sur la base des journaux locaux – les seuls à donner parfois encore quelques informations, l’espace d’un entrefilet –, Garzillo a cité des exemples, qui sont loin d’être exhaustifs : 56 Kurdes, Irakiens et Afghans débarqués dans le Salento le 11 mai ; le lendemain, 23 Tunisiens recueillis par les garde-côtes et conduits à Mazara del Vallo en Sicile ; dix jours après, 54 Somaliens secourus sur un canot pneumatique au large de Lampedusa ; le 31 mai, 198 personnes arrivées sur les côtes du Salento à bord d’un bateau de trente mètres, et qui se sont immédiatement dispersées entre Otrante et Porto Badisco. Dans les premiers jours de juin, au moins 300 personnes ont débarqué sur les côtes méridionales de l’Italie : rien que dans la nuit du 1er au 2 juin, 70 immigrés sont arrivés sur un canot pneumatique à Seccagrande, en Sicile, tandis que 65, dont un enfant d’un an, étaient recueillis dans le canal de Sicile, et que 60 débarquaient le lendemain à Pozzallo (province de Raguse, toujours en Sicile).

Depuis la parution de l’article de Garzillo, la liste s’est encore allongée : à Crotone, en Calabre, 156 clandestins, Afgans, Syriens, Iraniens et Irakiens sont arrivés dans la nuit de samedi à dimanche, à bord de deux yachts partis d’Izmir (Smyrne) en Turquie. On compte parmi eux 68 mineurs. Beaucoup de parents étaient accompagnés de leurs enfants. Un couple afghan avait amené avec lui ses huit enfants, presque tous mineurs. Une famille nombreuse comme on n’en voit plus jamais parmi les Italiens de souche.

Dans les centres d’accueil, par exemple le centre Don Tonino Bello à Otrante, le personnel explique que les arrivées sont en réalité « en nette augmentation par rapport à l’année dernière. Il n’y a qu’une différence : avant, il y avait moins de bateaux mais remplis à craquer, à présent les débarquements sont plus nombreux, mais ils se font avec de petites embarcations. Le résultat final ne change pas beaucoup ». Les centres d’accueil continuent à fonctionner à plein régime, avec leur lot régulier de fuites et de révoltes.

Bref, l’invasion continue imperturbablement. Mais, sous les nouveaux maîtres de l’Italie, elle s’accomplit désormais sans bruit. Dans cette discrétion feutrée dont le gouvernement Monti a fait sa devise.

Crédit photo en Une : Friendsofeurope via Flickr (cc)