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Kosovo, le chaos endémique

16/02/2016 – MONDE (NOVOpress)
Huit ans après la proclamation de son indépendance dans l’euphorie générale des populations albanaises, le Kosovo est toujours la proie d’une corruption massive et d’une violence chronique. Interruptions de sessions parlementaires au gaz lacrymogène, violences de rue, troubles entre Serbes et Albanais sont monnaie courante, même à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance. L’État ne fonctionne pas, au grand dam des habitants de toutes les communautés.


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L’UNESCO s’apprête à admettre le Kosovo

22/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

L’UNESCO s’apprête à admettre comme membre la soi-disant « république du Kosovo », alors que les Nations-Unies elles-mêmes n’ont jamais reconnu « l’indépendance » de cette province serbe, berceau historique de la culture et de l’identité chrétienne de la Serbie, aujourd’hui aux mains des rebelles albano-musulmans de l’UCK mis au pouvoir par les États-Unis, l’Union européenne et l’OTAN !

Encore une nouvelle hypocrisie qui, sans nul doute, n’a pas d’autre but que de profiter au clan islamo-maffieux d’Hashim Thaci au pouvoir à Pristina.
Il faut que cesse d’être ainsi bafouée par la communauté internationale la résolution 1244 de l’ONU !

La résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, votée le 10 juin 1999 par le Conseil de sécurité, est une résolution prise sous le chapitre VII de la charte des Nations-Unies qui autorise un déploiement militaire et civil dans la province serbe du Kosovo dans le cadre d’une opération de maintien de la paix.


Balkans, un éclatement programmé : ex-Yougoslavie, 20 ans après

Balkans, un éclatement programmé : ex-Yougoslavie, 20 ans après

19/06/2012 — 11h00
PARIS (NOVOpress via Realpolitik.tv) — L’éclatement de la Yougoslavie, dès les années 1991-1992, accompagné de guerres civiles meurtrières, fut un grand traumatisme européen. Ce fut également le modèle et le banc d’essai de toutes les ingérences occidentales de l’ère post-soviétique, justifiées par la défense des minorités et des droits de l’homme, mais sous-tendues par des objectifs géopolitiques précis.

Vingt ans plus tard, alors que les armes se taisent et que les passions paraissent endormies, Alexis et Gilles Troude jettent un regard rationnel sur ces événements déjà entrés dans l’histoire.

Présentées à l’époque, en Occident, comme des insurrections spontanées et autonomes des peuples assoiffés de liberté et de démocratie contre le pouvoir centralisateur de Belgrade, les sécessions des années quatre-vingt-dix révèlent une implication lourde des facteurs étrangers, notamment allemands et américains, tant sur le plan militaire et diplomatique que dans le domaine du conditionnement de l’opinion.

Mettant en évidence les circonstances réelles de cette recomposition, cet ouvrage se penche également sur le destin des nouveaux États créés sur le territoire yougoslave et sur leurs chances de stabilisation et de survie dans le contexte actuel. Soulevant autant de questions qu’il apporte de réponses.

« Ce que la chronique quotidienne, telle que l’ont mal relaté les médias au long des années 1990 n’a pas cessé d’embrouiller, ressort ici avec une stupéfi ante évidence. C’est l’empire et ses alliés qui ont été à la manœuvre de bout en bout. La conclusion donne le frisson, n’importe quelle Nation mal placée sur la carte du monde ou par trop indisciplinée est à la merci de pareille manœuvre. »

(Extrait de la préface de Paul-Marie Coûteaux)

Alexis Troude est professeur d’histoire et géographie, chargé de cours de géographie à l’Université de St Quentin-Versailles. Directeur du Département d’études balkaniques à l’Académie internationale de Géopolitique. Thèmes de recherche : géostratégie, frontière, identité et régions, géo-économie, histoire des Balkans, territoires européens. Il est notamment l’auteur de Géopolitique de la Serbie (Ellipses, 2006).

Gilles Troude est Docteur en Histoire contemporaine de l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle. Après une carrière en France et à l’étranger dans l’industrie, il participe à un projet communautaire de recherches historiques sur les Identités européennes au XXème siècle. En tant qu’observateur de l’O.S.C.E., il effectue de nombreuses missions dans les Balkans et en Europe de l’Est. Il est l’auteur de Yougoslavie, un pari impossible ?, paru chez L’Harmattan en 1998, et de Conflits identitaires dans la Yougoslavie de Tito (1960-1980) édité par l’Association Pierre Belon (E.H.E.S.S.) en 2007.

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« Serbes, pardonnez-moi  » Entretien avec l’ex-officier de la KFOR au Kosovo, Kristian Kahrs

La vérité sur les événements au Kosovo, ou, comme disent les Serbes, dans la province du Kosovo et Metohija est rarement révélée au grand public en Occident. L’un des rares qui se soit engagé à dire la vérité sur le sort difficile des Serbes du Kosovo est Kristian Kahrs, un Norvégien d’origine. Retour sur son histoire :

Il était une fois un membre de la KFOR. Comme  officier du contingent norvégien, il a travaillé dans le service d’information des forces internationales. Après sept mois au Kosovo, Kahrs a terminé son travail en tant que major de la KFOR, et ne voulait plus renouveler son contrat. Une des raisons pour laquelle il aurait quitté la KFOR est notamment la dissimulation de l’information sur la persécution des Serbes. Aujourd’hui, il admet qu’il a été très naïf en 2000, lorsque l’OTAN a attaqué la Serbie. A cette époque, il croyait toujours que l’OTAN avait recouru à de telles mesures pour protéger les droits de l’homme au Kosovo et Metohija.

Après avoir terminé son travail dans le service d’informations de la KFOR, Kristian Kahrs a été actif pendant de nombreuses années comme correspondant de guerre en ex-Yougoslavie et dans d’autres points chauds à travers le monde. Il vit aujourd’hui en Serbie, qu’il considère comme sa seconde patrie.

« En tant qu’ancien officier de l’OTAN, je dois m’excuser auprès du peuple serbe, parce que nous n’étions pas en mesure de protéger les minorités au Kosovo et Metohijia”, a-t-il indiqué dans un enregistrement de télévision célèbre en Serbie.

“Sous la résolution 1244 de l’ONU et l’accord technico-militaire nous devrions protéger les Serbes de représailles des Albanais, mais nous y avons complètement échoué”, a déclaré Kahrs.

Je savais que la mafia albanaise était impliquée dans le commerce de la drogue, des armes et des personnes, mais je ne m’attendais pas à une telle haine de leur part. En outre, il y avait une campagne albanaise pour la purification ethnique des Serbes. Par conséquent, je m’excuse. J’ai été trop naïf et j’ai cru que nous pouvions créer une société multiethnique.

À propos du développement actuel des événements dans le nord du Kosovo Kristian Kahrs n’est pas surpris : “C’est un résultat direct de la politique occidentale dans les Balkans, qui n’accepte que l’indépendance du Kosovo et n’offre aucune autre solution. La division possible de la province serbe méridionale de Kosovo et Metohija n’est pas imaginable pour eux.”

Kristian Kahrs travaille sur un livre dont le titre provisoire est “Désolé Serbie. Un ancien officier de l’OTAN s’excuse” – avec l’espoir qu’il puisse au moins réveiller la responsabilité morale de ceux qui ont pris les décisions politiques sur le Kosovo et Metohija.

Rencontre avec son auteur

• Derrière ce livre, quelle est votre intention ?

Les peuples de l’ex-Yougoslavie, les Serbes, Albanais, Croates, etc, sont à maintes et maintes reprises interpellés par la communauté internationale afin de contribuer à la réconciliation et au pardon, mais on entend en revanche très rarement l’OTAN et l’Occident  s’excuser pour les erreurs qui ont été faites ici. Présenter des excuses au peuple serbe et admettre que nous avons été incapables de protéger les minorités au Kosovo était pour moi une réelle préoccupation et c’est ce que je souhaite faire passer dans mon livre. Si je peux amener certains de nos politiciens à réfléchir la prochaine fois avant de s’engager dans une guerre dévastatrice, alors le livre aura atteint son but.

• Comment êtes-vous devenu un officier de presse de la KFOR ?

J’ai travaillé comme officier de presse au siège de la KFOR de janvier à juillet 2000.

En fait, j’ai été appelé comme réserviste dans un exercice, à savoir l’exercice de l’OTAN “Bataille Griffin” en février et mars 1999. Je suis devenu officier de presse parce que j’avais auparavant travaillé comme pigiste pour l’agence Associated Press (AP) et parce que je parlais anglais.

J’ai été envoyé au commandement de la KFOR à Pristina. Initialement, il avait été prévu que je sois nommé porte-parole de presse, mais  cette position a été prise par mon commandant allemand, le colonel Horst Pieper et on m’a finalement délégué la responsabilité de la construction du site web officiel de la KFOR et du service de nouvelles en ligne.

Mon travail consistait principalement à défendre les positions de la KFOR et l’OTAN dans l’opinion publique et à répondre aux questions des journalistes .

Le service de nouvelles en ligne que j’ai lancé a été un  succès et a donné un visage différent à la KFOR, parce que beaucoup de choses pouvaient être représentés efficacement avec un impact public avec le site Web. Le premier message que nous avons publié était celui d’une attaque contre un bus serbe qui était en route entre la ville divisée de Mitrovica, au nord du Kosovo, et Pec, à l’ouest, et qui a été attaqué par des extrémistes albanais dans une embuscade avec des grenades propulsées par des roquettes . L’escorte française avait alors été incapable de prévenir l’attaque et ne pouvait pas suivre les criminels albanais, parce qu’ils étaient couverts par des champ de mines. Quand j’ai fini mon service en juillet 2000, nous avons compté, sur kforonline.com, 130 000 visites tous les jours.

Il était naturellement assez clair que je ne pouvais pas me comporter ici comme un journaliste indépendant, que je ne pouvais pas développer ma propre opinion. Cela a  eu pour conséquence de m’empêcher la critique nécessaire à évaluer l’activité de ma propre organisation. À cette époque, j’ai donc défendu le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, et j’ai attribué le blâme exclusif  à Slobodan Milošević. Quand je repense aujourd’hui aux déclarations que j’ai faites comme officier de presse, elles me semblent avoir été trop optimistes mais c’était juste mon travail de présenter tous les événements dans une lumière aussi favorable que possible.

Aujourd’hui, je souhaiterais n’avoir pas été aussi naïf et optimiste pour croire en la possibilité d’une société multi-ethnique au Kosovo.

• Quelles ont été les erreurs de la KFOR?

De mon point de vue, nous avons commis deux erreurs majeures dans la KFOR :

1) Nous aurions dû appliquer la loi martiale dès le premier jour où nous sommes arrivés au Kosovo, c’est à dire à partir de 12 juin 1999. Là, il n’y aurait pas eu de discussion possible à propos de notre responsabilité. Quiconque se serait montré dans la région après la nuit  aurait été arrêté et enfermé dans un camp avec des barbelés pour une ou deux semaines, indépendamment du fait qu’il soit serbe, albanais, ou autre. Cependant, nous étions beaucoup trop soucieux de jouer le rôle de libérateurs envers les Albanais.

2) Nous avons été trop laxistes avec la soi-disant Armée de libération du Kosovo (UÇK) qui  s’est intégrée en août 1999, initialement dans le Corps de protection du Kosovo, puis dans la Police du Kosovo (Kosovo Police Service, KPS). Des éléments criminels de l’UÇK ont donc acquis une légitimité au sein des institutions officielles du Kosovo. Le gouvernement serbe a très bien enregistré ces faits dans son Livre blanc sur la criminalité organisée et le terrorisme au Kosovo-Metohija. Parmi les officiers KFOR il y en avait beaucoup qui étaient opposés à ce développement, mais nous lui avons finalement donné libre cours pour protéger nos propres forces de l’attaque par des extrémistes albanais.

• Quel est le Livre blanc serbe sur le terrorisme et le crime organisé au Kosovo, que vous publiez sur votre site Web?

Ce Livre blanc a été initialement publié en Septembre 2003 par le gouvernement serbe. Le document est très complet, et aussi loin que je puisse dire, l’information est factuelle, même si bien sûr seul le point de vue serbe est présentée.

J’ai publié ce document pour la première fois en 2005, quand il y avait très peu d’informations concrètes sur le Kosovo y compris dans les milieux du renseignement occidental, alors que les forces de sécurité serbes possédaient naturellement une très longue et bonne expérience dans la région.

Il faut accepter le document pour ce qu’il est : une information très unilatérale. On ne peut pas l’utiliser pour une légitimation de la politique serbe contre les Albanais kosovars dans les années 90 et les crimes commis à cette époque. Le document y décrit toutes les activités de la soi-disant Armée de libération du Kosovo (UÇK) comme relevant du terrorisme, bien qu’il ai eu, pendant ce conflit, des activités terroristes émanant de toutes les parties impliquées. Il n’y a donc aucune excuse pour l’ancien dirigeant serbe Slobodan Milošević et sa tentative en 1999 de faire un nettoyage ethnique parmi la population albanaise du Kosovo.

Je ne pense pas que l’on puisse regarder l’UÇK comme un mouvement de libération, même si peut-être certaines de leurs activités peuvent être interprétées comme une lutte de libération contre un régime serbe d’oppression. Le Livre Blanc serbe a démontré très bien que derrière l’UÇK se trouvaient des intentions clairement criminelles, avec des liens vers le haut de la politique kosovo-albanaise et les institutions officielles d’aujourd’hui telles que le Corps de protection du Kosovo et la Police du Kosovo. Le crime organisé est l’un des plus grands problèmes au Kosovo et le restera à l’avenir.

Il ne faut pas négliger que le Livre Blanc serbe est obsolète d’une certaine façon, et qu’à ce jour, beaucoup de matériaux nouveaux et intéressants ont été dévoilés comme les études de Dick Marty sur le trafic d’organes humains au Kosovo. Il a travaillé en étroite collaboration avec les agences de renseignement occidentales et a des informations très récentes. Je recommande la lecture de cet entretien avec Dick Marty, Witness Safety Could Hamper Kosovo Organ Trafficking Investigation (“Les services de protection des témoins sont susceptibles d’affecter l’enquête sur le trafic d’organes au Kosovo”).

• Quelles sont les conséquences à long terme de la reconnaissance du Kosovo comme un Etat indépendant (2008)?

Le dernier chapitre de ce drame se déroulera en Bosnie-Herzégovine, et ce chapitre n’est pas encore écrit. L’indépendance du Kosovo n’était certainement pas une bonne chose pour la stabilité dans les Balkans, et je pense qu’une des conséquences principales sera la croissance des mouvements séparatistes dans tout le monde.

• Avez vous eu écho des  derniers convois d’aide humanitaire envoyés par la Russie et par l’ONG française “Solidarité Kosovo”?

Je suis impressionné de voir que il y a des gens en dehors de la Serbie qui veulent aider la minorité serbe du Kosovo. Il me semble que la tâche la plus importante est de trouver une solution supportable pour les deux-tiers des Serbes qui vivent au sud du fleuve Ibar. Cette région est de facto sous le contrôle du gouvernement de Pristina, ce qui signifie que les convois humanitaires doivent mener systématiquement des pourparlers avec les autorités locales afin d’être en mesure d’entrer dans cette région, indépendamment de la position qu l’on prend sur la question de l’indépendance du Kosovo.

• De nombreux partis identitaires européens soutiennent la Serbie . Êtes vous surpris par l’ampleur de ce soutien ?

Mon impression est que de nombreux européens, comme beaucoup de Serbes, sont sceptiques quant aux institutions européennes, qui apportent, à leurs yeux, une restriction de l’autodétermination nationale. Il est évident que la Serbie se trouve mise sous pression par l’UE sur la question du Kosovo, bien que cette dernière ne puisse pas demander officiellement une reconnaissance formelle d’un Kosovo indépendant, car cinq Etats membres de l’UE n’ont pas encore reconnu le Kosovo.

Si le peuple serbe veut que la Serbie adhère à l’UE, alors ce doit être après un débat libre et démocratique sur les avantages et les inconvénients d’une adhésion à l’UE, mais pas par une décision des politiciens serbes. Il doit s’agir d’un référendum. En Croatie, par exemple, il n’y a pas eu de débat sur les avantages et les inconvénients de l’adhésion à l’UE et je crains donc que le peuple croate n’ai pas pleinement conscience des conséquences de l’adhésion à l’UE. Au printemps, il y aura des élections parlementaires en Serbie et il sera intéressant de voir quel rôle jouent les perspectives européennes dans cette élection. Je ne pense pas qu’on donnera à la Serbie le statut de pays candidat à l’UE en 2012 ce qui augmentera le scepticisme des serbes sur la question.  Je crois que sur ces questions, le peuple serbe et les partis identitaires européens ont beaucoup de positions communes.

Serbes du Kosovo : Moscou étudie les demandes de citoyenneté

Serbes du Kosovo : Moscou étudie les demandes de citoyenneté

18/11/2011 – 15h10
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinfo) — La Russie étudie les demandes de citoyenneté déposées par plus de 20 000 Serbes du Kosovo a déclaré hier à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Ces demandes font suite aux dépôts d’octroi de la nationalité russe auprès de l’ambassade russe à Belgrade par plus de 20 000 Serbes du Kosovo. Les Serbes veulent ainsi protester contre l’incapacité des autorités de Belgrade à les protéger contre les persécutions perpétrées par les Albanais et par les missions occidentales déployées dans la région.

Pour le ministre, « les Serbes se trouvent dans une situation désastreuse, ils se sentent dans l’impasse, parce qu’on les oblige à se soumettre au diktat de Pristina et à renoncer à disposer d’eux mêmes en dépit de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU ».

La situation à la frontière administrative entre la Serbie et Kosovo s’est aggravée en septembre 2011 suite à la prise de contrôle par les Kosovars albanais de plusieurs postes douaniers situés dans les régions peuplées de Serbes.

[box class=info]Dépêche publiée en partenariat avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie.[/box]
Crédits photo : Acid Zebra via Flickr (cc)

Grèce : même les Albanais s’en vont...

Crise : cas pratique de remigration entre la Grèce et l’Albanie

04/11/2011 – 17h30
ATHENES (NOVOpress via SETimes) — Contrecoup inattendu de la crise économique qui secoue l’Europe, un phénomène de « remigration » est en train de voir le jour en Grèce, qui se vide de ses immigrés albanais. Le Courrier International de novembre 2011 a repris cette information, en y ajoutant quelques chiffres : environ 500 000 Albanais vivent en Grèce (ces chiffres ne prennent pas en compte les clandestins), et la Grèce se serait vidée de près de 15% de ses immigrés albanais depuis juin, partis par vagues successives.

Tola, professeur d’albanais, et son mari Gramoz, policier, ont émigré en Grèce en 1999, avec l’espoir d’y bâtir une vie meilleure. « Nous savions bien qu’il était difficile d’acheter une maison là-bas et que nous aurions à rembourser le prêt toute notre vie», a indiqué Tola au SETimes.

Ils n’étaient pas seuls à penser cela. Statistiquement, ce sont la Grèce et l’Italie qui accueillent les plus fortes populations d’expatriés albanais.

La jeune femme dit que la vie en Grèce n’a pas été facile, mais qu’ils ont travaillé dur et ont réussi à économiser et à acheter un appartement. Tola a donné naissance à ses deux enfants en Grèce, et les a mis dans des garderies privées, tandis qu’elle et son mari travaillaient jour et nuit pour mettre de l’argent de côté. « Nous nous sommes habitués à ce genre de vie, et rien ne nous a fait dévier de cet objectif. Tout ce que nous voulions était de sauver de l’argent », dit Tola.

Le couple et leurs deux enfants sont revenus à Tirana en 2005 et y ont acheté un appartement. « Nous avons essayé de trouver un emploi ici, mais les choses à Tirana avait tellement changé que nous nous sentions comme des étrangers. Nous sommes retournés en Grèce pour y travailler encore et économiser davantage d’argent pour pouvoir acheter un magasin et faire marcher une petite entreprise. Nous avons compris que c’était la seule façon d’avoir un avenir en Albanie », explique Gramoz au SETimes.

Ils ont repris le même rythme de vie et ont mis de l’argent à la banque, jusqu’à ce qu’un jour les gens commencent à parler d’une  « grosse crise qui arrivait ». «J’ai été bouleversé quand j’ai entendu ces rumeurs. Les signes de la crise se sont vite manifestés. Gramoz ne recevait plus son salaire et de nombreux travailleurs se sont retrouvés sans emploi. Tout ce que nous recevions, c’était 70 euros de mon salaire par semaine. Nous avons commencé à utiliser l’argent de nos économies, ce qui n’était jamais arrivé auparavant. Nous avons discuté, et nous avons décidé de repartir en Albanie. La vie en Grèce était devenue difficile. Nous sommes revenus en Albanie en juillet 2009, sans l’argent que nous nous étions efforcés de rassembler pour acheter une boutique ici. »

Son mari a fini par retourner en Grèce. « Nous nous sommes enregistrés dans les bureaux de travail comme émigrés de retour, mais ça n’a apporté aucun changement. Nos économies fondaient », explique Gramoz.

« Nous avons décidé de monter une petite entreprise, un cybercafé, tout en cherchant un emploi. Nous avons trouvé un endroit, et nous avons commencé à travailler de huit heures du matin jusqu’après minuit. Mais ça suffisait juste à nourrir les enfants », ajoute Tola.

Le gouvernement albanais admet que les envois de fonds des émigrés albanais travaillant en Grèce ont baissé, mais sans que l’Albanie ai subi l’impact qu’on craignait. « Au contraire, des milliers d’Albanais sont revenus. Ils ont apporté de l’argent économisé en Grèce et ont commencé à investir dans les petites entreprises. C’est une grande victoire pour l’Albanie. Des gens qui ont beaucoup appris à l’étranger reviennent et construisent quelque chose de nouveau ici », a déclaré le Premier ministre Sali Berisha au journal autrichien Kurir en juin.

Mais l’opposition albanaise n’est pas d’accord. Le député socialiste Ervin Koci a déclaré au quotidien albanais Mapo le 20 juin que la crise grecque a impacté l’économie albanaise. « L’idée que les émigrés albanais vont rentrer et monter des petites entreprises et que cela va profiter à l’économie albanaise est trop belle pour être vraie. Aucun économiste ne peut affirmer cela, vu l’état du marché intérieur ».

Une chose est sûre : malgré les opinions contradictoires des politiciens, les émigrés albanais continuent à revenir, certains définitivement, d’autres en attendant des jours meilleurs pour retourner en Grèce.

[box class=warning]Article original de Linda Karadaku pour le Southeast European Times. Traduction de Novopress.[/box]
Photo en Une : Athène, vue depuis l’acropole. Crédits : tilo 2005 via Flickr (cc)

Strache (FPÖ) : la Serbie doit avoir une perspective européenne

Strache (FPÖ) : « la Serbie doit avoir une perspective européenne »

28/10/2011 – 08h00
VIENNE (NOVOpress) —
 Heinz-Christian Strache, leader du parti autrichien FPÖ, a récemment déclaré que les conditions attachées à l’adhésion de la Serbie à l’UE ne sont pas internationalement et juridiquement acceptables.

« La Serbie est un pays européen et l’injustice juridique internationale au Kosovo faite par l’UE ne doit pas être une condition », dit-il dans un communiqué du 14 octobre dernier.

Il a déclaré que la Serbie a été la victime d’une grande injustice juridique internationale avec la sécession du Kosovo. « La poursuite du développement de la Serbie est d’une importance cruciale et une priorité pour l’avenir de l’Autriche et l’ensemble de l’Europe », at-il ajouté.

Photo en Une : Belgrade, la parlement serbe. Crédit : whl.travel via Flickr (cc)

Un Serbe assassiné et son fils blessé au Kosovo

Un Serbe assassiné et son fils blessé au Kosovo

03/09/11 – 23h00
KOSOVSKA MITROVICA (NOVOpress) –
Dans la nuit de samedi à dimanche, Aleksandar Putnik âgé de 51 ans a été assassiné et son fils Dobrica de 23 ans a été blessé au Kosovo.

Le drame s’est produit non loin de l’enclave Orahovac dans le sud de la province serbe à majorité albano-musulmane. Cette zone est connue pour être l’une des plus dangereuses de la région. En seulement douze ans ce sont 69 Serbes qui ont été abattus, pour une population chrétienne d’environ mille personnes…

La tragédie s’est déroulée devant un restaurant où la famille avait l’habitude de se rendre. C’est à la sortie de celui-ci qu’un Albanais a fait feu au fusil de chasse sur Aleksandar Putnik, le blessant mortellement. Son fils s’est alors précipité sur lui pour le secourir. En vain. Le courageux garçon a reçu des balles dans l’épaule et le bras sans pouvoir sauver son père. Ensanglanté le jeune homme a réussi à prendre la fuite en voiture pour rejoindre l’hôpital de Prizren où ses jours ne seraient plus en danger.

Le ministre serbe pour le Kosovo et la Métochie, Goran Bogdanovic, a expliqué l’inquiétude que provoquait cette tragédie chez tous les Serbes du Kosovo. Il exige une plus grande implication des forces internationales dans la protection des populations serbes vivant au sud du Kosovo. Il a également demandé à ce que le fils blessé soit transféré à l’hôpital de Kosovoska Mitrovica, en zone serbe, pour des raisons de sécurité. L’hôpital de Prizren est en effet situé en pleine zone musulmane.

Le ministre a également rappelé que suite aux nombreuses attaques antiserbes de ces derniers mois, aucune interpellation n’avait été enregistrée.

L’heure des pogroms antichrétiens serait-elle revenue au Kosovo ?

Si cette situation vous révolte, vous pouvez soutenir l’ONG « Solidarité Kosovo » qui vient en aide à ces populations martyrisées depuis l’année 2004 et signer la pétition en ligne ici.

[box] Photo : L’enclave d’Orahovac, janvier 2011.[/box]

Marion Chevtzoff, Présidente de l’association humanitaire « Solidarité Kosovo » sur Méridien Zéro

Marion Chevtzoff, présidente de l’association humanitaire Solidarité Kosovo sur Méridien Zéro [audio]

Dimanche 25 septembre, l’équipe de la “webradio” Méridien Zéro recevait la présidente de l’association Solidarité Kosovo, Marion Chevtzoff.

L’émission a commencé par un rappel historique et géographique sur le Kosovo et la Serbie. Comme cela a été dit dans l’émission, il est plus facile de suivre ces données avec une carte sous les yeux, carte que nous mettons ci-dessous à la disposition de nos lecteurs.

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Dans la suite de l’émission les actions humanitaires passées et prévues de l’association ont été présentées. La situation actuelle au Kosovo a également été débattue : malgré la pression croissante destinée à réaliser un véritable nettoyage ethnique, le peuple serbe résiste à l’avancée musulmane promue par les États-Unis et soutenue par certaines démocraties occidentales.

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6 Serbes blessés par balles au nord du Kosovo [vidéos]

6 Serbes blessés par balles au nord du Kosovo [vidéos] [mis à jour 29/9/11]

27/09/2011 – 23h15
BELGRADE (NOVOpress) — Mardi 27 septembre vers 13h00, la KFOR (OTAN) a ouvert le feu sur la population civile serbe qui manifestait sur les barricades. Du gaz lacrymogène, des balles-gommes ainsi que des balles réelles ont été utilisés.

Depuis que les Albanais du Kosovo tentent de faire tomber la dernière poche de résistance chrétienne serbe au nord (voir ici http://fr.novopress.info/97598/nord-du-kosovo-un-drame-se-joue-sous-nos-yeux/ et ici http://fr.novopress.info/96488/exclusif-comment-les-americains-preparent-l%E2%80%99epuration-des-chretiens-du-kosovo/), la population civile érige des barricades en signe de protestation. Ces barricades bloquent les routes du nord dans le but d’empêcher une prise de contrôle de la zone par Pristina. Face à ce climat d’extrêmes tensions, la KFOR n’a non seulement pas tenté d’apaiser la situation mais l’a bien au contraire aggravée en prenant position du côté des Albanais.

Selon la résolution 1244 de l’ONU, la KFOR dispose d’un rôle purement « militaire » : assurer la paix et la sécurité dans la plus stricte neutralité politique. Sa mission est donc de protéger les populations désarmées des exactions et non de les violenter ! L’intervention brutale de la KFOR pour mater la manifestation pacifique organisée par les civils serbes représente un grave manquement à son devoir de neutralité. En plus d’avoir enfreint la résolution 1244 de l’ONU, la KFOR apporte la preuve par ses actes que c’est bien l’OTAN qui effectue aujourd’hui le travail de police du gouvernement autoproclamé du Kosovo.

Certes, ce n’est pas la première fois que l’OTAN viole le droit international mais, cette fois-ci, c’est également la dignité et l’intégrité physique de milliers de personnes qui ont été violées. Plusieurs centaines de civils exposées aux gaz lacrymogènes, 7 blessés dont 6 par balles, deux personnes hospitalisées en ce moment même… Voilà le sombre bilan de la KFOR pour la journée du 27 septembre 2011.

Alors que le Président serbe, Boris Tadic et le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov ont demandé l’arrêt des violences, l’Union Européenne a quant à elle apporté tout son soutien à la KFOR.

L’ONG française de soutien aux populations serbes du Kosovo, « Solidarité Kosovo », a condamné ces violences en regrettant profondément « le manque d’indépendance des autorités européennes qui ignorent l’enjeu actuel du Kosovo ».

[box class= »info »] Mise à jour du 29/9/2011 :

Une pétition « Stop aux violences contre les chrétiens serbes du Kosovo » a été ouverte ici par Marion Chevtzoff, Présidente de l’ONG « Solidarité Kosovo ». Elle sera remise au Président de la République Française, Nicolas Sarkozy. [/box]

[box]Sources Tanjug, RTS et Glas Srbije.[/box]

Solidarité Kosovo à l'antenne de Méridien Zéro ce dimanche

Solidarité Kosovo à l’antenne de Méridien Zéro ce dimanche

Dimanche 25 septembre, l’équipe de Méridien Zéro, la “webradio” alternative, reçoit Marion Chevtzoff, présidente de l’association Solidarité Kosovo.

Solidarité Kosovo est une association loi de 1901 déclarée au journal officiel de la République française. L’objet légal de cette association est « de réaliser et de promouvoir des actions d’aide et de solidarité envers les populations serbes du Kosovo Métochie ».

Si les actions passées et futures de l’association seront évoquées, il sera également débattu de la situation actuelle du Kosovo et de la pression de plus en plus forte exercée sur le peuple serbe qui continue de résister face aux avancées musulmanes promues par les États-Unis et encouragées par les démocraties occidentales.

Le silence et le mensonge qui entourent les événements du Kosovo-Métochie seront rompus ce dimanche. Rendez-vous donc dimanche 25 septembre de 23h à 0h30 sur Méridien Zéro qu’il vous sera possible d’écouter en direct ou en podcast via les sites Méridien Zéro, Radio Bandiera Nera ou Europa Radio.

Le silence et le mensonge qui entourent les événements du Kosovo-Métochie seront rompus ce dimanche. Rendez-vous donc dimanche 25 septembre de 23h à 0h30 sur Méridien Zéro qu’il vous sera possible d’écouter en direct ou en podcast via les sites Méridien Zéro, Radio Bandiera Nera ou Europa Radio.

Nord du Kosovo : un drame se joue sous nos yeux !

Nord du Kosovo : un drame se joue sous nos yeux !

Crédit photo : FMI (via Flickr). Légende : Dominique Strauss Kahn, alors président du FMI, en compagnie de Ashim Thaçi, alors premier ministre, et Fatmir Sejdiu, premier « président » du Kosovo. Photo prise le 29 juin 2009 par Stephen Jaffe.

20/09/2011 – 10h35
PARIS (NOVOpress) —
 Depuis cet été, le pouvoir albano-musulman de Pristina met tout en œuvre pour faire tomber la dernière poche de résistance chrétienne au nord du Kosovo.

Les Albano-kosovars n’ont pas le contrôle de cette zone chrétienne peuplée d’environ 30 000 personnes qui vit encore au rythme de la Serbie. Ici, les églises n’ont pas été détruites, la population peut circuler librement et parler dans sa langue maternelle sans risquer d’agression. Le 25 juillet dernier Pristina a décidé d’envoyer ses forces spéciales pour y prendre le contrôle des douanes. Il s’agissait officiellement pour le « gouvernement » du Kosovo de faire respecter au nord de l’Ibar la décision d’embargo sur la Serbie ; embargo qui a d’ailleurs provoqué une pénurie de médicaments et de bouteilles d’oxygène dans les deux seuls hôpitaux où les Chrétiens pouvaient se rendre, à Mitrovica et à Gracanica. Le pronostic vital de plusieurs patients s’en est trouvé engagé.

Nord du Kosovo : un drame se joue sous nos yeux !

Une barricade serbe dans le nord du Kosovo (septembre 2011) - Source : oslobodjenje.ba

Mais il semblerait que l’embargo ne fut qu’un prétexte pour l’accomplissement de l’objectif fixé par la milice musulmane UCK en 1999 : faire tomber le Nord, dernière poche de résistance serbe dans la région. En réaction, des affrontements violents ont eu lieu entre populations serbes et policiers musulmans. En s’interposant, la KFOR a momentanément permis un retour au calme.

Mais en ce début de septembre, c’est tout le nord du Kosovo qui était de nouveau bloqué. L’ancien chef de la milice musulmane UCK, et actuel premier ministre du Kosovo, Ashim Thaçi, a déclaré vouloir reprendre le contrôle du nord à la date du 16 septembre dernier. Les populations serbes n’étant pas disposées à disparaître sans réagir, elles ont alors érigé des barricades dans toutes les zones sensibles. Dans une situation d’extrême tension, le patriarche de l’église orthodoxe serbe s’est rendu sur place afin de prononcer une prière aux martyrs et de lancer un appel pour la survie des chrétiens au Kosovo. Acculés, sans autre espoir que celui procuré par leur foi, les derniers Serbes du Kosovo ont tenu bon et continuent de résister sans relâche depuis maintenant deux mois. Jusqu’à quand ? Ni l’ONU, ni l’OTAN n’interviennent pour empêcher ce nouvel exil programmé, celui qui pourrait sonner le glas des derniers Chrétiens du Kosovo.

Une équipe de l’association « Solidarité Kosovo » (www.solidarite-kosovo.org) est en liaison quotidienne avec son bureau humanitaire sur place afin de se préparer à intervenir en urgence si la situation humanitaire le demandait. Les bénévoles français feront tout leur possible pour éviter qu’un nouveau pogrom antichrétien ne se produise en plein cœur de l’Europe.

Exclusif : comment les Américains préparent l’épuration des chrétiens du Kosovo

Exclusif : comment les Américains préparent l’épuration des chrétiens du Kosovo

Washington responsable d’une nouvelle guerre civile ?

[box]Publiée par Wikileaks, une note de l’ambassade des États-Unis au Kosovo éclaire les violences qui ont secoué la région cet été, ainsi que l’accord tout juste signé entre la Serbie et l’Union européenne. A terme, cela pourrait déboucher sur l’éradication des derniers chrétiens serbes du Kosovo.[/box]

Une note rédigée par l’ambassadeur américain au Kosovo vient de révéler le dessous des cartes de la politique de Washington dans la région. D’après ce document publié sur Wikileaks, les Américains seraient notamment responsables des violences qui, cet été, ont mis le berceau de la nation serbe à feu et à sang !

Souvenez-vous : le 25 juillet dernier, le premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, décidait d’envoyer des troupes au nord du Kosovo, zone majoritairement serbe, pour prendre le contrôle des postes douaniers et faire respecter un embargo imposé à la Serbie voisine.

Dans les faits, il s’agissait, pour les Albanais musulmans, de soumettre la principale poche de résistance serbe orthodoxe du Kosovo. En réaction, ces derniers ont rapidement érigé des barricades pour protéger leurs villages.

Les Albanais ont alors – et pour la première fois –, projeté leurs troupes d’élite (les « ROSA », équipées et formées par les Américains) dans cette zone, provoquant des affrontements très violents entre forces armées kosovares et villageois serbes. D’après la revue « Blic », « les soldats albanais tiraient sur tout ce qui bougeait ». Les soldats de la KFOR (forces de l’OTAN) se sont finalement interposés entre les deux camps pour éviter un embrasement général. La Serbie a ensuite saisi le conseil de sécurité de l’ONU afin d’organiser une réunion d’urgence sur le Kosovo.

De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le rôle joué par la KFOR dans cette éruption de violence. Au regard de la résolution 1244 de l’ONU, concernant le maintien de la paix au Kosovo, jamais les soldats de l’OTAN n’auraient dû laisser les soldats albanais attaquer des villages de civils. Ils devaient également interdire tout mouvement de troupe en armes. La presse serbe a vite fait ses gros titres autour du scandale : « Les États-Unis et l’OTAN sont impliqués dans cette opération » ; « Rumeurs et mensonges », répondaient les mis en cause…

Un plan depuis longtemps défini

Mais la polémique vient d’être tranchée par la divulgation, sur Wikileaks*, du câble 10PRISTINA48. Il s’agit d’une note rédigée par l’ambassadeur des États-Unis au Kosovo, Christopher Dell, à destination de son assistant, Phil Gordon, préparant une rencontre destinée à convaincre un haut diplomate européen, Robert Cooper, de suivre les recommandations américaines en matière géopolitique. Le texte de l’ambassadeur américain est sans ambiguïté : « Le temps est venu de mettre fin à des années de dérive au nord et de modifier la dynamique de partition entre le nord et le reste du Kosovo ».

Cette note, écrite en janvier 2010, soit un an et demi avant les évènements, prouve la mise en œuvre d’un plan depuis longtemps défini par Washington. L’extrait suivant, exposant les objectifs et les moyens d’intervention, témoigne d’une action clairement préméditée : « Pendant 10 ans, nous avons dit aux Kosovars de nous faire confiance – “Laissez-nous gérer la situation et nous vous protègerons” – et maintenant, le gouvernement du Kosovo indépendant nous presse de dire quand nous allons donner suite à cet engagement. L’effectif de la KFOR diminue (dans six mois l’OTAN pourrait prendre une décision de diminuer ses forces de moitié). Nous avons besoin de prendre l’avantage […] et d’agir tant que nous avons encore la présence d’une KFOR capable de gérer toute éventualité ».

Voilà une manière pour le moins « diplomatique » de dire que la KFOR aurait à gérer le soulèvement des Serbes du Kosovo placés sous la botte de Pristina !

Au même titre que les troupes d’élite kosovares – non mentionnées dans le câble, mais clairement choisies pour effectuer le « sale boulot » –, les forces de l’OTAN semblent donc avoir été l’un des éléments du plan américain pour faire tomber le nord du Kosovo.

L’UE doit faire sa part du sale boulot au service de Washington

Dell ne se contentait d’ailleurs pas d’associer l’OTAN à ses plans. Il souhaitait également que l’Union européenne prenne part au conflit prévu en faisant pression sur la Serbie : « Cette opération, après tout, ne peut marcher que si Bruxelles exprime clairement à Belgrade que son futur dépend d’une coopération réelle avec le Kosovo ».

Dès lors, ce câble éclaire d’un jour nouveau les récentes négociations entre la Serbie et l’Union européenne. Et l’on ne s’étonne plus de la déclaration d’Angela Merkel en visite à Belgrade le 23 août dernier : « Si la Serbie veut obtenir le statut de candidat à l’UE, elle doit reprendre le dialogue avec Pristina et engranger des résultats (…), ainsi que démanteler les structures parallèles » (autrement dit, lâcher les Serbes du Kosovo).

Point d’orgue de cette fiche confidentielle, l’ambassadeur des États-Unis au Kosovo agite le risque encouru dans la région si son plan n’était pas appliqué dans les plus brefs délais : « Je souhaite souligner l’importance de ce moment. A défaut d’agir rapidement, on perdra le nord du Kosovo et on rouvrira la boîte de Pandore des conflits ethniques caractéristiques des années 1990 ».

Étonnante constatation, puisque c’est justement le gouvernement américain qui, à cette époque, raviva les tensions ethniques et religieuses en soutenant l’indépendance du Kosovo, province serbe orthodoxe devenue ethniquement albanaise et musulmane.

En tout cas, le plan américain semble avoir fonctionné. Le nouveau cycle de violence qui a failli s’ouvrir à la suite de la manipulation de Washington a débouché sur un accord signé le 3 septembre entre la Serbie et le Kosovo, sous l’égide de l’U.E. L’installation des douanes kosovares au nord est désormais permise.

Belgrade est également contrainte de lâcher du lest dans son soutien aux Serbes du Kosovo. « Pour ces populations chrétiennes, c’est une véritable trahison qui signe, à terme, leur éradication, nous dit Marion Chevtzov, présidente de l’ONG Solidarité Kosovo. En outre, la situation, actuellement calme, pourrait vite redevenir explosive, les Serbes du nord n’étant pas disposés à disparaître sans se défendre ».

Lionel Humbert

*Disponible ici : http://wikileaks.org/cable/2010/01/10PRISTINA48.html

[box class= »warning »]Article paru ce mercredi dans “Minute” du 7 septembre. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Exclusif : comment les Américains préparent l’épuration des chrétiens du Kosovo

La Serbie va t'elle sacrifier le Kosovo pour intégrer l'Union Européenne ?

La Serbie va t’elle sacrifier le Kosovo pour intégrer l’Union Européenne ?

26/08/2001 – 11h00
BELGRADE (NOVOpress) –
Lors de sa rencontre avec le président de la République de Serbie, Boris Tadić, la chancelière allemande, Angela Merkel, a posé un ultimatum très clair aux dirigeants serbes : l’adhésion à l’Union Européenne pourra se faire si et seulement si, la Serbie abandonne toute idée de réintégration du Kosovo à son territoire.

Angela Merkel a en outre demandé aux autorités serbes une collaboration plus étroite avec les autorités du Kosovo et avec la mission européenne de police et de justice (Eulex) ainsi qu’un démantèlement des structures étatiques parallèles venant en aide aux Serbes du Kosovo.

De son côté, Boris Tadić a répondu que « la politique de l’ultimatum, à savoir Kosovo ou Europe, n’est pas conforme aux valeurs européennes » et il a rappelé que « le dialogue avec Pristina est la priorité de la politique serbe ».

[box class= »info »]Cliquez sur la carte pour la voir entièrement[/box]

Kosovo : graves tensions et attaques contre la KFOR

Kosovo : graves tensions et attaques contre la KFOR [vidéo]

28/07/11 – 19h15
BELGRADE (NOVOpress)
– La situation se dégrade de plus en plus au Kosovo et les incidents se multiplient depuis 24 heures.

Des soldats de la Force pour le Kosovo (KFOR) dirigée par l’Otan ont ainsi à nouveau été attaqués au poste-frontière de Jarinje (frontière administrative entre la Serbie et la république autoproclamée de Kosovo). Ce poste avait déjà fait l’objet d’une attaque mercredi.

Ces incidents font suite à une nouvelle provocation albanaise : la minorité serbe – lassée de subir affronts et persécutions – ayant décidé de ne pas laisser faire cette opération, le bras de fer a donné lieu à des accrochages qui ont fait plusieurs blessés et un mort du côté albanais.

Selon l’ONG Solidarité Kosovo, présente sur place, “le Premier ministre du gouvernement autoproclamé du Kosovo, Hasim Thaci, a décidé le 25 juillet dernier d’envoyer la police ‘kosovare’ au nord du Kosovo en zone majoritairement serbe pour essayer de reprendre le contrôle des postes frontières [postes de douane placés jusqu’à présent sous l’autorité de la Mission de police et de justice de l’Union européenne (Eulex), NDLR] et empêcher un convoi de camions serbes. En riposte, les Serbes du nord de la province ont très rapidement érigé des barricades pour empêcher l’arrivée de la police albanaise et protéger leurs villages. Les Albanais ont, suite à cela et pour la première fois, décidé d’envoyer leurs troupes d’élite « ROSA » dans cette zone ce qui ne peut évidemment être perçu que comme une provocation. Il y a eu plusieurs affrontements très violents entre les troupes d’élite albanaises et les villageois serbes. D’après la revue “Blic”, les soldats albanais tiraient sur tout ce qui bougeait.”

Le personnel de l’association poursuit : “Les soldats de la KFOR (OTAN) se sont interposés entre les deux camps et les Albanais devaient faire marche arrière conformément à l’accord passé avec la KFOR. Pourtant, les soldats de l’OTAN  ont laissé les forces spéciales albanaises aux deux postes frontières de Jarinje et Brnjak.”

Tandis que le président serbe Boris Tadic dénonce cette montée de violence, Hashim Thaçi rejette toute la responsabilité de ces actes sur les autorités serbes. De son côté, la Serbie a saisi le conseil de sécurité de l’ONU afin d’organiser une réunion d’urgence sur le Kosovo.

Solidarite Kosovo : Mission humanitaire de Juillet 2011

Solidarite Kosovo : Mission humanitaire de juillet 2011 [vidéo]

[box class= »info]L’association Solidarité Kosovo nous communique.[/box]

Après notre arrivée à Kosovska Mitrovica tard dans la nuit lundi 4 juillet, nous passons notre première journée sur place à revoir des amis, faire connaissance avec les membres d’un club de sport local et visiter la partie nord de la ville, où vit la population serbe. Le soir venu, nous reprenons des forces autour de spécialités culinaires revigorantes.

Mercredi, nous prenons les camions aux aurores en direction de Gračanica, pour rejoindre Bojane, le diacre qui travaille toute l’année pour Solidarité Kosovo. Nous en profitons pour passer par la capitale du Kosovo, Pristina. Malgré le temps et l’argent directement venu des Etats Unis, rien ne change… La ville est en permanence compliquée à traverser à cause de travaux qui n’avancent jamais !

 Après avoir chaleureusement retrouvé Bojane, nous nous dirigeons vers le monastère de Draganac où se trouve Ilarion, un frère en charge de la restauration du lieu. Ilarion est une vieille connaissance de l’association. La première fois que nous l’avions rencontré, c’était au monastère de Visoki Decani où nous nous étions liés d’amitié, grâce à son très bon français. Il nous parle du monastère, des travaux engagés, des difficultés de la vie quotidienne, mais toujours avec un grand sourire aux lèvres. Le père qu’il aide était déjà a Draganac en 2004 lors des pogroms anti-Serbes. La situation particulière du monastère, reculé en pleine forêt, lui a permis de le défendre seul, lorsque les Albanais ont tenté de le détruire. En effet, à l’approche des assaillants, l’ancien moine a fait sonner les cloches si fort que les Albanais ont pensé que les défenseurs du monastère étaient extrêmement nombreux et ont donc pris la fuite. Lorsqu’on lui parle de courage alors qu’il était seul, il nous répond qu’il n’était pas seul mais avec Dieu !

Solidarite Kosovo : Mission humanitaire de Juillet 2011 Lors de la visite du monastère, nous prenons conscience du manque cruel de meubles et de matériel de base dans chaque pièce. Nous y laissons donc une dizaine de matelas, qu’il redonnera à des familles dans le besoin, une fois les travaux terminés.
Nous repartons en direction du bureau de Solidarité Kosovo afin d’y stocker d’autres matelas à destination des familles suivies par l’association. Après une journée épuisante, nous prenons nos quartiers dans les dortoirs du monastère de Gračanica.

Solidarite Kosovo : Mission humanitaire de Juillet 2011

Sur la route entre deux enclaves serbes.

Jeudi, la route nous emmène à Kosovska Kamenica. Nous y retrouvons Predrag Djordjevic qui s’occupe du club de jiujitsu avec lequel nous sommes en partenariat. Après un accueil « à la serbe », donc très chaleureux, nous déposons les tatamis que nous avons reçus d’un donateur dans leur local et procédons à des interviews pour des émissions de radio et de télévision. Le soir nous sommes leurs hôtes, nous mangeons le cochon et d’autres plats locaux avec eux, bercés par les chants traditionnels serbes. Les jeunes du club ne sont pas ceux que l’on rencontre dans nos rues au quotidien. Ces jeunes ont fait le choix de rester chez eux, malgré la pauvreté, malgré l’absence de perspective d’avenir. Ils ont fait le choix d’être libres, fiers et d’aimer envers et contre tous la terre de leurs ancêtres. Parce qu’ils ont fait ce choix courageux, que nous devrons certainement faire un jour, tournons les yeux avec eux vers l’avenir parce que nos destins seront liés ou ne seront pas !

 A l’autre bout de cette Europe en feux, nous avons lié des amitiés, et c’est le cœur serré mais rempli d’espoir de se revoir, que nous quittons le Kosovo et prenons le chemin de Belgrade.
 Après 6h sur les routes sinueuses de Serbie Centrale, nous arrivons enfin. Le temps de garer les camions, puis de poser nos affaires, nous partons à pied vers le centre ville, avec pour objectif la statue d’Ivan Meštrović, réalisée en l’honneur de l’amitié séculaire Franco-Serbe, pendant l’Entre-deux-guerres. Après les bombardements de Belgrade en 1999, cette statue de femme avait été recouverte de graffitis et de rats. Nous nous y sommes rendus, pour rappeler qu’aux quatre coins de l’Europe, il y aura toujours un chant de fraternité qui s’élèvera à l’encontre de l’histoire que l’on veut nous faire oublier !

Nous sommes revenus à Lyon tard dans la nuit samedi 9 juillet, avec le sentiment du devoir accompli.
 Au final nous avons apporté 32 m3 de matériel aux familles serbes du Kosovo que nous suivons. Au fil des convois, elles ne sont plus des inconnues pour nous. Par la force de votre soutien depuis la France, elles ne sont plus tout à fait des inconnues pour vous !

Nous souhaitons remercier encore une fois, tous les donateurs qui jusqu’à la dernière minute nous ont soutenus en envoyant du matériel ou des dons. Sans vous, ce ne serait qu’un rêve. Sans vous, il n’y aurait pas tant de sourires dans les rues de Kosovska Kamenica, de Banja et de toutes ces autres enclaves du Kosovo où un peuple chrétien souffre mille mots ! 
Mais le meilleur reste à venir. Nous continuerons de compter sur vous pour le futur !

 

Retrouvez les photos de la mission directement sur notre site.

 

Toute l’équipe de Solidarité Kosovo.

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Solidarité Kosovo
BP 1777 – 38220 VIZILLE
www.solidarite-kosovo.org
Soutien aux Serbes du Kosovo Métochie depuis 2004 !

La Serbie à la croisée des chemins (2/2), par Alexis Troude

La Serbie à la croisée des chemins (2/2), par Alexis Troude [vidéo]

Alexis Troude, spécialiste des Balkans, traite dans cette deuxième partie de « La Serbie par rapport à l’UE ».

Dans une première partie il avait traité du repositionnement diplomatique du gouvernement serbe par rapport à ses voisins balkaniques.

A propos de l’auteur, Alexis Troude. Chargé de cours de géographie à l’Université de St Quentin-Versailles, Directeur du Département d’études balkaniques à l’Académie internationale de Géopolitique. Thèmes de recherche : géostratégie, frontière, identité et régions, géo économie, histoire des Balkans, territoires européens.

[box class= »info »] Source : Realpolitik.tv.[/box]