Tag Archives: anticapitalisme

Lucien Cerise : "La patrie est en danger. Toutes les patries sont en danger"

Lucien Cerise : « La patrie est en danger. Toutes les patries sont en danger »

13/01/2014 – 18h00
PARIS (NOVOpress) – Jeudi 16 octobre, dans le cadre du Cercle de Précy, les Identitaires lyonnais recevront Lucien Cerise, auteur de  « Gouverner par le chaos », à 20 heures à la Traboule, pour traiter de la surveillance et de la manipulation des masses. Novopress a rencontré, à cette occasion, cet auteur au parcours atypique et au discours plus que détonnant à cette occasion.


Vous avez un parcours atypique, venant de la gauche. Quelle est l’origine de cette évolution vers cette prise de conscience patriote ?

Pour ma part, je n’ai qu’une seule nationalité. Si on me retire ce pays, je suis foutu, j’ai tout perdu, je n’ai plus qu’à mourir, sauf à quémander un statut de réfugié et à entrer dans un processus d’immigration. Or, on est en train de me retirer ce pays, en le faisant disparaître, ainsi que sa qualité de vie, dans ce que l’on appelle la globalisation, le « village global » sans frontières, autrement dit le capitalisme mondialisé. Le but de cette manœuvre, c’est la fin des patries et « l’immigration pour tous ». Quand on sera tous des immigrés, le Capital aura gagné. Nous ne serons plus en position de nous défendre, à aucun niveau, et nous n’aurons plus qu’à disparaître. En effet, l’immigration n’est elle-même que l’outil d’un programme génocidaire global appliqué dans divers pays, dont le nôtre. La destruction totale d’un pays et l’extermination physique complète de sa population sont en cours, et c’est en France que ça se passe. Ce génocide a lieu ailleurs également, le capitalisme étant génocidaire par nature, comme l’indique Garry Leech, mais c’est ici que je vis et que je me retrouve le dos au mur, c’est donc ici que je dois me battre pied à pied pour ma survie, comme tous les habitants de ce pays, même si tous ne l’ont pas encore compris. La situation m’a sauté aux yeux quand j’ai vu ce que l’oligarchie faisait du référendum de 2005 sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe : les Français votent « Non » à un approfondissement de l’Union européenne, mais l’UMPS et la Commission européenne se sont empressés de trahir ce résultat car il contredisait leurs objectifs. À ce moment-là, nous avons eu la preuve éclatante que les frontières nationales étaient bien le seul obstacle sérieux au rouleau compresseur capitaliste.

Ma ligne directrice en politique, c’est donc l’anticapitalisme. Pourquoi ne suis-je pas au NPA dans ces conditions ? Parce que je suis un anticapitaliste cohérent, ce qui me conduit à dépasser certains clivages médiatiques. Il faut œuvrer à la « coagulation » des forces antisystème, vers le nouveau Conseil national de la résistance, le grand rassemblement des « nonistes » de 2005, tous unis contre l’ennemi commun, l’ennemi du genre humain, soit la dictature des banques et la barbarie ultralibérale mondialiste et cybernétique. Pour ce faire, il faut de nouveaux concepts, qui proposent un redécoupage dans le réel et qui permettent de recomposer de nouvelles alliances. À cette fin, je propose le « nationalisme permaculturel », appuyé sur la théorie féministe du Care, c’est-à-dire la notion de « prendre soin » de son environnement humain et matériel de proximité, selon la formule « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».

La patrie est en danger. Toutes les patries sont en danger. Qu’est-ce qu’une patrie ? C’est un espace de stabilité. Aujourd’hui, c’est la possibilité même d’une stabilité quelconque qui est en danger. Le constat de cette déstabilisation et expatriation générale est purement empirique et précède même les idées politiques. En effet, quand on regarde les choses d’un point de vue systémique, on voit que le capitalisme déstabilise et accélère tout ce qu’il touche. Il provoque de l’entropie, c’est-à-dire du désordre, partout où il passe. En un mot, le capitalisme c’est le chaos. C’est d’ailleurs ce qu’en disent Deleuze et Guattari dans « L’anti-Œdipe » mais pour le célébrer, comme des « gauchistes » irresponsables, dans une dialectique étrange entre territoire et déterritorialisation qui recoupe celle entre l’enracinement et le déracinement. À l’opposé du chaos deleuzien, les processus vitaux ont besoin de stabilité et de lenteur, donc d’enracinement, pour se développer normalement. Les sociétés traditionnelles, précapitalistes, offrent des conditions de vie lentes et stables, alors que les sociétés dites progressistes, qui apparaissent toujours à la suite d’un traumatisme fondateur qu’on appelle une « révolution », accumulent les ruptures et les changements rapides.

Lire la suite