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Philippe de Villiers : « Le retour de l’anneau est en lui-même un signe »

23/03/2016 – PARIS (NOVOpress) : Philippe de Villiers a accordé un long entretien à l’hebdomadaire Minute, qui consacre cette semaine sa couverture à la présentation de l’anneau de Jeanne d’Arc au Puy du Fou, dimanche dernier. Le fondateur du Puy du Fou y déclare notamment :

Le retour de l’anneau est en lui-même un signe, et le moment de ce retour en est un autre, qui conforte le premier. C’est au moment où la France s’effondre sur elle-même, au moment où elle est comme étourdie par son affaissement, que l’anneau revient. Par ailleurs, le fait que l’anneau revienne en France après un séjour anglais de six cents ans souligne que c’est un bout de France qui revient, c’est un peu de Jeanne qui revient chez nous.

Le signe est le suivant : les Bourguignons et les Anglais ne se sont pas contentés de tuer Jeanne comme une sorcière, ils l’ont brûlée. Ils l’ont brûlée pour qu’il n’en reste rien, rien que de la cendre. Pour être plus précis, il est resté son cœur qui a refusé de se consumer. Ce cœur a été mis dans un sac et jeté dans la Seine.

Les anneaux de Jeanne, puisqu’elle en avait deux, lui ont été retirés, au début du procès, et transmis au roi d’Angleterre par le cardinal de Winchester, supérieur hiérarchique de Cauchon, parce qu’il s’agit d’une pièce sacrée et qu’il faut alors éviter à tout prix que naisse en France, autour de cet anneau, un culte à Jeanne.

Cet anneau a, en fait, une double propriété. D’abord, c’est un trésor du patrimoine national, un trésor de l’histoire de France ; c’est le signe d’une épopée toujours vivante dans le cœur de beaucoup de Français. Mais c’est aussi une relique, la seule relique de la sainte à notre connaissance, et donc il doit être reçu et exposé comme une relique.

Si l’anneau avait été acheté par un musée, il aurait été mis dans une vitrine, derrière une vitre blindée, et il aurait connu là une mort glorieuse. Le Puy du Fou va lui rendre une présence vivante. C’est peut-être pour cela que l’anneau a choisi de rentrer au Puy du Fou plutôt que dans tel ou tel musée où les objets meurent pour la deuxième fois.

En fait, l’anneau n’est pas venu pour mourir de surexposition, l’anneau est revenu pour vivre, et le Puy du Fou c’est la culture vivante, c’est l’histoire de France dans le cœur de tous les Puyfolais et par contagion de tous les visiteurs et spectateurs qui viennent chercher là un petit bout de France, un peu de nos grandeurs perdues.

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Les immigrés ont une place d’importance dans la partie d’échecs entre la France et l’Angleterre

04/03/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Hier se tenait le sommet franco-britannique annuel réunissant François Hollande et David Cameron. Bien sûr, la question brûlante de cette rencontre portait sur le Brexit qui risque de bouleverser le visage de l’Union européenne. La veille, Emmanuel Macron avait fait planer une menace en affirmant que si la relation entre l’Angleterre et le reste de l’UE se rompait, « les migrants ne seraient plus retenus à Calais ».
De plus, le ministre de l’Économie a subodoré qu’en cas de Brexit, le Royaume-Uni n’aurait plus un accès complet au marché unique et que Paris pourrait inciter les services financiers à quitter le Royaume-Uni pour la France. Dans une telle situation, les immigrés sont une masse bien utile pour le gouvernement français et le Brexit un bon moyen pour s’en débarrasser.
François Hollande a cependant affirmé que ce n’était pas à la France de faire pression sur les Britanniques pour dicter leurs choix.

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Brexit pour les dupes

22/02/2016 – EUROPE (Présent 8551)

David Cameron était allé à Bruxelles pour participer au Conseil européen, avec mission de défendre les intérêts des Britanniques en secouant la tutelle bruxelloise, il en est revenu en petit télégraphiste de ses pairs pour convaincre ses compatriotes de rester au sein de l’Union européenne en votant oui au référendum. Pour cela, il faut qu’il ait lui-même l’air convaincu. Il a donc essayé, dès son retour, de démontrer qu’il avait gagné sur toute la ligne… ou presque, et la face de l’Union allait en être changée, comme celle des îles britanniques.
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Le Premier ministre a assuré aux sujets de Sa Majesté que l’accord « nous donne le meilleur des deux mondes », le beurre et l’argent du beurre, les avantages de l’UE sans les inconvénients : « Le Royaume-Uni ne fera jamais partie d’un super État de l’Union européenne, le pays n’adoptera jamais l’euro, nous ne participerons pas aux parties de l’Union qui ne fonctionnent pas. » Il peut donc faire campagne pour le oui, ses revendications ont été satisfaites. Mais cela, c’est un discours à usage interne…

Tout est changé, dit-il. Rien n’est changé, répondent ses homologues. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a certes déclaré que l’accord « renforce le statut spécial de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne. Pas glamour, mais sans concession sur les valeurs fondamentales de l’Europe ».
Et sans « dérogation aux règles » européennes, s’est empressé d’ajouter François Hollande, qui a précisé : « Il n’y a pas de révision prévue des traités et de droit de veto du Royaume-Uni sur la zone euro, ce qui pour la France était très important. » Est-ce donc l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein ? Non, il s’agit d’un marché de dupes : en échange d’un engagement ferme du Premier ministre britannique de soutenir le oui, il n’a reçu que des promesses conditionnelles, à l’accomplissement lointain ou hypothétique.

Parmi ses revendications, il y avait l’abrogation, ou au moins la réduction, du versement des allocations familiales pour les travailleurs européens dont les enfants sont restés au pays. Accordé ! Mais l’adoption définitive dépend du vote du Parlement européen qui n’interviendra qu’après le référendum du 23 juin ! Quant au veto des parlements nationaux sur les projets européens, il se traduit par ceci : quand 16 de ces 28 parlements nationaux s’accorderont pour contester un texte de la Commission contraire au principe de subsidiarité, à ce moment-là, figurez-vous que l’accord prévoit de déclencher… « une discussion approfondie » (sic) au Conseil.
C’est tout !

David Cameron demandait d’échapper à l’engagement vers une « Union toujours plus étroite », l’un des piliers de la construction européenne. Il a obtenu cette exemption. Laquelle sera effective quand elle sera intégrée au traité européen lors d’une prochaine révision à une date inconnue… si révision il y a. Ce qui signifie que la Grande-Bretagne est toujours soumise à cette clause. David Cameron voulait un délai de quatre ans pour les ressortissants de l’UE au Royaume-Uni avant de bénéficier des aides sociales, il n’a obtenu qu’une limitation de ces aides.

Il est douteux qu’avec un tel bilan, Cameron convainque ses concitoyens de dire oui à cette Europe-là, alors que le non a le vent en poupe. Le Brexit est pour bientôt.

Guy Rouvrais

Zemmour

Éric Zemmour : « David Cameron épluche les oignons, Donald Tusk pleure »

04/02/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Un compromis a été trouvé à Bruxelles entre les Anglais et les Européens pour éviter une sortie de l’Angleterre de l’Union européenne. Mais il ne semble satisfaire personne.

« C’est la rencontre du sadique et du masochiste : l’un dit “fais-moi mal”, l’autre lui répond “pas question” ! », lâche Éric Zemmour. « Entre Londres et Bruxelles, les deux compères sont de mèche : c’est David Cameron qui épluche les oignons et Donald Tusk qui pleure », poursuit-il. Le journaliste note que « quand le Premier ministre anglais fait semblant de vouloir quitter l’Europe, le président du Conseil européen fait semblant de supporter toutes les offenses pour le retenir ». Il parle d’une « alliance de deux faibles » : d’un côté l’Anglais, « parce que son parti et son peuple veulent quitter l’Union européenne » ; de l’autre Bruxelles, « car la crise grecque et celle des migrants sont en train de saper un édifice européen déjà branlant ».

Éric Zemmour enfonce le clou :

Les oligarques européens ont sapé eux-mêmes des principes qu’ils jugeaient éternel. Comme l’URSS de jadis, cette construction impériale sans empire est en train de se désagréger. Tout acharnement thérapeutique serait contraire à sa mort dans la dignité.


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Libye, le plan de la conquête

Source : mondialisation.ca (traduction d’un article paru dans Il Manifesto)

« L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Pd la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

« L’année 2016 s’annonce très compliquée au niveau international, avec des tensions diffuses y compris chez nous. L’Italie est là et fera sa part, avec le professionnalisme de ses femmes et de ses hommes et avec l’engagement des alliés » : ainsi Matteo Renzi a-t-il communiqué aux inscrits du Pd la prochaine guerre à laquelle participera l’Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première.

Le plan est en acte : des forces spéciales SAS — rapporte le Daily Mirror — sont déjà en Libye pour préparer l’arrivée d’environ 1000 soldats britanniques. L’opération — « dans un accord États-Unis, Grande-Bretagne, France et Italie » — impliquera 6000 soldats et marine étasuniens et européens avec l’objectif de « bloquer environ 5000 extrémistes islamistes, qui se sont emparés d’une douzaine des plus grands champs pétrolifères et, depuis le repère Isis de Syrte, se préparent à avancer jusqu’à la raffinerie de Marsa el Brega, la plus grande d’Afrique du Nord ».
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Royaume-Uni : les musulmanes non-anglophones risquent l’expulsion

20/01/2016 – EUROPE (NOVOpress)
Les musulmanes qui ne maîtrisent pas suffisamment l’anglais pourraient être expulsées du Royaume-Uni menace David Cameron. Selone le Premier ministre britannique près d’un quart des musulmanes du pays parle peu ou pas anglais.
Il dénonce une ségrégation sexuelle dont les musulmanes seraient victimes. Pas faux, selon les associations de soutien aux femmes musulmanes, qui déplore que ces femmes empêchées par leurs familles d’apprendre l’anglais soient de plus sanctionnées pour le même motif. Il faudrait en effet mieux sanctionner maris et les pères en cas de non apprentissage de l’anglais par leurs épouses ou filles.

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Les Britanniques eurosceptiques

19/01/2016 – EUROPE (NOVOpress)

D’après un sondage publié récemment par l’institut Survation pour le journal britannique Mail on Sunday, 53 % des habitants du Royaume-Uni ne désirent plus faire partie de l’Union européenne. S’ils sont de plus en plus en plus eurosceptiques, c’est notamment du fait des attentats en France et les récents événements de Cologne. Malgré la mise en place d’un référendum avant la fin de l’année 2017, David Cameron, Premier ministre, a déclaré être opposé à l’isolement de l’île. En effet, outre les limites économiques de l’Union européenne, il est juste de craindre l’accroissement des velléités d’indépendance de l’Écosse et de l’Ulster.
Crédit photo : Dany Tolenga via Flickr (CC) = Londres

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« Nous venons en paix  », mais avec nous, mieux vaut des mosquées que des bonshommes de neige !

« Nous venons en paix », c’est notre chronique de choses vues sur le web et les réseaux sociaux à propos de nos chers « migrants » / « réfugiés » / Bisounours… une petite pastille de vérité dans un océan de propagande aux bons sentiments… mais chut… PADAMALGAM ! Aujourd’hui, la vague de froid en Grande-Bretagne a des conséquences inattendues : elle nous apprend que les bonshommes de neige, c’est haram. Petits anglais, cessez donc de faire ces bonshommes blasphématoires pour l’islam !

Avec la vague glaciale qui vient de s’abattre sur l’est de la Grande-Bretagne, avec des températures atteignant — 12°, les petits Anglais s’amusent dans la neige comme ici à Bradford.
Cependant les mosquées remplacent maintenant les traditionnels bonshommes de neige, respectant ainsi la fatwa lancée en 2015 par cet érudit religieux d’Arabie Saoudite contre les bonshommes de neige, affirmant que cette pratique n’est pas acceptable pour l’Islam.

Personne ne doit construire des bonshommes de neige ou des représentations d’animaux, a déclaré Mohammad Saleh Al Minjed. Mais faire des constructions en neige des choses sans vie, comme les navires, les fruits et les bâtiments, est acceptable.

Sources : Telegraph /Daily Mail

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« Nous venons en paix » : nourris à l’œil, les « réfugiés » se plaignent de menus trop « British »

21/09/2015 – MONDE- traduction NOVOpress d’un article du Daily Mail (NOVOpress)
« Nous venons en paix », c’est notre chronique de choses vues sur le web et les réseaux sociaux à propos de nos chers « migrants »/« réfugiés »/Bisounours… une petite pastille de vérité dans un océan de propagande aux bons sentiments… mais chut… PADAMALGAM ! Aujourd’hui, visite dans un centre de rétention pour clandestins, où les pensionnaires se plaignent de la monotonie culturelle des menus… Ah, s’ils avaient écouté M. Cazeneuve et avaient demandé l’asile en France, ils n’auraient pas à subir l’agneau à la menthe ou le boeuf bouilli…

Les immigrés clandestins venant de plus de 80 pays se sont plaint de la nourriture servie dans leur centre de rétention en Angleterre. Près de trois quarts des 575 hommes logés dans ce centre -dont la moitié ont eu des condamnations pénales- ont signalé aux inspections humanitaires qu’ils n’étaient pas satisfaits des plats de la cantine.
Plutôt que les traditionnelles tourtes à la viande ou les fish and chips, le Centre de rétention de Verne dans le Dorset doit maintenant servir des plats « culturellement plus diversifiés » dans le but de répondre à l’énorme éventail de nationalités présentes.
Le rapport de l’inspecteur général des Prisons de Sa Majesté publié le mois dernier a également déclaré que les menus en langue anglaise doivent être imprimés dans différents dialectes.
Le rapport ajoute : « la qualité de la nourriture était correcte, mais manquait de diversité culturelle – les menus n’étaient pas suffisamment variés pour répondre aux besoins spécifiques de cette population ».

Peter Bone, député conservateur de Wellingborough, a déclaré hier soir

suggérer que nous devrions nous soumettre aux désirs de ces gens qui n’ont pas le droit d’être ici, ou ont été en prison, est ridicule. Nous ne devrions pas nous inquiéter de la nourriture tant qu’elle est saine et nutritive.

Le rapport a également critiqué l’ancienne prison pour ne pas avoir un « coin-cuisine » pour que les détenus puissent préparer leur propre nourriture. Jonathan Isaby, de l’Alliance des Contribuables, a déclaré : « C’est encore un autre exemple de non-sens politique aux frais des contribuables. »
Un sondage effectué auprès des détenus a révélé que 29 pour cent d’entre eux ont estimé que la nourriture était « bonne » ou « très bonne ». Et selon les normes de restauration, les immigrants détenus dans ces centres bénéficient de repas qui répondent déjà aux besoins « culturels ».

Cette même inspection surprise a aussi révélé que le « niveau de violence était trop élevé ». Les inspecteurs précisent que les clandestins sont traités « avec humanité », mais que le centre de Verne ressemblait trop à une prison. Un porte-parole du ministère de l’Intérieur a cependant déclaré : « la détention est un composant essentiel d’un système d’immigration efficace et tous les détenus sont bien entendu traités avec dignité et respect. » Le porte-parole a ajouté que les recommandations du rapport avaient été soigneusement étudiées et un plan d’amélioration serait appliqué.


Grande-Bretagne : Une école enseigne l’anglais en langue étrangère

Grande-Bretagne : Une école enseigne l’anglais en langue étrangère

Parkinson Building, Université de Leeds

27/03/2014- LEEDS (NOVOpress)
Une école de la ville de Leeds, dans le Yorshire, a pris la décision radicale de proposer l’anglais en tant que seconde langue à ses 350 élèves, y compris ceux nés en Angleterre. La direction de l’école a justifié cette démarche en soulignant que leur maîtrise du langage était très mauvaise, même ses élèves originaires d’Angleterre.

La responsable de l’établissement, Mme Georgiana Sale, a indiqué qu’il fallait remettre en question nos habitudes d’enseignement si nous voulions améliorer le niveau général. Elle ajoute qu’un quart seulement des enfants présents ont l’anglais comme langue maternelle et que la moitié de ses élèves sont arrivés il y a moins de 4 ans. L’année dernière seul 25% de ces élèves âgés de 11 à 16 ans ont été capable de répondre au GCSE, un test d’évaluation nationale. C’est la plus mauvaise performance de toutes les écoles de la ville.

Cette école comporte 55 nationalités différentes venant du monde entier avec une prédominance de Roms. « L’autre problème, précise Mme Sale, est que la plupart des enfants sont illettrés en anglais mais aussi dans leur propre langue maternelle et qu’ils ne savent même pas tenir un stylo ». Quant aux enfants anglais, la directrice se rassure en disant que cela leur donnera l’opportunité de travailler leur grammaire et leur orthographe.

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Mondialisation : le Polytechnique de Milan n’enseignera plus qu’en anglais

Mondialisation : le Polytechnique de Milan n’enseignera plus qu’en anglais

16/04/2012 – 08h00
MILAN (NOVOpress) —
Avec ses 36.500 étudiants, le Politecnico de Milan est la plus grande et la plus prestigieuse université technique d’Italie, spécialisée dans l’ingénierie, l’architecture et le design. Il offre actuellement des enseignements à la fois en italien et en anglais (pour environ un tiers des cours).

Le recteur, Giovanni Azzone, vient d’annoncer que, à partir de 2014, l’ensemble des enseignements de master et de doctorat seraient donnés exclusivement en anglais. La décision est motivée par deux raisons. Premièrement, attirer plus d’étudiants étrangers : selon le recteur Azzone, « l’Italie ne peut croître que si elle attire des intelligences, étant donné qu’elle ne peut compter sur les matières premières comme les pays arabes ». Deuxièmement, pour citer encore les propres termes du recteur, « former un capital humain de qualité dans un contexte international pour répondre tant aux exigences des entreprises qu’à celles des étudiants qui veulent être “vendables” sur le marché mondial du travail ». Pour le cas où quelqu’un aurait des doutes, le recteur précise : «bien sûr, nous utiliserons la langue anglaise internationale, pas l’anglais d’Oxford ».

Il s’agit d’une étape décisive dans l’anglicisation de l’enseignement supérieur en Italie. Si les cours en anglais se sont multipliés ces dernières années (le Polytechnique de Turin a supprimé plusieurs cours en italien pour les remplacer par des cours en anglais, et a rendu ceux-ci gratuits pour y attirer plus d’étudiants), seules des universités privées étaient passées jusqu’à présent au tout anglais. L’abandon de l’italien par le Polytechnique de Milan et sans doute aussi la formulation délibérément ultra-libérale adoptée par le recteur, ont donc suscité bon nombre de critiques, notamment de la part du grand linguiste (et intellectuel engagé à gauche), Tullio De Mauro, titulaire de la chaire de linguistique générale à l’Université La Sapienza de Rome. Selon lui, le recours à l’anglais peut être « un instrument utile » s’il est limité à des enseignements spécifiques, mais il est nuisible s’il est généralisé. Une formation exclusivement en langue étrangère, aussi bien, « n’aide pas à améliorer sa connaissance de la langue maternelle et cela a des effets négatifs sur l’intelligence des gens car, aussi bien qu’on puisse l’apprendre, une langue étrangère ne sera jamais la langue maternelle ».

Le gouvernement de la Goldman Sachs, en revanche, est enthousiaste. Le ministre de l’Instruction et des Universités, Francesco Profumo, a déclaré dans un entretien à La Stampa, que la décision du Politecnico de Milan était un modèle à suivre pour « certaines universités de prestige » – l’italien étant bon, si l’on comprend bien, pour les universités ordinaires. Selon le ministre, «nous deviendrons peu à peu un pays normal ».

« Pourquoi normal ?, s’étonne le journaliste. – Parce que, répond le ministre, jusqu’à présent le facteur linguistique a représenté une barrière: pour nos étudiants, qui se sont trouvés en difficulté pour être en concurrence avec leurs contemporains étrangers, et pour les étrangers». Bref, l’Italie va enfin devenir un pays normal, c’est-à-dire un pays où l’on parle le business English comme tout le monde. Pour les étudiants italiens, ajoute le ministre, « un background (en anglais dans le texte) linguistique de haut niveau est un moyen pour avoir de plus grandes possibilités de trouver du travail soit à l’extérieur soit dans les multinationales qui ont des sièges en Italie » – car, bien sûr, dans ces sièges de multinationales en Italie, il ne saurait être question de parler italien.

Le ministre – pour enfoncer le clou idéologique ? ou parce que c’est une obsession ? – a conclu par une invocation au métissage : « c’est une occasion pour notre système scolaire de s’améliorer en se métissant (mescolando il sangue), en construisant de nouveaux rapports entre étudiants, et entre étudiants et professeurs».

Photo : Politecnico de Milan.Crédit photo : rdd_ via Flickr, licence CC.