Rémi Tremblay : "Le Québécois du XXIe siècle se coupe de ses racines"

Rémi Tremblay : “Le Québécois du XXIème siècle se coupe de ses racines”

19/07/2014 – MONTREAL (via Présent)
Nous reproduisons avec leur aimable autorisation un entretien réalisé par nos confrères de Présent, pour le numéro 8148, avec Rémi Trembaly de la Fédération des Québécois de souche.


La Fédération des Québécois de souche (FQS) se présente comme « un réseau d’hommes et de femmes, Québécois de souche, partisans du principe de l’union sacrée entre une terre et son peuple ». Outre l’animation de son site Internet, la FQS publie une revue papier, Le Harfang, pour laquelle notre dessinatrice Chard a fourni quelques dessins… A l’origine du Harfang, Rémi Tremblay. Il est membre de la FQS depuis 2011 et l’un des porte-parole de l’organisation. Il nous donne un aperçu du Québec version « pays réel ».

Propos recueillis par Samuel Martin


Tout d’abord, pouvez-vous dresser un état des lieux rapide des forces politiques au Québec ?

Avant toute chose, je crois qu’il est important de spécifier qu’au Québec nous vivons dans une monarchie de type britannique. Bref, chaque comté élit un député qui, lui, élira le Premier ministre. Donc, pas de proportionnelle ni d’élection du chef d’Etat. Cela crée évidemment des problèmes pour les petits partis qui, bien qu’ils reçoivent un certain pourcentage de votes, n’obtiendront pas de députés. Ce système, loin d’être parfait, explique pourquoi, aux élections du printemps, le Parti libéral fut élu avec une majorité des sièges bien que seulement 18 % des Québécois en âge de voter l’aient fait pour eux.

Si les Français croient que le PS et l’UMP c’est du pareil au même, ils seront estomaqués de constater la similitude entre les trois grands partis au Québec. Nous avons le Parti libéral (centre gauche, fédéraliste), le Parti québécois (centre gauche souverainiste) et la Coalition Avenir Québec (centre gauche, autonomiste). Bref, au plan des idées, les trois partis ont un programme interchangeable. Ils s’entendent comme larrons en foire sur tous les sujets (immigration, justice, taxation, enjeux sociétaux…), sauf sur le statut du Québec au sein du Canada.

Le Parti québécois (PQ) n’est-il pas proche de la droite nationaliste ?

Vu de l’étranger, peut-être, mais c’est une mauvaise perception. Le PQ est très semblable au Scottish National Party (Parti national écossais, note de Novopress), un parti impossible à taxer de droite. Pour ce qui est de la droite, il n’existe qu’un parti libertarien (Parti conservateur), mais même ce parti ne fait que récolter quelques milliers de votes sans aucun espoir de faire élire un député.

Il existe également un parti de gauche extrême, semblable au Front de Gauche de Mélenchon, mais celui-ci est relativement marginal, avec seulement trois élus.

C’est dans la société civile que les groupes nationalistes sont plus actifs. Il existe une multitude de groupes défendant notre langue et certains groupes plus nationalistes mais, à l’exception de la Fédération des Québécois de souche, tous nient le volet ethnique de notre identité.

Nous, Français, sommes mal renseignés sur la réalité de l’immigration au Québec. Quelle image avez-vous, de votre côté, de l’état actuel de la France ?

Nous devons malheureusement dire que nous utilisons souvent la France comme un exemple de ce qui attend le Québec si nous ne modifions pas de façon drastique nos politiques d’immigration. Ici, il est bien connu que l’immigration de masse est un fléau pour la France, avec tous les problèmes que cela amène. Les émeutes des banlieues et l’islamisation continuelle ont été médiatisées au Québec, mais étonnamment, personne ne semble être en mesure d’apprendre des erreurs des autres, et nous accueillons au prorata plus d’étrangers que la France.

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Jacques Terpant – Le questionnaire de Proust 3/3

Jacques Terpant – Le questionnaire de Proust 3/3

12/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant (photo) est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail. Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Le principal trait de votre caractère ?
La nostalgie.

La qualité que vous préférez chez un homme ?
Le goût du l’histoire.

La qualité que vous préférez chez une femme ?
Les gros seins (celle-là je la pique à Jean Yanne).

Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ?
L’humour.

Un autre trait de votre caractère ?
La persévérance.

Votre principal défaut ?
La colère.

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Jacques Terpant : "Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt" 1/3

Jacques Terpant : “Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt” 1/3

10/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail (photo). Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Question usée, mais pourtant incontournable : comment est née votre vocation de dessinateur ?

La bande dessinée est le refuge du dessin, l’Art du XXème siècle l’a abandonné, le livre fut son refuge, d’abord avec l’illustration, puis la bande dessinée. Pour ma génération, enfant des années soixante, adolescent des années 70 à 80, la bande dessinée était formidable, nous sommes passés de Tintin et Spirou à Pilote qui a évolué avec ses lecteurs. Pour un enfant qui dessinait, ce qui était mon cas la bande dessinée était une évidence, elle était depuis peu (à peine, une génération) un métier, je m’y suis précipité.

Vous avez consacré au dessin plus de trente années de votre existence, quel regard portez-vous sur votre œuvre, quel fil directeur y apercevez-vous ?

J’ai débuté dans Métal Hurlant qui fut sans doute le meilleur journal de son époque et ce, même au-delà de nos frontières, mais lorsque je suis arrivé, c’était déjà une période finissante. J’ai connu les grandes années de la publicité qui avait des moyens, ce fut une carrière de mercenaire, de prestataire ; je voulais dessiner, j’ai donc dessiné. J’en ai vécu, plutôt pas mal. Je me suis satisfait « d’en être ».

Mais pendant mes dernières années dans cet état d’esprit, disons jusqu’à la quarantaine, cela m’a satisfait de moins en mois. Je dessinais la série d’un scénariste, intitulée Pirates chez Casterman et je n’aimais pas cela, je n’étais pas d’accord avec le récit. Etre juste un dessinateur était devenu frustrant. J’ai donc voulu écrire mes propres livres et ai choisi d’adapter Jean Raspail.

Avec Sept Cavaliers puis Les Royaumes de Borée, vous avez en effet poussé la porte de l’univers raspalien, ce qui ne devait pas paraître chose facile. Comment est né ce projet ? Raspail est-il venu à vous ou vous à lui ?

J’étais un lecteur de Jean Raspail, j’avais poussé la porte de son œuvre avec ce que je considère comme son chef d’œuvre Qui se souvient des hommes. Ensuite, j’avais tiré le fil et remonté ses autres livres. Lorsque j’ai voulu travailler seul, je me suis tourné vers son monde. Tout d’abord vers Qui se souvient des hommes, mais il était difficilement adaptable en bande-dessinée. J’ai relu Sept Cavaliers et cela m’a paru une évidence… Je suis parti.

Sept Cavaliers

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Entretien : Franck Guiot, un regard identitaire sur la crise de l’UMP

Entretien : Franck Guiot, un regard identitaire sur la crise de l’UMP

14/06/2014 – via NOUVEL ARBITRE – Entretien réalisé par “Nouvel Arbitre” le 13 juin 2014 avec Franck Guiot, militant historique du RPR puis de l’UMP. Ce dernier affirme aujourd’hui sa sympathie pour les actions citoyennes initiées par la mouvance identitaire et dresse un tableau sans fard de la situation à l’UMP, vue par la “base”, appelant de ses vœux à une prise en compte des préoccupations identitaires à l’UMP. Tout comme Henri Guaino, il ne peut que constater que le Front National est “désormais le premier parti de France, et le seul parti qui tienne debout” actuellement.


Franck Guiot, vous avez été élu de 1995 à 2014, vous avez été membre du RPR, puis membre de l’UMP depuis sa création, vous affirmez des sympathies pour les actions et les thèses identitaires, pouvez nous expliquer votre parcours ?

Franck Guiot

Franck Guiot

J’ai grandi sous l’action dynamique de Charles Pasqua, Philippe Séguin et Philippe de Villiers qui avaient tous trois un fort engagement pour l’identité nationale, la culture et les traditions françaises et pour la protection de nos frontières. 2007 a été un véritable sursaut patriote pour de nombreux militants avec l’élection de Nicolas Sarkozy, tournant ainsi la page d’une droite d’un autre temps incarnée par Jacques Chirac… la rupture !

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy n’a pas été facile, beaucoup de choses n’ont pas été à la hauteur de ce que les militants attendaient : politique trop timide sur l’immigration et sur l’insécurité. L’immigration de masse s’est amplifiée, Nicolas Sarkozy s’est laissé dépasser par une Europe passoire devenue incontrôlable, il s’est laissé dépasser par la hausse de l’insécurité, les deux choses étant liées. Nicolas Sarkozy a eu le mérite de recourir à des mesures fortes pour garantir le pouvoir d’achat, comme l’exonération des charges sur les heures supplémentaires et de poser le débat sur l’identité nationale, débat vite mis sous le tapis, car jugé trop stigmatisant par une bonne partie des élites de la droite bien-pensante complexée. Je me réfère toujours à l’excellent Patrick Buisson qui disait que « Le discours identitaire est essentiel ».

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Pierre Cassen (Riposte laïque) : "Notre combat se poursuivra" [Entretien exclusif Novopress]

Pierre Cassen (Riposte laïque) : “Notre combat se poursuivra” [Entretien exclusif Novopress]

13/06/2014 – PARIS (NOVOpress)
Pierre Cassen (à gauche sur la photo) et Pascal Hilout de Riposte laïque viennent d’être condamnés en appel pour la publication de deux articles. Une condamnation très sévère sur la plan financier. Novopress a rencontré Pierre Cassen à cette occasion.


Pierre Cassen, avec Pascal Hilout, vous venez d’être condamné en appel pour la publication des deux articles. Pouvez-vous nous décrire ce qu’indiquaient ces deux articles et les raisons pour lesquelles vous avez été poursuivi et condamné ?

Je mets ces deux articles à la disposition de vos lecteurs, pour qu’ils jugent par eux-mêmes. Dans le premier, que j’ai signé au nom de Cyrano, je posais une question vieille comme le monde : comment la démocratie peut-elle se protéger de ceux qui utilisent ses faiblesses pour mieux la tuer ? Je contestais, d’autre part, une phrase souvent répétée par Mélenchon : « Ce sera eux ou nous », en expliquant au président de Parti de Gauche qu’il se trompait de « eux ». Je démontrais pourquoi les islamistes présentaient le vrai danger pour la société française, alors que pour Mélenchon, le problème, c’est le Front national. Quant à Pascal, dans un autre édito de Cyrano, qu’il a écrit, il a repris un argumentaire de René Marchand, démontrant les méthodes de conquête des islamistes : immigration, réislamisation, prénoms, ramadan, halal, voile, mosquées, communautarisme, victimisation… afin de parvenir à leur objectif : le grand califat, et donc la conquête des territoires où ils sont pour le moment minoritaires. Aucun appel à la violence, simplement l’énoncé de faits que chacun peut vérifier dans son quotidien. Selon nos magistrats, et les imposteurs de l’antiracisme, cela s’appelle de l’incitation à la haine, et c’est sévèrement puni.

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Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Entretien exclusif réalisé par Info-Bordeaux.fr - À l’occasion des élections européennes de dimanche prochain, Infos-Bordeaux a souhaité interviewer un des « petits » candidats qui se présente dans la circonscription Sud-Ouest. Ce brillant écrivain, ami d’Alain Finkielkraut, est dans les années 1980 un habitué des soirées branchées du milieu culturel parisien, et l’une des voix de la communauté homosexuelle. Depuis quelques années, Renaud Camus alerte les français sur le grand nombre d’immigrés s’installant en France chaque année, et les dangers d’une telle situation.

Crédit photo : renaud-camus via Flickr (cc)


Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Infos-Bordeaux : Pourquoi êtes-vous candidat aux élections européennes ?

Renaud Camus : Parce que nous sommes désespérés de constater que le phénomène qui nous semble de très loin le plus important de notre époque, celui que retiendra l’histoire comme le plus marquant, le changement de peuple, et nécessairement de civilisation — l’un entraînant l’autre, car les êtres ne sont pas des pions, des robots qui arrivent et agissent indépendamment de leur propre histoire, de leur culture —, que ce phénomène énorme, donc, la transformation radicale du paysage démographique, culturel et physique de notre pays et de tout le continent européen, se déroule dans le plus complet silence politique, sans que les peuples d’origine aient jamais été consultés, sans que cette question majeure, capitale, auprès de laquelle toutes les autres, même les plus graves et les plus douloureuses, sont secondaires, ait jamais été posée.

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Abbé Guy Pagès : "Je vois se lever une jeunesse qui dit 'Non ! Ça suffit !'" (2/2)

Abbé Guy Pagès : “Je vois se lever une jeunesse qui dit ‘Non ! Ça suffit !’” (2/2)

17/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Prêtre catholique, l’abbé Guy Pagès conduit un apostolat sur Internet par l’intermédiaire de vidéos de formation. Spécialiste de l’islam, ancien missionnaire à Djibouti, nous avons souhaité l’interroger sur son itinéraire et sur les problématiques soulevées par la présence et la diffusion de l’Islam en France. 


De nombreux catholiques, sincères dans leur foi mais profondément attachés à la défense de leur identité, se sentent de plus en plus éloignés d’une partie de l’Église (souvent la plus visible d’ailleurs). Celle-ci est volontiers immigrationniste, ethno-masochiste et islamophile. Quel message adressez-vous à ces croyants qui se sentent “exilés” ?

Si douloureuse que soit la présente situation de l’Église, chacun doit se rappeler qu’il ne sera pas jugé sur ce que font les autres, mais sur ce que lui-même aura fait (Ap 20.12-13). « Qu’il en tombe mille à tes côtés et dix mille à ta droite, toi, tu restes hors d’atteinte. » (Ps 91.7) Au lieu donc de fuir le bateau comme le font les rats, il faut préférer couler avec son capitaine, et en attendant, se conduire de telle sorte que l’Église apparaisse telle que Jésus la veut : sainte, généreuse, pieuse, humble et fidèle. A chacun de donner sa vie là où il est pour que l’Église existe et que la société entende la Voix du Seigneur. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jn 12.24) Apprenons à imiter le Seigneur en nous supportant les uns les autres, et en travaillant pour que les choses changent, de l’intérieur.

A ces catholiques comme à ceux qui se sont éloignés de l’Eglise, écoeurés par cette complicité dans le Grand Remplacement, n’est-il pas de maîtres utiles à suggérer ?  Saint Bernard de Clairvaux par exemple …

Saint Bernard de Clairvaux, certes, mais encore saint Dominique, saint Euloge, sainte Jeanne d’Arc, saint Jean de Capistran, saint Jean de Matha, sainte Josefina Bakita, Saint Joseph de Leonessa, saint Laurent de Brindes, saint Louis, saint Thomas More, saint Pie V, Saint Pierre Mavimène, bienheureux Charles de Foucauld, bienheureux Marc d’Aviano, bienheureux Urbain II… les Cristeros…

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Abbé Guy Pagès : "Je vois se lever une jeunesse qui dit 'Non ! Ça suffit !'" (2/2)

Abbé Guy Pagès : “L’expansion de l’Islam est soutenue par une mauvaise compréhension de la liberté religieuse” (1/2)

16/05/2014 – PARIS (NOVOpress) - Prêtre catholique, l’abbé Guy Pagès (photo) conduit un apostolat sur Internet par l’intermédiaire de vidéos de formation. Spécialiste de l’islam, ancien missionnaire à Djibouti, nous avons souhaité l’interroger sur son itinéraire et sur les problématiques soulevées par la présence et la diffusion de l’islam en France. 


Monsieur l’abbé, vous êtes aujourd’hui connu pour les vidéos d’apologétique et de critique de l’islam que vous diffusez par internet. Vous avez en revanche rarement l’occasion de revenir sur votre vie de prêtre et ce qui vous engagea sur cette voie. Pouvez-vous nous dépeindre à grands traits votre itinéraire ?

Si la vocation d’un chrétien est déjà un mystère de grâce, a fortiori celle d’un prêtre chargé de représenter in persona Christi Dieu incarné pour ses frères… Après ma conversion à la fin des années 70, qui me fit passer de la mort à la vie, et dix ans de formation à la vie chrétienne, je fus appelé au sacerdoce dans la Fraternité de Jérusalem incardinée dans le diocèse de Paris, et fus ordonné prêtre en 1994 à Vézelay où j’étais allé, avec quelques frères et sœurs, fonder la communauté qui s’y trouve. Mais, plutôt que de m’engager définitivement dans cette communauté, je décidai de rejoindre le clergé séculier.

Malheureusement, j’eus l’occasion de vérifier bien souvent la vérité des propos du Pape Paul VI se plaignant, sitôt après le concile Vatican II, de ce que « les fumées de Satan » s’étaient introduites dans l’Église (29.06.1972). Il disait : « Je vois dans l’Église deux esprits, dont l’un n’est pas catholique, et il est à craindre qu’il devienne le plus fort » (Jean Guitton, Paul VI secret, DDB, 1986, p.112) ; et encore : « Jamais il n’y a eu un tel trouble à l’intérieur de l’Église, même et sans que cela soit aperçu… » (ibid p.168)… Eh bien, cet esprit, qui n’est pas catholique, qui est dans l’Église, et qui est si fort, je l’ai trouvé quasiment partout… de sorte que j’ai dû très souvent changer de paroisses et de diocèses, jusqu’à m’envoler en 2003 pour Djibouti, dans le cadre du Diocèse aux Armées… d’où il me fallut également revenir !

Pouvez-vous revenir plus en détail sur votre expérience de missionnaire à Djibouti ? En quoi a-t-elle été décisive pour vous ?

Mon expérience à Djibouti à été pour moi décisive en ce qu’elle m’a donné l’occasion de commencer une évangélisation directe des musulmans, chose tout à fait incongrue pour la hiérarchie catholique en terre devenue musulmane. En effet, prévaut aujourd’hui entre quelque État musulman que ce soit et l’Église catholique, un accord, plus ou moins tacite, donnant à cette dernière droit de cité à condition qu’elle n’évangélise pas… autrement dit : à condition qu’elle se dénature, car l’Église n’existe ici-bas que pour évangéliser, communiquer le Salut.

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Alain de Benoist : "Le suicide de Dominique Venner fut à l'opposé de tout désespoir et de toute lâcheté"

Alain de Benoist : “Le suicide de Dominique Venner fut à l’opposé de tout désespoir et de toute lâcheté”

14/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 17 mai à Paris aura lieu le premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle”. Ce colloque se tiendra à la Maison de la Chimie – 28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris -, à partir de 14h30. Les frais de participation sont de 10 euros. Attention, le nombre de places limités, il vaut mieux s’inscrire par le biais de cette billetterie. Des ouvrages de Dominique Venner seront en vente lors de ce colloque.

A cette occasion, Novopress a interrogé les intervenants de ce colloque. Aujourd’hui, Alain de Benoist. Propos recueillis par Romain Lecap.


Pourquoi ce colloque ? Était-ce la volonté de Dominique Venner ?

Ce colloque est organisé à l’initiative des amis de Dominique Venner, et plus spécialement de ceux qui ont travaillé avec lui durant les dernières années de sa vie dans le cadre de « La Nouvelle Revue d’histoire. Il marque le premier anniversaire de sa mort.

A qui s’adresse-t-il ?

Il s’adresse à tous ceux qui ont connu Dominique Venner, et plus largement à tous ceux qui l’ont lu et ont apprécié ses écrits. Mais pour ceux qui ne sont pas familiers de son œuvre, c’est aussi une occasion d’en apprendre plus sur lui.

Ce colloque intervient prés d’un an après le sacrifice de Dominique Venner. Avec le recul, quelle importance accordez-vous à ce geste ?

Il y a différentes sortes de suicide. Celui de Dominique Venner entre de toute évidence dans la catégorie des suicides sacrificiels. Les circonstances et le lieu de cette mort volontaire étaient propres à marquer les esprits. Il s’agissait pour Venner de porter témoignage et, en même temps, de faire en sorte que sa mort se situe dans la droite ligne de ce que fut sa vie. Comme celui de Yukio Mishima, le suicide de Venner fut à l’opposé de tout désespoir et de toute lâcheté. Il l’a dit lui-même quand il a expliqué sa décision de se sacrifier « pour rompre la léthargie qui nous accable », d’offrir ce qui lui restait de vie « dans une intention de protestation et de fondation ». Dans cette phrase, le mot « fondation » est évidemment celui qui compte.

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Philippe Conrad : "Le Coeur rebelle est un livre admirable de Dominique Venner"

Philippe Conrad : “Le Coeur rebelle est un livre admirable de Dominique Venner”

13/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 17 mai à Paris aura lieu le premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle”. Ce colloque se tiendra à la Maison de la Chimie – 28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris -, à partir de 14h30. Les frais de participation sont de 10 euros. Attention, le nombre de places limités, il vaut mieux s’inscrire par le biais de cette billetterie. Des ouvrages de Dominique Venner seront en vente lors de ce colloque.

A cette occasion, Novopress a interrogé les intervenants de ce colloque. Aujourd’hui, Philippe Conrad. Propos recueillis par Romain Lecap.


Pourquoi ce colloque ? Était-ce la volonté de Dominique Venner ?

Dominique Venner a souhaité que nous poursuivions l’oeuvre qu’il avait entreprise et c’est dans cette perspective que nous avons organisé ce premier colloque consacré à sa mémoire

A qui s’adresse-t-il ?

Cette manifestation s’adresse à tous ceux qui se reconnaissent dans les ouvrages de Dominique Venner, notamment ceux dans lesquels il a apporté une réflexion originale sur l’Histoire et sur le devenir européen. Ce colloque s’adresse notamment aux jeunes qui se trouvent confrontés à la crise majeure que connaissent la France et l’Europe et qui pourraient trouver dans les écrits de Dominique Venner des raisons d’espérer et de se mobiliser en faveur du réveil de l’Europe.

Ce colloque intervient prés d’un an après le sacrifice de Dominique Venner. Avec le recul, quelle importance accordez-vous à ce geste ?

Le geste sacrificiel de Dominique Venner relève d’un choix personnel, mûrement réfléchi, que je n’ai pas à juger. Nous devons en revanche faire en sorte qu’il n’ait pas été vain en continuant à œuvrer pour la reconquête de l’âme et de l’esprit de nos peuples.

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Alain de Benoist : "Le suicide de Dominique Venner fut à l'opposé de tout désespoir et de toute lâcheté"

Bernard Lugan : “Dominique Venner avait un constant recours à Homère”

12/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 17 mai à Paris aura lieu le premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle”. Ce colloque se tiendra à la Maison de la Chimie – 28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris -, à partir de 14h30. Les frais de participation sont de 10 euros. Attention, le nombre de places limités, il vaut mieux s’inscrire par le biais de cette billetterie. Des ouvrages de Dominique Venner seront en vente lors de ce colloque.

A cette occasion, Novopress a interrogé les intervenants de ce colloque. Aujourd’hui, Bernard Lugan. Propos recueillis par Romain Lecap.


Dominique Venner souhaitait que Jean-Yves Le Gallou, Philippe Conrad et moi-même puissions initier la fondation de ce qu’il voyait comme un « Institut de la longue mémoire européenne ». Plus d’un an avant son sacrifice,  il nous avait à plusieurs reprises réunis pour nous faire part de cette idée qui lui tenait fort à cœur.

Depuis la décennie 1960 il avait en effet compris trois choses essentielles :
1- l’excès d’intellectualisme est source de controverses stériles et de divisions artificielles,
2- le présent divise,
3- les ratiocinades d’une vieille droite éternellement vaincue ne permettent pas de faire face aux dangers mortels qui menacent nos peuples européens.

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Alain de Benoist : "Le suicide de Dominique Venner fut à l'opposé de tout désespoir et de toute lâcheté"

Javier Portella : “Parler de Dominique Venner, cela revient à parler nécessairement de l’Europe”

11/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 17 mai à Paris aura lieu le premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle”. Ce colloque se tiendra à la Maison de la Chimie – 28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris -, à partir de 14h30. Les frais de participation sont de 10 euros. Attention, le nombre de places limités, il vaut mieux s’inscrire par le biais de cette billetterie. Des ouvrages de Dominique Venner seront en vente lors de ce colloque.

A cette occasion, Novopress a interrogé les intervenants de ce colloque. A commencer par Javier Portella. Propos recueillis par Romain Lecap.


Pourquoi ce colloque? Était-ce la volonté de Dominique Venner ?

Il est évident que quand on accomplit un geste comme celui réalisé par Dominique Venner il y a un an, on ne le fait pas pour que la page soit tournée et l’affaire oubliée. On le fait, entre autres, pour rendre possibles justement de tels actes et tout ce qu’ils impliquent.

Ce colloque intervient près d’un an après le sacrifice de Dominique Venner. Avec le recul, quelle importance accordez-vous à ce geste ?

Ce n’est pas tous les jours qu’on ne se suicide – à la cathédrale Notre-Dame de Paris, de surcroît – alors qu’on est en parfait état de santé et qu’on n’est nullement accablé sur le plan personnel. Ce n’est pas tous les jours, autrement dit, qu’on se suicide pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le petit moi de celui qui accomplit un tel geste. Le petit moi… Ou ce qui revient au même, le grand, l’énorme, le boursouflé moi du petit mec de nos jours qui, dans son hédonisme vide, se prend pour le plus grand mec : rien n’est plus opposé à l’esprit de Dominique Venner. C’est justement pour porter témoignage contre lui, c’est pour dénoncer son enflure, son vide incapable de sacrifice et de visée communautaire, que Dominique Venner s’est sacrifié. Pour nous tous, et pour le Tout : pour ce grand Tout appelé civilisation, destinée, Europe.

Ce n’est pas tous les jours, disais-je, que de telles choses arrivent. Mais quand cela arrive, son importance s’accroît nécessairement avec le temps, même si les petits mecs en détournent… et pour cause, la tête.

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Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

28/04/2014 – PARIS (NOVOpress) - Le journaliste et écrivain Emmanuel Ratier, qui dirige la feuille d’informations Faits & Documents, vient de publier la première biographie non officielle de Manuel Valls, intitulée Le Vrai Visage de Manuel Valls. Travail exceptionnel, sourcé, mine de renseignements sur le nouveau Premier ministre, ce livre éclaire d’un jour particulièrement cru l’itinéraire de celui qui se verrait bien succéder à François Hollande et qui a menti depuis des années sur ses origines et son parcours politique… Novopress a souhaité interroger l’auteur.


Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

Le vrai visage de Manuel Valls. Entretien avec Emmanuel Ratier

Novopress : Emmanuel Ratier, bonjour, vous venez de publier un livre intitulé Le vrai visage de Manuel Valls. Pouvez-vous nous présenter ce livre ?

Emmanuel Ratier : Le Vrai Visage de Manuel Valls est la première biographie vraiment “non autorisée” de Manuel Valls et elle ne va pas plaire au Premier ministre. Il croyait sans doute pouvoir me poursuivre pour un supposé antisémitisme alors même que c’est le contraire. C’est lui qui, pendant 25 ans, a été l’un des élus socialistes les plus engagés et sans doute le député socialiste le plus engagé en faveur de la Palestine ; avant de se mettre au service de ceux qu’il appelait avant des “bourreaux”. Tout ce qu’il reproche à Dieudonné en matière d’antisionisme, Manuel Valls l’a dit… Ce n’est évidemment qu’un des éléments de cette biographie.

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Entretien avec l'universitaire Anatole Livry autour de « l’agonie psychique française »

Entretien avec l’universitaire Anatoly Livry autour de « l’agonie psychique française »

17/04/2014 – GENÈVE (NOVOpress) - L’universitaire franco-suisse Anatoly Livry, dont nous avons récemment parlé suite à son initiative en faveur de la non-reconnaissance des diplômes et titres universitaires en Suisse, nous a accordé ce jour un long entretien. L’occasion de revenir sur un parcours d’exception, saboté en France car idéologiquement non-conforme à la doxa marxiste qui prévaut encore dans de nombreuses facultés françaises, et sur la situation de l’université, où se forgent les “élites” de demain. Photo en Une : crédit saneboy via Flickr (cc)


Entretien avec l'universitaire Anatole Livry autour de « l’agonie psychique française »

Entretien avec l’universitaire Anatole Livry autour de « l’agonie psychique française »

Novopress – Anatole Livry bonjour, comment vous présenter ?

Anatoly Livry – Pour une meilleure présentation de ma personne, je recourrais à l’avis d’un collègue français récemment intervenu dans l’Université d’État de Russie Moscou-Lomonossov, lors d’un colloque, intervention parue en version bilingue dans les actes de ce même colloque :

Sauver Nabokov : la thèse de doctorat d’Anatoly Livry

Le doctorat d’Anatoly Livry, « Nabokov et Nietzsche », est à ma connaissance l’unique thèse reproduisant totalement la Weltanschauung de Vladimir Nabokov, et ce, depuis que l’Université s’intéresse à cet écrivain. La soutenance de cette thèse s’est déroulée, avec ma participation, il y a deux ans à l’Université de Nice – Sophia Antipolis. Le fait que l’auteur de ces découvertes haïes par l’establishment (dont le gourou était incontestablement feu Dimitri Nabokov qui a purement et simplement commercialisé l’œuvre de son père !) soit lauréat du Prix Littéraire Mark Aldanov (New York, 2010, pour le roman Les Yeux), créateur d’un nouveau style littéraire russe et enseignant de l’université de Nice – ville où Nietzsche avait rédigé la troisième partie d’Also sprach Zarathustra et où Mark Aldanov est mort –, a apporté un peu plus de piment à ce plat idéologico-institutionnel que, durant les décennies à venir, l’Université française devra ingurgiter, sous l’œil scrutateur de la slavistique mondiale.

Anatoly Livry a raison : Nabokov est non seulement un fin connaisseur de Nietzsche, mais aussi un écrivain méprisant le socialisme et toutes ses facettes meurtrières pour le corps et l’âme. Le vrai Nabokov, sauvé de l’emprise non seulement de ces carriéristes trotskisants poussant l’homme de lettres dans les bras de Sartre et de sa Grande Sartreuse, mais aussi de ceux qui s’efforcent de stériliser l’aversion de Nabokov pour le socialisme – socialisme auquel ces fonctionnaires protocommunistes sont charnellement liés –, est enfin apparu, dans l’Université française, grâce à la plume de l’écrivain russe Anatoly Livry ! Comment cela pouvait-il être supportable pour ces quatre membres du syndicat SNESUP – qui est resté officiellement lié au parti communiste français quinze ans après la chute de l’URSS ! – parachutés dans le jury de thèse d’Anatoly Livry par des intérêts syndicaux – bassesse carriériste et couardise professorale – et qui ont tout fait pour discréditer les découvertes d’Anatoly Livry !?

Le ridicule ne connaît pas de limite ! L’accusation principale des néostaliniens made in France est la suivante : Anatoly Livry a osé publier une partie de sa thèse en France, dans la maison d’édition parisienne « Hermann ». Je crains fort que l’Université française ne fasse tout pour écarter M. Anatoly Livry auteur d’une remarquable thèse sur Nabokov et Nietzsche, helléniste publié dans « Guillaume Budé » depuis 2003, germaniste édité par des professeurs de la Humboldt-Universität depuis 2006, auteur d’un roman nuancé Apostat, paru en 2012 chez l’éditeur russe de Nietzsche « Koultournaia revoluzia » où il reproduit des éléments métriques de Homère et de Callimaque.

René Guerra, Agrégé de l’Université, Ancien Directeur du Département de russe à l’Université de Nice – Sophia Antipolis, Maître de Conférences honoraire, HDR, Docteur en Slavistique de l’Université de Paris, Membre du CTEL, Chevalier de l’Ordre National de Mérite, Chevalier des Arts et des Lettres

Publié dans : René Guerra, Douzièmes Lectures en l’honneur du Professeur Andreev, Université d’État de Russie Moscou-Lomonossov, Actes du colloque du 1er février 2014, Moscou, EKON-Info, 2014.


Novopress – Vous agissez donc à la fois en tant qu’écrivain et scientifique ?

A. L. – Toute forme de création véritable doit s’exprimer dans sa totalité, ou se taire. Elle a toujours comme champ d’action un cadre civique traditionnellement séparé en trois couches : prêtres, guerriers-politiciens, population source d’approvisionnement des deux castes supérieures. Naturellement, lorsqu’une nation se meurt, cette répartition nette n’est plus perceptible ; se retrouvant au milieu d’une ethnie agonisante le créateur a le choix de s’adresser soit à un autre peuple doté d’une santé robuste, voire barbare, soit au passé des vieilles nations civilisatrices et à leur éventuel avenir. Voilà la raison pour laquelle citoyen Suisse, né à Moscou, docteur de l’Université française où j’ai fait toute ma carrière académique jusqu’en 2012, j’ai décidé d’écrire en russe, autrement dit dans l’idiome d’une ethnie structurée d’une façon sainement antique qui fait de la Russie actuelle une bulle de puissance national-socialiste pour aujourd’hui mais aussi pour demain. Au bout d’un quart de siècle de travail sur le style de la langue russe – et je connais sa prose du XIXe siècle, sans parler de sa poésie, par cœur –, j’ai reforgé une langue néo-classique à destination de la caste supérieure de ce pays et les dix livres que j’ai fait paraître à Moscou et à Saint-Pétersbourg en tant que philosophe, romancier et poète – ce qui est la même chose – sont effectivement inconnus dans le monde francophone, celui-ci étant devenu un magma car sa base humaine ne génère plus d’élites nationales militaires ou spirituelles. Dès lors, aucune connexion n’est possible entre l’univers slave de l’est et l’univers latin de l’ouest, leurs ethniques volontés de puissance étant dirigées vers des avenirs différents. Compte tenu de cette situation, mes écrits russes demeurent quasi inconnus en France. En effet, pour qu’ils soient tus, il suffit d’un minuscule obstacle, et le voici : les traducteurs issus ou dépendants de la Sorbonne sont mes premiers concurrents dans le monde universitaire. Or, avant que je n’obtienne le Prix Mark Aldanov, leur calomnie s’est exercée ouvertement ex cathedra sorbonica, prenant ensuite la forme d’un mur du silence à partir du moment où mon roman, Les Yeux, rédigé en 1999, fut distingué, enlevant les lauriers à New York après onze ans d’acharnement de l’Université française contre l’œuvre primée. Cette corruption que les fonctionnaires de la slavistique française dressent contre le Verbe russe s’est renforcée avec la sortie en 2002 à Saint-Pétersbourg de mon Convalescent, œuvre russe entièrement consacrée à la France et dont des séquences furent récompensées par des prix internationaux russes. Par ailleurs, la corruption d’une seule slavistique française s’est métamorphosée au fil des années en un acharnement mafieux de tout le système universitaire, exercé au grand jour dans le monde académique français et devenu l’objet de centaines d’articles scientifiques et recherches universitaires dans le la sphère scientifique russe – et ce, jusqu’à des thèses de doctorat consacrées à l’affaire qui posent que si un Soljenitsyne, un Nabokov ou un Mandelstam se retrouvaient à ma place et avaient le malheur d’exercer la création totale (autrement dit : étaient les concurrents scientifiques des traduttore, traditore universitaires actuels), ils subiraient la même calomnie corruptionnelle permanente dans cette Université française qui s’obstine à dresser un barrage entre la Russie et le reste des aristocraties intellectuelles francophones pour qu’aucune étude universitaire issue de l’univers russe et consacrée à l’« Affaire Livry » ne parvienne en France. Nos intrépides professeurs sorbonnagres sont donc des staliniens qui ont fabriqué un rideau de fer virtuel pour des nécessités groupusculaires carriéristes ; nombre d’entre eux n’osent même plus remettre le pied dans une Russie qu’ils sont censés enseigner à la Sorbonne et dans les autres universités françaises car, malgré leurs grimaces d’arrogance, aucune faculté russe ne souhaite accueillir des micros Staline schizophrènes titularisés par la Ve république en dépit de leur pathologie.

Novopress – Quelle partie de vos travaux scientifiques gênerait d’éventuels traducteurs de vos œuvres littéraires ?

A. L. – Parler de ma thèse de doctorat tant calomniée – soutenue avec Patrick Quillier de Nice–Sophia Antipolis, des trois universités où j’ai enseigné ou des quatre monographies parues en France et en Russie n’évoquerait pas ma valeur scientifique : pas mal de cuistres syndiqués et plagiateurs possèdent de nos jours davantage d’acquis académiques. Il est donc important d’évoquer certaines de mes découvertes qui ont sensiblement révolutionné la perception des fondateurs de notre civilisation. Une de mes découvertes, par exemple, consiste en une approche païenne de ce que nous a laissé Paul Claudel. Sur les quatre générations de claudéliens sévissant en Occident, personne n’a mentionné le nom de l’empereur Julien l’Apostat quant au protagoniste de Tête d’Or, ce Simon destiné à devenir la pierre sur laquelle l’Église du Christ sera fondée, mais revenu à nos racines indo-européennes afin de renaître de cette même pierre tel un néo-Mithra francophone. Je fus donc le premier à avoir nommé Tête d’Or du nom de l’Empereur Apostat, bouleversant par cette action l’univers des claudéliens fonctionnaires – fonctionnaires comme ce Claudel attiédi et tombé dans le gaullisme, et qui, ne l’oublions pas, demanda (après que l’Allemagne devint victime définitive à l’issue de cette longue guerre 1870-1945) à l’Académie la place d’un Maurras toujours vivant mais incarcéré par les vainqueurs. La première publication de cette découverte eut lieu dans le Bulletin de l’Association Guillaume Budé (Anatoly Livry, « Tête d’Or et Hélios Roi, la rupture du Cercle de l’Éternel Retour », Bulletin d’Association Guillaume Budé, Paris, 2008 – 2, p. 167-193.), piloté par l’actuel directeur de la faculté d’études grecques de Paris IV – Sorbonne (revue d’hellénistes français qui a publié mes découvertes depuis 2003), et a trouvé écho dans le Bulletin de la Société Paul Claudel, alors géré, comme tout dans notre France de boutiques familiales, par la petite-fille du dramaturge. En effet, et c’est assez risible, lorsqu’une personne talentueuse apporte une nouveauté, le système soviétoïde, qu’il soit francophone ou russophone, attend qu’elle se courbe et entre dans le rang afin de servir la cause du boutiquier-chef. La quasi-totalité des chercheurs talentueux acceptent la transaction, se courbent et ratent ainsi la métamorphose de leur talent en génie, transformation qui exige inévitablement une atmosphère propice, exempte de toute puanteur humaine. Or, dès qu’à la boutique claudélienne, l’on avait compris que, selon ma thèse, le paganisme initial de Claudel était le Big Bang produit par l’éclat solaire de Mithra ayant propulsé la totalité de son œuvre et que, comme je l’estime, le christianisme n’avait fait qu’amollir son arc créatif, ces « bons chrétiens » ont tout fait pour calomnier ma découverte en utilisant des procédés de dénonciation dignes des seksoty de la NKVD. Dès lors, le développement de ma thèse sur Tête d’Or – Julien l’Apostat n’a pu paraître en français qu’à l’Université de Moscou ou à l’Université de Berlin, comme si les uhlans de Bonaparte occupaient toujours le Kremlin et Sanssouci. Quant aux chercheurs étrangers travaillant sur mon œuvre littéraire, et donc désireux de connaître chacun des événements de ma vie, ils se font un pur délice d’introduire dans leur thèse de doctorat les dénonciations de ces pseudo-catholiques universitaires – aux réflexes de flics – qui commercialisent le christianisme d’un Claudel fonctionnaire (statut leur permettant donc une bassesse soviétoïde tout en se disant « chrétiens »), ce « catholicisme », déchu de ses caractéristiques ethniques, droit-de-l’hommisé donc jusqu’à l’écœurement et admis par la IVe puis par la Ve républiques, qu’ils gèrent avec plus d’impudence et de profit que des bourgeois bloyens devenus rentiers grâce à l’habile administration d’une maison close dans le port de Toulon.

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Henry de Lesquen : "L’union des croyants, piège pour la droite"

Henry de Lesquen : “L’union des croyants, piège pour la droite”

16/04/2014 – PARIS (NOVOpress)
Depuis quelques temps des catholiques français, très engagés contre la loi Taubira et les modifications anthropologiques désirées par le gouvernement socialiste, voient d’un bon oeil une alliance avec les musulmans. Henry de Lesquen, président du Club de l’Horloge et patron d’émission à Radio Courtoisie, s’insurge contre cela. Novopress l’a interrogé à cette occasion.


Henry de Lesquen, pourquoi vous opposez vous à un rapprochement politique des catholiques et des musulmans ?

Je ne parlerai pas des musulmans en bloc, c’est l’islam qui doit nous préoccuper. Jules Monnerot disait que le communisme était l’islam du XXe siècle, c’est-à-dire un projet idéologique de conquête du monde. J’ai proposé d’inverser la formule : l’islam est le communisme du XXIe siècle. Si cela est vrai, il est aussi sot ou criminel, aujourd’hui, pour un catholique, de s’acoquiner avec l’islam, c’est-à-dire, en pratique, avec les organisations islamiques telles que l’UOIF, qu’il l’était hier de faire cause commune avec le parti communiste et ses représentants.

N’y a-t-il pas des intérêts communs aux catholiques et aux musulmans, par exemple en matière de culture de vie ou sur le rejet de l’idéologie du genre ?

Je ne crois pas que les musulmans convaincus soient très ardents à combattre l’avortement, mais il est certain qu’ils repoussent avec horreur la théorie du genre et le mariage homosexuel. Ils vont même plus loin : en Malaisie, pays musulman, le chef de l’opposition a été condamné à cinq ans de prison pour sodomie – sans, du reste, que les media occidentaux et les grandes consciences frelatées ne s’en émeuvent, comme ils auraient dû ! Mais il ne faut pas que, pour obtenir des résultats tactiques secondaires, on oublie l’essentiel, qui est d’empêcher l’islamisation de notre pays.

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"Yann Fouéré, infatigable éveilleur de peuple" – Entretien avec Erwan Fouéré – 2/2

“Yann Fouéré, infatigable éveilleur de peuple” – Entretien avec Erwan Fouéré – 2/2

11/04/2014 – GUINGAMP (NOVOpress)
Militant infatigable de la cause bretonne, défenseur des minorités nationales et promoteur d’un véritable fédéralisme européen, Yann Fouéré (photo) est un des hommes politiques les plus atypiques de la deuxième partie du XXème siècle. Son maître-ouvrage “L’Europe aux cent drapeaux” est incontournable pour tout Européen enraciné. Qu’il suscite l’adhésion ou au contraire la répulsion, son fédéralisme européen s’articule parfaitement avec sa défense des patries charnelles. Nous avons rencontré son fils Erwan Fouéré, ancien ambassadeur européen et très impliqué dans la Fondation Yann Fouéré.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant.


En parcourant ses éditoriaux dans « l’Avenir de la Bretagne » – que vous avez rassemblés dans un ouvrage paru en 2008 – on est étonné par le ton très “technique” qui est employé. Yann Fouéré semble beaucoup plus préoccupé par les questions économiques et institutionnelles que culturelles et identitaires. Cela vient-il de sa formation de “serviteur de l’Etat” ?

Si les principes de base du fédéralisme sont relativement accessibles pour les non-initiés, il n’en est pas de même lorsque l’on compare les différents systèmes constitutionnels, ou les effets néfastes des systèmes centralisateurs et des conceptions unitaristes sur le citoyen, non seulement du point de vue politique, mais aussi du point de vue économique et social.

Yann Fouéré l’a lui-même reconnu  lorsqu’il évoquait la difficulté de convaincre, non seulement à cause de l’aridité et de la technicité du sujet, mais également à cause de l’enseignement contrôlé par l’Etat centralisateur : « Comment le traiter , afin qu’il soit non seulement clair, mais encore accessible aux non-spécialistes, à tous ceux qui n’ont pas étudié le droit public et constitutionnel, et encore moins le droit comparé, à tous ceux qui ne connaissent de l’histoire des institutions et du droit que des très rares, très partielles et très partiales notions qu’un enseignement étroitement dirigé a pu leur dispenser? »

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"Yann Fouéré, infatigable éveilleur de peuple" – Entretien avec Erwan Fouéré – 1/2

“Yann Fouéré, infatigable éveilleur de peuple” – Entretien avec Erwan Fouéré – 1/2 

09/04/2014 – GUINGAMP(NOVOPress)
Militant infatigable de la cause bretonne, défenseur des minorités nationales et promoteur d’un véritable fédéralisme européen, Yann Fouéré est un des hommes politiques les plus atypiques de la deuxième partie du XXème siècle. Son maître-ouvrage “L’Europe aux cent drapeaux” est incontournable pour tout Européen enraciné. Qu’il suscite l’adhésion ou au contraire la répulsion, son fédéralisme européen s’articule parfaitement avec sa défense des patries charnelles. Nous avons rencontré son fils Erwan Fouéré, ancien ambassadeur européen et très impliqué dans la Fondation Yann Fouéré.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant.


Yann Fouéré est décédé il y a bientôt trois ans, quelle est aujourd’hui la part vivante de son héritage ?

La Fondation Yann Fouéré, devenue le Fonds de dotation de Bretagne et l’IDBE (Institut de documentation bretonne et européenne) ont été créés dans le but précis de constituer un centre d’archives et de documentation réunissant non seulement tous les écrits et archives de Yann Fouéré accumulés tout au long de sa vie, mais également des documents et articles consacrés au Fédéralisme, à l’Europe des Régions et à la construction de l’Union européenne. Une partie de ces archives sont consultables librement sur le site : fondationyannfouere.org.

Au fil des années le fonds s’est enrichi de dons de militants et sympathisants bretons, ils savent que nous conserverons leurs archives et bibliothèques avec le plus grand soin et surtout que nous ne les disperserons pas. Installé à Guingamp, l’IDBE pourra accueillir des chercheurs et étudiants de toutes les régions et pays d’Europe. Nous envisageons par ailleurs d’ouvrir la bibliothèque à un plus large public dans un avenir très proche.

Mais au-delà de ce Centre, héritage physique de la vie de Yann Fouéré, son héritage  a laissé des traces dans le quotidien de ceux et celles qui luttent pour la reconnaissance et le respect des droits fondamentaux de chacun. Il s’agit des droits linguistiques et culturels, du droit à être consulté avant toute prise de décision des pouvoirs centralisés qui affectent le citoyen au niveau local, ou du droit à une Europe des régions. Ramener le pouvoir au niveau des localités, des régions, et appliquer le principe de subsidiarité devient de plus en plus une exigence répétée des citoyens qui se sentent aliénés par le pouvoir. Face à la crise qu’a subie l’Europe ces dernières années de plus en plus nombreux sont ceux qui ont plaidé pour une réorganisation de l’Europe sur des bases fédérales.

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Nicolas Bonnal " Ridley Scott et le rétrofuturisme" (Lu sur Internet)

Nicolas Bonnal “Ridley Scott et le rétrofuturisme” (Lu sur Internet)

28/04/2013 – PARIS (NOVOpress via Dualpha)
Nicolas Bonnal vient de publier ” Ridley Scott et le rétrofuturisme” aux éditions Dualpha. A cette occasion, il a répondu aux questions de Fabrice Dutilleul pour les éditions Dualpha. Extraits.


Pourquoi ce livre sur un cinéaste si commercial ?

Ridley Scott (photo) est un créateur visuel, un réalisateur qui a beaucoup filmé et sur lequel il y a beaucoup à dire. Notre inconscient collectif depuis quarante ans a été façonné par lui. Pensez à Alien (quelle parabole sur nos sociétés !), Blade runner, Gladiateur ou Prométhée. Je pense en outre que le cinéma d’auteur n’a jamais eu grand-chose à dire, alors que les œuvres grand public ont deux ou trois niveaux de lecture. Blade runner aura obsédé ma génération par son aura visuelle, sa rêverie nietzschéenne, sa dystopie cruelle et ses conflits métaphoriques.

Qu’est-ce que le rétrofuturisme ?

Je l’ai évoqué dans mon livre publié en 2000 sur Internet, nouvelle voie initiatique. C’est l’idée qu’à l’ère des jeux vidéo, des réseaux, des labyrinthes, des codes secrets, la Bible, la Genèse, la mythologie, la culture archaïque ont plus à nous apprendre que notre culture littéraire bourgeoise. Cela rejoint la remarque de Kubrick que la littérature de fantaisie nous parle plus que le romanesque. Alien évoque ainsi le minotaure, Blade runner les anges rebelles, Prométhée les géants du ciel et tous les thèmes Illuminati. J’aime aussi la fascination de Ridley Scott pour l’histoire – pensez aux duellistes napoléoniens – et pour le passé mythique. Si son Gladiateur est un grand film musical, ses opus sur le Moyen Âge relèvent par contre de ce que j’ai nommé les épopées désabusées, des pensums.

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