[Exclusivité Novopress] Nicolas Bay : "Rétablir notre peuple dans ses droits fondamentaux"

[Exclusivité Novopress] Nicolas Bay : “Rétablir notre peuple dans ses droits fondamentaux”

25/11/2014 – LYON (NOVOpress)
Dans le cadre du Congrès du Front National (FN) se tenant les 29 et 30 novembre prochains, et de l’élection de son nouveau comité central, NOVOpress a décidé de donner la parole à plusieurs cadres du parti de Marine Le Pen.

Après Louis Aliot, c’est aujourd’hui Nicolas Bay, député français au Parlement européen et Secrétaire général adjoint du FN, qui répond à nos questions.

Propos recueillis par Renaud Leroy


Un certain nombre de nos lecteurs seront sans doute aussi électeurs pour le Comité Central du Front National, comment vous présenteriez-vous à eux ?

Âgé de 36 ans, je suis marié et père de trois enfants. Je suis engagé dans le combat politique depuis longtemps puisque j’ai commencé à militer au Front à l’âge de 14 ans. Aujourd’hui encore, par delà mes responsabilités dans la direction du mouvement ainsi que mes mandats de député européen, de conseiller régional de Haute-Normandie et de conseiller municipal d’Elbeuf, je me considère d’abord comme un militant.

Dans une tribune publiée en septembre sur le site Boulevard Voltaire, vous vous êtes livré à un éloge de la frontière que n’aurait pas renié Régis Debray. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre vision du protectionnisme ?

Volontiers, et je précise que l’écriture de ce billet faisait suite à un vif échange lors d’une émission de télé avec une élue PS ancienne directrice de Terra Nova, Juliette Méadel. Je considère tout simplement qu’il ne peut pas y avoir de nation sans protection, et que l’incarnation tangible de cette protection est la frontière. Frontière qui délimite un territoire et donc l’ordre politique, économique, social, qui règne au sein de celui-ci. La frontière n’est pas un mur mais une porte : elle permet de choisir qui, ou quoi, nous laissons entrer dans notre espace et aussi à quelles conditions. De la même façon que tout foyer a une porte, toutes les nations du monde se servent de leurs frontières pour protéger leur économie, leur mode de vie ou leur cohésion. Je considère d’ailleurs que le projet du Front National, en défendant un protectionnisme complet (économique et social, environnemental, mais aussi culturel, et même désormais sanitaire), démontre une cohérence absolue. J’ajoute que le rétablissement de notre souveraineté territoriale n’est pas une manière de s’enfermer ou de se « bunkeriser » comme le prétendent bêtement certains de nos adversaires quand ils se trouvent à cours d’argument : lorsqu’elle maîtrisait ses frontières, la France a commercé et rayonné à travers le monde infiniment plus qu’aujourd’hui, enfermée qu’elle est dans le carcan bruxellois.

Aujourd’hui encore, par delà mes responsabilités dans la direction du mouvement ainsi que mes mandats de député européen, de conseiller régional de Haute-Normandie et de conseiller municipal d’Elbeuf, je me considère d’abord comme un militant.

Quels sont selon vous les chantiers du FN pour les 3 semaines, les 3 mois, et les 3 ans à venir ?

Dans les 3 semaines qui viennent, nous allons poursuivre le développement et la structuration du mouvement. Les remarquables résultats électoraux obtenus récemment lors des élections municipales, européennes et sénatoriales, constituent bien sûr une exigence pour nous : si les Français se tournent vers le Front National et nous confient, dans les prochaines années, le pouvoir politique, il faudra être prêts à exercer ces lourdes responsabilités et à ne pas les décevoir.

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"Chesterton a vu que le libéralisme ferait tout pour permettre à l’islam de pénétrer chez nous" - Entretien avec Philippe Maxence 3/3

“Chesterton a vu que le libéralisme ferait tout pour permettre à l’islam de pénétrer chez nous” – Entretien avec Philippe Maxence 3/3

14/11/2014- PARIS (NOVOpress)
Journaliste et écrivain, rédacteur en chef du bi-mensuel catholique conservateur L’Homme nouveau, Philippe Maxence est également l’un des meilleurs connaisseurs français de l’œuvre de Gilbert Keith Chesterton (photo). C’est afin de mieux connaître ce penseur original et profondément iconoclaste que nous avons souhaité interroger Philippe Maxence.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Pourquoi Chesterton, vivant dans l’Angleterre de 1900, a priori peu concernée, s’est-il préoccupé de l’Islam ? 

D’abord parce que l’Angleterre étant un empire, était confrontée directement à la réalité de l’islam. Mais l’aspect prophétique de Chesterton tient au fait d’avoir compris que l’islam étant par nature une religion conquérante, menacerait les vieilles nations occidentales chez elles. Mais il faut aller plus loin : il voyait aussi que notre propre lâcheté favoriserait cette conquête. Il a vu que le libéralisme ferait tout pour permettre à l’islam de pénétrer chez nous, ou pour le laisser pénétrer chez nous, dès lors que les intérêts financiers s’en trouveraient confortés. C’est le cas aujourd’hui. Le patronat a fait appel massivement aux immigrés dans les années 1970. Et, aujourd’hui, nous sommes confrontés à une alliance objective entre les grandes surfaces et l’islam qui passe par la vente des produits halal.

Chesterton s’attaque à l’islam avant tout en tant qu’hérésie, en faisant un parallèle avec l’unitarisme britannique très vivace à son époque, pouvez-vous développer ce point ?

Au fond de toute erreur politique se trouve une erreur théologique. C’est fort de cette conviction que Chesterton aborde l’islam, qui est d’abord une religion. L’unitarisme n’était pas particulièrement répandu en Angleterre à l’époque, mais il se trouve que venant de l’unitarisme, avant sa conversion, Chesterton perçoit que l’islam est une hérésie chrétienne et que cette hérésie refuse toute idée de relation en raison même de sa conception de Dieu. Au Dieu unique en trois personnes des chrétiens, l’islam comme l’unitarisme, hérésie chrétienne, oppose le Dieu unique et seul. Son passé unitarien permet à Chesterton de saisir l’essence même de l’islam.

Il voyait aussi que notre propre lâcheté favoriserait cette conquête. Il a vu que le libéralisme ferait tout pour permettre à l’islam de pénétrer chez nous, ou pour le laisser pénétrer chez nous, dès lors que les intérêts financiers s’en trouveraient confortés. C’est le cas aujourd’hui. Le patronat a fait appel massivement aux immigrés dans les années 1970. Et, aujourd’hui, nous sommes confrontés à une alliance objective entre les grandes surfaces et l’islam qui passe par la vente des produits halal.

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"Le capitalisme est essentiellement anti-familial aux yeux de Chesterton" - Entretien avec Philippe Maxence 2/3

“Le capitalisme est essentiellement anti-familial aux yeux de Chesterton” – Entretien avec Philippe Maxence 2/3

14/11/2014- PARIS (NOVOpress)
Journaliste et écrivain, rédacteur en chef du bi-mensuel catholique conservateur L’Homme nouveau, Philippe Maxence est également l’un des meilleurs connaisseurs français de l’œuvre de Gilbert Keith Chesterton (photo). C’est afin de mieux connaître ce penseur original et profondément iconoclaste que nous avons souhaité interroger Philippe Maxence.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Chesterton fut avec Belloc l’un des théoriciens de ce que l’on a appelé “distributisme”, pouvez-vous expliquer ce mot et développer ce qu’il recouvre ?

En français, le mot « distributisme » sonne mal et ne dit pas tout de ce qu’il contient. Ce courant politique, économique et social, est né principalement du contexte anglais, où la question centrale n’est pas celle du régime politique – problème auquel furent soumis les catholiques français après la Révolution de 1789 et au moment du Ralliement sous Léon XIII –, mais celui de la confiscation par l’aristocratie du pouvoir et de la vie économique du pays. Refusant à la fois les conséquences dramatiques du libéralisme économique et les fausses solutions apportées par le socialisme étatique, le « distributisme » postule la renaissance d’une société agraire et artisanale, reposant sur une large distribution de la propriété privée, afin qu’elle ne soit pas confisquée par quelques-uns et qu’elle permette à chaque foyer d’être propriétaire ou co-propriétaire des moyens de production. Le distributisme repose sur une conception organique, largement anti-étatique de la société, s’appuyant sur la famille et la mise en application du principe de subsidiarité, fondement des relations pouvoir-responsabilité à chaque niveau social. Même s’il n’emploie pas cette image, Chesterton estime qu’il faut que chaque famille, conçue aussi comme une unité économique, détiennent le clou et le marteau, pour supporter elle-même les conséquences de ses actes et éviter des catastrophes que l’analogie laisse imaginer quand on sépare celui qui tient le marteau de celui qui tient le clou.

Ce courant politique, économique et social, est né principalement du contexte anglais, où la question centrale n’est pas celle du régime politique – problème auquel furent soumis les catholiques français après la Révolution de 1789 et au moment du Ralliement sous Léon XIII –, mais celui de la confiscation par l’aristocratie du pouvoir et de la vie économique du pays.

Quelle est la place des anciennes Guildes dans l’esprit de Chesterton ? Comment transposer celles-ci dans nos sociétés contemporaines ?

Contrairement à un autre distributiste, Arthur Penty, qui a développé toute une réflexion sur le rôle des Guildes ou des corporations, Chesterton s’est contenté d’évoquer l’exemple historique des Guildes dont il pensait que le principe s’imposerait dès lors que la propriété privée serait largement diffusée et qu’il faudrait alors redonner aux métiers la possibilité de s’organiser. Dans son livre sur Chaucer, il écrit : « Qui dit métiers dit Guildes; détruisez les Guildes, vous détruisez la classification naturelle des hommes. » Je ne suis moi-même pas un spécialiste de cette question ni surtout de celle qui consisterait à la transposer à la réalité actuelle. En revanche, je peux vous inviter à lire et à découvrir le livre que j’ai contribué à faire éditer et qui est plus largement une actualisation de la pensée distributiste : Small is – toujours – beautiful, une économie au service de la famille de Joseph Pearce, auteur de biographies de Chesterton, Belloc et Soljénitsyne ou Chrétienté, réveille-toi du père Aidan Nichos, qui aborde directement cette question.

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Chesterton et "sa guérilla contre le monde moderne" - Entretien avec Philippe Maxence 1/3

Chesterton et “sa guérilla contre le monde moderne” – Entretien avec Philippe Maxence 1/3

12/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Journaliste et écrivain, rédacteur en chef du bi-mensuel catholique conservateur L’Homme nouveau, Philippe Maxence est également l’un des meilleurs connaisseurs français de l’œuvre de Gilbert Keith Chesterton (photo). C’est afin de mieux connaître ce penseur original et profondément iconoclaste que nous avons souhaité interroger Philippe Maxence.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Vous êtes à l’initiative de l’association des Amis de Chesterton, comment se fit votre rencontre avec l’œuvre de ce dernier ? 

Ma découverte de l’œuvre de G.K. Chesterton s’est effectuée en deux temps. Adolescent, j’avais croisé ce nom en lisant des auteurs comme Henri Massis, Gustave Thibon, Jacques Maritain, Paul Claudel ou dans des lectures consacrées à l’histoire de la droite française d’avant-guerre ou au renouveau catholique à la même période. Étudiant, je suis tombé par hasard sur son essai Orthodoxie que j’ai lu avec curiosité et avec une réelle incompréhension concernant certains passages. De ce fait, je me suis obligé à relire ce livre et j’y ai finalement découvert, au-delà d’un propos souvent déconcertant au premier abord pour un Français, une véritable cohérence et l’expression d’une réelle philosophie. La lecture d’autres ouvrages de GKC a ensuite confirmé cette découverte émerveillée qui permettait de rompre avec une certaine approche cartésienne et d’exprimer les vérités éternelles sous un mode tout à fait différent.

Chesterton est depuis plusieurs décennies tombé en Purgatoire – dont vous vous efforcez de l’en faire sortir – alors qu’il était dans la première moitié du XXème siècle un auteur largement connu et apprécié en France. Comment l’expliquer ?

Jusqu’aux années 1950, Chesterton est encore un auteur lu, traduit et apprécié. Mais il est déjà en perte de vitesse. Mort en 1936, il n’a connu ni la Seconde Guerre mondiale, ni la Guerre froide et moins encore, comme catholique, le Concile Vatican II. Il ne semble plus alors en phase avec les problèmes du temps. La bombe atomique lui est inconnue, tout comme la Chine communiste ou le rock n’roll. Son style et certaines de ses idées, qui rencontrent aujourd’hui une nouvelle faveur, semblent alors passéistes. Pour beaucoup, ces raisons expliquent le désamour rencontré par Chesterton.

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Fabrice Robert : "Une remigration concertée et planifiée" (Présent 8223)

Fabrice Robert : “Une remigration concertée et planifiée” (Présent 8223)

03/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Après Nicolas Bay et l’équipe du blog Le Rouge et le Noir (Présent des 21 et 24 octobre), Fabrice Robert répond aujourd’hui à Pierre Saint-Servant sur la question de la remigration. Un concept que Fabrice Robert connaît bien, puisque le Bloc Identitaire qu’il préside l’a porté dans le débat public. Son mouvement organise d’ailleurs les Assises de la remigration le 15 novembre prochain – Samuel Martin


Une remigration, concertée et planifiée – c’est-à-dire le retour dans leurs pays d’origine d’une grande partie des immigrés et descendants d’immigrés – est la seule option à même de garantir un avenir pacifié à notre pays et de préserver son identité.

Fabrice Robert, vous organisez des Assises sur la Remigration à Paris. Pourquoi mettre en avant une telle thématique ?

Une du numéro 8223 de "Présent"

Une du numéro 8223 de “Présent”

Le Bloc identitaire a, depuis longtemps, fait le constat du Grand Remplacement et de ses terribles conséquences pour notre pays. Face au risque de substitution de population et loin des positionnements prônant l’assimilation massive ou la « réconciliation » avec des immigrés ou descendants d’immigrés qui détestent la France et les Français, nous pensons qu’une remigration, concertée et planifiée – c’est-à-dire le retour dans leurs pays d’origine d’une grande partie des immigrés et descendants d’immigrés – est la seule option à même de garantir un avenir pacifié à notre pays et de préserver son identité.

Ces Assises s’inscrivent finalement en cohérence dans la lignée des Assises sur l’islamisation et des Assises sur la nationalité, dont vous étiez également l’organisateur ?

Tout à fait. Ce type d’événement permet de faire intervenir des personnalités très différentes mais préoccupées par la même problématique. L’objectif reste toujours d’imposer nos thèses dans le débat public. Pour exemple, les Assises sur l’islamisation restent toujours le plus grand événement européen jamais organisé sur la question. Avec plus de 1.200 personnes présentes, des orateurs venus de 14 pays différents – dont Oskar Freysinger, l’homme de la votation sur les minarets en Suisse –, cette journée a contribué à éveiller les esprits sur les dangers liés à l’islamisation de la France.

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[Entretien exclusif Novopress] Louis Aliot : "Je me retrouve dans ce combat de plusieurs générations au service de la France et de notre peuple"

[Entretien exclusif Novopress] Louis Aliot : “Je me retrouve dans ce combat de plusieurs générations au service de la France et de notre peuple”

29/10/2014 – PERPIGNAN (NOVOpress)
Dans le cadre du Congrès du Front National se tenant les 29 et 30 novembre prochains, et de l’élection de son nouveau comité central, Novopress a décidé de donner la parole à plusieurs cadres du parti de Marine Le Pen.

Le premier à répondre à nos questions est Louis Aliot, député français au parlement européen et vice-président du FN.

Propos recueillis par Renaud Leroy


Un certain nombre de nos lecteurs seront sans doute aussi électeurs pour le Comité Central du Front National, comment vous décrieriez-vous à eux ?

Je me présente comme un lepéniste, mariniste, patriote français et nationaliste modéré, qui défend des valeurs et un héritage qui est à la fois européen, gréco-latin, judéo-chrétien mais qui prend en compte aussi l’héritage historique et humain de l’empire colonial que nous avons été avec l’assimilation intrinsèque de tous ses fils fidèles à la France jusqu’aux indépendances.

Au-delà de notre programme économique et social si nécessaire à notre temps, et de notre opposition frontale à l’Europe mondialiste de Bruxelles, je me bats contre une immigration massive qui prend de plus en plus l’allure d’une immigration de peuplement inassimilable et communautariste, pour un co-développement harmonieux avec l’Afrique dans la perspective de donner un avenir à celles et ceux qui aujourd’hui n’en ont pas afin de desserrer un étau migratoire ravageur pour l’Europe et dramatique pour l’Afrique. Enfin, je défends une fraternelle entente entre les peuples qui permettra une inversion des flux migratoires coordonnée et favorable à toutes les parties dans l’intérêt de chacun d’un point de vue économique, comme d’un point de vue culturel.

Je me bats contre une immigration massive qui prend de plus en plus l’allure d’une immigration de peuplement inassimilable et communautariste

On vous présente comme l’un des tenants d’une ligne “historique” au Front National, tout autant que comme un artisan de la dédiabolisation. Vous retrouvez-vous dans cette description ?

Oui. Le Front National a été diabolisé pour une présomption d’antisémitisme instrumentalisée à l’envie par nos adversaires politiques pour masquer leur bilan désastreux, et persécuté pour cette seule raison. Mais sur tous les autres sujets, Le Pen avait une longueur d’avance comme sur l’immigration de masse et le développement dynamique de l’islam radical. Aujourd’hui c’est Marine qui incarne ce combat en ajoutant à cet acquis historique une dimension économique et sociale, une critique efficace de la mondialisation, une planification de la fin inévitable de l’euro et un soutien sans faille aux plus faibles de nos compatriotes ! Bref, je me retrouve dans ce combat de plusieurs générations au service de la France et de notre peuple.

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[Exclusivité Novopress] Serge Latouche : "La décroissance n'a pas à se situer sur l'échiquier politique"

[Exclusivité Novopress] Serge Latouche : “La décroissance n’a pas à se situer sur l’échiquier politique”

07/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
Professeur émérite d’économie à l’université de Paris-Sud (Orsay), Serge Latouche est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales. Il est l’un des fondateurs de la revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia.  Rédacteur historique de la Revue du MAUSS, il dirige depuis 2013 la collection ”Les précurseurs de la décroissance” aux éditions Le Passager Clandestin.

Serge Latouche est aujourd’hui considéré comme le spécialiste de la décroissance qu’il a contribuée à lancer dès le début des années 2000 grâce à des ouvrages tels que Le pari de la décroissance, Pour une société d’abondance frugale ou encore l’Age des limites. C’est à ce titre que nous avons désiré le rencontrer, afin d’engager un dialogue à bâtons rompus avec ce courageux dissident de la société de consommation. Serge Latouche nous a donné rendez-vous dans une brûlerie du boulevard Saint-Germain à Paris, où, entre deux cafés, il a bien voulu développer pour nous son analyse de la société industrielle. L’échange, à l’heure où les débats sont plus que jamais tronqués, nous parait stimulant et porteur de sens.

Propos recueillis par Arnaud Naudin et Guillaume Le Carbonnel


Question récurrente s’il en est, mais nécessaire : existe-t-il une définition simple de ce qu’est la décroissance ?

Ce n’est pas seulement une question récurrente, c’est une question impossible. On ne peut pas définir la décroissance parce que c’est un terme que nous avons utilisé comme un slogan provocateur et qui bien évidemment, contrairement à ce que la plupart des gens pensent, et surtout nos adversaires, ne doit pas être pris à la lettre. Etre absolument contre toute croissance est absurde dans la mesure où c’est une des lois de la nature. Décroître pour décroître serait complètement stupide au même titre que croître pour croître. Ce serait prendre un moyen pour la fin. Derrière ce slogan politique, l’idée est de faire comprendre aux gens la nécessité de sortir de la société de croissance, société dominée par la religion de la croissance. Il est urgent de devenir des athées de la croissance. Si nous voulions être rigoureux, il faudrait d’ailleurs parler d’a-croissance, au même titre que d’athéisme. Nous envisageons ce rejet de la société de croissance, non pas pour rejeter le bien être mais au contraire, cette société ayant trahie ses promesses, pour réaliser ce que mon collègue britannique Tim Jackson appelle la prospérité sans croissance et ce que je nomme l’abondance frugale.

C’est un slogan que vous avez d’ailleurs relancé dès 2002…

Oui, disons même que la date officielle du lancement est avril 2002 lors du colloque organisé à l’UNESCO. Précédemment, le numéro 280 de la revue Silence daté de février 2002, publié sous la direction de Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, avait déjà pris pour titre “La Décroissance”. Il faut le reconnaître, ce sont eux qui ont eu l’intuition géniale à cette époque que le moment était venu de reprendre l’idée lancée par Nicholas Georgescu-Roegen dans son livre traduit en français par Jacques Grinevald. J’avais lu ce livre à sa sortie en 1994 et j’en avais fait une recension sans que cela ne marque vraiment les esprits. D’ailleurs, l’ouvrage n’avait pas eu un gros succès. Et pourtant en 2002, le mouvement va se mettre en place.

Derrière ce slogan politique, l’idée est de faire comprendre aux gens la nécessité de sortir de la société de croissance, société dominée par la religion de la croissance.

La décroissance n’est en rien une croissance négative…

En effet, la décroissance n’est pas le symétrique de la croissance. Ce n’est sûrement pas une croissance négative. Mais l’idée n’est claire pour personne et encore moins pour les partisans de la croissance. Qu’est-ce que la croissance ? On évoque généralement la croissance du PIB, l’indice fétiche des croyants. C’est ce que remettent en cause les athées. Cependant, du point de vue de l’écologie et dans la mesure où le PIB mesure tout et son contraire, l’indice le plus rigoureux reste l’empreinte écologique, c’est à dire le poids de notre mode de vie sur la biosphère. C’est d’ailleurs dans ce sens strict, et non pas dans celui d’un slogan provocateur pour un projet alternatif, que les Verts avait inscrit dans leur programme la notion de « décroissance de l’empreinte écologique ». Signe manifeste qu’ils n’avaient pas lu mon livre. Mais ce détournement leur permettait d’affirmer : « Nous ne sommes pas pour la décroissance de tout mais pour une croissance sélective ». Inutile de dire que je ne fus jamais partisan d’une décroissance de tout. C’est une vision pour le moins très réductrice du projet. Si vous êtes favorable à la simple décroissance du PIB, alors votre projet est en cours de réalisation ! Mais ce n’est guère serein, convivial et joyeux. C’est bien plutôt l’austérité que la décroissance. Si votre projet est de réduire l’empreinte écologique, le problème est plus complexe. Le PIB décroît bien plus que l’empreinte écologique. On peut même avoir une décroissance du PIB tout en connaissant une croissance de l’empreinte écologique.

Inutile de dire que je ne fus jamais partisan d’une décroissance de tout. C’est une vision pour le moins très réductrice du projet. Si vous êtes favorable à la simple décroissance du PIB, alors votre projet est en cours de réalisation !

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[Entretien Novopress] Anne Le Pape : "Brigneau n’a jamais été autonomiste" (2/2)

[Entretien Novopress] Anne Le Pape : “Brigneau n’a jamais été autonomiste” (2/2)

04/10/2014 – PARIS (NOVOPRESS)
La journaliste Anne Le Pape vient de publier François Brigneau dans l’excellente collection Qui suis-je ? des Editions Pardès. Conformément à la loi de cette collection, c’est une biographie ramassée en 120 pages qui est offerte aux lecteurs. Anne Le Pape réussit pleinement l’exercice en rendant un travail dense et très vivant qui ressuscite le grand journaliste « de la droite de la droite », qui aura couvert les plus grands évènements de la deuxième partie du XXème siècle, lorsqu’il n’était mêlé directement à plusieurs d’entre eux. Un très grand journaliste, qui rehausse une profession souvent marécageuse. Une leçon de courage avec l’ambiance délicieuse de la France de Michel Audiard.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


"Qui suis-je ? François Brigneau" d'Anne Le Pape

“Qui suis-je ? François Brigneau” d’Anne Le Pape

Peut-on identifier dans son œuvre un “style” Brigneau ? Ne serait-ce pas un mélange de Daudet (Léon, qui vous est cher) et d’ADG ou de Dard ?

Les premières chroniques écrites par François Brigneau, alors sous le pseudonyme de Julien Guernec, étaient des chroniques en « langue parlée écrite », que Céline a d’ailleurs remarquées et saluées. Il ne s’agit pas d’argot à proprement parler. Il aimait la langue populaire, qu’il connaissait bien et savait rendre à merveille. Les traces de cette langue se retrouvent bien sûr dans ses articles. J’ai noté que Jean Mabire, dans ses études littéraires de Que lire ?, évoquait son nom à propos de Jehan Rictus comme d’Alphonse Boudard.

Sa parenté de tempérament avec Léon Daudet est évidente. L’analyse qu’il fait des talents de polémiste de Daudet s’applique parfaitement à lui : ils ont tous deux « la drôlerie, (pas de polémique sans comique), la justesse du trait, le sentiment, pour le “vibrato” nécessaire, un peu de méchanceté et une indignation toujours dominée, qui sait parfois se terminer par une pirouette, par une cocasserie ».

Les premières chroniques écrites par François Brigneau, alors sous le pseudonyme de Julien Guernec, étaient des chroniques en « langue parlée écrite », que Céline a d’ailleurs remarquées et saluées.

Brigneau était profondément enraciné, défenseur infatigable du petit peuple breton, comment articulait-il sa défense des patries charnelles et son nationalisme assumé ?

Brigneau n’a jamais été autonomiste, même s’il a rencontré des personnalités ou des écrivains qui l’étaient. Adolescent, il aurait plutôt eu tendance à s’en moquer. Plus tard, il a pu comprendre certaines de leurs idées, même s’il ne les partageait pas.

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[Entretien Novopress] Anne Le Pape : "Brigneau n’a jamais été autonomiste" (2/2)

[Entretien Novopress] Anne Le Pape : “François Brigneau n’a jamais supporté aucune censure” (1/2)

03/10/2014 – PARIS (NOVOPRESS)
La journaliste Anne Le Pape vient de publier François Brigneau dans l’excellente collection Qui suis-je ? des Editions Pardès. Conformément à la loi de cette collection, c’est une biographie ramassée en 120 pages qui est offerte aux lecteurs. Anne Le Pape réussit pleinement l’exercice en rendant un travail dense et très vivant qui ressuscite le grand journaliste « de la droite de la droite », qui aura couvert les plus grands événements de la deuxième partie du XXème siècle, lorsqu’il n’était mêlé directement à plusieurs d’entre eux. Un très grand journaliste, qui rehausse une profession souvent marécageuse. Une leçon de courage avec l’ambiance délicieuse de la France de Michel Audiard.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


François Brigneau est décédé il y a seulement deux ans, pourtant son nom est quasiment inconnu du grand public et parfois même de sa famille politique. Votre ouvrage n’est donc pas seulement une biographie mais aussi un geste fort pour raviver la mémoire de celui que vous décrivez comme un des plus grands journalistes de sa génération ?

Du grand public, cela fait déjà quelque temps que le nom de François Brigneau est inconnu. Il n’a plus été question de lui dans les grands médias officiels depuis son entrée à plein temps à Minute, alors tout jeune hebdomadaire, en 1964. Auparavant, journaliste dans la « grande presse », il donnait des articles qui étaient repris par les agences et revendus aux journaux de province, à des magazines historiques ou même à l’étranger.

Dans sa famille politique, les lecteurs fidèles de Minute et de National Hebdo, qui sont encore nombreux – Dieu merci ! – se souviennent de ses articles avec émotion et enthousiasme, je le constate lors des signatures.

En 1965, un sondage de l’Ifop le classe encore comme deuxième journaliste de France. Puis c’est le grand silence, brisé seulement par le bruit des bombes (à Minute ou chez lui) et des procès… à l’exception d’une invitation de Jacques Chancel sur France Inter, à sa fameuse émission Radioscopie, en novembre 1974. Les auditeurs s’étonnent alors (en s’en réjouissant) d’entendre sur les ondes le témoignage d’un véritable homme de droite, fort de ses convictions. Mais Brigneau fait remarquer que cela fait plus de dix ans qu’il n’a pas été invité à la radio ! Et il ne le sera quasiment plus, sinon à Radio Courtoisie quelques années plus tard.

Dans sa famille politique, les lecteurs fidèles de Minute et de National Hebdo, qui sont encore nombreux – Dieu merci ! – se souviennent de ses articles avec émotion et enthousiasme, je le constate lors des signatures. Mais pour ce qui est de la jeune génération, vous avez raison, son nom est oublié. C’est même une des principales raisons qui m’ont donné envie d’écrire ce livre, pour que de jeunes lecteurs le situent et découvrent sa personnalité hors du commun et son œuvre.

Comment Brigneau est-il “entré en journalisme” et quelles furent les plus fameuses étapes de son itinéraire ?

François Brigneau lors d'une séance de dédicace.

François Brigneau lors d’une séance de dédicace.

Le jeune Emmanuel Allot – son vrai nom – a créé son premier journal à l’âge de 12 ans. Son titre en était David (influence de Dickens, pour Copperfield, et souvenir du jeune adversaire de Goliath). Il en a fabriqué un lorsqu’il était soldat, de 1939 à 1942. Puis un autre en prison (Le Passe-Muraille). Devenir journaliste était donc une idée bien ancrée en lui.

Ses premiers articles imprimés parurent en juin 44 ; l’époque n’était pas propice au lancement d’un jeune talent littéraire… Puis, aussitôt après-guerre, il est entré à Paroles françaises, dirigé par Pierre Boutang. Ce fut le premier d’une longue liste de titres où il passa, parfois brièvement, parfois plus longuement. Mais son talent lui permit de s’imposer à France-Dimanche (qui était alors un grand quotidien), de Pierre Lazareff, à Semaine du Monde, de Robert Hersant, à Paris Presse, ou encore à L’Aurore, de Robert Lazurick.

Il a été la figure phare de Minute, ce journal qui claquait « comme un drapeau et une paire de gifles » et qui passa d’un local rue du Croissant (dans le quartier qui était alors celui de la presse à Paris) à l’avenue Marceau, près de l’Etoile. Minute y est devenu propriétaire d’un immeuble, tirait à 300 000 exemplaires et employait une centaine de salariés.

Parallèlement à ces titres connus, il a toujours donné des papiers à de petits journaux défendant ses idées, ce qui lui a valu bien des déboires (La Dernière lanterne, La Fronde ou Minute, pour lequel il a quitté L’Aurore). Il a été la figure phare de Minute, ce journal qui claquait « comme un drapeau et une paire de gifles » et qui passa d’un local rue du Croissant (dans le quartier qui était alors celui de la presse à Paris) à l’avenue Marceau, près de l’Etoile. Minute y est devenu propriétaire d’un immeuble, tirait à 300 000 exemplaires et employait une centaine de salariés.

François Brigneau n’a jamais supporté aucune censure : cela non plus ne lui a pas rendu la vie facile ! Il a quitté des places en or pour sauvegarder sa liberté d’esprit.

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Jean-Yves Le Gallou : "Les défenseurs de l'identité ne peuvent pas faire l'économie de la bataille culturelle"

Jean-Yves Le Gallou : “Les défenseurs de l’identité ne peuvent pas faire l’économie de la bataille culturelle”

21/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 18 octobre aura lieu la 7ème journée de la réinformation organisée par la Fondation Polémia. Thème de cette journée : la bataille culturelle. Nous avons interrogé Jean-Yves Le Gallou, le président de la fondation et acteur essentiel de la réinformation, sur ce thème et le programme de la journée de réinformation.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Jean-Yves Le Gallou, vous organisez samedi 18 octobre la 7ème journée de la réinformation de Polémia, pouvez-vous nous rappeler les thèmes traités lors des éditions précédentes ?

Nous avons dans un premier temps lancé et approfondi le concept de réinformation. Puis nous avons travaillé sur le thème de la novlangue et à la suite de ces travaux nous avons publié deux Dictionnaires de novlangue. Nous avons ensuite souligné le rôle des blogs dans la guerre médiatique et contribué au développement de la reinfosphère. L’an dernier nous avons étudié en profondeur la désinformation publicitaire. Une réflexion qui va faire l’objet de la publication d’un livre en partenariat avec l’éditeur Via Romana.

Vous avez choisi cette année de concentrer votre attention sur la bataille culturelle, pourquoi ?

C’est simple , nous vivons dans une dictature culturelle : de la gauche, du politiquement et de l’artistiquement correct . Cette dictature s’impose par la censure et l’intimidation : les dissidents rasent trop souvent les murs par crainte d’être diabolisés, voire, pire, ringardisés . Dans cette affaire de trop nombreux élus, distributeurs de la manne publique, font preuve d’une rare lâcheté . Quant aux soi-disant mécènes du grand capital – Pinault, Arnaud, Bergé –, sous couvert de générosité, ils font de l’optimisation fiscale , de la com’ et de la spéculation financière! L’art n’est qu’un prétexte au profit pour les uns, à l’idéologie déracinante pour les autres. C’est l’alliance du trotskysme culturel et des salles de marché !

Il y a donc un double travail à faire : décrypter le nouvel art officiel et cesser de se laisser intimider par le conformisme dominant. Car ce qu’on appelle Art contemporain n’est rien d’autre qu’un centenaire indigne né sur les ruines de la guerre de 1914. En 1917, Duchamp nous faisait le coup de l’urinoir présenté comme une œuvre d’art ; cent ans plus tard il faudrait s’ébaubir devant un crucifix planté dans de l’urine, le Piss Christ de Serrano. Bref, l’imagination en panne et les mêmes fausses provocs à répétition, jusqu’à plus soif si j’ose dire ! C’est le règne des faiseurs et des faisans, des escrocs soutenus par les bobos et les gogos.

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Yvan Blot : "La Russie a des performances économiques remarquables"

Yvan Blot : “La Russie a des performances économiques remarquables”

20/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, Yvan Blot fut l’un des fondateurs du Club de l’Horloge, aux côtés d’Henry de Lesquen et de Jean-Yves Le Gallou. Il développa pendant plusieurs décennies des positions iconoclastes (immigration, démocratie directe …) et poursuivit ses travaux de philosophie politique à travers de nombreux ouvrages. Ses derniers titres publiés sont L’Europe colonisée et Nous les descendants d’Athéna (2 tomes, ici et ). Très fin connaisseur des réalités russes, il est consultant pour le groupe de médias La Voix de la Russie.

Propos recueillis par Romain Vincent


Au début des années 2000, Guillaume Faye évoquait également la colonisation du Vieux continent mais en désignant spécifiquement l’immigration extra-européenne comme source de soumission et non la colonisation économique, politique et culturelle venue d’outre-Atlantique. C’est ainsi que reprenant le principe de désignation de l’ennemi de Carl Schmitt, Guillaume Faye qualifiait l’islam d’« ennemi » et l’Amérique de simple « adversaire » avec qui l’Europe pourrait se réconcilier. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Je suis assez d’accord avec Guillaume Faye mais je préciserai « l’islam radical » pour désigner ce qu’on appelle un « ennemi ». Un islam modéré comme celui des Tatars en Russie n’est pas un ennemi et n’est pas désigné comme tel par Moscou. Quant aux Etats-Unis, je suis d’accord avec le terme d’adversaire. Cela peut changer si un jour l’Amérique redevient isolationniste au lieu d’être impérialiste. Beaucoup d’Américains dans le peuple le souhaitent.

Vous citez à plusieurs reprises la Russie comme contre modèle d’un Occident de plus en plus déclinant. Pouvez-vous nous en dire plus sur les transformations opérées dans ce pays ?

D’abord, la Russie a arrêté sa chute démographique. Depuis trois ans le taux de natalité s’est relevé et la population augmente à nouveau et approche 146 millions d’habitants. Beaucoup est fait pour les familles tant financièrement que symboliquement. A la naissance d’un enfant, une prime de 7000 euros (oui ! 7000 euros) est accordée. Par ailleurs, l’Etat organise chaque année une fête de l’amour, de la fidélité et du mariage avec remise de décorations aux couples méritants. C’est une fête laïque mais patronnée tout de même par les saints orthodoxe protecteurs du mariage, Piotr et Févronia.

La Russie a des performances économiques remarquables. Le chômage est deux fois plus faible que chez nous. Elle a de fortes réserves de devises. Elle a doublé son niveau de vie en quelques années. Ses impôts et charges font 35% du produit national contre 55% en France, ce qui favorise l’esprit d’entreprise. Son impôt sur le revenu est de 13% (flat tax) ce qui permet la promotion des cadres salariés sans fortune.

La Russie se distingue par une grande sagesse couplée à une grande fermeté face à l’activisme brouillon de l’OTAN.

L’armée se redresse et la Russie a retrouvé une troisième place pour l’importance des dépenses militaires dans le monde (après les USA et la Chine). Elle possède la plus grande force nucléaire par le nombre de missiles.

Culturellement et religieusement le pays se redresse. L’Eglise orthodoxe russe bâtit à tour de bras. A Paris va se construire une cathédrale orthodoxe avec un grand centre culturel et spirituel.

Quant au redressement politique, il est évident et la Russie compte autant que les USA, de plus en plus. Elle se distingue par une grande sagesse couplée à une grande fermeté face à l’activisme brouillon de l’OTAN.

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Yvan Blot : "L’Union européenne est un relais des Etats-Unis"

Yvan Blot : “L’Union européenne est un relais des Etats-Unis”

19/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, Yvan Blot fut l’un des fondateurs du Club de l’Horloge, aux côtés d’Henry de Lesquen et de Jean-Yves Le Gallou. Il développa pendant plusieurs décennies des positions iconoclastes (immigration, démocratie directe …) et poursuivit ses travaux de philosophie politique à travers de nombreux ouvrages. Ses derniers titres publiés sont L’Europe colonisée et Nous les descendants d’Athéna (2 tomes, ici et ). Très fin connaisseur des réalités russes, il est consultant pour le groupe de médias La Voix de la Russie.

Propos recueillis par Romain Vincent


Vous venez de publier L’Europe colonisée aux éditons Apopsix. Qu’est-ce qui vous a poussé à rédiger cet ouvrage ?

J’ai pu voir que l’Europe était colonisée notamment lorsque j’étais député au parlement européen. Plusieurs députés votaient alors toujours contre les intérêts européens et pour les intérêts américains. C’est un exemple parmi d’autres. Plus récemment, j’ai vu la diplomatie américaine essayer de creuser un fossé entre l’Europe occidentale et la Russie. En relisant Le grand échiquier de Zbignew Brzezinski, le conseiller des présidents américains, j’ai bien vu que ceux-ci voulaient faire de l’Europe une colonie et qu’ils visaient l’hégémonie mondiale. L’actualité en Ukraine m’a aussi poussé à faire cet ouvrage sur l’Europe.

Cela m’a permis de définir quatre formes de colonisation : l’exploitation (économique), la satellisation (politique), l’immigration de masse (les hommes) et l’aliénation intellectuelle et morale (la cause finale d’Aristote).

Dans votre livre, vous prenez en référence Aristote et Heidegger pour décrire une situation très actuelle, la colonisation du continent européen. Quels ont été leurs apports à votre réflexion ?

Aristote a défini les quatre causes de chaque phénomène humain dans sa Métaphysique : la cause matérielle ( la technique, l’économie), la cause formelle (les normes), la cause motrice (les hommes) et la cause finale (la religion, la culture, les valeurs). Heidegger a repris cet outil intellectuel avec d’autres noms (terre ciel, mortels, Divinité).

Cela m’a permis de définir quatre formes de colonisation : l’exploitation (économique), la satellisation (politique), l’immigration de masse (les hommes) et l’aliénation intellectuelle et morale (la cause finale d’Aristote). Ainsi, on n’oublie rien : on ne voit pas qu’un seul aspect de la colonisation, l’immigration par exemple.

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Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de "Présent" (2/2)

Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de “Présent” (2/2)

27/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Titre historique de la presse libre, Présent constitue depuis sa fondation en 1982 une bouffée d’air frais dans l’habituel confinement politiquement correct des kiosques. Frappé comme de nombreuses publications par le recul de la presse papier, le quotidien a connu fin 2013 une période de turbulences.

Repris par une nouvelle équipe d’amis et contributeurs, Présent repart plus que jamais à l’offensive, les combats ne manquent pas et les premières lignes militantes réclament des munitions intellectuelles. C’est dans cet esprit que Novopress a noué en juin dernier un partenariat quotidien avec le journal.

Nous avons rencontré Francis Bergeron, directeur du comité de rédaction et Samuel Martin, rédacteur en chef.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Certains ont déjà sonné l’hymne funèbre de la presse papier. C’est pourtant oublier deux choses : d’une part de nombreux titres brillent par leur dynamisme (Eléments, Livr’Arbitres, La Nouvelle Revue d’Histoire), d’autre part que le papier permet de prendre le temps d’une lecture réfléchie et méditée et constitue un support indispensable de transmission horizontale (amis, relations) et verticale (générations futures)…

Francis Bergeron  : La presse papier ne sera plus jamais la voie royale de la diffusion de l’information. Et spécialement en France où les scléroses du passé (syndicat du livre CGT, code du travail, convention collective des journalistes , système de distribution, et les monopoles en découlant) ont tué une grande partie de cette presse papier. Regardez l’incroyable absence de diversité dans nos kiosques, et la faiblesse des tirages, surtout quand on compare avec les autres pays. Et s’il n’y avait pas les subventions gouvernementales pour la presse à faibles revenus publicitaires, les présentoirs des marchands de journaux seraient quasiment vides , Outre l’évolution des habitudes de lecture (sur écran plutôt que sur papier), ce type d’obstacle spécifiquement français empêche de redonner à Présent et aux journaux de ce type des niveaux de diffusion tels qu’on les connaissait il y a encore vingt ou trente ans.

Mais la presse papier a sa noblesse. Je dirais même que c’est le média noble par excellence. Le web, les médias sociaux la radio, la télévision, sont des médias de l’instantané, du spontané, de grands déversoirs d’information. La presse papier nécessite davantage de relecture, de qualité, de tri dans l’information, de hiérarchisation de celle-ci, et donc de recul.

Hier l’essentiel de l’information passait par la presse papier. Etre repris à la radio ou à la télévision, c’était la consécration. Je suis persuadé que demain nous vivrons le schéma exactement contraire : l’essentiel, la qualité, nous les trouverons dans la presse papier, compte tenu du caractère coûteux de ce média, compte tenu aussi de la pérennité du papier.

La presse papier n’est pas condamnée. Elle est condamnée à la qualité.

En élargissant le cercle de vos contributeurs, vous mettez un point d’honneur à ne pas être le journal d’une famille mais de toutes les familles d’un certain camp…

Samuel Martin  : En effet, et ce n’est pas l’expression d’un relativisme ni d’un fléchissement de notre ligne  ! Même si certains «  amis  », qui évidemment «  nous veulent du bien  », prétendent que c’est l’un et l’autre. Quotidien catholique de droite nationale, Présent entend, non pas représenter, mais refléter les multiples composantes du combat mené. Il a son identité, définie et à laquelle il croit  ; il est d’autant plus fort pour donner la parole à des mouvements, à des personnalités qui ne lui correspondent pas rigoureusement mais qui se trouvent engagés dans le même combat pour la sauvegarde de la France. Certains pensent que la lutte est d’abord religieuse, d’autres qu’elle est d’abord politique. On peut en discuter, la réalité est que la lutte existe. Exclure tel ou tel du champ de bataille ne revient qu’à affaiblir l’ensemble.

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Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de Présent (1/2)

Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de “Présent” (1/2)

26/08/2014 – PARIS (NOVOPress)
Titre historique de la presse libre, Présent constitue depuis sa fondation en 1982 une bouffée d’air frais dans l’habituel confinement politiquement correct des kiosques. Frappé comme de nombreuses publications par le recul de la presse papier, le quotidien a connu fin 2013 une période de turbulences.

Repris par une nouvelle équipe d’amis et contributeurs, Présent repart plus que jamais à l’offensive, les combats ne manquent pas et les premières lignes militantes réclament des munitions intellectuelles. C’est dans cet esprit que Novopress a noué en juin dernier un partenariat quotidien avec le journal.

Nous avons rencontré Francis Bergeron, directeur du comité de rédaction et Samuel Martin, rédacteur en chef.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Francis Bergeron, vous avez aux côtés de Jean-Pierre Blanchard repris les rênes de Présent il y maintenant plusieurs mois, dans quel contexte cette « reprise  » s’est-elle déroulée ?

Francis Bergeron  : Cette reprise s’est opérée dans un contexte extrêmement simple à exposer, plus compliqué à vivre : le journal était proche du dépôt de bilan, car il ne comptait plus que 2.000 abonnés et 300 ventes en kiosques. Moins de 3.000 lecteurs au total, y compris les abonnements sur Internet. 450.000 € de pertes cumulées. Ne rien faire, c’était la mort assurée.

Cinq amis de Présent (Jean-Pierre Blanchard, Me François Wagner, qui est le fils de Me Georges-Paul Wagner, l’un des dirigeants historiques de Présent, Raphaël Dubrule, Zita de Lussy et moi-même) ont répondu à une sorte d’appel au secours d’une partie de la rédaction de Présent et de la totalité de son équipe administrative, et ont accepté, bénévolement, de se partager les différentes actions de pilotage pour redresser le journal.

Tout changement suscite toujours des interrogations, des inquiétudes, même. Mais en l’occurrence ne rien faire était la certitude que ce quotidien, auquel nous étions tous très attachés, disparaitrait.

Nous avons pris de front et au plus vite toutes les problématiques du journal : la gestion des abonnements, le loyer de nos bureaux, le réglage des mises en kiosque, la défiscalisation des dons, la prospection etc. Sans parler du contenu rédactionnel.

Quel bilan tirez-vous des quelques mois écoulés ? Quels chantiers restent à conduire ? Quels sont les motifs d’espérance ?

Samuel Martin  : Les six mois écoulés ont été difficiles. Réorganiser le travail quotidien tout en l’assurant est une tâche compliquée. Cependant le journal a paru chaque jour et s’est amélioré. Il reste des défauts  ? Des lecteurs nous les signalent, nous les reprochent, peut-être ignorent-ils que ces défauts nous les connaissons mieux qu’eux  : ce sont les nôtres… Heureusement, d’autres lecteurs, plus bienveillants, nous félicitent pour les améliorations effectuées  ! Nous avons à progresser sur l’anticipation et la réactivité. Une plus grande structuration du journal est également un des chantiers de la rentrée. Les motifs d’espérance existent. D’une part il n’est pas possible qu’autant d’efforts conjugués en matières journalistique, commerciale et gestionnaire n’aboutissent pas à un résultat. D’autre part Présent existe «  de nouveau  », si l’on peut dire  : les gens le repèrent mieux en kiosque, et Libération, Le Monde l’ont cité. Cela n’était pas arrivé depuis longtemps. Cette visibilité est une des conditions de relance.

Présent constitue très concrètement le dernier quotidien dissident présent dans les kiosques. Son rôle est donc indispensable et s’articule donc avec les autres supports de réinformation. Cette complémentarité est-elle l’un de vos axes de travail prioritaires ?

Francis Bergeron  : Présent est en effet le seul quotidien papier de réinformation non conformiste ou dissident. Il n’entre en concurrence avec aucun autre média de même esprit. Mais il nous semble parfaitement complémentaire d’une radio comme Radio Courtoisie, d’une télévision comme TV libertés, ou encore du travail réalisé par Novopress, sans parler de Chiré-en-Montreuil, dans le domaine du livre et des revues.

Nous voulons développer très vite un maximum de partenariats, ceci pour plusieurs raisons : le temps nous presse, et Présent n’a donc ni les moyens ni le temps d’évoluer lui même dans son coin vers un outil multimédias. C’est un tournant qu’il aurait fallu prendre, une stratégie qu’il aurait fallu mettre en œuvre, il y a dix ans, peut-être, comme a su le faire par exemple Le Figaro. Aujourd’hui nous ne pouvons mobiliser l’essentiel de nos moyens, de nos forces vives, que vers le support papier : ce que nous faisons, ce que nous savons faire, et ce que nous devons faire encore mieux. Mais qui plus est, parce que la nature a horreur du vide, les nouveaux supports médiatiques, les médias sociaux, ont été (heureusement !) investis par des équipes de grand talent, très performantes, rodées à ces techniques particulières. Du même coup, la bonne solution, qui est aussi la seule, à mon sens, c’est de développer des partenariats avec ces équipes par une perméabilité de l’information entre les différentes supports, un accueil réciproque des collaborations, de la publicité croisée pour faire connaitre l’ensemble de nos outils auprès de nos publics respectifs.

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Philippe Conrad : "L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles"

Philippe Conrad : “L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles”

24/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Annoncé lors du colloque en hommage à Dominique Venner le 17 mai dernier, l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne a été fondé à la veille du solstice d’été sur les hauteurs du Mont Olympe en Grèce. L’objectif de cet institut est de “faire connaître au plus grand nombre l’histoire de la civilisation européenne par tout moyen (conférences, randonnées, formations, ateliers, stages, visites d’exposition, etc.)”. Nous avons interrogé Philippe Conrad (photo de Une), son président – qui a pris la suite de Dominique Venner à la tête de la Nouvelle Revue d’histoire – , sur les raisons de la fondation de l’Institut Iliade et les buts de cet institut.

L’Institut Iliade est présent sur les réseaux sociaux. Sur Facebook et sur Twitter.

NB : A compter du 1er septembre, vous pourrez écrire à l’Institut Iliade à cette adresse : ILIADE BP 75225 – 49052 ANGERS cedex 2. Jusqu’à cette date, pour écrire à l’institut, vous ne pourrez utiliser que l’adresse courriel : contact@institut-iliade.com

Propos recueillis par Arnaud Naudin


Au début de l’été a été fondé l’Institut Iliade sur les hauteurs du Mont Olympe. S’agissait-il de rappeler nos racines grecques ou de manifester une certaine prise de hauteur par rapport au monde actuel ?

La référence aux racines grecques de la civilisation européenne – tout comme le nom de l’Institut le suggère – est en effet manifeste, mais elle n’est pas exclusive. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise en effet à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles. Dominique Venner avait exprimé le souhait que son œuvre puisse être poursuivie, à savoir un travail d’historien méditatif sur la longue histoire et la mémoire de l’Europe. C’est ce que nous entreprenons aujourd’hui. Non par nostalgie bien sûr, mais parce que nous sommes persuadés, comme l’était Dominique Venner, que cette histoire et cette mémoire sont à la fois la matrice et levier de la prise de conscience du nécessaire réveil civilisationnel des peuples européens. Nietzsche ne déclarait-il pas que “le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire” ? L’enjeu est de faire face au phénomène de “grand remplacement” justement dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, et que Dominique Venner estimait être, dans sa dernière lettre, la menace principale pesant sur l’avenir des peuples européens : “Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations”. Nous souhaitons donc inciter les peuples européens à un “grand ressourcement”, à une reconquête de la fierté de leurs origines, de leurs racines, en un mot de leur identité afin de refuser leur sortie de l’histoire, leur “grand effacement” – prélude à leur “grand remplacement” par des populations autres sur le sol de leurs ancêtres.

Or la réponse au défi du risque de dilution de l’identité et de la mémoire européennes est moins politique – au sens étroit du terme – que préalablement culturelle, voire spirituelle. Lorsque Dominique, toujours dans sa dernière lettre, s’élève “contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire”, et contre “la métaphysique de l’illimité, source néfaste de toutes les dérives modernes”, il en appelle à un sursaut qui est d’abord intérieur. La réappropriation de notre identité est un défi personnel autant que collectif, car c’est la qualité de l’Etre qui est en jeu. Dès lors, l’ascension du Mont Olympe peut être certes interprétée comme une prise de hauteur. Mais peut-être davantage comme une forme de “recours aux forêts”, au sens où l’entendait Ernst Jünger, avec lequel Dominique partageait de nombreuses affinités.

Le Mont Olympe

Le Mont Olympe

Choisir “Iliade” comme nom, est-ce se placer dans les pas de Dominique Venner qui voyait l’œuvre d’Homère comme une des œuvres fondamentales pour les Européens ?

Effectivement, le choix du nom de l’Institut est un hommage explicite au texte homérique, ce “poème de la destinée” très bien décrit par Dominique. Mais avec lui, il faut y voir “la source oubliée de notre tradition, l’expression grecque de tout l’héritage indo-européen, celte, slave ou nordique, avec une clarté et une perfection formelle sans équivalent”. L’Iliade reste donc d’une brûlante actualité pour qui cherche les sources et les ressources nécessaires au réveil des peuples européens. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne s’inscrit dans cette filiation afin de promouvoir et maintenir le patrimoine éthique et esthétique commun à l’ensemble des peuples de la “Vieille Europe”, dans la diversité de leurs cultures particulières.

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Aymeric Chauprade : "Je crois que la France va s'en sortir"

[Archives Novopress] Entretien exclusif – Aymeric Chauprade : “Je crois que la France va s’en sortir”

24/10/2013 – 11h00
PARIS (NOVOpress) - Chronique du Choc des civilisations connaissant sa troisième édition (notamment actualisée), Novopress a rencontré son auteur, Aymeric Chauprade, un esprit brillant et non soumis au politiquement correct.

Aymeric Chauprade, dans cette réédition de Chronique du Choc des civilisations, vous consacrez un large chapitre à la présentation de ce choc et de son importance pour l’histoire européenne. Pourtant, certains veulent nier l’existence de ce choc, considérant que c’est une création des réseaux néo-conservateurs étasuniens. Mais, à la suite de Carl Schmitt et de Julien Freund, ne peut-on pas reconnaître que ce n’est pas parce que nous refusons ce choc des civilisations qu’il n’existe pas. Ne peut-on pas affirmer ainsi que depuis les Thermopyles c’est un élément fondateur de la civilisation européenne ?

Le choc des civilisations est une réalité de l’Histoire même si, je le répète souvent, l’Histoire ne saurait se réduire au seul choc des civilisations. Notre civilisation, la civilisation européenne, est en compétition avec d’autres depuis des millénaires. Nous pouvons même dire qu’elle est en guerre depuis des millénaires si nous ne restreignons par le terme de guerre à l’idée d’affrontement militaire mais que nous y intégrons les intérêts économiques, stratégiques, l’affrontement des systèmes de normes, de valeurs…

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[Entretien exclusif Novopress] Joachim Veliocas : "Je ne m’attendais pas à voir le sujet en Une du Figaro" 

[Entretien exclusif Novopress] Joachim Veliocas : “Je ne m’attendais pas à voir le sujet en Une du Figaro“ 

31/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Joachim Veliocas de l’Observatoire de l’islamisation a semble-t-il réussi le buzz médiatique de ces derniers jours. En effet, son enquête portant sur la vente de livres jihadistes dans les magasins Carrefour pendant le Ramadan s’est retrouvé à la Une du Figaro et est même désormais relayée par la presse étrangère. Novopress l’a rencontré à cette occasion.

Propos recueillis par Arnaud Naudin


Joachim Veliocas, vous venez de frapper un bon coup. En effet, notamment le Figaro, la presse relaie votre enquête sur la vente de livres jihadistes lors du Ramadan chez Carrefour. Comment la presse a-t-elle été informée de votre enquête ?

La presse a été informée via les réseaux sociaux. Judith Waintraub du Figaro a « retweeté » notre enquête vidéo dès le 18 juillet, et ses autres confrères du journal ont fait de même comme Stéphane Kovacs. Ils avaient 15 jours de décalage mais c’est mieux que Le Monde qui n’en parle toujours pas aujourd’hui alors que la polémique est relayée dans la presse internationale ce jour même. Stéphane Kovacs a écrit l’article de lundi dernier, et eut la délicatesse de me prévenir avant parution. Je ne m’attendais pas à voir le sujet en Une du Figaro !

Pouvez-vous revenir sur votre enquête ?

Deux auteurs sont visés dans mon enquête. L’un, l’imâm Nawawi,(1233- 1277) est un des fondateurs de l’école juridique shaféite du sunnisme, qui compte quatre écoles, les autres étant le malékisme, le hanbalisme et le hanéfisme. Une référence intemporelle, son surnom est quand même « Le cheikh de l’islam », ses livres sont dans toutes les librairies musulmanes, même à l’Institut du monde arabe, un incontournable de la jurisprudence islamique. Dans deux livres vendus dans les 1.000 points de ventes (dont Carrefour, Fnac etc.) Les 40 hadith et Les Jardins des Saints il prescrit, et cela n’a jamais été suspendu car il se base sur les propos de Mahomet, de tuer les apostats, de tuer les couples non mariés. Concernant le jihad, Nawawi rapporte les paroles de Mahomet qui aurait déclaré : « Parcourir le monde signifie combattre pour la cause de Dieu » dans Le Jardin des Saints édité chez AlBouraq . Il ne s’agit pas de simplement se défendre mais d’imposer la parole d’Allah plus haute que celle des autres religions, le prophète des musulmans dit encore : « Le combat mené pour que la parole de Dieu soit la plus élevée est le combat pour la cause de Dieu ». Plus élevée que les lois impies de la république française par exemple…

Le même ouvrage interdit aux esclaves de quitter leurs maîtres, l’esclavage n’a jamais été aboli par les juristes musulmans, et pour cause le prophète lui même l’a autorisé ! Il faut savoir que l’esclavage est largement pratiqué aujourd’hui dans les Etats islamiques, comme au Niger, en Mauritanie, au Nigeria, au Soudan, en Arabie Saoudite, au Qatar. Pendant mes études, j’avais un camarade marocain, Mohamed, qui m’assurait que ses parents avaient un esclave noir à la maison. Une charge qui s’hérite de père en fils, ils seraient heureux et bien traités selon cet ami avec qui j’avais étudié et entretenais d’excellents rapports. Mais cet esclavage-là n’intéresse pas Christiane Taubira qui considère le sujet uniquement comme une arme pour culpabiliser les Français blancs.

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