[Les Grands Entretiens de Novopress] Un certain questionnaire de Proust avec Christopher Gérard 3/3

[Les Grands Entretiens de Novopress] Un certain questionnaire de Proust avec Christopher Gérard 3/3

20/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Quelle plus belle présentation de Christophe Gérard que ces mots du grand critique Pol Vandromme : « Christopher Gérard pense à contre-courant du siècle et écrit à contre-mode de la platitude littéraire d’aujourd’hui. » ? A l’occasion de la réédition à L’Âge d’Homme de son roman Le Songe d’Empédocle (en librairie le 20 mars), nous sommes allés à la rencontre de cet Européen à la longue mémoire.

Propos recueillis par Pierre Saint Servant


Le principal trait de votre caractère ?

Le goût pour la contemplation, couplé à une forme d’impertinence.

La qualité que vous préférez chez un homme ?

La droiture.

La qualité que vous préférez chez une femme ?

La fidélité.

Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ?

Droiture et fidélité.

Votre principal défaut ?

L’ impatience !

Votre occupation préférée ?

Flâner, lire et rêver.

Ce que vous voudriez être ?

Poète.

Où aimeriez-vous vivre ?

Venise, Oxford, un manoir en Touraine…

Le lieu où vous vous sentez le plus l’âme européenne ?

Le Panthéon de Rome.

Vos auteurs favoris en prose ?

Stendhal, Morand, Gracq.

Vos poètes préférés ?

Ronsard, Nerval, Verlaine.

Vos musiciens préférés ?

Bach, Scarlatti, Chopin.

Trois personnages que vous admirez particulièrement ?

Socrate, l’empereur Julien, Nietzsche.

Trois noms qui vous sont chers ?

Alexandre, Hélène, Vladimir.

Le fait militaire que vous estimez le plus ?

La résistance des Grecs aux Thermopyles.

Le don de la nature que vous voudriez avoir ?

Peindre.

Comment aimeriez-vous mourir ?

D’un coup.

Votre état d’esprit actuel ?

Mélancolique.

Votre devise ?

Fortitudo et sapientia
(courage et sagesse)

Crédit photo : Christopher M. Gérard (c).

[Les Grands Entretiens de Novopress] Christopher M. Gérard : "Jünger est un seigneur, qui n’a pas dérogé" 2/3

[Les Grands Entretiens de Novopress] Christopher M. Gérard : “Jünger est un seigneur, qui n’a pas dérogé” 2/3

18/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Quelle plus belle présentation de Christophe Gérard que ces mots du grand critique Pol Vandromme : « Christopher Gérard pense à contre-courant du siècle et écrit à contre-mode de la platitude littéraire d’aujourd’hui. » ? A l’occasion de la réédition à L’Âge d’Homme de son roman Le Songe d’Empédocle (en librairie le 20 mars), nous sommes allés à la rencontre de cet Européen à la longue mémoire.

Propos recueillis par Pierre Saint Servant


Vous citez volontiers Ernst Jünger parmi vos maîtres, vos créanciers spirituels. Comment avez-vous rencontré son œuvre ?

Par les Orages d’acier, magnifique journal des tranchées, que j’ai lu étudiant. Par Les Falaises de marbre – un livre talisman pour moi. Puis par les Journaux parisiens, lus à l’armée, et ensuite tout le reste.

Si vous deviez retenir trois grandes idées ou visions dans la cohorte de ses essais, journaux et correspondances, quelles seraient-elles ?

Les idées ne m’intéressent guère : j’imagine le jeune biologiste à Naples avec son nœud papillon, le capitaine de la Wehrmacht qui sauvegarde des archives pendant la Campagne de France, l’entomologiste aux cheveux blancs, le centenaire qui grille une cigarette dans son jardin… Il y a quelque chose de magique chez cet homme. Une lumière intérieure, une probité, une classe. Voyez le buste qu’en a fait Breker : impérial.

Si Ernst Jünger est reconnu – peut-être plus en France qu’en Allemagne – comme un auteur majeur du XXème siècle, il est peut être d’autant plus extraordinaire par l’exemplarité de sa vie. Sa « tenue » comme dirait Dominique Venner. Qu’en pensez-vous ?

Bien sûr ! Comment ne pas être séduit par la haute tenue de l’homme, sa noblesse si visible, qui font de lui un modèle d’altitude. Un seigneur, subtil et érudit, sensible et lucide. Rara avis !

Ceux qui envisagent l’œuvre de Jünger de manière trop figée, comme l’Université y invite souvent, y découpent facilement des blocs (l’élan guerrier, l’exaltation nationaliste, l’admiration pour la technique puis sa critique, le retrait de l’anarque …). Jünger n’est-il pas tout simplement Européen, c’est-à-dire déterminé à faire naître de la confrontation des actes et des idées un dépassement par le haut. Ce qu’il semble avoir pleinement réussi en un siècle de vie…

Jünger est un seigneur, qui n’a pas dérogé. Pour ma part, c’est davantage l’observateur des hommes et de la nature, le capitaine des troupes d’occupation qui salue l’étoile jaune, le conjuré de 44, le subtil diariste qui me séduisent. Le romancier de Sur les falaises de marbre, qui nargue un régime sombrant dans la folie furieuse – les massacres de Pologne et d’ailleurs. L’anarque, en un mot. Le théoricien de la technique, le nationaliste des années 1920 ne m’intéressent qu’à titre anecdotique.

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[Les Grands Entretiens de Novopress] Christopher Gérard : "Leurres et simulacres peuplent notre modernité finissante" 1/4

[Les Grands Entretiens de Novopress] Christopher Gérard : “Leurres et simulacres peuplent notre modernité finissante” 1/3

16/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Quelle plus belle présentation de Christophe Gérard que ces mots du grand critique Pol Vandromme : « Christopher Gérard pense à contre-courant du siècle et écrit à contre-mode de la platitude littéraire d’aujourd’hui. » ? A l’occasion de la réédition à L’Âge d’Homme de son roman Le Songe d’Empédocle (en librairie le 20 mars), nous sommes allés à la rencontre de cet Européen à la longue mémoire.

Propos recueillis par Pierre Saint Servant


Vous écrivez de votre héros, le jeune Padraig, « à quinze ans, il était déjà un émigré de l’intérieur ». Qu’a donc ce monde moderne pour susciter ainsi chez les esprits les plus vifs ou les plus sensibles un tel sentiment de rejet ? Ou peut-être que n’a-t-il pas ?

songe-empedocle-christopher-gerardComme le remarqueront les lecteurs du Songe d’Empédocle, le jeune Padraig est du genre à avoir « la nuque raide », pour citer l’Ancien Testament, une fois n’est pas coutume. Je veux dire que ses origines hiberniennes et brabançonnes ne prédisposent en rien cet homme archaïque à la soumission, fût-elle grimée en divertissement festif, ni à la docile acceptation des dogmes, quelle que soit leur date de fabrication. Druide et barde à la fois, il ne peut que suffoquer dans l’étouffoir spirituel que représente son époque, définie en ces termes  par le regretté Philippe Muray : « Le grand bain multicolore du consentir liquéfiant ». Eh bien, le Vieil-Européen qu’est Padraig ne consent ni ne baigne ! Il surnage en recrachant une eau souillée, en jurant aussi – By Jove. L’inversion des valeurs, l’ostracisme contre toute verticalité, le règne des parodies, la plébéisation du monde meurtrissent ce clerc obligé de vivre dans une clandestinité supérieure.

Vous le savez aussi bien que moi : il n’est jamais drôle de participer au déclin d’une civilisation. Dans son Introduction à la métaphysique, Martin Heidegger dit l’essentiel sur l’âge sombre qui est le nôtre : « Obscurcissement du monde, fuite des Dieux, destruction de la terre, grégarisation de l’homme, suspicion haineuse envers tout ce qui est créateur et libre ».

N’oublions pas non plus que notre ami Padraig vit à Bruxelles, capitale de la Fédération, dont la bureaucratie tentaculaire construit ce trou noir où s’évapore l’homme de chair et de sang…

Alors qu’elles irriguent toute votre œuvre et – nous le devinons – toute votre vie, comment fûtes-vous confronté à la culture antique et aux traditions européennes ? Cette eau irriguait-elle encore votre famille ou avez-vous dû remonter à contre-courant jusqu’à la source ?

La Belgique, nos voisins français l’ignorent souvent, est un pays fort singulier, difficile à comprendre, car encore très médiéval, traversé de clivages qui peuvent (à tort) prendre l’apparence de frontières : la langue, l’argent (comme partout), la sensibilité philosophique. On appartient au réseau catholique, soit au réseau laïc – ce qui conditionne le choix de l’école, de l’université, et donc du milieu fréquenté. Du conjoint aussi. Né dans un milieu déchristianisé depuis le XIXème siècle – des socialistes purs et durs qui, en 1870, par solidarité avec la Commune, descendirent dans la rue avec le drapeau rouge – je suis le fruit de l’école publique, et fier de l’être. J’ai étudié à l’Université de Bruxelles, créée peu après notre indépendance en réaction à la mainmise du clergé sur l’enseignement. Par tradition familiale et scolaire, j’appartiens à ce milieu anticlérical (mais non plus socialiste, même si mon grand-père était, comme tant d’autres anciens combattants, monarchiste de gauche) qui a ses ridicules et ses grandeurs, comme la bourgeoisie catholique. Dès l’âge de douze ans, j’ai eu la chance d’étudier le latin à l’athénée (et non au collège – clivage oblige), un latin exempt de toute empreinte chrétienne : l’Antiquité, la vraie, la païenne, m’a donc été servie sur un plateau d’argent par des professeurs d’exception, de vrais moines laïcs que je ne manque jamais de saluer. Comme en outre, j’ai participé dès l’âge de treize ans à des fouilles archéologiques dans nos Ardennes, le monde ancien m’a très vite été familier. J’en parle dans La Source pérenne, qui retrace mon itinéraire spirituel : en dégageant les ruines d’un sanctuaire païen du Bas Empire, en nettoyant tessons et monnaies de bronze portant la fière devise Soli invicto comiti, en reconstruisant les murs du fanum gallo-romain (car en plus d’être terrassier, j’ai aussi joué au maçon – l’archéologie comme humanisme intégral), j’ai pris conscience de mon identité profonde, antérieure. Ce paganisme ne m’a pas été « enseigné » stricto sensu puisque mon entourage était de tendance rationaliste. Je l’ai redécouvert seul… à moins que les Puissances – celles du sanctuaire ? – ne se soient servies de moi. Les lectures, les fouilles, le goût du latin puis du grec, des expériences de type panthéiste à l’adolescence dans nos forêts, tout cela a fait de moi un polythéiste dès l’âge de seize ans. Depuis, je n’ai pas dévié et n’ai aucunement l’intention de le faire : je creuse mon sillon, en loyal paganus.

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bercoff

André Bercoff : “La question identitaire est fondamentale.”

source : Boulevard Voltaire – “La question identitaire est fondamentale.”

Depuis quarante ans, sa plume sans pitié trace le portrait de notre époque dans Le Monde, Libé, Le Nouvel Observateur, mais aussi dans… Playboy et Lui. Figure de la presse française, mais aussi de la télévision, où il intervient régulièrement, homme de gauche à l’ancienne, Bercoff prône le retour du courage en politique.

Dans votre dernier livre, Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et moi, vous envisagez “l’implosion de notre société”..

C’est une possibilité, à plus ou moyen terme. Il y a de nombreux facteurs aggravants. Les politiques au pouvoir se foutent de plus en plus de la gueule du peuple, on l’a vu avec le référendum de 2005. Si on continue à ne jamais écouter les gens, il faut s’attendre à une réaction violente… Je pense que nous devons tous agir, sans forcément se contenter des élections. Il y a d’autres formes d’action que peuvent avoir les citoyens à l’heure d’Internet. À chacun de s’en servir. Le soulèvement peut venir d’en bas, comme je l’ai raconté dans ma série de politique-fiction publiée l’été dernier dans Valeurs actuelles. Cela peut être soudain, et prendre de court les princes qui nous gouvernent.

Selon vous, nous manquons de personnages à la hauteur des enjeux ?

Oui, incontestablement. Nous vivons dans une monarchie républicaine créée par de Gaulle, à la taille du Général. Le souci, c’est qu’actuellement, je ne vois personne capable d’enfiler son trop grand costume. Il faudrait au moins que nos dirigeants prennent exemple sur ce qui s’est fait à l’étranger. Aux États-Unis dans les années 80, Reagan a remis le pays en état de marche, après les désillusions des années 70. Même chose pour Thatcher en Grande-Bretagne. Elle a dû affronter des grèves terribles, et quand elle sortait, elle se faisait insulter, caillasser. Il faut arrêter avec cette histoire de popularité. Il faut arrêter avec les promesses idiotes comme celle de Hollande qui disait qu’il allait « inverser la courbe du chômage ». Les politiciens doivent retrouver le courage d’agir en faveur de réformes sans doute brutales. Regardez ce qu’a fait Schröder en Allemagne il y a dix ans, et regardez son pays maintenant. Nos élus sont obsédés et paralysés par leur réélection. C’est pour cela qu’en France, je prône le septennat non renouvelable. Comme ça, le Président pourra agir sans arrière-pensée !

Défenseur de la laïcité, vous vous faites souvent traiter de “facho”, vous, l’homme de gauche. Comment le prenez-vous ?

Certains auront toujours besoin de coller des étiquettes. Mais les étiquettes, c’est bon pour les produits sous vide ! Tant pis si on me traite de facho parce que je défends la loi de la République et que j’ose dialoguer avec des moutons noirs. Oui, je dis que nous devons appliquer la loi dans toute sa rigueur, séparer la mosquée, l’église ou la synagogue de l’État ! La laïcité est notre bien le plus précieux. C’est un truc bien français, que le monde nous envie. Je vais souvent au Moyen-Orient. Eh bien, j’y rencontre quantité de gens qui rêvent de notre laïcité.

Vous soulevez également le “problème identitaire” de notre pays…

Évidemment, la question identitaire est fondamentale. Mais il est déjà tard pour le résoudre. Nous allons au devant de quelque chose de grave. Né au Liban, j’ai vu ce que les dynamiques démographiques peuvent produire. Je ne dis pas qu’en France on est dans le même cas, mais on y va tout droit à long terme. Oui, j’ai peur d’une libanisation de la France ! Nous ne sommes plus du tout dans un problème de droite ou de gauche : c’est dépassé. Je crois au volontarisme lucide. Il n’est plus question de tergiverser : mettons tous les problèmes sur la table, et débattons librement, avec tout le monde ! Ensuite, prenons des mesures musclées. Il faut définir la France que nous voulons, il faut définir ce qu’est notre pays, ce que nous sommes en tant que Français. Qu’est-ce qu’être Français à notre époque ? Si on met l’identité de côté, on court au désastre. Mais je ne serai peut-être plus là pour le voir…

Entretien réalisé par Joris Karl

Jean-Yves Le Gallou présente « La désinformation publicitaire »

Jean-Yves Le Gallou sur Boulevard Voltaire : « Si tout le monde peut être Français, le communautarisme est inévitable »

Source : Boulevard Voltaire – « Si tout le monde peut être Français, le communautarisme est inévitable »

Le mot « Français » est souvent complété d’une appartenance communautaire… Que veut-il dire ?
Il existe deux sens très différents au mot « Français » aujourd’hui.
Un sens administratif, d’abord : être Français, c’est avoir une carte d’identité française.
Un sens historique et culturel, ensuite, pour les Français de civilisation européenne et d’expression française.
De ces deux définitions découlent une série de confusions devenues récemment caricaturales avec l’expression « djihadistes français ». Cette appellation est juridiquement vraie mais elle n’a aucun sens si l’on considère la définition culturelle et historique du mot « Français ».

Quelle évolution du Code de la nationalité a permis un tel fossé entre différents « Français » ?
Depuis 1803 (Première République !), la base de la nationalité est la filiation et, donc, le droit du sang : un expatrié a, par exemple, des enfants français.
Mais cette règle a été progressivement déviée par l’ajout d’éléments de droit du sol : un enfant né en France de parents étrangers peut devenir automatiquement français entre 13 et 18 ans, et un enfant né en France de parents eux-mêmes nés en France est automatiquement français… S’ajoutent à cela des naturalisations de masse sans sélection. Résultat : on fabrique chaque année autour de 150.000 « Français » dont beaucoup ne sont absolument pas assimilés.
Il y avait eu un grand débat en 1986 autour de la suppression de ces éléments de droit du sol. Le slogan du FN était : « Être Français, cela s’hérite ou se mérite », mais ce point de vue était aussi défendu par le RPR et l’UDF !
Malheureusement, cette même année, de nombreuses manifestations étaient organisées contre la loi Devaquet qui voulait réformer l’Université et, à cette occasion, un jeune manifestant d’origine immigrée, Malik Oussekine, était mort… Victime d’une campagne de sidération médiatique, le gouvernement Chirac avait alors abandonné sa loi sur l’Université et la réforme de la nationalité.
Il créait à la place la Commission de la nationalité qui a théorisé la conception « citoyenne » de la nationalité contre la volonté du peuple qui avait soutenu à 55 % des partis opposés à celle-ci.

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[Entretien exclusif] Charles Robin : "Mai 68 a permis la mutation du libéralisme en libéralisme-libertaire" (2/2)

[Entretien exclusif] Charles Robin : “Mai 68 a permis la mutation du libéralisme en libéralisme-libertaire” (2/2)

07/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Venu de l’extrême gauche – de la LCR exactement – Charles Robin est l’un des esprits les plus vifs de cette jeune génération qui a transporté sa critique sociale du champ libertaire vers le camp de la résistance anti-libérale enracinée.

Après plusieurs livres publiés en autoédition, il vient de signer aux éditions Krisis un remarquable ouvrage de synthèse sur la convergence libérale-libertaire qui a pris le contrôle de nos sociétés. Indispensable pour quiconque veut saisir les racines philosophiques de ce grand raz-de-marée qui souhaite gommer toutes les différences, les identités ; rompre toutes les filiations et les solidarités ancestrales, pour installer définitivement le règne du Même au service de la superclasse mondiale.

Si l’on peut ne pas partager toutes les options de Charles Robin, sur l’importance secondaire des identités ethniques, religieuses et culturelles dans notre société française, on ne saurait se priver d’une telle synthèse, à mettre dans notre bibliothèque aux côtés des récents ouvrages d’Alain de Benoist ou Hervé Juvin.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Mai 1968 a été un formidable point de convergence de l’extrême gauche libertaire et du capitalisme américanisé. Au-delà des slogans et de l’imagerie d’Epinal, quelle est l’importance réelle de ces « événements » ?

Dans son livre Néo-fascisme et idéologie du désir (1973), le philosophe Michel Clouscard décrivait les événements de Mai 68 comme une « contre-révolution ». Il voulait dire par là que ces événements avaient fourni au libéralisme l’occasion de sa mutation en une forme nouvelle, celle qu’il désigne sous le précieux concept de « libéralisme libertaire ».

Ainsi, à l’esprit du capitalisme autoritaire et traditionaliste hérité du fordisme et du taylorisme (marqué par la parcellisation des tâches et la mécanisation de l’industrie) allait désormais succéder un nouvel esprit du capitalisme, orienté non plus sur la répression du désir et l’interdit (incarné par le producteur), mais sur sa libération et la permissivité (incarné par le consommateur). En confondant ainsi tragiquement lutte anticapitaliste et lutte anti-autoritariste, les acteurs de Mai 68 allaient ainsi apporter une caution « libertaire » (donc « moderne ») à l’exploitation capitaliste de la liberté et du désir individuels. L’hypersexualisation de nos sociétés contemporaines (pour ce qui concerne, du moins, la présentation médiatique des choses) est évidemment symptomatique de cette opportunité du « lâcher-prise » pulsionnel pour la domination marchande. En sollicitant en permanence la participation à la machine capitaliste de notre bas-ventre, on s’assurait ainsi – si j’ose dire – de maintenir le centre gravitationnel de notre manière d’être et de notre rapport au monde en-dessous de la ceinture. Une forme paradoxale de la domination, puisqu’elle tend à convertir tous nos désirs individuels en ressource énergétique au service de l’industrie de la consommation.

Vous parlez d’économie libidinale pour caractériser l’étape d’extension du marché que nous connaissons actuellement. Que recouvre ce terme ?

Pour bien comprendre cette idée, il est absolument nécessaire de rompre avec cette opinion courante qui voudrait que toute domination politique emprunte obligatoirement les voies de l’autoritarisme et de la « soustraction de jouissance ».

En réalité, le libéralisme aura accompli cet exploit, inédit au regard de l’Histoire, d’avoir su articuler et tenir ensemble la plus complète des dominations avec la plus absolue – mais aussi la plus abstraite – des libertés pour les individus. Il aura suffi, pour ce faire, d’introduire méthodiquement dans nos esprits l’idée (héritée de la philosophie empiriste) que c’est dans la satisfaction de nos désirs pulsionnels que se manifeste le signe ultime de la liberté humaine.

Une réduction de la liberté à la pulsion, quand les Anciens voyaient justement dans la « retenue » à l’égard de ses passions et de ses affects la forme accomplie de la liberté et de la sagesse. Camus disait : « Un homme, ça s’empêche ». Autrement dit, un être humain se définit d’abord par sa capacité à dire « non », à refuser, à résister. N’est-il pas significatif, à cet égard, que le verbe « succomber » désigne à la fois le fait de céder à la « tentation » et de « rendre l’âme » ? L’économie libidinale du capitalisme – c’est-à-dire la stimulation et l’exploitation de notre libido au profit des intérêts du Marché – débordant évidemment le seul cadre de l’industrie du sexe, puisqu’il conditionne désormais l’ensemble de notre rapport à la marchandise : une marchandise déifiée, sacralisée et fétichisée, par laquelle se manifeste le règne de l’Avoir et du Signe, qui s’édifie sur les décombres de l’Être et du Sens.

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[Entretien exclusif] Charles Robin : "Le libéralisme prospère sur les ruines de la common decency" (1/2)

[Entretien exclusif] Charles Robin : “Le libéralisme prospère sur les ruines de la ‘common decency’” (1/2)

06/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Venu de l’extrême gauche – de la LCR exactement – Charles Robin (photo) est l’un des esprits les plus vifs de cette jeune génération qui a transporté sa critique sociale du champ libertaire vers le camp de la résistance anti-libérale enracinée.

Après plusieurs livres publiés en autoédition, il vient de signer aux éditions Krisis un remarquable ouvrage de synthèse sur la convergence libérale-libertaire qui a pris le contrôle de nos sociétés. Indispensable pour quiconque veut saisir les racines philosophiques de ce grand raz-de-marée qui souhaite gommer toutes les différences, les identités ; rompre toutes les filiations et les solidarités ancestrales, pour installer définitivement le règne du Même au service de la superclasse mondiale.

Si l’on peut ne pas partager toutes les options de Charles Robin, sur l’importance secondaire des identités ethniques, religieuses et culturelles dans notre société française, on ne saurait se priver d’une telle synthèse, à mettre dans notre bibliothèque aux côtés des récents ouvrages d’Alain de Benoist ou Hervé Juvin.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Vous accomplissez un travail fondamental de retour aux sources philosophiques du libéralisme, pourquoi ? En quoi la critique économique du libéralisme est-elle insuffisante voire inopérante ?

En bon disciple de Hegel, je suis absolument convaincu des vertus philosophiques de ce qu’on appelle la « phénoménologie », terme qui désigne – pour le dire vite – la recherche d’une logique sous-jacente aux phénomènes à l’œuvre (qu’ils soient d’ordres économique, politique, mais aussi culturel, moral ou anthropologique). Produire la phénoménologie du libéralisme, c’est donc tenter de remonter de ses effets quotidiens les plus manifestes (la précarité économique grandissante, la détérioration du lien social, Nabilla, etc.) à ses origines historiques et intellectuelles primordiales, pour espérer pouvoir en extraire – suivant la formule consacrée – la quintessence philosophique. Or, sur ce point, l’étude des auteurs libéraux classiques fournit à l’analyse de solides points d’appui. Ainsi, il est intéressant de noter que, dès le XVIIIème siècle, on trouve déjà formulées – notamment à travers la figure d’un Voltaire – les principales implications politiques et culturelles du projet libéral. Notamment (pour ne prendre que cet exemple) l’idée selon laquelle la libre poursuite par les individus de leurs intérêts et de leurs désirs (fondement pseudo-anthropologique de notre actuelle idéologie « libertaire ») constituerait le gage le plus puissant de la prospérité économique des nations capitalistes. L’exemple le plus emblématique (et aussi le plus caricatural !) étant probablement la fameuse Fables des abeilles (1714) de Bernard Mandeville, censée démontrer, sous une forme allégorique, que « les défauts des hommes, dans l’humanité dépravée, peuvent être utilisés à l’avantage de la société civile, et qu’on peut leur faire tenir la place des vertus morales ». Il s’agit donc, à travers cette image, de promouvoir la libre expression des égoïsmes comme source et condition de la croissance économique. Une allégorie écrite il y a trois siècles, et qui anticipait, de façon quasi prophétique, sur les métamorphoses contemporaines de nos sociétés. Soit – pour le dire d’une manière à la fois pédagogique et synthétique – la complémentarité et l’unité fondamentales du libéralisme économique et du libéralisme culturel, qui trouve son incarnation ultime dans l’actuelle fusion idéologique de la Gauche « internationaliste » et de la Droite « mondialiste ».

Le refus de toute verticalité est pour vous caractéristique de l’idéologie libérale, qui privilégie l’individu à la communauté, la logique de l’intérêt au sens du sacrifice. Pouvez-vous illustrer cette opposition entre transcendance et immanence ?

L’hypersensibilité hallucinante de la classe politique sur la question de la laïcité (loi de séparation de l’Église et de l’État adoptée en 1905) suffit à vérifier – de l’opportunisme politique d’une Marine Le Pen à la transe mystique d’un Vincent Peillon, pour lequel (rappelons-le tout de même) : « La laïcité [...], c’est une religion de la liberté, c’est une religion des droits de l’Homme » – l’allergie philosophique des libéraux à toute authentique notion de « transcendance », c’est-à-dire qui ne soit pas celle du fétichisme de la marchandise. Il faut en effet comprendre que, selon l’anthropologie libérale, l’Homme se définit d’abord comme un être sensible, c’est-à-dire capable d’éprouver du plaisir et de la douleur. Dans cette conception (fondement de l’empirisme de Locke, puis de l’utilitarisme de Bentham), c’est donc dans sa dimension corporelle et immanente que se situerait l’essence de l’être humain, quand les traditions philosophiques antérieures voyaient davantage dans sa dimension spirituelle et transcendante la qualité spécifique et le lieu d’accomplissement ultime de l’Homme. Par ce renversement dans la hiérarchisation classique des attributs humains (Corps/Esprit), c’est la vision de l’Homme elle-même qui allait se trouver transformée. En refusant d’accorder le moindre crédit philosophique à la notion de « sacré » (hormis à l’occasion de quelques processions sacrificielles telle que la dernière Charlie’s Pride nous en fournit le modèle), la doctrine libérale entérine ainsi, de fait, la réduction de l’être humain à un simple « carrefour de sensations », soumis aux seules lois gravitationnelles de l’intérêt et du désir. Un individu libéral atomisé, amputé de sa partie symbolique (celle qui produit du sens, c’est-à-dire à la fois une signification et une direction) au profit de l’Ego matérialiste triomphant. La transcendance n’est rien d’autre, sous cet angle de vue, que le surpassement effectif (c’est-à-dire réellement incarné) de la cellule de notre ego, condition constitutive de toute émancipation individuelle et collective. C’est la raison pour laquelle je pense qu’aucun socialisme authentique ne peut se concevoir sans cette assise symbolique primordiale, à défaut de laquelle rien ne viendrait justifier (conformément au mot d’ordre du NPA, auquel je souscris pleinement) que « nos vies valent plus que leurs profits ».

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Guerre en Ukraine : entretien exclusif avec l'association Vostok France solidarité Donbass

Guerre en Ukraine : entretien exclusif avec l’association Vostok France solidarité Donbass

05/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
L’une des conséquences du conflit au Donbass (Ukraine) entre forces de Kiev et séparatistes est la grave crise humanitaire qui touche les populations civiles. Pour leur venir en aide s’est constituée l’association Vostok France solidarité Donbass. Nous avons rencontré sa présidente Elena Ruffo-Kovriguina. L’association dispose, en plus d’un site, d’un compte Facebook et d’un compte Twitter.


Bonjour, pouvez-vous rappeler l’objet de voter association ? Quel son rôle ?

L’association Vostok France solidarité Donbass est une association humanitaire qui a été créée au mois d’août dernier afin de venir en aide à la population civile ukrainienne, sans distinction de son origine et de son religion, fuyants ou restants dans les zones de combats militaires à l’est de l’Ukraine.

A qui venez-vous en aide ?

Aujourd’hui notre aide est principalement concentrée sur la population civile de la région du Donbass à l’Est de l’Ukraine qui est ravagée par la guerre civile depuis 10 mois. La population que nous aidons ce sont des enfants, des femmes, des personnes âgées. Ces personnes ont survécu sous les bombes et les obus de longs mois, dans le froid, sans alimentation convenable, sans médicaments.

Pourquoi aidez-vous ces populations ?

Les villes et les infrastructures sont détruites, le système de santé presque inexistant suite à ces destructions massives et au blocus économique et bancaire instauré par le gouvernement ukrainien. Et au-delà, 5000 morts civiles dons 800 enfants, d’après le rapport de l’ONU… Le 21 janvier le gouvernement ukrainien a instauré l’interdiction de sortie du territoire du Donbass par la mise en place de barrages policiers, empêchant l’acheminement d’aide humanitaire ! Les médias occidentaux et ukrainiens ne parlent pas de cette crise humanitaire dont le représentant officiel de l’UNICEF en Ukraine qualifie comme une crise sans précédent.

Pourquoi avez-vous manifesté samedi 21 février à Paris devant l’ambassade d’Ukraine ? Avez-vous bénéficié d’une participation importante ?

Si nous nous sommes réunis le 21 février dernier devant l’Ambassade de l’Ukraine, c’est pour crier au gouvernement ukrainien et au monde entier notre inquiétude, notre douleur, notre compassion pour ces gens qui sont abandonnés à leur sort, mais aussi pour exiger du gouvernement ukrainienne et de la communauté internationale l’organisation de l’aide humanitaire massive en direction de la population civile du Donbass.

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[Entretien exclusif Novopress] Alain de Benoist : "Se rebeller contre le système exige d’adopter des modes de vie ou des styles de vie différents" 2/2]

[Entretien exclusif Novopress] Alain de Benoist : “Se rebeller contre le système exige d’adopter des modes de vie ou des styles de vie différents” 2/2]

05/02/2015 – PARIS (NOVOpress)
Figure de ce qu’il est convenu d’appeler la « Nouvelle Droite », Alain de Benoist (photo) a – par ses très nombreux travaux – profondément renouvelé notre famille de pensée, dans une optique transversale et métapolitique. Il vient de publier « Quatre figures de la Révolution Conservatrice allemande », ouvrage qui nous fait pénétrer dans l’immense richesse de ce mouvement d’idées, apte à nous donner des pistes pour les défis actuels.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


La Révolution Conservatrice semble trouver des échos inattendus dans la nouvelle critique anti-libérale qui émerge actuellement avec des auteurs tels que Jean-Claude Michéa, Dany Robert-Dufour mais aussi Hervé Juvin, ou encore le jeune Charles Robin que vous avez édité récemment. Que manque-t-il à ce renouveau pour qu’il puisse « faire école » ?

Disons que certaines thématiques propres à la Révolution Conservatrice resurgissent incontestablement aujourd’hui. Mais on pourrait en dire autant des idées des « non-conformistes des années trente », qu’il s’agisse de Thierry Maulnier, Bertrand de Jouvenel, Alexandre Marc, Robert Aron, Bernard Charbonneau et tant d’autres. Ce qu’il faut, c’est que cette tendance s’amplifie. Au-delà des évolutions individuelles, de plus en plus nombreuses, ce qui me paraît le plus de nature à y contribuer, c’est le fait que l’on voit aujourd’hui s’imposer de nouveaux clivages qui rendent chaque jour plus obsolète le vieux clivage droite-gauche. Le clivage essentiel est désormais celui qui oppose partisans et adversaires de la mondialisation, ou encore le peuple et la classe dominante. La critique du libéralisme peut dans cette optique jouer un rôle fédérateur

« Droite libérale et gauche sociétale semblent communier dans un même aveuglement », résume Christopher Gérard pour évoquer le récent ouvrage de Paul-François Paoli, Malaise de l’Occident. Vers une révolution conservatrice ? C’est la collusion de ces deux camps que vous démontrez implacablement depuis des décennies. Avez-vous le sentiment que cette compréhension avance ?

J’ai en effet ce sentiment. Jean-Claude Michéa a joué à cet égard un rôle très important, en montrant (ou en rappelant) l’identité de nature existant entre le libéralisme économique, surtout défendu par la droite, et le libéralisme culturel ou sociétal, surtout défendu par la gauche. La révolution permanente des mœurs ne peut qu’aller de pair avec la libération totale du marché, l’une et l’autre relevant d’une même conception anthropologique, fondée sur l’axiomatique de l’intérêt et sur ce que Heidegger appelle la « métaphysique de la subjectivité ». Un gouvernement associant à la fois Emmanuel Macron et Najat Vallaud-Belkacem en est une illustration frappante. Le fait nouveau est la réapparition « à droite » d’une critique radicale du capitalisme libéral, que je crois aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Elle a l’avantage de faire apparaître l’inconséquence tragique de ces « nationaux-libéraux » qui veulent à la fois défendre le système du marché et des « valeurs traditionnelles » que ce système ne cesse d’éliminer.

Disons que certaines thématiques propres à la Révolution Conservatrice resurgissent incontestablement aujourd’hui. Mais on pourrait en dire autant des idées des « non-conformistes des années trente », qu’il s’agisse de Thierry Maulnier, Bertrand de Jouvenel, Alexandre Marc, Robert Aron, Bernard Charbonneau et tant d’autres. Ce qu’il faut, c’est que cette tendance s’amplifie.

Paoli évoque « la précarité intellectuelle de nos enfants, des adolescents qui n’ont aucun repère et dont la culture historique est très pauvre. » et poursuit : « Le mode de vie consumériste fondé sur la consommation de masse a appauvri ce pays. Il l’a appauvri culturellement et symboliquement ». Pour conclure, ne peut-on pas envisager que si une révolution conservatrice est en germe, elle s’incarne plus dans des modes de vie dissidents (citadelle ou grain de sable) que dans une énième structure politique ?

Vous avez sans doute raison. Face à un système de l’argent en passe de se détruire lui-même du fait de ses contradictions internes, l’action politique, si utile qu’elle puisse être, trouve très vite ses limites. Se rebeller contre ce système exige d’adopter des modes de vie ou des styles de vie différents, ce qui implique un patient dessaisissement par rapport à l’idéologie dominante, à commencer par le primat des valeurs marchandes. Serge Latouche parle à ce propos de « décolonisation » de l’imaginaire symbolique, formule qui me paraît bien trouvée. C’est à cette condition que l’on pourra voir réapparaître à l’échelon local des « espaces libérés » où la réanimation du lien social permettra l’émergence d’une nouvelle citoyenneté sur la base de valeurs partagées.

Première partie de l’entretien

Crédit hoto : DR

[Entretien exclusif Novopress] Alain de Benoist : "La Révolution Conservatrice n’est pas du tout un mouvement unitaire" (1/2)

[Entretien exclusif Novopress] Alain de Benoist : “La Révolution Conservatrice n’est pas du tout un mouvement unitaire” (1/2)

04/02/2015 – PARIS (NOVOpress)
Figure de ce qu’il est convenu d’appeler la « Nouvelle Droite », Alain de Benoist a – par ses très nombreux travaux – profondément renouvelé notre famille de pensée, dans une optique transversale et métapolitique. Il vient de publier « Quatre figures de la Révolution Conservatrice allemande », ouvrage qui nous fait pénétrer dans l’immense richesse de ce mouvement d’idées, apte à nous donner des pistes pour les défis actuels.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


La Révolution Conservatrice retient depuis plusieurs décennies votre attention. Dans votre dernier ouvrage, vous avez choisi de l’aborder par l’intermédiaire de quatre personnalités, symbole probable de la grande diversité de ce mouvement. Comment définiriez-vous cette Konservative Revolution ?

Les représentants de la Révolution Conservatrice allemande n’ont que rarement utilisé ce terme pour se désigner eux-mêmes. L’expression ne s’est imposée qu’à partir des années 1950, à l’initiative de l’essayiste Armin Mohler, qui a consacré à cette mouvance un énorme « manuel » (La Révolution Conservatrice en Allemagne, 1918-1932) traduit en France en 1993. Elle désigne couramment ceux des adversaires de la République de Weimar, hostiles au traité de Versailles, qui se réclamaient d’une idéologie « nationaliste » distincte de celle du national-socialisme. Mohler les regroupe en trois familles principales : les jeunes-conservateurs (Moeller van den Bruck, Othmar Spann, Oswald Spengler, Carl Schmitt, Wilhelm Stapel, etc.), les nationaux-révolutionnaires (Ernst Jünger [photo], Franz Schauwecker, Ernst Niekisch, etc.) et les Völkische, qui sont des populistes à tendance souvent biologisante ou mystique. La Révolution Conservatrice n’est donc pas du tout un mouvement unitaire, même s’il existe entre ses représentants certains points communs. C’est plus exactement une mouvance, qui ne comprend pas moins de trois ou quatre cents auteurs, dont seule une minorité ont été traduits en français. Cette mouvance n’a pas à proprement parler d’équivalent dans les autres pays européens, mais pour ce qui concerne la France, on pourrait à bien des égards la rapprocher de ceux que l’on a appelés les « non-conformiste des années trente ».

Sous le IIIe Reich, peu de révolutionnaires conservateurs se sont ralliés au régime. Quand ils l’ont fait (comme Carl Schmitt), cela a généralement été pour peu de temps. Certains se sont exilés, quelques uns ont été assassinés (Edgar J. Jung), d’autres sont entrés dans la Résistance, ce qui leur a valu d’être emprisonnés (Ernst Niekisch) ou exécutés (Harro Schulze-Boysen). La plupart ont vécu dans une sorte d’exil intérieur (Jünger) rarement dépourvu d’ambiguïté.

Si la Révolution Conservatrice reste méconnue en France, n’est-ce pas en partie à cause de la contradiction des termes qu’elle semble contenir ? Les définitions françaises et allemandes des termes « conservateur » et « révolutionnaire » seraient-elles à ce point différentes ?

En France, le mot « conservatisme » est assez péjoratif. On le tient volontiers pour synonyme de « réactionnaire ». Il en va très différemment en Allemagne, où le mot « droite » est en revanche peu employé. L’association, à première vue surprenante, des mots « conservateur » et « révolutionnaire » témoigne d’abord, d’un point de vue théorique, d’une volonté de conciliation des contraires (c’est au fond l’idée hégélienne d’Aufhebung, de dépassement d’une contradiction). Mais elle répond aussi à l’idée que, dans le monde tel qu’il est devenu, seul un bouleversement général, c’est-à-dire une révolution, permettra de conserver ce qui vaut la peine d’être conservé : non pas le passé, mais ce qui ne passe pas. Arthur Moeller van den Bruck écrit ainsi : « Le réactionnaire se représente le monde tel qu’il a toujours été. Le conservateur le voit comme il sera toujours ». Il ajoute que, par opposition aux réactionnaires, qui ne comprennent rien à la politique, « la politique conservatrice est la grande politique. La politique ne devient grande que lorsqu’elle crée de l’histoire ».

Sous le IIIe Reich, peu de révolutionnaires conservateurs se sont ralliés au régime. Quand ils l’ont fait (comme Carl Schmitt), cela a généralement été pour peu de temps. Certains se sont exilés, quelques uns ont été assassinés (Edgar J. Jung), d’autres sont entrés dans la Résistance, ce qui leur a valu d’être emprisonnés (Ernst Niekisch) ou exécutés (Harro Schulze-Boysen). La plupart ont vécu dans une sorte d’exil intérieur (Jünger) rarement dépourvu d’ambiguïté.

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#circo2504 Législative partielle dans le Doubs : l'UMP empêtrée dans la cacophonie après sa défaite. Entretien avec Franck Guiot

Législative partielle dans le Doubs : l’UMP empêtrée dans la cacophonie après sa défaite. Entretien avec Franck Guiot

04/02/2015 – PARIS (NOVOpress) – Membre du Comité Départemental de l’Essonne de l’UMP, Franck Guiot a été élu durant 20 ans. Ne supportant plus les ambiguïtés et les mensonges de l’UMP, il a rejoint le Front National à l’automne 2014. Il avait déjà exprimé son opinion sur la ligne politique suicidaire de l’UMP lors d’un entretien accordé au journal Présent le 17 décembre 2014 et publié par Novopress. Au lendemain de la législative partielle dans la 4ème circonscription du Doubs, il a accepté de répondre à nos questions. Entretien réalisé le 2 février 2015.


Novopress : Franck Guiot, au lendemain de la législative partielle dans le département du Doubs, qui a vu la candidate FN Sophie Montel arriver largement en tête devant le PS, l’UMP étant éliminé, quelle est votre analyse sur ce scrutin ?

Franck Guiot : Ce qui m’a d’abord frappé, c’est de voir certains politiques et quasiment tous les médias s‘étonner du faible taux de participation. Les Français en ont marre de la politique traditionnelle. C’est une formidable claque aux partis du « système » et aux médias « mainstream » qui, depuis les attentats islamistes qui ont frappé la France font l’éloge du « vivre ensemble » et du multiculturalisme à grands coups de « pas d’amalgame » alors que notre pays se dirige vers une guerre civile. Faut-il rappeler l’analyse d’Aymeric Chauprade sur la 5ème colonne ?

Le FN a naturellement profité de la grande dynamique sur laquelle il surfe depuis 2 ans, face à un PS complètement déconnecté de la réalité, et une UMP absolument pas crédible. La défaite de l’UMP est sans doute liée au retour « raté » de Nicolas Sarkozy, mais surtout au pitoyable candidat UMP Charles Demouge qui s’est tristement illustré la veille du scrutin par des propos anti-Blancs et pro-immigration : “Ce sont les bons petits blonds qui m’emmerdent et pas les gens qui viennent de l’immigration” en essayant sans doute de « draguer » un électorat d’origine immigrée qui n’est plus dupe.

Vous avez évoqué la vidéo d’Aymeric Chauprade « La France est en guerre ». Qu’en avez-vous pensé ?

Je partage à 200 % l’analyse d’Aymeric Chauprade sur la présence d’une « 5ème colonne » sur notre sol et du danger qu’elle pourrait représenter. Ceux qui refusent de voir la menace de l’islamisme ou qui ont pu dire que M. Chauprade avait « diffamé l’islamisme » n’ont certainement jamais mis les pieds en banlieue (sauf peut-être dans les banlieues huppées ?) ou dans les territoires à forte proportion de population d’origine immigrée. Comme je l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, les questions identitaires (immigration, délinquance, islamisation…) sont au cœur des préoccupations des électeurs du Front National, bien loin devant les questions économiques.

A votre avis quelle sera la position de l’UMP pour le second tour de ce scrutin ? Le ni-ni, le vote FN ou le vote PS ?

Comme d’habitude, c’est la cacophonie générale. Nicolas Sarkozy, lors du bureau politique du 3 février 2015, tiraillé entre plusieurs courants (Wauquiez, NKM, Peltier…) a opté pour une position non-tranchée en refusant justement de prendre position en « laissant les électeurs choisir »… attitude qui accentuera le tournis des électeurs UMP sur la ligne politique ambiguë de l’UMP, alors qu’un parti se réclamant de « droite » devrait sans aucun scrupule appeler à faire barrage à la gauche en appelant à voter FN. Mais c’est là que le slogan UMPS prend tout son sens.

La cacophonie a déjà commencé puisque certains cadres plus ou moins importants ont appelé ouvertement à voter pour le candidat PS. C’est le cas pour le moment de Dominique Bussereau, ancien ministre, de François Merlet, responsable départemental des Jeunes Populaires de Paris, ou encore d’Aurore Bergé, militante pro-LGBT, conseillère politique de l’UMP.

NKM s’est également prononcée sur BFMTV face à Jean-Jacques Bourdin pour un vote en faveur du PS, en précisant que « Le FN défigurerait la France ». D’autres, comme Charles Aslangul, élu UMP à Bry-sur-Marne, se posent la question de leur avenir à l’UMP devant cette cacophonie.

Du côté du fameux ni-ni, on retrouve les « sarkozystes » Thierry Mariani, Guillaume Peltier et Gérard Darmanin (dans Europe 1 Matin).

Par ailleurs, en cas de victoire du candidat PS dimanche prochain, l’UMP portera la très lourde responsabilité de laisser la majorité absolue au Parti Socialiste à l’Assemblée Nationale, majorité qu’il perdrait de facto si Sophie Montel était élue.

Comment voyez-vous le second tour du scrutin de dimanche prochain ?

Avec seulement 4 points d’avance pour Sophie Montel sur le candidat socialiste, ce n’est pas gagné. Tout dépendra du report des voix des électeurs de l’UMP qui devront choisir entre une candidate FN qui défend les valeurs de la France et un candidat PS, membre d’un parti qui a trahi les valeurs de la République et de la démocratie depuis près de 3 ans. Le choix me semble simple pour tout électeur de bon sens. Parions que durant cette semaine, le PS va nous ressortir la mascarade traditionnelle anti-FN, avec pourquoi pas ses célèbres pin’s ? Le PS usera de tous les stratagèmes de la politique de caniveau pour essayer de tromper les électeurs, tous les qualificatifs habituels seront sans doute de sortie (xénophobie, racisme, fascisme…) en oubliant bien vite le passé sulfureux des origines du Parti Socialiste. Bien heureusement, les Français ne croient plus aux grosses ficelles et aux mensonges du PS !

Votre pronostic pour les départementales ? Serez-vous candidat ?

Je ne serai pas candidat titulaire. Le scrutin de la législative du dimanche 1er février 2015 dans le Doubs préfigure à mon avis ce qui va se passer aux départementales fin mars, à savoir un fort taux d’abstention et un FN en tête dans de nombreux cantons, avec des duels PS – FN et FN –UMP, le faible taux de participation empêchant de fait la présence de triangulaires dans de nombreux cantons. L’UMP n’en est qu’à ses premiers déchirements avant une explosion quasi-certaine dans les prochains mois, et une fuite de ses adhérents vers le Front National, seul parti à défendre La France et les Français d’abord. Le premier parti de France c’est le Front National !

Propos recueillis par Walter Numerus pour Novopress

Sophie Montel, troisième député FN/RBM ? (Présent n°8285)

Sophie Montel, troisième député FN/RBM ? (Présent n°8285)

02/202/2015 – AUDINCOURT (NOVOpress)
Sophie Montel, 45 ans, eurodéputé FN depuis le mois de juin, conseillère régionale de Franche-Comté, très impliquée sur le terrain, est arrivée nettement en tête du scrutin dimanche avec 32,60 % des suffrages devant le socialiste Frédéric Barbier tandis que l’UMP mord la poussière. Nous avons recueilli l’une de ses premières réactions dimanche soir dès que les résultats sont tombés.


Bravo pour ce score très net. Quelles sont vos chances pour le second tour ?

Une du numéro 8285 de "Présent"

Une du numéro 8285 de “Présent”

Nous sommes en tête, nous avons un peu d’avance. Il y a un réel ancrage ici du vote FN. Mes réserves de voix se trouvent à l’UMP et chez les nombreux abstentionnistes. Mon score, en somme, correspond au score que les sondages donnent à Marine Le Pen sur toute la France. Il colle aussi parfaitement avec l’accueil que j’ai reçu auprès des habitants de ma circonscription et avec le désamour qu’ils manifestent pour le système UMPS. Croyez-moi, je les côtoie chaque jour et c’est leur état d’esprit : désillusion et perte de confiance. Comment croire encore aux promesses du PS ou de l’UMP qui n’arrivent pas à rétablir la situation économique et sociale ? Nous sommes sur une terre ouvrière ici, populaire, berceau de l’industrie automobile, qui supporte très lourdement le poids du chômage et de la désindustrialisation. Mais aussi de l’insécurité et du laxisme d’Etat.

L’exclusion du FN de la grand-messe « Je suis Charlie » du 11 janvier dont nos dirigeants se sont bercés, n’aurait-elle donc pas marché ?

Les gens ne sont pas dupes. Le FN est le seul parti à avoir dit avant tout le monde que l’immigration massive allait apporter l’islamisme radical. Les Français savent qui a installé ces vagues successives d’immigration étrangère, qui a été incapable de les intégrer et qui a laissé se développer le fondamentalisme islamique et le djihadisme. Dire qu’il y a un problème lié à l’immigration massive, ce n’est pas de la stigmatisation. Dans les quartiers des Champs-Montants à Audincourt, ou aux Buis à Valentigney, vous en verrez des femmes en burqa mais également des endroits où la police ne met plus les pieds. Cela, c’est la réalité de ce que vivent les gens ici.

Trois députés à l’Assemblée au lieu de deux, qu’est-ce que cela changera?

Pour représenter 6 millions de Français, ça ne paraît pas de trop. Nous devrions être 150 députés FN à l’Assemblée. Un député PS de plus, valet de Bruxelles et de la mondialisation, n’apportera strictement rien de plus. Un autre député FN, en revanche, sera un symbole fort, qui fera entendre la voix de la France. Ce n’est qu’un début.

Propos recueillis par Caroline Parmentier


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[Entretien Novopress] Jean-Claude Rolinat : "Ian Smith, c'est l'aventure de la brousse"

[Entretien Novopress] Jean-Claude Rolinat : “Ian Smith, c’est l’aventure de la brousse”

15/01/2015 – PARIS (NOVOpress)
Dans le dernier ouvrage de la collection Qui-suis-je ? aux éditions Pardès, Jean-Claude Rolinat revient sur une figure méconnue et ô combien symbolique d’Européen en Afrique : le rhodésien Ian Smith (photo).

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Voyageur impénitent, vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’Amérique latine, le Québec, l’Afrique du Sud ou encore Israël. Sur la Rhodésie, vous avez publié en 2002 le Livre noir de la Rhodésie blanche. Pourquoi revenir aujourd’hui sur la personnalité de Ian Smith ?

Le Livre noir de la Rhodésie blanche, soyons franc, n’a pas rencontré le succès que j’en escomptais. Les gens oublient les évènements et les jeunes générations n’ont pas l’air d’être très curieuses…C’est pour cela que je reprends, sous la forme d’une biographie du « père de l’indépendance » rhodésienne, l’aventure de l’homme blanc au cœur de l’Afrique australe.

rolinat-smith

Je n’ai pas peur de comparer ces colons avec les premiers « sabras » israéliens au risque de faire grincer des dents, avec les Pieds noirs d’Algérie ou les Portugais en Angola. C’est le même profil d’aventurier au sens noble du terme : des défricheurs, des bâtisseurs, des pionniers.

Tel que nous le découvrons, Ian Smith est le type parfait de l’Européen travailleur et cultivé, forgé par une éducation rigoureuse et renforcé par l’épreuve des combats. Des hommes de sa trempe semblent avoir depuis longtemps disparu des planchers. En quoi Ian Smith peut-il être considéré comme “exceptionnel” ?

Il faut des héros à notre jeunesse française, disons « de droite » au sens très large du terme, et des héros d’un combat « contemporain ». Jeanne d’Arc, Saint-Louis, Napoléon c’est très bien, mais « c’est un peu daté ». Ian Smith c’est un héros de la dernière guerre, un pilote de combat, c’est aussi et surtout, au départ, l’aventure de la brousse. Il porte comme beaucoup d’autres « le fardeau de l’homme blanc » comme disait Kipling. Je n’ai pas peur de comparer ces colons avec les premiers « sabras » israéliens au risque de faire grincer des dents, avec les Pieds noirs d’Algérie ou les Portugais en Angola. C’est le même profil d’aventurier au sens noble du terme : des défricheurs, des bâtisseurs, des pionniers.

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Entretien avec Stephane Montrelay, maire de Rans (Jura) : « J’ai décidé de me rapprocher du RBM »

Entretien avec Stephane Montrelay, maire de Rans (Jura) : « J’ai décidé de me rapprocher du RBM »

12/01/2015 – RANS (NOVOpress) – Stephane Montrelay, maire de la commune de Rans, dans le Jura, a annoncé avoir rejoint le Rassemblement Bleu Marine fin décembre 2014. Dans un entretien à Novopress, il nous explique les raisons de son choix.


Novopress : Monsieur le Maire de Rans (39), vous avez annoncé fin 2014 votre ralliement au Rassemblement Bleu Marine, merci d’avoir choisi Novopress pour nous expliquer votre choix. Qu’est ce qui a motivé votre décision et pourquoi maintenant ?

Stephane Montrelay : Bonjour, élu Maire de ma commune lors des dernières élections municipales, j’ai découvert le monde politique et l’hypocrisie des élus. Mon engagement n’était ni compatible avec ces usages ni avec la politique engagée par le PS comme celle de l’UMP. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me rapprocher du RBM. J’y ai découvert des personnes convaincues et sincères dans leur volonté de faire bouger les lignes.

Pouvez-vous nous résumer votre parcours politique?

S. M. : L’envie de m’impliquer dans les affaires de ma commune m’a poussé à me porter volontaire, avec d’autres personnes, pour conduire une liste. Après mon élection, rencontrant des responsables locaux du RBM, j’ai décidé de m’investir avec eux, dans un mouvement qui rassemble des patriotes qui travaillent sur des problématiques au-delà de ma commune. Je pense sincèrement que les maux dont souffre ma commune sont imputables à une gestion globale du pays. Par conséquent, il est logique de vouloir s’investir par ailleurs, dans le premier parti de France, qui à ma connaissance est le seul à remettre en cause la politique de l’Union Européenne.

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Entretien avec Didier Patte, président du Mouvement normand - Réforme des régions : "Une formule technocratique" (Présent 8247)

Entretien avec Didier Patte, président du Mouvement normand – Réforme des régions : “Une formule technocratique” (Présent 8247)

08/12/2014 – PARIS (NOVOpress)
Didier Patte est le président du Mouvement normand depuis sa création en 1969. Enseignant en sciences humaines et en culture normande, il a présidé la Caisse d’allocations familiales de l’Eure du 1984 à 2006. Il a siégé au Conseil économique et social de la région Haute-Normandie de 1984 à 2006. Que pense-t-il de la réforme des régions, grand chantier socialiste de l’automne ?


Eric Zemmour, dans Le Suicide français, affirme que la décentralisation/régionalisation est l’une des étapes du déclin suicidaire de notre pays. Qu’en pensez-vous ?

Contrairement à la réponse que vous attendez peut-être de la part d’un régionaliste, j’estime qu’Eric Zemmour a, à la fois, tort et raison…

S’agit-il d’une autre formulation du fameux adage normand « P’tet ben qu’oui, p’tet ben que non » ?

Nullement. Seulement l’expression de l’esprit de nuance que le politologue havrais, André Siegfried, reconnaissait aux Normands pour lesquels « La vérité n’est jamais entièrement du même côté » ! Je m’explique : Eric Zemmour, avec juste raison, part d’une réalité : la France est un Etat-nation et non une nation-Etat. Par suite, toute remise en cause de la toute-puissance de l’Etat est une menace pour la cohésion de la France et le fameux « effort multiséculaire de centralisation » a longtemps été constitutif de l’espace français. Nos rois, nos empereurs, nos républiques ont tous tiré dans la même direction : renforcer le pouvoir de l’Etat afin d’unir « l’agrégat inconstitué de peuples désunis » de ce qui est devenu l’Hexagone. Au Mouvement normand, nous avons le parti pris d’assumer notre histoire, toute notre histoire, et nous relevons qu’à toutes les époques, même aux temps de la Normandie ducale (911-1204), la Normandie a été terre de France, terre du royaume de France…

Même quand les ducs de Normandie étaient rois d’Angleterre ?

Les ducs-rois étaient pairs de France… et, en y regardant bien, ce furent, la plupart du temps, les monarques français qui cherchèrent noise à ces vassaux trop puissants, ducs de Normandie et rois d’Angleterre. Bref, pour en revenir aux propos d’Eric Zemmour, toute remise en cause de l’Etat par des tendances plus ou moins centrifuges est un danger pour la France et, si Eric Zemmour considère que la décentralisation/régionalisation est un démantèlement des prérogatives régaliennes de l’Etat, alors il a raison. Si, à l’inverse, les régions n’ont pas la prétention d’empiéter sur ces prérogatives régaliennes de l’Etat, il faut voir dans les « trois actes de décentralisation » (nous en sommes présentement au troisième depuis 1969) une volonté de plus grande efficacité dans la gouvernance du pays (premier point), de souci d’un aménagement équilibré du territoire (second point), de participation de tous les citoyens dans la gestion à leur niveau des affaires quotidiennes.

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Face aux ambigüités et aux mensonges des dirigeants de l’UMP, Franck Guiot rejoint le Front National

Face aux ambigüités et aux mensonges des dirigeants de l’UMP, Franck Guiot rejoint le Front National

08/12/2014 – Entretien de Novopress avec Franck Guiot, militant historique du RPR puis de l’UMP.

Le FN a au moins le mérite de rassembler des patriotes qui n’ont pas peur de dire qu’en France : « on est chez nous » et qui refusent d’abandonner notre souveraineté aux technocrates de Bruxelles. La France doit rester la France.

Franck Guiot, vous venez d’annoncer sur twitter votre adhésion au FN, merci d’avoir choisi Novopress pour nous expliquer votre choix, qu’est ce qui a motivé votre décision ?

FG : Tout d’abord les valeurs défendues par le FN en matière de lutte contre l’immigration et en faveur de notre identité. Par ailleurs c’est l’un des seuls partis de droite où les dirigeants sont encore en phase avec les sympathisants. J’ai toujours été profondément de droite, ayant été auparavant au RPR, l’UMP était devenu un navire sans cap avec 10 lignes différentes, des divergences profondes sur l’abrogation de la loi Taubira (mariage pour tous), des discours fermes sur l’immigration mais qui se traduisent dans le concret par la construction de mosquées dans nombreuses collectivités UMP… et enfin l’affaire « Bygmalion » dont on ne connaît pas encore les coupables.

Le FN a au moins le mérite de rassembler des patriotes qui n’ont pas peur de dire qu’en France : « on est chez nous » et qui refusent d’abandonner notre souveraineté aux technocrates de Bruxelles. La France doit rester la France.

Vous aviez pourtant soutenu Nicolas Sarkozy en 2012 ?

FG : Nicolas Sarkozy a été un grand homme d’état, même si il a commis des erreurs durant son quinquennat, il n’a pas vu où n’a pas voulu voir le danger que représentait une politique d’immigration non maitrisée. J’ai soutenu Nicolas Sarkozy en 2012 car il était sur la ligne de Patrick Buisson, grand défenseur de l’identité et grand visionnaire.

Malgré votre défection de l’UMP et votre ralliement au Front National, vous avez tenu à voter pour un des candidats à la présidence de l’UMP. Pouvez-vous nous dire pourquoi ? Et est-il indiscret de vous demander sur quel candidat votre choix s’est porté ?

FG : J’étais à jour de cotisation au 30 juin 2014, et je ne vois donc pas pourquoi je me serais abstenu de voter. J’ai apporté mon vote à Bruno Le Maire qui apportait une sorte de « renouveau » bien que je ne partage pas toutes ses idées et que je n’ai pas apprécié son abstention sur le mariage pour tous. Mais c’était le seul candidat à pouvoir faire face à Nicolas Sarkozy, les résultats l’ont montré puisqu’il a obtenu un score honorable de 29 %. Un chef de parti n’est pas un chef d’État, ce n’était pas la place de Nicolas Sarkozy, ancien chef d’État, de reprendre la présidence de l’UMP. Vous imaginez François Hollande à nouveau secrétaire général du PS après 2017 ?

Quelles idées du programme du front national ont motivé votre décision ?

FG : L’arrêt total de l’immigration ; la sortie de l’espace Schengen pour que l’on puisse contrôler qui entre sur notre territoire ; l’abandon pur et simple de l’AME sans conditions ainsi que de toutes les aides aux étrangers clandestins, et enfin le retour au droit du sang.

Le « grand remplacement », ça vous inspire quoi ?

FG : Tout le monde le voit, mais certains ne veulent pas encore le voir… y compris au FN. J’ai participé aux assises de la remigration organisées par le Bloc Identitaire où une excellente synthèse a été faite sur ce sujet. Je constate comme beaucoup de Français qu’il y a beaucoup trop de territoires en France où ce n’est plus la France. Nos politiques ont voulu changer la population puisque la population Française n’était pas d’accord avec eux, mais l’effet obtenu n’est pas celui escompté, la situation est devenue totalement hors de contrôle dans de nombreux territoires « Français » où la police ne peut plus se rendre, et où c’est la loi des racailles qui domine. Nous sommes rendus à un tel niveau d’insécurité en France lié pour une majeure partie à une immigration massive devenue hors de contrôle que tout le monde s’y met pour expliquer que ce n’est pas vrai, qu’il ne faut pas faire d’amalgames… Médias, politiques… C’est dire que la situation est grave lorsque l’on utilise le mensonge pour masquer la réalité

Quelques mots sur le congrès du FN à Lyon ?

Un discours remarquable de Jean-Marie le Pen pour clore la matinée du samedi, un excellent diner de gala dans la pure convivialité, Marion-Maréchal Le Pen arrivée en tête des votes du Comité Central et pour finir le discours de clôture de Marine Le Pen auquel tout le monde n’a pas pu assister par manque de place

A retenir aussi, les actions ultra-violentes de la gauche et de l’extrême-gauche qui ont détruit de nombreux commerces en ville le samedi 29 novembre avec le soutien de certains élus pour protester contre le FN. 900 casseurs et seulement 15 interpellations … les commerçants lyonnais apprécieront…

[Exclusivité Novopress] Marie-Christine Arnautu : “Le projet du Front National est un projet de bon sens”

[Exclusivité Novopress] Marie-Christine Arnautu : “Le projet du Front National est un projet de bon sens”

30/11/2014 – NICE (NOVOpress)
Dans le cadre du Congrès du Front National des 29 et 30 novembre, et de l’élection de son nouveau comité central, NOVOpress a décidé de donner la parole à plusieurs cadres du parti de Marine Le Pen.

Après Louis Aliot et Nicolas Bay, c’est aujourd’hui Marie-Christine Arnautu, députée française au parlement européen et vice-présidente chargée de l’administration interne du FN, qui répond à nos questions.


1) Un certain nombre de nos lecteurs étaient sans doute aussi électeurs pour le Comité central du Front National, comment vous présenteriez-vous à eux ?

Je suis une militante de la cause nationaliste depuis toujours. J’ai fait la connaissance de Jean-Marie Le Pen en 1973 et, depuis, je l’ai suivi dans tous ces combats. Dans les années 70, je faisais partie de la mouvance solidariste autour de Jean-Pierre Stirbois. Je rejoins le Front National en 1987 et j’y suis restée fidèle. Je suis mère de trois enfants et j’ai travaillé à Air France de 1975 à 2010, date à laquelle j’ai démissionné pour être aux côtés de Marine Le Pen.

2) Vous êtes depuis ce Congrès vice-présidente chargée de l’administration interne du FN, mais auparavant vous étiez vice-présidente chargée des affaires sociales. On vous a vue impliquée dans le mouvement de défense des familles au sein de La Manif Pour Tous. Pour vous, la question sociale et la préservation de notre modèle familial sont-elles liées ?

La défense de la Nation commence par la défense de la famille, mais aussi la défense des plus faibles et des plus pauvres.

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[Exclusivité Novopress] Nicolas Bay : "Rétablir notre peuple dans ses droits fondamentaux"

[Exclusivité Novopress] Nicolas Bay : “Rétablir notre peuple dans ses droits fondamentaux”

25/11/2014 – LYON (NOVOpress)
Dans le cadre du Congrès du Front National (FN) se tenant les 29 et 30 novembre prochains, et de l’élection de son nouveau comité central, NOVOpress a décidé de donner la parole à plusieurs cadres du parti de Marine Le Pen.

Après Louis Aliot, c’est aujourd’hui Nicolas Bay, député français au Parlement européen et Secrétaire général adjoint du FN, qui répond à nos questions.

Propos recueillis par Renaud Leroy


Un certain nombre de nos lecteurs seront sans doute aussi électeurs pour le Comité Central du Front National, comment vous présenteriez-vous à eux ?

Âgé de 36 ans, je suis marié et père de trois enfants. Je suis engagé dans le combat politique depuis longtemps puisque j’ai commencé à militer au Front à l’âge de 14 ans. Aujourd’hui encore, par delà mes responsabilités dans la direction du mouvement ainsi que mes mandats de député européen, de conseiller régional de Haute-Normandie et de conseiller municipal d’Elbeuf, je me considère d’abord comme un militant.

Dans une tribune publiée en septembre sur le site Boulevard Voltaire, vous vous êtes livré à un éloge de la frontière que n’aurait pas renié Régis Debray. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre vision du protectionnisme ?

Volontiers, et je précise que l’écriture de ce billet faisait suite à un vif échange lors d’une émission de télé avec une élue PS ancienne directrice de Terra Nova, Juliette Méadel. Je considère tout simplement qu’il ne peut pas y avoir de nation sans protection, et que l’incarnation tangible de cette protection est la frontière. Frontière qui délimite un territoire et donc l’ordre politique, économique, social, qui règne au sein de celui-ci. La frontière n’est pas un mur mais une porte : elle permet de choisir qui, ou quoi, nous laissons entrer dans notre espace et aussi à quelles conditions. De la même façon que tout foyer a une porte, toutes les nations du monde se servent de leurs frontières pour protéger leur économie, leur mode de vie ou leur cohésion. Je considère d’ailleurs que le projet du Front National, en défendant un protectionnisme complet (économique et social, environnemental, mais aussi culturel, et même désormais sanitaire), démontre une cohérence absolue. J’ajoute que le rétablissement de notre souveraineté territoriale n’est pas une manière de s’enfermer ou de se « bunkeriser » comme le prétendent bêtement certains de nos adversaires quand ils se trouvent à cours d’argument : lorsqu’elle maîtrisait ses frontières, la France a commercé et rayonné à travers le monde infiniment plus qu’aujourd’hui, enfermée qu’elle est dans le carcan bruxellois.

Aujourd’hui encore, par delà mes responsabilités dans la direction du mouvement ainsi que mes mandats de député européen, de conseiller régional de Haute-Normandie et de conseiller municipal d’Elbeuf, je me considère d’abord comme un militant.

Quels sont selon vous les chantiers du FN pour les 3 semaines, les 3 mois, et les 3 ans à venir ?

Dans les 3 semaines qui viennent, nous allons poursuivre le développement et la structuration du mouvement. Les remarquables résultats électoraux obtenus récemment lors des élections municipales, européennes et sénatoriales, constituent bien sûr une exigence pour nous : si les Français se tournent vers le Front National et nous confient, dans les prochaines années, le pouvoir politique, il faudra être prêts à exercer ces lourdes responsabilités et à ne pas les décevoir.

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