Yvan Blot : "La Russie a des performances économiques remarquables"

Yvan Blot : “La Russie a des performances économiques remarquables”

20/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, Yvan Blot fut l’un des fondateurs du Club de l’Horloge, aux côtés d’Henry de Lesquen et de Jean-Yves Le Gallou. Il développa pendant plusieurs décennies des positions iconoclastes (immigration, démocratie directe …) et poursuivit ses travaux de philosophie politique à travers de nombreux ouvrages. Ses derniers titres publiés sont L’Europe colonisée et Nous les descendants d’Athéna (2 tomes, ici et ). Très fin connaisseur des réalités russes, il est consultant pour le groupe de médias La Voix de la Russie.

Propos recueillis par Romain Vincent


Au début des années 2000, Guillaume Faye évoquait également la colonisation du Vieux continent mais en désignant spécifiquement l’immigration extra-européenne comme source de soumission et non la colonisation économique, politique et culturelle venue d’outre-Atlantique. C’est ainsi que reprenant le principe de désignation de l’ennemi de Carl Schmitt, Guillaume Faye qualifiait l’islam d’« ennemi » et l’Amérique de simple « adversaire » avec qui l’Europe pourrait se réconcilier. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Je suis assez d’accord avec Guillaume Faye mais je préciserai « l’islam radical » pour désigner ce qu’on appelle un « ennemi ». Un islam modéré comme celui des Tatars en Russie n’est pas un ennemi et n’est pas désigné comme tel par Moscou. Quant aux Etats-Unis, je suis d’accord avec le terme d’adversaire. Cela peut changer si un jour l’Amérique redevient isolationniste au lieu d’être impérialiste. Beaucoup d’Américains dans le peuple le souhaitent.

Vous citez à plusieurs reprises la Russie comme contre modèle d’un Occident de plus en plus déclinant. Pouvez-vous nous en dire plus sur les transformations opérées dans ce pays ?

D’abord, la Russie a arrêté sa chute démographique. Depuis trois ans le taux de natalité s’est relevé et la population augmente à nouveau et approche 146 millions d’habitants. Beaucoup est fait pour les familles tant financièrement que symboliquement. A la naissance d’un enfant, une prime de 7000 euros (oui ! 7000 euros) est accordée. Par ailleurs, l’Etat organise chaque année une fête de l’amour, de la fidélité et du mariage avec remise de décorations aux couples méritants. C’est une fête laïque mais patronnée tout de même par les saints orthodoxe protecteurs du mariage, Piotr et Févronia.

La Russie a des performances économiques remarquables. Le chômage est deux fois plus faible que chez nous. Elle a de fortes réserves de devises. Elle a doublé son niveau de vie en quelques années. Ses impôts et charges font 35% du produit national contre 55% en France, ce qui favorise l’esprit d’entreprise. Son impôt sur le revenu est de 13% (flat tax) ce qui permet la promotion des cadres salariés sans fortune.

La Russie se distingue par une grande sagesse couplée à une grande fermeté face à l’activisme brouillon de l’OTAN.

L’armée se redresse et la Russie a retrouvé une troisième place pour l’importance des dépenses militaires dans le monde (après les USA et la Chine). Elle possède la plus grande force nucléaire par le nombre de missiles.

Culturellement et religieusement le pays se redresse. L’Eglise orthodoxe russe bâtit à tour de bras. A Paris va se construire une cathédrale orthodoxe avec un grand centre culturel et spirituel.

Quant au redressement politique, il est évident et la Russie compte autant que les USA, de plus en plus. Elle se distingue par une grande sagesse couplée à une grande fermeté face à l’activisme brouillon de l’OTAN.

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Yvan Blot : "L’Union européenne est un relais des Etats-Unis"

Yvan Blot : “L’Union européenne est un relais des Etats-Unis”

19/09/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, Yvan Blot fut l’un des fondateurs du Club de l’Horloge, aux côtés d’Henry de Lesquen et de Jean-Yves Le Gallou. Il développa pendant plusieurs décennies des positions iconoclastes (immigration, démocratie directe …) et poursuivit ses travaux de philosophie politique à travers de nombreux ouvrages. Ses derniers titres publiés sont L’Europe colonisée et Nous les descendants d’Athéna (2 tomes, ici et ). Très fin connaisseur des réalités russes, il est consultant pour le groupe de médias La Voix de la Russie.

Propos recueillis par Romain Vincent


Vous venez de publier L’Europe colonisée aux éditons Apopsix. Qu’est-ce qui vous a poussé à rédiger cet ouvrage ?

J’ai pu voir que l’Europe était colonisée notamment lorsque j’étais député au parlement européen. Plusieurs députés votaient alors toujours contre les intérêts européens et pour les intérêts américains. C’est un exemple parmi d’autres. Plus récemment, j’ai vu la diplomatie américaine essayer de creuser un fossé entre l’Europe occidentale et la Russie. En relisant Le grand échiquier de Zbignew Brzezinski, le conseiller des présidents américains, j’ai bien vu que ceux-ci voulaient faire de l’Europe une colonie et qu’ils visaient l’hégémonie mondiale. L’actualité en Ukraine m’a aussi poussé à faire cet ouvrage sur l’Europe.

Cela m’a permis de définir quatre formes de colonisation : l’exploitation (économique), la satellisation (politique), l’immigration de masse (les hommes) et l’aliénation intellectuelle et morale (la cause finale d’Aristote).

Dans votre livre, vous prenez en référence Aristote et Heidegger pour décrire une situation très actuelle, la colonisation du continent européen. Quels ont été leurs apports à votre réflexion ?

Aristote a défini les quatre causes de chaque phénomène humain dans sa Métaphysique : la cause matérielle ( la technique, l’économie), la cause formelle (les normes), la cause motrice (les hommes) et la cause finale (la religion, la culture, les valeurs). Heidegger a repris cet outil intellectuel avec d’autres noms (terre ciel, mortels, Divinité).

Cela m’a permis de définir quatre formes de colonisation : l’exploitation (économique), la satellisation (politique), l’immigration de masse (les hommes) et l’aliénation intellectuelle et morale (la cause finale d’Aristote). Ainsi, on n’oublie rien : on ne voit pas qu’un seul aspect de la colonisation, l’immigration par exemple.

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Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de "Présent" (2/2)

Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de “Présent” (2/2)

27/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Titre historique de la presse libre, Présent constitue depuis sa fondation en 1982 une bouffée d’air frais dans l’habituel confinement politiquement correct des kiosques. Frappé comme de nombreuses publications par le recul de la presse papier, le quotidien a connu fin 2013 une période de turbulences.

Repris par une nouvelle équipe d’amis et contributeurs, Présent repart plus que jamais à l’offensive, les combats ne manquent pas et les premières lignes militantes réclament des munitions intellectuelles. C’est dans cet esprit que Novopress a noué en juin dernier un partenariat quotidien avec le journal.

Nous avons rencontré Francis Bergeron, directeur du comité de rédaction et Samuel Martin, rédacteur en chef.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Certains ont déjà sonné l’hymne funèbre de la presse papier. C’est pourtant oublier deux choses : d’une part de nombreux titres brillent par leur dynamisme (Eléments, Livr’Arbitres, La Nouvelle Revue d’Histoire), d’autre part que le papier permet de prendre le temps d’une lecture réfléchie et méditée et constitue un support indispensable de transmission horizontale (amis, relations) et verticale (générations futures)…

Francis Bergeron  : La presse papier ne sera plus jamais la voie royale de la diffusion de l’information. Et spécialement en France où les scléroses du passé (syndicat du livre CGT, code du travail, convention collective des journalistes , système de distribution, et les monopoles en découlant) ont tué une grande partie de cette presse papier. Regardez l’incroyable absence de diversité dans nos kiosques, et la faiblesse des tirages, surtout quand on compare avec les autres pays. Et s’il n’y avait pas les subventions gouvernementales pour la presse à faibles revenus publicitaires, les présentoirs des marchands de journaux seraient quasiment vides , Outre l’évolution des habitudes de lecture (sur écran plutôt que sur papier), ce type d’obstacle spécifiquement français empêche de redonner à Présent et aux journaux de ce type des niveaux de diffusion tels qu’on les connaissait il y a encore vingt ou trente ans.

Mais la presse papier a sa noblesse. Je dirais même que c’est le média noble par excellence. Le web, les médias sociaux la radio, la télévision, sont des médias de l’instantané, du spontané, de grands déversoirs d’information. La presse papier nécessite davantage de relecture, de qualité, de tri dans l’information, de hiérarchisation de celle-ci, et donc de recul.

Hier l’essentiel de l’information passait par la presse papier. Etre repris à la radio ou à la télévision, c’était la consécration. Je suis persuadé que demain nous vivrons le schéma exactement contraire : l’essentiel, la qualité, nous les trouverons dans la presse papier, compte tenu du caractère coûteux de ce média, compte tenu aussi de la pérennité du papier.

La presse papier n’est pas condamnée. Elle est condamnée à la qualité.

En élargissant le cercle de vos contributeurs, vous mettez un point d’honneur à ne pas être le journal d’une famille mais de toutes les familles d’un certain camp…

Samuel Martin  : En effet, et ce n’est pas l’expression d’un relativisme ni d’un fléchissement de notre ligne  ! Même si certains «  amis  », qui évidemment «  nous veulent du bien  », prétendent que c’est l’un et l’autre. Quotidien catholique de droite nationale, Présent entend, non pas représenter, mais refléter les multiples composantes du combat mené. Il a son identité, définie et à laquelle il croit  ; il est d’autant plus fort pour donner la parole à des mouvements, à des personnalités qui ne lui correspondent pas rigoureusement mais qui se trouvent engagés dans le même combat pour la sauvegarde de la France. Certains pensent que la lutte est d’abord religieuse, d’autres qu’elle est d’abord politique. On peut en discuter, la réalité est que la lutte existe. Exclure tel ou tel du champ de bataille ne revient qu’à affaiblir l’ensemble.

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Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de Présent (1/2)

Entretien exclusif de Novopress avec Francis Bergeron et Samuel Martin de “Présent” (1/2)

26/08/2014 – PARIS (NOVOPress)
Titre historique de la presse libre, Présent constitue depuis sa fondation en 1982 une bouffée d’air frais dans l’habituel confinement politiquement correct des kiosques. Frappé comme de nombreuses publications par le recul de la presse papier, le quotidien a connu fin 2013 une période de turbulences.

Repris par une nouvelle équipe d’amis et contributeurs, Présent repart plus que jamais à l’offensive, les combats ne manquent pas et les premières lignes militantes réclament des munitions intellectuelles. C’est dans cet esprit que Novopress a noué en juin dernier un partenariat quotidien avec le journal.

Nous avons rencontré Francis Bergeron, directeur du comité de rédaction et Samuel Martin, rédacteur en chef.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Francis Bergeron, vous avez aux côtés de Jean-Pierre Blanchard repris les rênes de Présent il y maintenant plusieurs mois, dans quel contexte cette « reprise  » s’est-elle déroulée ?

Francis Bergeron  : Cette reprise s’est opérée dans un contexte extrêmement simple à exposer, plus compliqué à vivre : le journal était proche du dépôt de bilan, car il ne comptait plus que 2.000 abonnés et 300 ventes en kiosques. Moins de 3.000 lecteurs au total, y compris les abonnements sur Internet. 450.000 € de pertes cumulées. Ne rien faire, c’était la mort assurée.

Cinq amis de Présent (Jean-Pierre Blanchard, Me François Wagner, qui est le fils de Me Georges-Paul Wagner, l’un des dirigeants historiques de Présent, Raphaël Dubrule, Zita de Lussy et moi-même) ont répondu à une sorte d’appel au secours d’une partie de la rédaction de Présent et de la totalité de son équipe administrative, et ont accepté, bénévolement, de se partager les différentes actions de pilotage pour redresser le journal.

Tout changement suscite toujours des interrogations, des inquiétudes, même. Mais en l’occurrence ne rien faire était la certitude que ce quotidien, auquel nous étions tous très attachés, disparaitrait.

Nous avons pris de front et au plus vite toutes les problématiques du journal : la gestion des abonnements, le loyer de nos bureaux, le réglage des mises en kiosque, la défiscalisation des dons, la prospection etc. Sans parler du contenu rédactionnel.

Quel bilan tirez-vous des quelques mois écoulés ? Quels chantiers restent à conduire ? Quels sont les motifs d’espérance ?

Samuel Martin  : Les six mois écoulés ont été difficiles. Réorganiser le travail quotidien tout en l’assurant est une tâche compliquée. Cependant le journal a paru chaque jour et s’est amélioré. Il reste des défauts  ? Des lecteurs nous les signalent, nous les reprochent, peut-être ignorent-ils que ces défauts nous les connaissons mieux qu’eux  : ce sont les nôtres… Heureusement, d’autres lecteurs, plus bienveillants, nous félicitent pour les améliorations effectuées  ! Nous avons à progresser sur l’anticipation et la réactivité. Une plus grande structuration du journal est également un des chantiers de la rentrée. Les motifs d’espérance existent. D’une part il n’est pas possible qu’autant d’efforts conjugués en matières journalistique, commerciale et gestionnaire n’aboutissent pas à un résultat. D’autre part Présent existe «  de nouveau  », si l’on peut dire  : les gens le repèrent mieux en kiosque, et Libération, Le Monde l’ont cité. Cela n’était pas arrivé depuis longtemps. Cette visibilité est une des conditions de relance.

Présent constitue très concrètement le dernier quotidien dissident présent dans les kiosques. Son rôle est donc indispensable et s’articule donc avec les autres supports de réinformation. Cette complémentarité est-elle l’un de vos axes de travail prioritaires ?

Francis Bergeron  : Présent est en effet le seul quotidien papier de réinformation non conformiste ou dissident. Il n’entre en concurrence avec aucun autre média de même esprit. Mais il nous semble parfaitement complémentaire d’une radio comme Radio Courtoisie, d’une télévision comme TV libertés, ou encore du travail réalisé par Novopress, sans parler de Chiré-en-Montreuil, dans le domaine du livre et des revues.

Nous voulons développer très vite un maximum de partenariats, ceci pour plusieurs raisons : le temps nous presse, et Présent n’a donc ni les moyens ni le temps d’évoluer lui même dans son coin vers un outil multimédias. C’est un tournant qu’il aurait fallu prendre, une stratégie qu’il aurait fallu mettre en œuvre, il y a dix ans, peut-être, comme a su le faire par exemple Le Figaro. Aujourd’hui nous ne pouvons mobiliser l’essentiel de nos moyens, de nos forces vives, que vers le support papier : ce que nous faisons, ce que nous savons faire, et ce que nous devons faire encore mieux. Mais qui plus est, parce que la nature a horreur du vide, les nouveaux supports médiatiques, les médias sociaux, ont été (heureusement !) investis par des équipes de grand talent, très performantes, rodées à ces techniques particulières. Du même coup, la bonne solution, qui est aussi la seule, à mon sens, c’est de développer des partenariats avec ces équipes par une perméabilité de l’information entre les différentes supports, un accueil réciproque des collaborations, de la publicité croisée pour faire connaitre l’ensemble de nos outils auprès de nos publics respectifs.

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Philippe Conrad : "L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles"

Philippe Conrad : “L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles”

24/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Annoncé lors du colloque en hommage à Dominique Venner le 17 mai dernier, l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne a été fondé à la veille du solstice d’été sur les hauteurs du Mont Olympe en Grèce. L’objectif de cet institut est de “faire connaître au plus grand nombre l’histoire de la civilisation européenne par tout moyen (conférences, randonnées, formations, ateliers, stages, visites d’exposition, etc.)”. Nous avons interrogé Philippe Conrad (photo de Une), son président – qui a pris la suite de Dominique Venner à la tête de la Nouvelle Revue d’histoire – , sur les raisons de la fondation de l’Institut Iliade et les buts de cet institut.

L’Institut Iliade est présent sur les réseaux sociaux. Sur Facebook et sur Twitter.

NB : A compter du 1er septembre, vous pourrez écrire à l’Institut Iliade à cette adresse : ILIADE BP 75225 – 49052 ANGERS cedex 2. Jusqu’à cette date, pour écrire à l’institut, vous ne pourrez utiliser que l’adresse courriel : contact@institut-iliade.com

Propos recueillis par Arnaud Naudin


Au début de l’été a été fondé l’Institut Iliade sur les hauteurs du Mont Olympe. S’agissait-il de rappeler nos racines grecques ou de manifester une certaine prise de hauteur par rapport au monde actuel ?

La référence aux racines grecques de la civilisation européenne – tout comme le nom de l’Institut le suggère – est en effet manifeste, mais elle n’est pas exclusive. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise en effet à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles. Dominique Venner avait exprimé le souhait que son œuvre puisse être poursuivie, à savoir un travail d’historien méditatif sur la longue histoire et la mémoire de l’Europe. C’est ce que nous entreprenons aujourd’hui. Non par nostalgie bien sûr, mais parce que nous sommes persuadés, comme l’était Dominique Venner, que cette histoire et cette mémoire sont à la fois la matrice et levier de la prise de conscience du nécessaire réveil civilisationnel des peuples européens. Nietzsche ne déclarait-il pas que “le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire” ? L’enjeu est de faire face au phénomène de “grand remplacement” justement dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, et que Dominique Venner estimait être, dans sa dernière lettre, la menace principale pesant sur l’avenir des peuples européens : “Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations”. Nous souhaitons donc inciter les peuples européens à un “grand ressourcement”, à une reconquête de la fierté de leurs origines, de leurs racines, en un mot de leur identité afin de refuser leur sortie de l’histoire, leur “grand effacement” – prélude à leur “grand remplacement” par des populations autres sur le sol de leurs ancêtres.

Or la réponse au défi du risque de dilution de l’identité et de la mémoire européennes est moins politique – au sens étroit du terme – que préalablement culturelle, voire spirituelle. Lorsque Dominique, toujours dans sa dernière lettre, s’élève “contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire”, et contre “la métaphysique de l’illimité, source néfaste de toutes les dérives modernes”, il en appelle à un sursaut qui est d’abord intérieur. La réappropriation de notre identité est un défi personnel autant que collectif, car c’est la qualité de l’Etre qui est en jeu. Dès lors, l’ascension du Mont Olympe peut être certes interprétée comme une prise de hauteur. Mais peut-être davantage comme une forme de “recours aux forêts”, au sens où l’entendait Ernst Jünger, avec lequel Dominique partageait de nombreuses affinités.

Le Mont Olympe

Le Mont Olympe

Choisir “Iliade” comme nom, est-ce se placer dans les pas de Dominique Venner qui voyait l’œuvre d’Homère comme une des œuvres fondamentales pour les Européens ?

Effectivement, le choix du nom de l’Institut est un hommage explicite au texte homérique, ce “poème de la destinée” très bien décrit par Dominique. Mais avec lui, il faut y voir “la source oubliée de notre tradition, l’expression grecque de tout l’héritage indo-européen, celte, slave ou nordique, avec une clarté et une perfection formelle sans équivalent”. L’Iliade reste donc d’une brûlante actualité pour qui cherche les sources et les ressources nécessaires au réveil des peuples européens. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne s’inscrit dans cette filiation afin de promouvoir et maintenir le patrimoine éthique et esthétique commun à l’ensemble des peuples de la “Vieille Europe”, dans la diversité de leurs cultures particulières.

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Aymeric Chauprade : "Je crois que la France va s'en sortir"

[Archives Novopress] Entretien exclusif – Aymeric Chauprade : “Je crois que la France va s’en sortir”

24/10/2013 – 11h00
PARIS (NOVOpress) - Chronique du Choc des civilisations connaissant sa troisième édition (notamment actualisée), Novopress a rencontré son auteur, Aymeric Chauprade, un esprit brillant et non soumis au politiquement correct.

Aymeric Chauprade, dans cette réédition de Chronique du Choc des civilisations, vous consacrez un large chapitre à la présentation de ce choc et de son importance pour l’histoire européenne. Pourtant, certains veulent nier l’existence de ce choc, considérant que c’est une création des réseaux néo-conservateurs étasuniens. Mais, à la suite de Carl Schmitt et de Julien Freund, ne peut-on pas reconnaître que ce n’est pas parce que nous refusons ce choc des civilisations qu’il n’existe pas. Ne peut-on pas affirmer ainsi que depuis les Thermopyles c’est un élément fondateur de la civilisation européenne ?

Le choc des civilisations est une réalité de l’Histoire même si, je le répète souvent, l’Histoire ne saurait se réduire au seul choc des civilisations. Notre civilisation, la civilisation européenne, est en compétition avec d’autres depuis des millénaires. Nous pouvons même dire qu’elle est en guerre depuis des millénaires si nous ne restreignons par le terme de guerre à l’idée d’affrontement militaire mais que nous y intégrons les intérêts économiques, stratégiques, l’affrontement des systèmes de normes, de valeurs…

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[Entretien exclusif Novopress] Joachim Veliocas : "Je ne m’attendais pas à voir le sujet en Une du Figaro" 

[Entretien exclusif Novopress] Joachim Veliocas : “Je ne m’attendais pas à voir le sujet en Une du Figaro“ 

31/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Joachim Veliocas de l’Observatoire de l’islamisation a semble-t-il réussi le buzz médiatique de ces derniers jours. En effet, son enquête portant sur la vente de livres jihadistes dans les magasins Carrefour pendant le Ramadan s’est retrouvé à la Une du Figaro et est même désormais relayée par la presse étrangère. Novopress l’a rencontré à cette occasion.

Propos recueillis par Arnaud Naudin


Joachim Veliocas, vous venez de frapper un bon coup. En effet, notamment le Figaro, la presse relaie votre enquête sur la vente de livres jihadistes lors du Ramadan chez Carrefour. Comment la presse a-t-elle été informée de votre enquête ?

La presse a été informée via les réseaux sociaux. Judith Waintraub du Figaro a « retweeté » notre enquête vidéo dès le 18 juillet, et ses autres confrères du journal ont fait de même comme Stéphane Kovacs. Ils avaient 15 jours de décalage mais c’est mieux que Le Monde qui n’en parle toujours pas aujourd’hui alors que la polémique est relayée dans la presse internationale ce jour même. Stéphane Kovacs a écrit l’article de lundi dernier, et eut la délicatesse de me prévenir avant parution. Je ne m’attendais pas à voir le sujet en Une du Figaro !

Pouvez-vous revenir sur votre enquête ?

Deux auteurs sont visés dans mon enquête. L’un, l’imâm Nawawi,(1233- 1277) est un des fondateurs de l’école juridique shaféite du sunnisme, qui compte quatre écoles, les autres étant le malékisme, le hanbalisme et le hanéfisme. Une référence intemporelle, son surnom est quand même « Le cheikh de l’islam », ses livres sont dans toutes les librairies musulmanes, même à l’Institut du monde arabe, un incontournable de la jurisprudence islamique. Dans deux livres vendus dans les 1.000 points de ventes (dont Carrefour, Fnac etc.) Les 40 hadith et Les Jardins des Saints il prescrit, et cela n’a jamais été suspendu car il se base sur les propos de Mahomet, de tuer les apostats, de tuer les couples non mariés. Concernant le jihad, Nawawi rapporte les paroles de Mahomet qui aurait déclaré : « Parcourir le monde signifie combattre pour la cause de Dieu » dans Le Jardin des Saints édité chez AlBouraq . Il ne s’agit pas de simplement se défendre mais d’imposer la parole d’Allah plus haute que celle des autres religions, le prophète des musulmans dit encore : « Le combat mené pour que la parole de Dieu soit la plus élevée est le combat pour la cause de Dieu ». Plus élevée que les lois impies de la république française par exemple…

Le même ouvrage interdit aux esclaves de quitter leurs maîtres, l’esclavage n’a jamais été aboli par les juristes musulmans, et pour cause le prophète lui même l’a autorisé ! Il faut savoir que l’esclavage est largement pratiqué aujourd’hui dans les Etats islamiques, comme au Niger, en Mauritanie, au Nigeria, au Soudan, en Arabie Saoudite, au Qatar. Pendant mes études, j’avais un camarade marocain, Mohamed, qui m’assurait que ses parents avaient un esclave noir à la maison. Une charge qui s’hérite de père en fils, ils seraient heureux et bien traités selon cet ami avec qui j’avais étudié et entretenais d’excellents rapports. Mais cet esclavage-là n’intéresse pas Christiane Taubira qui considère le sujet uniquement comme une arme pour culpabiliser les Français blancs.

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Louis Aliot : "Accueillir les chrétiens d’Irak n’est pas la réponse" (Présent n°8157)

Louis Aliot : “Accueillir les chrétiens d’Irak n’est pas la réponse” (Présent n°8157)

31/07/2014 -PARIS (NOVOpress)
Sa déclaration, reprise en boucle par les médias, a suscité la polémique et l’étonnement. Louis Aliot (au premier rang sur la photo), vice-président du Front national, avait en effet affirmé à l’AFP qu’il n’était pas favorable au fait que la France accueille les chrétiens d’Irak. Contacté par “Présent”, il s’explique.

Etes-vous opposé à ce que la France accueille les chrétiens persécutés en Irak ?

La dépêche publiée par l’AFP a surjoué mes propos. Je ne m’y oppose pas mais, oui, je n’y suis pas favorable. Bien sûr, il y a le droit d’asile et ils peuvent l’invoquer légitimement, car ils sont réellement persécutés dans leur pays. Pourquoi alors prendre cette position ? Si nous acceptons de les accueillir, nous acceptons par là même qu’il n’y ait plus de chrétiens en Orient ; alors que c’est le berceau de notre religion. Les chrétiens y sont depuis 2 000 ans. En outre, si la France se croit le devoir d’accueillir tous les gens qui se trouvent dans la misère cela fera beaucoup de monde. La France doit se protéger, particulièrement en période de crise.

Pourquoi alors le gouvernement a-t-il fait cette proposition de donner asile aux chrétiens d’Irak ?

Tout d’abord à cause de la pression immense dont il commençait à être l’objet : il devait faire quelque chose. Même dans les rangs de la majorité, cela commençait à murmurer. Ensuite, je soupçonne le gouvernement de vouloir, par ce biais, mélanger les différentes émigrations et montrer que la France est accueillante quelle que soit la religion et la nationalité.

Vous soutenez que notre pays est responsable de ces misères actuelles ?

Oui, nous avons une part de responsabilité dans ces persécutions ; tout simplement parce que, en Orient, des régimes ont été renversés avec l’appui de la France. Les personnages qui étaient à la tête de ces Etats étaient certes des dictateurs, mais désormais ce sont des partis islamistes qui ont pris le pouvoir, ce qui n’est pas mieux, vous en conviendrez. D’autant que dans ces cas-là ce sont les populations chrétiennes qui souffrent le plus. Lors d’une intervention au Parlement européen, il y a quelques semaines, j’avais souligné le fait que 4 persécutés sur 5 dans le monde sont chrétiens, et victimes de persécutions à cause de leurs opinions religieuses.

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Rémi Tremblay : "Le Québécois du XXIe siècle se coupe de ses racines"

Rémi Tremblay : “Le Québécois du XXIème siècle se coupe de ses racines”

19/07/2014 – MONTREAL (via Présent)
Nous reproduisons avec leur aimable autorisation un entretien réalisé par nos confrères de Présent, pour le numéro 8148, avec Rémi Trembaly de la Fédération des Québécois de souche.


La Fédération des Québécois de souche (FQS) se présente comme « un réseau d’hommes et de femmes, Québécois de souche, partisans du principe de l’union sacrée entre une terre et son peuple ». Outre l’animation de son site Internet, la FQS publie une revue papier, Le Harfang, pour laquelle notre dessinatrice Chard a fourni quelques dessins… A l’origine du Harfang, Rémi Tremblay. Il est membre de la FQS depuis 2011 et l’un des porte-parole de l’organisation. Il nous donne un aperçu du Québec version « pays réel ».

Propos recueillis par Samuel Martin


Tout d’abord, pouvez-vous dresser un état des lieux rapide des forces politiques au Québec ?

Avant toute chose, je crois qu’il est important de spécifier qu’au Québec nous vivons dans une monarchie de type britannique. Bref, chaque comté élit un député qui, lui, élira le Premier ministre. Donc, pas de proportionnelle ni d’élection du chef d’Etat. Cela crée évidemment des problèmes pour les petits partis qui, bien qu’ils reçoivent un certain pourcentage de votes, n’obtiendront pas de députés. Ce système, loin d’être parfait, explique pourquoi, aux élections du printemps, le Parti libéral fut élu avec une majorité des sièges bien que seulement 18 % des Québécois en âge de voter l’aient fait pour eux.

Si les Français croient que le PS et l’UMP c’est du pareil au même, ils seront estomaqués de constater la similitude entre les trois grands partis au Québec. Nous avons le Parti libéral (centre gauche, fédéraliste), le Parti québécois (centre gauche souverainiste) et la Coalition Avenir Québec (centre gauche, autonomiste). Bref, au plan des idées, les trois partis ont un programme interchangeable. Ils s’entendent comme larrons en foire sur tous les sujets (immigration, justice, taxation, enjeux sociétaux…), sauf sur le statut du Québec au sein du Canada.

Le Parti québécois (PQ) n’est-il pas proche de la droite nationaliste ?

Vu de l’étranger, peut-être, mais c’est une mauvaise perception. Le PQ est très semblable au Scottish National Party (Parti national écossais, note de Novopress), un parti impossible à taxer de droite. Pour ce qui est de la droite, il n’existe qu’un parti libertarien (Parti conservateur), mais même ce parti ne fait que récolter quelques milliers de votes sans aucun espoir de faire élire un député.

Il existe également un parti de gauche extrême, semblable au Front de Gauche de Mélenchon, mais celui-ci est relativement marginal, avec seulement trois élus.

C’est dans la société civile que les groupes nationalistes sont plus actifs. Il existe une multitude de groupes défendant notre langue et certains groupes plus nationalistes mais, à l’exception de la Fédération des Québécois de souche, tous nient le volet ethnique de notre identité.

Nous, Français, sommes mal renseignés sur la réalité de l’immigration au Québec. Quelle image avez-vous, de votre côté, de l’état actuel de la France ?

Nous devons malheureusement dire que nous utilisons souvent la France comme un exemple de ce qui attend le Québec si nous ne modifions pas de façon drastique nos politiques d’immigration. Ici, il est bien connu que l’immigration de masse est un fléau pour la France, avec tous les problèmes que cela amène. Les émeutes des banlieues et l’islamisation continuelle ont été médiatisées au Québec, mais étonnamment, personne ne semble être en mesure d’apprendre des erreurs des autres, et nous accueillons au prorata plus d’étrangers que la France.

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Jacques Terpant – Le questionnaire de Proust 3/3

Jacques Terpant – Le questionnaire de Proust 3/3

12/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant (photo) est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail. Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Le principal trait de votre caractère ?
La nostalgie.

La qualité que vous préférez chez un homme ?
Le goût du l’histoire.

La qualité que vous préférez chez une femme ?
Les gros seins (celle-là je la pique à Jean Yanne).

Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ?
L’humour.

Un autre trait de votre caractère ?
La persévérance.

Votre principal défaut ?
La colère.

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Jacques Terpant : "Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt" 1/3

Jacques Terpant : “Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt” 1/3

10/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail (photo). Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Question usée, mais pourtant incontournable : comment est née votre vocation de dessinateur ?

La bande dessinée est le refuge du dessin, l’Art du XXème siècle l’a abandonné, le livre fut son refuge, d’abord avec l’illustration, puis la bande dessinée. Pour ma génération, enfant des années soixante, adolescent des années 70 à 80, la bande dessinée était formidable, nous sommes passés de Tintin et Spirou à Pilote qui a évolué avec ses lecteurs. Pour un enfant qui dessinait, ce qui était mon cas la bande dessinée était une évidence, elle était depuis peu (à peine, une génération) un métier, je m’y suis précipité.

Vous avez consacré au dessin plus de trente années de votre existence, quel regard portez-vous sur votre œuvre, quel fil directeur y apercevez-vous ?

J’ai débuté dans Métal Hurlant qui fut sans doute le meilleur journal de son époque et ce, même au-delà de nos frontières, mais lorsque je suis arrivé, c’était déjà une période finissante. J’ai connu les grandes années de la publicité qui avait des moyens, ce fut une carrière de mercenaire, de prestataire ; je voulais dessiner, j’ai donc dessiné. J’en ai vécu, plutôt pas mal. Je me suis satisfait « d’en être ».

Mais pendant mes dernières années dans cet état d’esprit, disons jusqu’à la quarantaine, cela m’a satisfait de moins en mois. Je dessinais la série d’un scénariste, intitulée Pirates chez Casterman et je n’aimais pas cela, je n’étais pas d’accord avec le récit. Etre juste un dessinateur était devenu frustrant. J’ai donc voulu écrire mes propres livres et ai choisi d’adapter Jean Raspail.

Avec Sept Cavaliers puis Les Royaumes de Borée, vous avez en effet poussé la porte de l’univers raspalien, ce qui ne devait pas paraître chose facile. Comment est né ce projet ? Raspail est-il venu à vous ou vous à lui ?

J’étais un lecteur de Jean Raspail, j’avais poussé la porte de son œuvre avec ce que je considère comme son chef d’œuvre Qui se souvient des hommes. Ensuite, j’avais tiré le fil et remonté ses autres livres. Lorsque j’ai voulu travailler seul, je me suis tourné vers son monde. Tout d’abord vers Qui se souvient des hommes, mais il était difficilement adaptable en bande-dessinée. J’ai relu Sept Cavaliers et cela m’a paru une évidence… Je suis parti.

Sept Cavaliers

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Entretien : Franck Guiot, un regard identitaire sur la crise de l’UMP

Entretien : Franck Guiot, un regard identitaire sur la crise de l’UMP

14/06/2014 – via NOUVEL ARBITRE – Entretien réalisé par “Nouvel Arbitre” le 13 juin 2014 avec Franck Guiot, militant historique du RPR puis de l’UMP. Ce dernier affirme aujourd’hui sa sympathie pour les actions citoyennes initiées par la mouvance identitaire et dresse un tableau sans fard de la situation à l’UMP, vue par la “base”, appelant de ses vœux à une prise en compte des préoccupations identitaires à l’UMP. Tout comme Henri Guaino, il ne peut que constater que le Front National est “désormais le premier parti de France, et le seul parti qui tienne debout” actuellement.


Franck Guiot, vous avez été élu de 1995 à 2014, vous avez été membre du RPR, puis membre de l’UMP depuis sa création, vous affirmez des sympathies pour les actions et les thèses identitaires, pouvez nous expliquer votre parcours ?

Franck Guiot

Franck Guiot

J’ai grandi sous l’action dynamique de Charles Pasqua, Philippe Séguin et Philippe de Villiers qui avaient tous trois un fort engagement pour l’identité nationale, la culture et les traditions françaises et pour la protection de nos frontières. 2007 a été un véritable sursaut patriote pour de nombreux militants avec l’élection de Nicolas Sarkozy, tournant ainsi la page d’une droite d’un autre temps incarnée par Jacques Chirac… la rupture !

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy n’a pas été facile, beaucoup de choses n’ont pas été à la hauteur de ce que les militants attendaient : politique trop timide sur l’immigration et sur l’insécurité. L’immigration de masse s’est amplifiée, Nicolas Sarkozy s’est laissé dépasser par une Europe passoire devenue incontrôlable, il s’est laissé dépasser par la hausse de l’insécurité, les deux choses étant liées. Nicolas Sarkozy a eu le mérite de recourir à des mesures fortes pour garantir le pouvoir d’achat, comme l’exonération des charges sur les heures supplémentaires et de poser le débat sur l’identité nationale, débat vite mis sous le tapis, car jugé trop stigmatisant par une bonne partie des élites de la droite bien-pensante complexée. Je me réfère toujours à l’excellent Patrick Buisson qui disait que « Le discours identitaire est essentiel ».

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Pierre Cassen (Riposte laïque) : "Notre combat se poursuivra" [Entretien exclusif Novopress]

Pierre Cassen (Riposte laïque) : “Notre combat se poursuivra” [Entretien exclusif Novopress]

13/06/2014 – PARIS (NOVOpress)
Pierre Cassen (à gauche sur la photo) et Pascal Hilout de Riposte laïque viennent d’être condamnés en appel pour la publication de deux articles. Une condamnation très sévère sur la plan financier. Novopress a rencontré Pierre Cassen à cette occasion.


Pierre Cassen, avec Pascal Hilout, vous venez d’être condamné en appel pour la publication des deux articles. Pouvez-vous nous décrire ce qu’indiquaient ces deux articles et les raisons pour lesquelles vous avez été poursuivi et condamné ?

Je mets ces deux articles à la disposition de vos lecteurs, pour qu’ils jugent par eux-mêmes. Dans le premier, que j’ai signé au nom de Cyrano, je posais une question vieille comme le monde : comment la démocratie peut-elle se protéger de ceux qui utilisent ses faiblesses pour mieux la tuer ? Je contestais, d’autre part, une phrase souvent répétée par Mélenchon : « Ce sera eux ou nous », en expliquant au président de Parti de Gauche qu’il se trompait de « eux ». Je démontrais pourquoi les islamistes présentaient le vrai danger pour la société française, alors que pour Mélenchon, le problème, c’est le Front national. Quant à Pascal, dans un autre édito de Cyrano, qu’il a écrit, il a repris un argumentaire de René Marchand, démontrant les méthodes de conquête des islamistes : immigration, réislamisation, prénoms, ramadan, halal, voile, mosquées, communautarisme, victimisation… afin de parvenir à leur objectif : le grand califat, et donc la conquête des territoires où ils sont pour le moment minoritaires. Aucun appel à la violence, simplement l’énoncé de faits que chacun peut vérifier dans son quotidien. Selon nos magistrats, et les imposteurs de l’antiracisme, cela s’appelle de l’incitation à la haine, et c’est sévèrement puni.

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Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Entretien exclusif réalisé par Info-Bordeaux.fr - À l’occasion des élections européennes de dimanche prochain, Infos-Bordeaux a souhaité interviewer un des « petits » candidats qui se présente dans la circonscription Sud-Ouest. Ce brillant écrivain, ami d’Alain Finkielkraut, est dans les années 1980 un habitué des soirées branchées du milieu culturel parisien, et l’une des voix de la communauté homosexuelle. Depuis quelques années, Renaud Camus alerte les français sur le grand nombre d’immigrés s’installant en France chaque année, et les dangers d’une telle situation.

Crédit photo : renaud-camus via Flickr (cc)


Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Renaud Camus : « l’Europe fait l’objet d’une véritable colonisation »

Infos-Bordeaux : Pourquoi êtes-vous candidat aux élections européennes ?

Renaud Camus : Parce que nous sommes désespérés de constater que le phénomène qui nous semble de très loin le plus important de notre époque, celui que retiendra l’histoire comme le plus marquant, le changement de peuple, et nécessairement de civilisation — l’un entraînant l’autre, car les êtres ne sont pas des pions, des robots qui arrivent et agissent indépendamment de leur propre histoire, de leur culture —, que ce phénomène énorme, donc, la transformation radicale du paysage démographique, culturel et physique de notre pays et de tout le continent européen, se déroule dans le plus complet silence politique, sans que les peuples d’origine aient jamais été consultés, sans que cette question majeure, capitale, auprès de laquelle toutes les autres, même les plus graves et les plus douloureuses, sont secondaires, ait jamais été posée.

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Abbé Guy Pagès : "Je vois se lever une jeunesse qui dit 'Non ! Ça suffit !'" (2/2)

Abbé Guy Pagès : “Je vois se lever une jeunesse qui dit ‘Non ! Ça suffit !’” (2/2)

17/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Prêtre catholique, l’abbé Guy Pagès conduit un apostolat sur Internet par l’intermédiaire de vidéos de formation. Spécialiste de l’islam, ancien missionnaire à Djibouti, nous avons souhaité l’interroger sur son itinéraire et sur les problématiques soulevées par la présence et la diffusion de l’Islam en France. 


De nombreux catholiques, sincères dans leur foi mais profondément attachés à la défense de leur identité, se sentent de plus en plus éloignés d’une partie de l’Église (souvent la plus visible d’ailleurs). Celle-ci est volontiers immigrationniste, ethno-masochiste et islamophile. Quel message adressez-vous à ces croyants qui se sentent “exilés” ?

Si douloureuse que soit la présente situation de l’Église, chacun doit se rappeler qu’il ne sera pas jugé sur ce que font les autres, mais sur ce que lui-même aura fait (Ap 20.12-13). « Qu’il en tombe mille à tes côtés et dix mille à ta droite, toi, tu restes hors d’atteinte. » (Ps 91.7) Au lieu donc de fuir le bateau comme le font les rats, il faut préférer couler avec son capitaine, et en attendant, se conduire de telle sorte que l’Église apparaisse telle que Jésus la veut : sainte, généreuse, pieuse, humble et fidèle. A chacun de donner sa vie là où il est pour que l’Église existe et que la société entende la Voix du Seigneur. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jn 12.24) Apprenons à imiter le Seigneur en nous supportant les uns les autres, et en travaillant pour que les choses changent, de l’intérieur.

A ces catholiques comme à ceux qui se sont éloignés de l’Eglise, écoeurés par cette complicité dans le Grand Remplacement, n’est-il pas de maîtres utiles à suggérer ?  Saint Bernard de Clairvaux par exemple …

Saint Bernard de Clairvaux, certes, mais encore saint Dominique, saint Euloge, sainte Jeanne d’Arc, saint Jean de Capistran, saint Jean de Matha, sainte Josefina Bakita, Saint Joseph de Leonessa, saint Laurent de Brindes, saint Louis, saint Thomas More, saint Pie V, Saint Pierre Mavimène, bienheureux Charles de Foucauld, bienheureux Marc d’Aviano, bienheureux Urbain II… les Cristeros…

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Abbé Guy Pagès : "Je vois se lever une jeunesse qui dit 'Non ! Ça suffit !'" (2/2)

Abbé Guy Pagès : “L’expansion de l’Islam est soutenue par une mauvaise compréhension de la liberté religieuse” (1/2)

16/05/2014 – PARIS (NOVOpress) - Prêtre catholique, l’abbé Guy Pagès (photo) conduit un apostolat sur Internet par l’intermédiaire de vidéos de formation. Spécialiste de l’islam, ancien missionnaire à Djibouti, nous avons souhaité l’interroger sur son itinéraire et sur les problématiques soulevées par la présence et la diffusion de l’islam en France. 


Monsieur l’abbé, vous êtes aujourd’hui connu pour les vidéos d’apologétique et de critique de l’islam que vous diffusez par internet. Vous avez en revanche rarement l’occasion de revenir sur votre vie de prêtre et ce qui vous engagea sur cette voie. Pouvez-vous nous dépeindre à grands traits votre itinéraire ?

Si la vocation d’un chrétien est déjà un mystère de grâce, a fortiori celle d’un prêtre chargé de représenter in persona Christi Dieu incarné pour ses frères… Après ma conversion à la fin des années 70, qui me fit passer de la mort à la vie, et dix ans de formation à la vie chrétienne, je fus appelé au sacerdoce dans la Fraternité de Jérusalem incardinée dans le diocèse de Paris, et fus ordonné prêtre en 1994 à Vézelay où j’étais allé, avec quelques frères et sœurs, fonder la communauté qui s’y trouve. Mais, plutôt que de m’engager définitivement dans cette communauté, je décidai de rejoindre le clergé séculier.

Malheureusement, j’eus l’occasion de vérifier bien souvent la vérité des propos du Pape Paul VI se plaignant, sitôt après le concile Vatican II, de ce que « les fumées de Satan » s’étaient introduites dans l’Église (29.06.1972). Il disait : « Je vois dans l’Église deux esprits, dont l’un n’est pas catholique, et il est à craindre qu’il devienne le plus fort » (Jean Guitton, Paul VI secret, DDB, 1986, p.112) ; et encore : « Jamais il n’y a eu un tel trouble à l’intérieur de l’Église, même et sans que cela soit aperçu… » (ibid p.168)… Eh bien, cet esprit, qui n’est pas catholique, qui est dans l’Église, et qui est si fort, je l’ai trouvé quasiment partout… de sorte que j’ai dû très souvent changer de paroisses et de diocèses, jusqu’à m’envoler en 2003 pour Djibouti, dans le cadre du Diocèse aux Armées… d’où il me fallut également revenir !

Pouvez-vous revenir plus en détail sur votre expérience de missionnaire à Djibouti ? En quoi a-t-elle été décisive pour vous ?

Mon expérience à Djibouti à été pour moi décisive en ce qu’elle m’a donné l’occasion de commencer une évangélisation directe des musulmans, chose tout à fait incongrue pour la hiérarchie catholique en terre devenue musulmane. En effet, prévaut aujourd’hui entre quelque État musulman que ce soit et l’Église catholique, un accord, plus ou moins tacite, donnant à cette dernière droit de cité à condition qu’elle n’évangélise pas… autrement dit : à condition qu’elle se dénature, car l’Église n’existe ici-bas que pour évangéliser, communiquer le Salut.

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Alain de Benoist : "Le suicide de Dominique Venner fut à l'opposé de tout désespoir et de toute lâcheté"

Alain de Benoist : “Le suicide de Dominique Venner fut à l’opposé de tout désespoir et de toute lâcheté”

14/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 17 mai à Paris aura lieu le premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle”. Ce colloque se tiendra à la Maison de la Chimie – 28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris -, à partir de 14h30. Les frais de participation sont de 10 euros. Attention, le nombre de places limités, il vaut mieux s’inscrire par le biais de cette billetterie. Des ouvrages de Dominique Venner seront en vente lors de ce colloque.

A cette occasion, Novopress a interrogé les intervenants de ce colloque. Aujourd’hui, Alain de Benoist. Propos recueillis par Romain Lecap.


Pourquoi ce colloque ? Était-ce la volonté de Dominique Venner ?

Ce colloque est organisé à l’initiative des amis de Dominique Venner, et plus spécialement de ceux qui ont travaillé avec lui durant les dernières années de sa vie dans le cadre de « La Nouvelle Revue d’histoire. Il marque le premier anniversaire de sa mort.

A qui s’adresse-t-il ?

Il s’adresse à tous ceux qui ont connu Dominique Venner, et plus largement à tous ceux qui l’ont lu et ont apprécié ses écrits. Mais pour ceux qui ne sont pas familiers de son œuvre, c’est aussi une occasion d’en apprendre plus sur lui.

Ce colloque intervient prés d’un an après le sacrifice de Dominique Venner. Avec le recul, quelle importance accordez-vous à ce geste ?

Il y a différentes sortes de suicide. Celui de Dominique Venner entre de toute évidence dans la catégorie des suicides sacrificiels. Les circonstances et le lieu de cette mort volontaire étaient propres à marquer les esprits. Il s’agissait pour Venner de porter témoignage et, en même temps, de faire en sorte que sa mort se situe dans la droite ligne de ce que fut sa vie. Comme celui de Yukio Mishima, le suicide de Venner fut à l’opposé de tout désespoir et de toute lâcheté. Il l’a dit lui-même quand il a expliqué sa décision de se sacrifier « pour rompre la léthargie qui nous accable », d’offrir ce qui lui restait de vie « dans une intention de protestation et de fondation ». Dans cette phrase, le mot « fondation » est évidemment celui qui compte.

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Philippe Conrad : "Le Coeur rebelle est un livre admirable de Dominique Venner"

Philippe Conrad : “Le Coeur rebelle est un livre admirable de Dominique Venner”

13/05/2014 – PARIS (NOVOpress)
Samedi 17 mai à Paris aura lieu le premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle”. Ce colloque se tiendra à la Maison de la Chimie – 28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris -, à partir de 14h30. Les frais de participation sont de 10 euros. Attention, le nombre de places limités, il vaut mieux s’inscrire par le biais de cette billetterie. Des ouvrages de Dominique Venner seront en vente lors de ce colloque.

A cette occasion, Novopress a interrogé les intervenants de ce colloque. Aujourd’hui, Philippe Conrad. Propos recueillis par Romain Lecap.


Pourquoi ce colloque ? Était-ce la volonté de Dominique Venner ?

Dominique Venner a souhaité que nous poursuivions l’oeuvre qu’il avait entreprise et c’est dans cette perspective que nous avons organisé ce premier colloque consacré à sa mémoire

A qui s’adresse-t-il ?

Cette manifestation s’adresse à tous ceux qui se reconnaissent dans les ouvrages de Dominique Venner, notamment ceux dans lesquels il a apporté une réflexion originale sur l’Histoire et sur le devenir européen. Ce colloque s’adresse notamment aux jeunes qui se trouvent confrontés à la crise majeure que connaissent la France et l’Europe et qui pourraient trouver dans les écrits de Dominique Venner des raisons d’espérer et de se mobiliser en faveur du réveil de l’Europe.

Ce colloque intervient prés d’un an après le sacrifice de Dominique Venner. Avec le recul, quelle importance accordez-vous à ce geste ?

Le geste sacrificiel de Dominique Venner relève d’un choix personnel, mûrement réfléchi, que je n’ai pas à juger. Nous devons en revanche faire en sorte qu’il n’ait pas été vain en continuant à œuvrer pour la reconquête de l’âme et de l’esprit de nos peuples.

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