1214, la naissance de l'unité nationale

1214, la naissance de l’unité nationale, par Philippe Conrad

Éditorial de la Nouvelle Revue d’Histoire n°73 (juillet-août 2014) - Il y a huit siècles, l’année 2014 voit la naissance, le 25 avril, du futur Saint Louis, puis la victoire, remportée le 27 juillet à Bouvines, par son grand-père Philippe Auguste, à l’aube d’un siècle qui verra l’apogée de note « Moyen Âge ». Engagée un dimanche – malgré les interdits de l’époque – la bataille livrée à Otton IV de Brunswick Ferrand de Flandre et Renaud de Dammartin se conclut sur une victoire sans appel du souverain capétien, un succès qui fait écho à celui remporté contre Jean sans Terre à La Roche aux Moines par le prince Louis.

L’empereur germanique en déroute, les comtes félons faits prisonniers, le retour triomphal à Paris font de cette journée l’un des épisodes fondateurs de la puissance française, perçu ultérieurement comme la manifestation d’une élection propre au royaume des lys. Les chroniqueurs exaltent les prouesses du roi, qui fut un moment sur le point de succomber sous les coups de l’ennemi. Une épopée, La Philippide, inspirée du modèle virgilien, raconte ses exploits.

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"La rouge hermine"

“La rouge hermine”

26/07/2014 – PARIS (NOVOpress) – Une version très, très politiquement incorrecte de la célèbre chanson “La blanche hermine”, elle a d’ailleurs été rapidement censurée sur YouTube et Dailymotion.
Cette version apparue sur Internet le 23 juillet 2014 est signée “Mort aux cons productions”, label inconnu !
Des passages au deuxième degré alternent avec d’autres au premier.

Elle ne plaira sûrement pas à l’auteur de la chanson originale, Gilles Servat. Celui-ci s’était même violemment élevé, en slam, contre le fait que le Front national passait sa chanson “La blanche hermine” lors de ses meetings ! (2em vidéo ci-dessous). La nouvelle version est un beau pied-de-nez.

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L’”horloge du millénaire” pour la cathédrale de Strasbourg en images

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Underground : Bare-Knuckle, la boxe à mains nues en Grande-Bretagne

23/07/2014 – VIDÉO VICE - De tous les types de combat, il y en a un qui inspire la peur à ceux qui l’entendent : le Bare-Knuckle. Pendant des siècles, les Britanniques ont frappé à mains nues leurs adversaires, pour savoir qui était le plus fort de tous. Qu’on soit noble, voyageur, père de famille ou gangster, quand on pratique le combat à mains nues, on est différent du reste de la société. C’est un sport de combat profondément britannique qui s’est criminalisé à mesure que le reste de la société se civilisait. Un sport qui mêle l’héroïsme, l’honneur, et une extraordinaire violence.

Longtemps considérée comme une discipline extrêmement violente qui n’existe que dans les films de Guy Ritchie et les camps de gitans, le Bare-knuckle redevient de plus en plus populaire au Royaume-Uni. À l’occasion du premier combat opposant les États-Unis au Royaume-Uni en 150 ans, Clive Martin, journaliste pour VICE, a enquêté sur ce sport dont Chuck Palahniuk, l’auteur de Fight Club, s’est inspiré. Il a ainsi rencontré les grands noms du mouvement, mais aussi les informaticiens, les ouvriers et les juristes britanniques qui s’adonnent à cette discipline régie par l’honneur, la fierté et les coups.

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[Tribune libre] Redécouvrir Robespierre – par Charles Demassieux

[Tribune libre] Redécouvrir Robespierre – par Charles Demassieux

22/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Le 28 juillet 1794, ayant comparu devant le Tribunal révolutionnaire, Maximilien Robespierre était exécuté avec les « robespierristes » après une arrestation violente à l’Hôtel-de-Ville de Paris, au cours de laquelle il aurait soit tenté de se suicider, soit reçu une balle dans la mâchoire tirée par le gendarme Méda, selon les versions. Mâchoire retenue par un bandage que le bourreau arrachera sans ménagement sur l’échafaud, découvrant aux yeux du peuple une blessure hideuse.

Robespierre – qui, jadis, prononça devant le lycée Louis-le-Grand, où il était élève, un éloge du roi Louis XVI qui passait par là : ironie de l’Histoire ! – est un homme politique peut-être sombre et controversé du roman national ; il n’en est pas moins d’une envergure indéniable. On pourra gloser sur sa froideur, sa cruauté, mais il est essentiel de mettre sa politique en parallèle avec la situation d’alors : la France est attaquée aux frontières par une coalition de puissances étrangères ; à l’intérieur, elle subit l’insurrection vendéenne (dont il ne faut pas ignorer au passage la quasi génocidaire répression) ; la Révolution est incapable de mener une politique unitaire, les factions s’entredéchirant. Dans ce maelström de l’Histoire, l’avocat d’Arras reste un fervent patriote, ce mot dont Christiane Taubira rêve de faire un délit !

Croyant en un Être Suprême – donc en Dieu –, Robespierre fustigera la déchristianisation de la France comme contre-révolutionnaire, rappelant en même temps le principe de la liberté de culte. Il savait aussi certainement qu’on ne détricote pas le passé d’une Nation au risque de la précipiter dans le chaos. Chaque Nation possède un socle sans lequel on ne peut rien construire de viable.

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Le défilé du 14 Juillet, une histoire du lien national - par Thierry Bouzard

Le défilé du 14 Juillet, une histoire du lien national – par Thierry Bouzard

21/07/2014 – PARIS (via Polémia)
Le défilé du 14 Juillet sur les Champs-Elysées a une histoire retraçant celle de l’expression du lien collectif qui entretient la cohésion de notre peuple. Son évolution plonge dans sa longue mémoire, celle qu’on raconte rarement.


Aller « fêter, voir et complimenter l’armée française »(1) appartient à une tradition immémoriale qui veut que l’on acclame les troupes victorieuses, les garantes de l’indépendance d’un peuple. Les Romains organisaient des triomphes, les rois des défilés et des carrousels, les révolutionnaires vont innover en créant de grandes fêtes patriotiques sur le Champ-de-Mars en commençant par la fête de la Fédération. 300.000 spectateurs, suivant les estimations de l’époque, jamais autant de personnes n’avaient été réunies en un même lieu. Les monarques se gardaient bien de rassembler des foules difficiles à contrôler. Les seules grandes masses d’individus sont les armées, mais le soldat doit obéir aux signaux d’ordres transmis au tambour ou à la trompette, avec la peine capitale en cas de refus. La fête de la Fédération marque l’entrée dans une nouvelle ère, celle de la nécessité de gouverner en se conciliant l’opinion publique, une sorte de retour à l’évergétisme antique.

Au-delà du calcul politique, il y a la nécessité d’exprimer le lien sociétal où, dans la festivité comme dans le cérémonial, la musique joue un rôle sacralisateur essentiel(2). Les individus existent au sein de communautés qui ont besoin de règles pour fonctionner. Ces règles subissent une double contrainte, d’abord leur concurrence avec la volonté individuelle, ensuite leur rigidité face aux transformations constantes des sociétés. La survie des collectivités impose l’observation de ces règles. Pour garantir cette observation, les sociétés traditionnelles les ont enracinées dans le surnaturel, dans une croyance collective dépassant la condition limitée des individus et les élevant en les transcendant vers l’intérêt collectif. L’observation des règles par tous est une chose, mais elle a régulièrement besoin d’être confortée par des festivités publiques. Jusqu’à la Révolution, l’Eglise est en charge de l’expression de ce lien collectif à travers la liturgie sacrée et les manifestations publiques de foi que sont les processions et les pèlerinages, les sonneries des cloches marquant le temps collectif.

En retirant à l’Eglise la charge de la liturgie collective par le décret sur la liberté des cultes, les révolutionnaires ne sont pas capables de proposer de solution alternative fonctionnelle, leurs cultes ridicules à la déesse Raison ou l’Etre suprême mènent le peuple à la révolte. Pour éviter la guerre civile avec la remise en cause des « acquis » de la Révolution, tout particulièrement la confiscation des biens nationaux, les révolutionnaires font appel à un militaire qui va prendre en charge la nouvelle liturgie collective, et jeter les bases de celle qui existe toujours aujourd’hui, notamment pour le défilé du 14 Juillet.

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[Mémoire ouvrière] La presse ouvrière : "La Revue socialiste" 1885 - 1914

[Mémoire ouvrière] La presse ouvrière : “La Revue socialiste” 1885 – 1914

21/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
La Revue socialiste (photo) est la plus ancienne parution du socialisme français. Née en 1885, elle va perdurer jusqu’à l’aube de la Première Guerre mondiale.

Une première tentative de création échoua en 1880 malgré les efforts conjugués de Jules Guesde et Benoît Malon. C’est ce dernier, ancien ouvrier teinturier, militant de l’AIT(1) et de la Commune, qui sera le véritable fondateur de La Revue socialiste, l’œuvre de sa vie. Son rêve est de publier « une revue, un recueil mensuel où le socialisme français dépouillerait l’antagonisme des sectes ».(2) Il la veut ouverte à toutes les tendances du socialisme. Malon est alors tout à la fois directeur, gérant et secrétaire de rédaction de la revue. Le commanditaire est un curieux industriel du nom de Villaséca.

Présent sur tous les fronts, Malon se tue littéralement à la tâche le 23 septembre 1893 au moment même où les premiers députés socialistes font leur entrée au parlement. Portée au siège de La Revue socialiste, sa dépouille reçoit l’hommage des Parisiens. Des milliers de personnes suivent ses obsèques au cimetière du Père-Lachaise. En 1913, un monument destiné à recueillir ses cendres sera érigé face au Mur des Fédérés.

Son premier successeur est Georges Renard, ancien normalien et critique littéraire, secondé par Adrien Veber. Gustave Rouanet, ami de Jaurès et député du 18ème arrondissement, le remplace en mars 1898. Puis c’est Eugène Fournière, ancien ouvrier bijoutier, qui prend les rênes de la revue en janvier 1905. Tous sont des disciples de Malon pour qui « ses prescriptions sont sacrées ». Benoît Malon fera l’objet d’un véritable culte de la part des différents directeurs en tant que « vénéré fondateur ».

La Revue socialiste paraît chaque mois avec plus de 100 pages pour dix-huit francs par an, au moins jusqu’en 1910. On y retrouve de grandes plumes de l’époque : Jean Jaurès, Jean Ajalbert, Louis Lumet, Léon Blum et surtout Péguy, qui signe alors sous le pseudonyme de Pierre Deloire. Georges Sorel publiera lui aussi entre 1901 et 1902.

En 1910, la revue fusionne avec La Revue syndicaliste d’Albert Thomas, le leader politique de l’aile « droite » de la SFIO. La nouvelle concurrence de La Vie ouvrière de Pierre Monatte, lancée en 1909, n’est pas pour rien dans ce rapprochement qui vise à contrer la jeune revue. Avec Thomas, entre en scène Marcel Rivière, mécène nouvellement déniché. On créé pour Albert Thomas le poste ad hoc de rédacteur en chef de La Revue socialiste. « Nous prenons aujourd’hui, mes camarades et moi, la charge de la rédaction de La Revue socialiste… », affirme-t-il haut et fort malgré Fournière toujours en place. A la définition de revue d’études, il souhaite adjoindre désormais à La Revue socialiste celle de revue d’action, dans le but de « grignoter » le lectorat de La Vie ouvrière.

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Grâce aux peintures de Mike, ces livres abandonnés racontent de nouvelles histoires

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Grand Moyen-Orient : une accélération du redécoupage prévu. Par François Montgisard

Grand Moyen-Orient : une accélération du redécoupage prévu. Par François Montgisard

Le Moyen-Orient, chacun le sent bien, est la zone géographique d’où la prochaine guerre mondiale pourrait éclater.

L’actualité dans cette région nous a montré une avancée étonnamment rapide des forces armées de l’ « Emirat islamique de l’Irak et du Levant » (EIIL en français). L’événement rappelle un peu la rapidité soudaine et « inexpliquée » de l’avance des troupes croato-musulmanes en Bosnie, dans les années 1990 face aux Serbes, jusqu’à des lignes que l’on a su peu après avoir été négociées pour laisser la moitié du pays à chaque belligérant.


L’on sait les Américains très attentifs au Sud-Ouest asiatique, région comprenant Israël et le golfe Persique. Afin d’y maintenir et d’y développer leur influence, ils y ont envisagé, ce n’est pas nouveau, la vieille idée romaine du « divide ut regnes » (diviser pour régner). De nouvelles frontières ont été planifiées par les services de Washington pour fractionner ce grand Moyen-Orient. Dans cette optique, deux cartes ont été portées à la connaissance du public. Ces deux cartes partent de la même logique : faire éclater les Etats musulmans les plus puissants de la région en des unités plus petites, utilisant pour cela les clivages religieux, ethniques, tribaux, etc. :

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