Recension : Extra Pure, Voyage dans l’économie de la cocaïne

Recension : Extra Pure, Voyage dans l’économie de la cocaïne

26/11/2014 – PARIS (NOVOpress) – Après l’excellent Gomorra, enquête approfondie sur la Camorra et son empire, le journaliste italien Roberto Saviano publie un nouveau livre portant sur le crime organisé, en suivant cette fois la poudre blanche : Extra pure, Voyage dans l’économie de la cocaïne (Gallimard, 2014).

Extra Pure, Voyage dans l’économie de la cocaïneGomorra était un voyage au plus profond de la Campanie qui, servie par les qualités d’écrivain de Roberto Saviano, nous présentait un portrait sociologique saisissant et terrifiant de Naples et de sa région. Dans Extra pure, Saviano rédige à nouveau un portrait, mais de la cocaïne elle-même cette fois. La coke est bien le personnage principal de son livre, et ses effets, racontés par Roberto Saviano, sont terribles.

L’auteur nous entraîne au Mexique, État en guerre contre les Cartels, et ne nous épargnera aucune des horreurs commises par ceux-ci pour contrôler le marché de la poudre blanche. Il passera par la Colombie, terre de production de plus de la moitié de la cocaïne produite dans le monde, qui fut également le lieu de naissance des premiers Cartels. Et il nous présentera les trafiquants eux-mêmes : Cartels mexicains aux méthodes dignes de l’État Islamique, Sacra Cronoa Unita dans les Pouilles, Maras salvadoriens…

« La cocaïne est une valeur refuge. La cocaïne est un bien anticyclique. La cocaïne est le bien qui ne craint ni l’épuisement des ressources ni l’inflation. De nombreux endroits du monde vivent sans hôpitaux, sans Internet ni eau courante. Mais pas sans coke. L’ONU affirme que, en 2009 l’Afrique en a consommé 21 tonnes, l’Asie 14, et l’Océanie 2. Plus de 100 pour l’ensemble de l’Amérique latine et des Caraïbes. Tout le monde en veut, tout le monde en consomme, tous ceux qui ont commencé à en prendre en ont besoin. Les dépenses sont minimes, la vendre est immédiat, les marges réalisées énormes. La cocaïne se vend plus facilement que l’or, et ses bénéfices peuvent dépasser ceux du pétrole. L’or a besoin d’intermédiaires et les négociations prennent du temps. Le pétrole, lui, nécessite des puits, des raffineries, des oléoducs. La cocaïne est le dernier bien qui permet l’accumulation primitive du capital. » Extra pure, pages 99-100 (source : LeMonde.fr)

Il nous fera suivre les efforts déployés par les polices du monde entier, de la DEA américaine aux services anti-mafia d’Italie, en passant par l’engagement militaire au Mexique ou en Colombie. Malgré les centaines de tonnes saisies tous les ans, malgré les agents infiltrés et les repentis, malgré la mobilisation des marines de guerre occidentales, malgré les chiens stups (dont certains, menacés de mort, sont placés sous protection policière !), malgré une coordination internationale de plus en plus poussée, les efforts des États apparaissent vains face à l’immensité du trafic et à la puissance de ses protagonistes.

En suivant le trafic de cocaïne, Roberto Saviano se retrouve à suivre la mondialisation. Car la cocaïne, comme n’importe quel fruit produit au Brésil pour être consommé en France, doit être transporté de son lieu de production, l’Amérique du Sud, vers son lieu de consommation, les États-Unis et l’Europe. Toutes les facettes de la mondialisation économique sont ainsi utilisées par les trafiquants : navires transportant des containers, clandestins sud-américains traversant la frontière texane au péril de leur vie, faux touristes qui avalent des boulettes et les régurgitent par voie naturelle une fois arrivé à bon port (les fameuses mules)…
Hommes, bateaux, avions, et mêmes sous-marins, tout est bon pour transporter de la coke ! Les trafiquants ne s’interdisent rien, font preuve d’une imagination sans limite, et ont toujours une longueur d’avance sur les services de répression afin que leur marchandise parvienne à sa destination : les narines occidentales.

Car la poudre blanche est le carburant de la mondialisation, au même titre que le pétrole. La cocaïne permet aux traders de tenir leur rythme et de supporter des journées de travail démentielles. La cocaïne multiplie la productivité, permet une meilleure précision et une plus grande énergie. La cocaïne décuple les prouesses sexuelles. Jusqu’au jour où les effets secondaires commencent à prendre le dessus…

Face à ce besoin irrépressible de cocaïne, devant cette demande effrénée de poudre blanche des sociétés modernes, Roberto Saviano ne voit rien d’autre que la légalisation de la vente et de la consommation de cocaïne, afin d’assécher les réseaux criminels. Pour autant, nous ne pouvons nous empêcher de nous demander : si la consommation de cocaïne est rendue nécessaire par le rythme de la vie moderne, plutôt que de légaliser un poison, ne serait-il pas plus sain de revenir sur la mondialisation ?

Crédit photo : spookman01 via Flickr (cc)

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Astérix : déjà un demi-siècle au cinéma pour le Gaulois

25/11/2014 – FRANCE (NOVOpress)
Astérix revient sur grand écran ce 26 novembre en version animée avec “Le Domaine des Dieux”. Sous la houlette d’Alexandre Astier, le créateur de “Kameloot”, le héros d’Uderzo et Goscinny s’offre une nouvelle jeunesse réjouissante.

Retour sur 50 ans d’aventures du petit Gaulois sur grand écran.


Astérix : déjà un demi-siècle au cinéma pour le… par rtl-fr

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Un célèbre acteur russe s’affiche aux côtés des séparatistes à Donetsk

24/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Mikhail Porecehnkov, un acteur russe a déclenché une polémique, voici quelques semaines, en apparaissant dans une vidéo tournée à l’aéroport de Donetsk, sur la ligne de front, où il tire à la mitrailleuse lourde auprès des combattants pro-russes. Celui-ci apparaît notamment avec un gilet pare-balles et un casque portant le mot “Presse”.

Les autorités de Kiev ont annoncé des poursuites judiciaires contre l’acteur “pour participation à des activités terroristes”.

Par ailleurs, l’Union russe des journalistes a dénoncé cette mise en scène et réclamé des excuses publiques pour les journalistes qui risquent leur vie, en exerçant leur devoir professionnel dans la zone du conflit armé.

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (11 et fin)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (11 et fin)

24/10/2014- LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La dixième partie des lettres de Paul Vaseux

A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne.


Le 27 février 1915, le sous-lieutenant Paul Vaseux écrit une courte lettre à sa famille. Le régiment vient d’être relevé des tranchées de première ligne par le 82ème RI et cantonne autour de la Maison-Forestière.

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Territoires, d’Olivier Norek : plongée en Seine-Saint-Denis

22/11/2014 – PARIS (NOVOpress) - Le livre Territoires, sortit récemment aux éditions Michel Lafon, est le second roman d’Olivier Norek. Celui-ci, en bon auteur de roman noir, utilise une enquête policière comme prétexte pour plonger dans la réalité sociale et politique de la Seine-Saint-Denis. Et elle n’est guère reluisante.
Lieutenant à la section Enquête et Recherche du SDPJ 93 depuis quinze ans, Olivier Norek sait de quoi il parle, ce qui fait de Territoires un témoignage précieux, proche d’une enquête journalistique.

Dans la ville imaginaire de Malceny, qui ressemble énormément à celle de Saint-Denis, plusieurs gros trafiquants de drogue sont assassinés par un rival cherchant à s’emparer du marché des stupéfiants. En enquêtant, les policiers vont découvrir des kilos de drogue chez des retraités, une racaille psychopathe de treize ans, et vont faire face à des émeutes extrêmement violentes.

Et surtout, en remontant le fil des évènements, ils vont s’intéresser à la mairie de Malceny : son équipe municipale élue en achetant des voix, les amis du maire qui vivent dans un HLM de luxe, les emplois municipaux réservés à la racaille en échange de la paix sociale…

Un témoignage précieux, sur la réalité de la France des banlieues.

Olivier Norek, Territoires, Michel Lafon, 2014.

- Vous vous foutez de moi ? Vous me dites que c’est un entrepôt pour voleurs et vous leur laissez l’électricité ? Pourriez au moins la couper, ce serait un début.
- Déjà essayé. Ils ont brûlé ma voiture le lendemain.
- Et vous avez déposé plainte ?
- Non, j’ai remis le courant.
- Mouais, c’est cohérent. Mais alors, ça consiste en quoi votre job exactement ?
Vexé, le gardien répliqua sèchement :
- Je m’occupe d’un immeuble dans une cité où vos collègues ne mettent même plus les pieds. Je nettoie la cage d’escalier et le hall quand ils ne sont pas squattés et le reste du temps, je ferme les yeux sur tout. J’essaie d’énerver personne, de pas me faire péter la gueule et je dis aux locataires que je fais mon possible.
- En gros, vous foutez pas grand-chose.
- Je fais ce que je peux. Tout seul et sans votre flingue.

 

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La Remigration ou la guerre, par Renaud Camus

La remigration ou la guerre – par Renaud Camus

Photo : Renaud Camus (à gauche) et Fabrice Robert. © Bloc identitaire.

21/11/2014 – PARIS (via Boulevard Voltaire)
Une des allocutions les plus intéressantes, aux Assises de la Remigration, fut la dernière, celle de l’hôte, Fabrice Robert, le président du Bloc identitaire. Il s’est colleté à une question majeure, à laquelle je suis soumis fréquemment moi aussi, à propos du Grand Remplacement comme de la Remigration :

« Ce sont là des mots très forts, nous dit-on. Est-ce que vous ne craignez pas d’alarmer les gens, avec des termes aussi abrupts ? »

J’ai tendance à répondre, pour ma part, que c’est de fuir la réalité qui est anxiogène : de se repaître de mensonges, de se laisser bercer d’illusions. Ce n’est pas le syntagme Grand Remplacement qui est effrayant, c’est le phénomène qu’il désigne. On peut souhaiter, bien sûr, ne pas s’aviser de ce qui survient, fermer les yeux, n’écouter rien, sinon le rassurant babil des remplacistes. Mais ce babil est de plus en plus difficile à croire, à mesure que la situation se dégrade. Mieux vaut, ce me semble, être averti d’un danger pressant, serait-ce pour se mettre en état de s’en défendre, que d’en ignorer tout de parti délibéré, au risque d’être emporté par lui sans retour. Au demeurant je n’ai pas peur de faire peur, ni ne me sentirais coupable si c’était le cas : celui qui avertit d’un incendie en criant au feu de toutes ses forces, qui songe à lui reprocher d’affoler tout le quartier ?

L’approche de Fabrice Robert est différente. Il est vrai que le Grand Remplacement est une calamité tandis que la remigration, elle, est un remède, une façon de traiter le mal, une solution — c’est même la seule qui ait été proposée jusqu’à présent. L’une des deux appellations est très négative (sauf pour les remplaçants et leurs complices remplacistes), l’autre se présente comme un objectif à atteindre et comme une espérance, au moins pour les victimes avérées ou potentielles de ce que recouvre la première. Sans doute la perspective de certains traitements peut-elle inquiéter presque autant que la maladie, surtout s’il est question d’opération chirurgicale. Mais, à ce stade, il n’est pas sûr qu’on ne puisse pas éviter l’intervention, et de toute façon on n’a guère le choix : il est impossible de ne rien faire.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (10)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (10)

20/11/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La neuvième partie des lettres de Paul Vaseux


A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne.

31 janvier 1915

« Que de choses à vous dire depuis mon dernier mot. Que d’émotions et que de tristesses ! Que de deuils la mort a encore semés autour de moi sans m’atteindre !
Commençons par le commencement et suivons la marche des événements qui se sont succédés pendant cette huitaine de tranchées que nous venons de passer.

Si je me souviens, j’avais écrit le 21 ou 22 courant un lettre assez longue. C’était la veille de notre départ. Quelques heures après, à minuit exactement nous partions pour la tranchée. Six heures de marche sous la neige d’abord. Sous nos toiles de tentes, nos sacs de couchage et tout ce que nous avions pu nous mettre sur le dos pour nous protéger contre ce mauvais temps, nous aurions été traversés. Ces petits abris de fortune nous ont protégé au moins les épaules ; le reste du corps et principalement les jambes et les pieds étaient trempés. Mauvaise arrivée dans la tranchée. Enfin dès que le jour apparut, nous échangeâmes notre linge de corps contre celui contenu dans notre sac et que ce fameux “As de carreaux” quoi qu’on dise, avait conservé bien sec. Quelques jours de dégel, nuits très froides, surtout les premières, et voilà la moitié de notre séjour passé.

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[Art/Non-Art] Quand le Maroc médiéval efface le 800ème anniversaire de saint Louis

[Art/Non-Art] Quand le Maroc médiéval efface le 800ème anniversaire de saint Louis

19/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Le marcheur qui, se réfugiant dans le calme dominical, remonte la Seine par l’élégant quai Conti, ne peut qu’être interpellé par la flèche de plomb brisant la brume du matin naissant. Elle montre que là est la Sainte Chapelle.

Commandée par saint Louis afin d’y abriter un morceau de la vraie Croix, ainsi que la Couronne d’épines, la Sainte Chapelle, spoliée de ses reliques par la Révolution, transformée en dépôt d’archives, « violletleducquisée » jusqu’à n’avoir plus grand chose du XIIIème siècle, n’a cependant rien perdu de sa noblesse. Depuis huit siècles, la croix du Christ domine les temples de la justice des hommes. C’était donc presque naturellement que la voisine de la chapelle palatiale, la fameuse Conciergerie, serve d’écrin à l’exposition commémorant le 800ème anniversaire du quarante-quatrième Roi de France.

Mais que peut bien contenir, et surtout, à quoi peut bien ressembler une exposition sur l’un des plus grands capétiens, avec, pour seule fenêtre, le huit centième anniversaire ? Réponse : une vente à Drouot. A moins qu’il s’agisse d’un inventaire à la Prévert.

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La plus vieille librairie parisienne menacée par le Qatar

La plus vieille librairie parisienne menacée par le Qatar

18/11/2014 – PARIS (NOVOpress via Bulletin de réinformation)
Au 155 rue Saint‑Honoré, la librairie Delamain qui fête cette années sa 300e année d’existence, les craintes sont réelles.

En cause : le renouvellement du bail engagé par le nouveau propriétaire, le fonds qatarien Constellation Hotels Holdings. Celui‑ci a racheté l’an dernier, le grand immeuble qui abrite la librairie mais surtout le très select hôtel du Louvre promis à une rénovation d’ampleur. Il se montrerait aujourd’hui trop gourmand, au risque de menacer l’équilibre de la librairie. Pour l’instant, la librairie se porte bien avec un chiffre d’affaires s’élevant à près de 1,6 million d’euros malgré sa taille modeste. Mais les propriétaires qataris demandent un doublement du loyer et l’équilibre financier de la librairie se verrait très fortement compromis.

Crédit image : copie d’écran de Google Street view, DR.

Une grande fumisterie !

Une grande fumisterie !

16/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Nous sommes toujours surpris de voir avec quelle facilité nos médias et nos experts en art qualifient d’« œuvre d’art » des objets paraissant insignifiants.  Oser déclarer cette vérité, pleine de bon sens, place systématiquement le détracteur de l’art contemporain dans une situation très délicate. Il y aura toujours un docteur en art, un spécialiste de l’art, un maitre conférencier, habilités, par « on ne sait qui », pour vous faire la morale en vous expliquant que votre critique, aussi judicieuse soit-elle, n’est que le fruit de votre ignorance et de votre intolérance.

Une grande fumisterie !

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

La moindre objection à cet art dit « contemporain » ne peut procéder, selon l’avis des nouveaux censeurs, défendant un dogme devenu universel, que du mépris, du snobisme, du préjugé de classe. Même si vous déclarez avec sincérité être ignare et sans aucune prétention, votre jugement sera très mal interprété par notre pseudo élite, en extase devant cet art contemporain, élevé au rang d’art suprême comme un aboutissement ultime de la création humaine. La réalité, plus sournoise et matérialiste, est que la culture devient un moyen de propagande, une poubelle géante, prête à recevoir toutes les déjections de pseudo artistes, juste capables de décrocher des subventions publiques, bons à être adoubés en tant que « créateurs visionnaires » par des mécènes tout aussi fantaisistes. Aujourd’hui, seul ce qui trouve grâce aux yeux des médias et des marchés existe culturellement. L’art est devenu un objet de spéculation financière, dans lequel la beauté est mise hors-jeu au seul profit  de la provocation et du scandale, mettant à mal volontairement les valeurs anciennement établies tout en répondant aux nouvelles normes d’un mode de pensée très conceptualisé.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (9)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (9)

11/11/2014- LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La huitième partie des lettres de Paul Vaseux


A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne.

Neuvilly, 27 décembre

« Je suis parti précipitamment lors de notre dernier repos et je n’ai pu vous écrire comme je vous l’avais annoncé. Il s’agissait de faire une nouvelle attaque sur Vauquois et Boureuilles.

Nous avons d’abord reçu une pluie torrentielle pendant une journée et une nuit complètes. Nos toiles de tente qui nous tiennent lieu de capuchon pendant la marche ou à proximité des lignes ennemies étaient traversées.

Le lendemain attaque violente sur tout le front. Violente réplique de l’ennemi qui nous a envoyé une mitraille infernale, tant balles, que schrapnels. Devant, derrière, tout autour de nous, les balles sifflaient et les obus éclataient. Dès que les balles nous tombaient trop près ou qu’une marmite se faisait entendre, plat ventre par terre et sac sur la tête. Puis, reprise du mouvement en avant et de nouveau, par terre, derrière le moindre abri que nous avions pu repérer pendant notre petit bond en avant. Nous arrivons enfin à la première ligne de feu occupée déjà par des marsouins enfouis dans leurs tranchées. Fusillade plus vive. Nous n’hésitons pas. A quelques mètres de nous des tranchées inoccupées avec 80 centimètres d’eau. Nouveau bond dans ces trous. Nous sommes enfin un peu à l’abri ; de l’eau jusqu’à la ceinture c’est vrai, mais les balles ne nous atteignent plus. Il faut souffler quelques instants car au signal donné, l’attaque va se déclencher.

C’est fait, il fait partir plus loin encore. Nous sommes trempés mais qu’importe, peut être allons-nous enlever ces fameuses positions. A 200 mètres des tranchées ennemies impossible d’avancer davantage. Les mitrailleuses installées sur les crêtes crachent tout ce qu’elles peuvent, les canons de Montfaucon nous envoient leurs marmites et les habitants des tranchées d’en face ne nous ménagent pas leurs pruneaux. Il est évident qu’il y a réciprocité de notre côté.
J’ai mis mon sac sur la tête le visage dans une petite cavité et je regarde les insectes qui sortent de terre pendant qu’au dessus de nous c’est un véritable enfer de feu. Un, deux, trois, dix obus nous tombent à quelques mètres à peine des extrémités, les balles ricochent à quelques centimètres de nous.

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“Fight Club” le chef d’oeuvre de David Fincher fête aujourd’hui ses 15 ans

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Rencontre-discussion avec Philippe Vardon "Qu'est-ce que le militantisme ?" le 14 novembre à Paris

Rencontre-discussion avec Philippe Vardon “Qu’est-ce que le militantisme ?” le 14 novembre à Paris

10/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Vendredi 14 novembre au Carré Parisien, dans le 15ème arrondissement à Paris, rencontre-discussion avec Philippe Vardon autour du thème “Qu’est-ce que le militantisme ?”. Lors de cette soirée auront lieu une présentation et une dédicace du dernier ouvrage de Philippe Vardon : “Militants – 14 histoires qui sentent la colle et le gaz lacrymo” (ouvrage publié chez leséditions IDées).

Rendez-vous à partir de 19h30 vendredi 14 novembre au Carré Parisien – 1 rue du Général Beuret 75015 Paris. Entrée libre, bar et stands sur place.

Liberté et identité, remigration : l’actualité des 15 et 16 novembre à Paris

Liberté et identité, remigration : l’actualité des 15 et 16 novembre à Paris

08/11/2014 – PARIS (via Nouvelles de France, extraits)
Deux manifestations importantes auront lieu les 15 et 16 novembre. Le 15 novembre, les identitaires organisent les Assises de la remigration. Les 15 et 16 novembre, le Club de l’Horloge tient sa XXXe Université annuelle et la consacre à Rétablir la liberté d’expression. Jean Yves Le Gallou (photo) qui participera aux deux manifestations nous en dit davantage.

Deux manifestations en même temps, c’est de la concurrence sauvage ?
Ne soyons pas malthusiens ! Ces deux manifestations sont très complémentaires. La liberté d’expression fait partie de notre identité et elle est menacée par l’immigration et ses conséquences : il n’est plus possible de critiquer librement l’islam par exemple et les lois liberticides se multiplient. A contrario nous avons besoin de la liberté d’expression pour défendre notre identité civilisationnelle et critiquer les folies des immigrationnistes.

La remigration pourquoi ?
Pour éviter le grand remplacement qui n’est pas un fantasme mais une réalité brutale : le remplacement d’une population par une autre (quasiment achevé en Seine-Saint-Denis par exemple) et le changement de civilisation qui l’accompagne. Refuser de voir le grand remplacement, c’est un déni de réalité.

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Patrimoine en danger ? Le Louvre d'Abou Dhabi

Patrimoine en danger ? Le Louvre d’Abou Dhabi

06/11/2014 – PARIS (NOVOpress) - La partie la plus visible de l’Iceberg n’est pas la plus grosse, chacun de nous l’a appris sur les bancs de l’école. Ainsi, après que le sapin de Noël-jouet anal, déposé comme un besoin animal place Vendôme, a été heureusement dégonflé – illustrant la quintessence de l’art contemporain, qui se remplit d’air, c’est-à-dire de vide ! –, une autre affaire d’Art se profile discrètement depuis quelques années, nettement plus dramatique que les vaines expressions intestinales de Paul Mc Carthy : le Louvre d’Abou Dhabi.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’Abou Dhabi ?

C’est le plus grand des Émirats arabes unis en superficie, où chacun peut pratiquer librement sa religion, dans les limites fixées par la loi, laquelle reste fermement attachée à la tradition islamique. Autrement dit, la charia y coule des jours heureux. Pour preuve, une information parue dans Le Monde en 2010, évoquait des « négociations » entre l’Émirat et la France au sujet de sa base militaire stationnée sur place, avec les familles des militaires : « Selon le journal, le Conseil d’État a donné un avis négatif sur le projet d’accord de défense entre les deux pays. En cause: la loi islamique censée s’appliquer aux Français sur place, qui prévoit “une échelle de sanction de peines incompatibles avec les principes républicains”, dont la peine de mort. »

La base existe pourtant bel et bien aujourd’hui.

Donc, la monarchie du Golfe, grâce à un partenariat culturel cette fois, va bientôt ouvrir son antenne du Louvre (en 2015), ce dernier lui prêtant sculptures et tableaux pour la valoriser. Parmi les œuvres – au nombre de 300 – qui partiront dans une région du Monde aussi stable que la faille de San Andreas, citons :

La Belle Ferronnière, de Léonard de Vinci ; Bonaparte franchissant les Alpes, de Jacques-Louis David ; Le Fifre, d’Édouard Manet ; un Autoportrait de Vincent Van Gogh ; La Nature morte au Magnolia, d’Henri Matisse et La gare Saint-Lazare de Claude Monet.

Ces œuvres ne quitteront la France que pour une durée déterminée (dix ans maximum), appelées à rentrer progressivement au bercail à mesure que les collections du musée s’étofferont.

S’agissant des acquisitions pour l’exposition permanente, les défenseurs du projet dissipent les craintes en faisant un douteux parallèle avec les industriels américains qui achetèrent jadis des œuvres à tour de bras, omettant de préciser que les liens culturels avec le Nouveau Monde n’étaient pas une fabrication artificielle – surtout économique et politique dans le cas d’Abou Dhabi ! –, puisque ses habitants étaient majoritairement des descendants de la vieille Europe et de surcroît : chrétiens. Et pour ce qui est du reste du Monde, quand un nu de la Renaissance séjourne au Japon, il y a peu de chances qu’un fanatique du Bushido lui fasse sepukku (lui ouvre le ventre) pour atteinte aux bonnes mœurs.

On peut arguer de la bonne volonté d’Abou Dhabi ainsi que de sa modération – très relative en vérité –, comme l’était l’Iran avant que cette nation moderne ne sombre dans la Révolution islamique, en 1979. A partir de là, des espaces culturels furent dévastés, des œuvres détruites. Si, par aventure, Abou Dhabi basculait dans le même islamisme débridé ? « Aucune chance » rétorqueront, sentencieux, les spécialistes de la géopolitique, les mêmes sans doute qui promettaient des lendemains radieux à l’Irak, après la chute de Saddam Hussein.

L’Art n’est pas juste destiné à faire joli sur les murs : il est le meilleur témoin de notre passé. Prenez, par exemple, la grotte Chauvet en Ardèche, et voyez ce qu’elle nous dit de nos ancêtres d’il y a environ 30 000 ans. On ne peut prendre de risques inconsidérés avec un Léonard de Vinci – dont il existe une infime quantité de peintures – et le laisser aux mains d’individus façonnés par une religion toute-puissante considérant la représentation figurative des êtres comme un sacrilège.

Le Louvre d’Abou Dhabi est une tragique erreur, née de ce fantasme mondialiste et pluriculturel qui anime les élites occidentales mais pas les peuples qu’elles dirigent tellement mal. Ces œuvres sont la propriété de la France : pas d’une poignée de nantis méprisants capables de s’extasier devant un étron géant ! Ces œuvres sont par ailleurs identitaires : les vierges de Raphaël s’adressent à des chrétiens. Libre aux autres peuples de les contempler chez eux, encore faut-il que dans les veines de ces peuples ne coule pas la politique de la terre brûlée, comme nous l’avons douloureusement, et définitivement, éprouvé avec les Bouddhas de Bâmiyân, pulvérisés en Afghanistan par les Talibans en 2001.

Charles Demassieux

[Livre] Géopolitique des islamismes

[Livre] Géopolitique des islamismes

04/11/2014 – PARIS (NOVOpress) - La célèbre collection « Que sais-je ? » des Presses Universitaires de France (PUF) vient de publier le livre Géopolitique des islamismes. Le savoir étant une arme, il pourra permettre d’enrichir les connaissances des Européens qui s’intéressent de près à ce sujet.

Géopolitique des islamismes

Géopolitique des islamismes, PUF, 2014

L’islamisme désigne plusieurs réalités : des mouvements idéologiques, des groupes politiques, des partis politiques, des groupes terroristes et enfin des groupes ou individus isolés qui peuvent se trouver en pays musulman comme en « terre mécréante ».

Des Frères musulmans aux salafistes du monde arabe, des Ouïghours indépendantistes de Chine, aux islamistes indonésiens ou philippins, jusqu’aux islamistes de France, d’Angleterre et des États-Unis, l’onde de choc islamiste fait parler d’elle dans le monde entier. Associée très largement par les médias au terrorisme djihadiste, l’islamisme ne saurait s’y réduire : depuis 2011, des groupes islamistes ont pris la direction d’État de manière démocratique (en Turquie, en Tunisie, au Maroc, brièvement en Égypte). Cette légitimation politique marque une reconnaissance des idées islamistes dans le monde arabo-musulman.

Cet ouvrage explicite également les origines et fondements des doctrines islamistes sunnites comme chiites.