Liberté et identité, remigration : l’actualité des 15 et 16 novembre à Paris

Liberté et identité, remigration : l’actualité des 15 et 16 novembre à Paris

08/11/2014 – PARIS (via Nouvelles de France, extraits)
Deux manifestations importantes auront lieu les 15 et 16 novembre. Le 15 novembre, les identitaires organisent les Assises de la remigration. Les 15 et 16 novembre, le Club de l’Horloge tient sa XXXe Université annuelle et la consacre à Rétablir la liberté d’expression. Jean Yves Le Gallou (photo) qui participera aux deux manifestations nous en dit davantage.

Deux manifestations en même temps, c’est de la concurrence sauvage ?
Ne soyons pas malthusiens ! Ces deux manifestations sont très complémentaires. La liberté d’expression fait partie de notre identité et elle est menacée par l’immigration et ses conséquences : il n’est plus possible de critiquer librement l’islam par exemple et les lois liberticides se multiplient. A contrario nous avons besoin de la liberté d’expression pour défendre notre identité civilisationnelle et critiquer les folies des immigrationnistes.

La remigration pourquoi ?
Pour éviter le grand remplacement qui n’est pas un fantasme mais une réalité brutale : le remplacement d’une population par une autre (quasiment achevé en Seine-Saint-Denis par exemple) et le changement de civilisation qui l’accompagne. Refuser de voir le grand remplacement, c’est un déni de réalité.

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Patrimoine en danger ? Le Louvre d'Abou Dhabi

Patrimoine en danger ? Le Louvre d’Abou Dhabi

06/11/2014 – PARIS (NOVOpress) – La partie la plus visible de l’Iceberg n’est pas la plus grosse, chacun de nous l’a appris sur les bancs de l’école. Ainsi, après que le sapin de Noël-jouet anal, déposé comme un besoin animal place Vendôme, a été heureusement dégonflé – illustrant la quintessence de l’art contemporain, qui se remplit d’air, c’est-à-dire de vide ! –, une autre affaire d’Art se profile discrètement depuis quelques années, nettement plus dramatique que les vaines expressions intestinales de Paul Mc Carthy : le Louvre d’Abou Dhabi.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’Abou Dhabi ?

C’est le plus grand des Émirats arabes unis en superficie, où chacun peut pratiquer librement sa religion, dans les limites fixées par la loi, laquelle reste fermement attachée à la tradition islamique. Autrement dit, la charia y coule des jours heureux. Pour preuve, une information parue dans Le Monde en 2010, évoquait des « négociations » entre l’Émirat et la France au sujet de sa base militaire stationnée sur place, avec les familles des militaires : « Selon le journal, le Conseil d’État a donné un avis négatif sur le projet d’accord de défense entre les deux pays. En cause: la loi islamique censée s’appliquer aux Français sur place, qui prévoit “une échelle de sanction de peines incompatibles avec les principes républicains”, dont la peine de mort. »

La base existe pourtant bel et bien aujourd’hui.

Donc, la monarchie du Golfe, grâce à un partenariat culturel cette fois, va bientôt ouvrir son antenne du Louvre (en 2015), ce dernier lui prêtant sculptures et tableaux pour la valoriser. Parmi les œuvres – au nombre de 300 – qui partiront dans une région du Monde aussi stable que la faille de San Andreas, citons :

La Belle Ferronnière, de Léonard de Vinci ; Bonaparte franchissant les Alpes, de Jacques-Louis David ; Le Fifre, d’Édouard Manet ; un Autoportrait de Vincent Van Gogh ; La Nature morte au Magnolia, d’Henri Matisse et La gare Saint-Lazare de Claude Monet.

Ces œuvres ne quitteront la France que pour une durée déterminée (dix ans maximum), appelées à rentrer progressivement au bercail à mesure que les collections du musée s’étofferont.

S’agissant des acquisitions pour l’exposition permanente, les défenseurs du projet dissipent les craintes en faisant un douteux parallèle avec les industriels américains qui achetèrent jadis des œuvres à tour de bras, omettant de préciser que les liens culturels avec le Nouveau Monde n’étaient pas une fabrication artificielle – surtout économique et politique dans le cas d’Abou Dhabi ! –, puisque ses habitants étaient majoritairement des descendants de la vieille Europe et de surcroît : chrétiens. Et pour ce qui est du reste du Monde, quand un nu de la Renaissance séjourne au Japon, il y a peu de chances qu’un fanatique du Bushido lui fasse sepukku (lui ouvre le ventre) pour atteinte aux bonnes mœurs.

On peut arguer de la bonne volonté d’Abou Dhabi ainsi que de sa modération – très relative en vérité –, comme l’était l’Iran avant que cette nation moderne ne sombre dans la Révolution islamique, en 1979. A partir de là, des espaces culturels furent dévastés, des œuvres détruites. Si, par aventure, Abou Dhabi basculait dans le même islamisme débridé ? « Aucune chance » rétorqueront, sentencieux, les spécialistes de la géopolitique, les mêmes sans doute qui promettaient des lendemains radieux à l’Irak, après la chute de Saddam Hussein.

L’Art n’est pas juste destiné à faire joli sur les murs : il est le meilleur témoin de notre passé. Prenez, par exemple, la grotte Chauvet en Ardèche, et voyez ce qu’elle nous dit de nos ancêtres d’il y a environ 30 000 ans. On ne peut prendre de risques inconsidérés avec un Léonard de Vinci – dont il existe une infime quantité de peintures – et le laisser aux mains d’individus façonnés par une religion toute-puissante considérant la représentation figurative des êtres comme un sacrilège.

Le Louvre d’Abou Dhabi est une tragique erreur, née de ce fantasme mondialiste et pluriculturel qui anime les élites occidentales mais pas les peuples qu’elles dirigent tellement mal. Ces œuvres sont la propriété de la France : pas d’une poignée de nantis méprisants capables de s’extasier devant un étron géant ! Ces œuvres sont par ailleurs identitaires : les vierges de Raphaël s’adressent à des chrétiens. Libre aux autres peuples de les contempler chez eux, encore faut-il que dans les veines de ces peuples ne coule pas la politique de la terre brûlée, comme nous l’avons douloureusement, et définitivement, éprouvé avec les Bouddhas de Bâmiyân, pulvérisés en Afghanistan par les Talibans en 2001.

Charles Demassieux

[Livre] Géopolitique des islamismes

[Livre] Géopolitique des islamismes

04/11/2014 – PARIS (NOVOpress) – La célèbre collection « Que sais-je ? » des Presses Universitaires de France (PUF) vient de publier le livre Géopolitique des islamismes. Le savoir étant une arme, il pourra permettre d’enrichir les connaissances des Européens qui s’intéressent de près à ce sujet.

Géopolitique des islamismes

Géopolitique des islamismes, PUF, 2014

L’islamisme désigne plusieurs réalités : des mouvements idéologiques, des groupes politiques, des partis politiques, des groupes terroristes et enfin des groupes ou individus isolés qui peuvent se trouver en pays musulman comme en « terre mécréante ».

Des Frères musulmans aux salafistes du monde arabe, des Ouïghours indépendantistes de Chine, aux islamistes indonésiens ou philippins, jusqu’aux islamistes de France, d’Angleterre et des États-Unis, l’onde de choc islamiste fait parler d’elle dans le monde entier. Associée très largement par les médias au terrorisme djihadiste, l’islamisme ne saurait s’y réduire : depuis 2011, des groupes islamistes ont pris la direction d’État de manière démocratique (en Turquie, en Tunisie, au Maroc, brièvement en Égypte). Cette légitimation politique marque une reconnaissance des idées islamistes dans le monde arabo-musulman.

Cet ouvrage explicite également les origines et fondements des doctrines islamistes sunnites comme chiites.

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (8)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (8)

29/10/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La septième partie des lettres de Paul Vaseux


A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne. Paul Vaseux et ses camarades vivent sous la pluie et le vent très froid. L’attaque sur Vauquois est fixée pour le 8 décembre. Les Allemands se sont retranchés formidablement sur les hauteurs. Paul Vaseux raconte dans une longue lettre l’attaque du village le 9, sous une pluie battante et par une nuit très noire.

Clermont-en-Argonne, 18 décembre.

« Nous venons encore de tirer douze jours en pleine forêt et en première ligne et je suis bien content de venir prendre de venir prendre un repos de quelques jours bien gagné.

Si je me souviens bien, mon dernier entretien vous avait renseigné sur ma reconnaissance et les félicitations qu’elle m’avait values. Depuis nous avons fait l’attaque de Vauquois, malheureusement sans obtenir le succès complet. C’est un nid d’aigle presque imprenable et il faudra encore y tenir le siège pendant quelque temps avant de l’emporter. La veille au soir j’avais avec mon commandant de compagnie et mes camarades reconnu l’emplacement à occuper et les dispositions à prendre autant qu’il est possible de faire d’après les prévisions et le résultat du premier choc. J’étais décidé, j’envisageais très bien ma petite affaire, lorsque, à 9 heures du soir, je fus appelé au téléphone près du colonel qui me désigna comme chef de liaison entre lui même et le général de brigade, si bien que j’ai passé trois jours au poste de faveur. Après cette fameuse attaque, ma mission étant terminée, je suis resté dans les tranchées jusqu’à mon arrivée ici.

Comme c’est pénible par ces temps-ci ! Il pleut presque tout le temps. On a du mal à vider l’eau des tranchées assez vite pour ne pas être trop mouillé. Malgré tous nos efforts il faut rester constamment dans la boue et l’eau jusqu’à la cheville. On en arrive bientôt à n’y plus faire attention. On installe rondins, faseines, claies, tout ce qui peut nous rendre le séjour plus supportable.

Évidemment, toutes ne sont pas comme celle-là.

Tout dépend de la position du terrain, du temps, de l’importance qu’il y a à occuper plutôt telle tranchée moins bonne que telle autre pour des raisons de manœuvre et de combat. Je me suis trouvé à occuper une mauvaise tranchée qui commandait un point très sérieux et qu’il fallait tenir à tout prix, demain ce sera un autre, à côté de moi des camarades sont plus favorisés. Et puis, j’avais passé trois jours au poste d’honneur, je pouvais à mon tour en passer 4 ou 5 au poste le plus pénible. Malgré tout, ça va, et très bien je ne manque de rien. Je sais qu’il y a plus malheureux que moi autour de moi et cela m’aide à supporter courageusement mes petites misères.

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1914 : la guerre n’aura pas lieu. Dernière partie (Realpolitik.tv)


1914 : la guerre n’aura pas lieu. Dernière partie par realpolitiktv

Via Realpolitik.tv – Philippe Conrad, interrogé par Martin Benoist, présente son dernier livre, un essai intitulé “1914 : la guerre n’aura pas lieu”, publié aux éditions Genèse (mars 2014). Quatrième et dernière partie.

L’été 1914 connaît des pluies diluviennes qui défoncent les grands boulevards et inondent les campagnes. La météo crie à la catastrophe ! L’Europe, concentrée sur le mauvais temps, semble ignorer l’imminence du cataclysme ô combien plus dévastateur qui va s’abattre sur elle. Grelottant sous leur parapluie, ni les Français ni les Belges, ni les Allemands ne pensent que la guerre est inéluctable. L’était-elle ? Contrairement aux assertions ultérieures, Philippe Conrad nous montre comment une autre histoire aurait pu s’écrire.

À côté des tensions belligènes manifestes, de nombreux éléments étaient susceptibles d’assurer le maintien de la paix : la mise en place effective d’une mondialisation économique favorable à toutes les nations occidentales, les débuts d’une organisation internationale extérieure aux systèmes d’alliances traditionnels (les conférences de La Haye, par exemple), les aspirations pacifistes et l’internationalisme socialiste, l’optimisme progressiste dominant, le maintien aux commandes de tous les grands pays européens – à l’exception de la France – des aristocraties traditionnelles, que rapprochent des liens familiaux. Enfin le règlement, avant 1914, des grands différends coloniaux.

À la lecture de nombreux courriers et documents inédits, l’auteur conclut que si le déclenchement du conflit ne peut être réduit à un simple allumage de mèche, l’imprévu a largement prévalu dans le déroulement des événements qui se succédèrent au cours des six semaines suivant l’attentat de Sarajevo.

Cette approche originale du sujet, aux limites de l’Histoire et de l’uchronie, met en avant diverses données généralement négligées. Il permet au lecteur de renouveler son regard sur l’Europe d’avant 1914 et de prendre la mesure de la part de malchance et d’imprévus dans l’Histoire.

Un siècle après les événements, alors que se multiplient les signaux inquiétants sur le plan international et que se dessine, de manière bien incertaine, un nouvel équilibre du monde, revenir sur l’épisode fondateur du siècle dernier présente aussi l’intérêt d’ouvrir un champ de réflexion nouveau.

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[Lu sur le Net] Coeur rebelle par fidélité

[Lu sur le Net] Coeur rebelle par fidélité

01/11/2014 – PARIS (via Causeur.fr)
« Tout homme porte en lui une tradition qui le fait ce qu’il est. Il lui appartient de la découvrir. La tradition est un choix, un murmure des temps anciens et du futur. Elle me dit qui je suis. Elle me dit que je suis de quelque part. » Ce murmure traverse le Cœur rebelle, il enfle quelquefois et se fait chant tragique pour raconter l’engagement, l’aventure, les combats et surtout la fraternité exigeante des hommes et celle, tragique, des peuples. Dans ses belles Réflexions sur les hommes à la guerre, le philosophe américain Jesse Glenn Gray distinguait l’amitié, sentiment ouvert et libre, de la fraternité, au caractère plus exclusif, qui se forge dans les conditions particulière de la caserne, de l’usine, de l’école, de la guerre et du front. Au-delà des engagements politiques radicaux dont il témoigne, le Cœur Rebelle dépeint le parcours d’un individu dont l’existence s’est intimement attachée à ce « grand moment lyrique » de la fraternité au combat.

Au-delà des engagements politiques radicaux dont il témoigne, le Cœur Rebelle dépeint le parcours d’un individu dont l’existence s’est intimement attachée à ce « grand moment lyrique » de la fraternité au combat.

(…)

Le Cœur Rebelle n’est pas un livre qui souffre l’inconstance. On le traverse d’une traite, sans lanterner, comme on se lance dans un coup de main. L’histoire que raconte Dominique Venner, c’est celle d’un jeune homme en quête d’aventures pendant soixante ans dans une France qui aime de moins en moins les aventuriers : « J’avais soif de vie et je me sentais périr d’ennui. À cela personne ne pouvait rien. » Peu étonnant pour le jeune homme qui a dévoré Jack London ou James Oliver Curtwood, qui s’est nourri des fresques épiques de Georges d’Esparbès ou Prosper Mérimée et s’est laissé griser par l’histoire de Sparte, la cité guerrière. Des grands auteurs de la droite littéraire, Dominique Venner dit simplement qu’il les a lus « pour ne pas paraître idiot dans les conversations entre initiés. Mais je ne peux pas dire qu’ils aient vraiment compté dans ma formation. » Plus tard viendront cependant Ernst Jünger, Julius Evola, Rainier Maria Rilke, Curzio Malaparte, Ernst Von Salomon ou Vladimir Illitch Lénine dont le titre de l’ouvrage Que faire ? pourrait résumer l’existence de Dominique Venner s’il était vraiment possible d’enfermer une vie entière dans une simple phrase. Le jeune amateur de grand large qui trouva un jour, caché dans un placard de sa grand-mère, un petit revolver devenu le symbole de la vie romanesque à laquelle il aspirait, fuit à quatorze ans à Marseille dans l’intention de s’engager dans la Légion Etrangère à Sidi Bel Abbes, en Algérie. Le billet est ruineux, il choisira donc la Corse, pour tenter de rallier la caserne d’Ajaccio. À sa descente du bateau, le fugueur est cueilli par la gendarmerie et renvoyé chez lui. L’Algérie attendra. Pas longtemps, car c’est peu dire que la guerre d’Algérie occupe une place centrale dans la vie de Dominique Venner et dans le Cœur Rebelle.

Le Cœur Rebelle n’est pas un livre qui souffre l’inconstance. On le traverse d’une traite, sans lanterner, comme on se lance dans un coup de main. L’histoire que raconte Dominique Venner, c’est celle d’un jeune homme en quête d’aventures pendant soixante ans dans une France qui aime de moins en moins les aventuriers : « J’avais soif de vie et je me sentais périr d’ennui. À cela personne ne pouvait rien. »

(…)

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la France se console en biberonnant l’alcool douceâtre de la repentance et rêve qu’elle pourrait se fondre progressivement dans le néant confortable de la fin de l’histoire. L’Algérie, quant à elle, continue de se griser comme elle peut des souvenirs héroïques de la geste de l’indépendance pour oublier que ses dirigeants corrompus ne sont jamais parvenus à bâtir complétement une nation sur la terre du pays libéré. Le livre de Venner témoigne à sa façon de la fraternité hostile de deux peuples séparés et unis à jamais par une guerre qui forgea deux républiques et une génération de part et d’autre de la Méditerranée.

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Une ville bretonne met en vente le mobilier du culte

Une ville bretonne met en vente le mobilier du culte

30/10/2014- DINAN (NOVOpress via le Bulletin de réinformation)
Le sang de l’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, monseigneur Denis Moutel, dans les Côtes-d’Armor n’a fait qu’un tour. Dans un communiqué très ferme, l’évêque s’est fermement opposé à la vente de quatre confessionnaux, décidée par la municipalité de Dinan, ville proche de Saint-Malo.

Les quatre confessionnaux du XIXème siècle de la basilique Saint-Sauveur de Dinan avaient été jugés inutiles et sans intérêt patrimonial par le responsable du patrimoine. Sans consulter l’Eglise catholique, il avait donc décidé de les vendre. Un des confessionnaux a déjà trouvé acquéreur. Les trois autres ont été retirés de la vente après un communiqué offensif de monseigneur Denis Moutel : « Le confessionnal (…) est le lieu de la célébration d’un sacrement et il ne peut trouver en aucun cas un autre usage ».

En revanche, la ville a laissé en vente la tribune de la chapelle des dominicaines dont la restauration s’achève cette année et où une messe était encore célébrée régulièrement en 2009.

Crédit photo : Rama

"Samba" Le conte de fées migratoire (Présent 8220)

“Samba” Le conte de fées migratoire (Présent 8220)

29/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ce cinéma-pommade donne des boutons. Tout le monde il est gentil, désintéressé, irresponsable, dégoulinant de bons sentiments et de tartes à la crème de gauche. Qui priment sur la vraisemblance, la réalité, sur Calais, sur tout quoi…

Une du numéro 8220 de "Présent"

Une du numéro 8220 de “Présent”

Même Télérama a trouvé ça gros (quand tout le reste de la critique déroule des kilomètres de louanges). C’est bien un conte merveilleux. Long et sirupeux. Déconnecté du réel. Parfois drôle mais jamais émouvant. Orienté et tendancieux aussi. Mais pas nul. On sait depuis Intouchables qu’Olivier Nakache et Eric Toledano ne manquent pas de talent. Ils évitent ici la propagande trop évidente façon Welcome et certaines outrances. Comme les Français collabos et les flics qui cognent sur les Blacks et les Arabes.

Samba (Omar Sy qui a sacrément forci), Sénégalais sans papier en France depuis dix ans – frappé d’une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) -, collectionne les petits boulots. Alice (Charlotte Gainsbourg) est une cadre supérieure épuisée par un « burn out ». Elle se soigne par le bénévolat dans une association et va avoir une révélation… A noter que l’actrice intello est en décalage complet et assez cucul, peu crédible dans le rôle de la bobo parisienne des beaux quartiers qui va connaître le grand frisson avec un clandestin sénégalais.

Pâle comme une endive, elle incarne une France au bout du rouleau et dépressive. Le gentil clandestin adorable et courageux (mais pourquoi la police le pourchasse-t-elle donc ?) va sauver la jeune Française. Et l’idée dominante c’est bien que c’est à la France tout entière que des centaines de milliers de Samba vont rendre le sourire.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (7)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (7)

29/10/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La première partie des lettres de Paul Vaseux

La deuxième partie des lettres de Paul Vaseux

La troisième partie des lettres de Paul Vaseux

La quatrième partie des lettres de Paul Vaseux

La cinquième partie des lettres de Paul Vaseux

La sixième partie des lettres de Paul Vaseux

A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne. Il fait très froid et le sol est blanc de gelée. Paul Vaseux est nommé adjudant à compter du 18 novembre 1914.


Forêt de Hesse, 26 novembre.

« Toutes tes lettres m’ont fait bien plaisir ainsi que ta carte. Elles m’ont trouvé dans les tranchées de la forêt de Hesse comme je te l’avais indiqué sur un de mes derniers mots. Quelle vie ! Quelle vie ! Il y fait un froid de chien d’autant plus qu’il est interdit de faire du feu en première ligne, de peur de faire connaître notre présence aux voisins d’en face. Et pourtant ces premiers froids sont probablement des douceurs encore en comparaison de ceux qui suivront. Depuis deux jours, la neige a fait son apparition. Toutes les collines sont blanches. C’est beau, mais c’est froid. Lorsque le dégel va commencer, nous serons propres dans cette terre argileuse. Déjà dans nos petits sentiers où nous sommes obligés de marcher continuellement pour observer, il y a une boue qui pénètre les chaussures et les effets, au moment de la fusillade ou à un passage plus découvert, faire un plongeon et ramper jusqu’au premier abri. Et pour pénétrer dans nos petites maisons, car nous sommes devenus industrieux comme des castors, il nous faut encore faire des marches d’approches courbés. De l’eau, nous n’en avons pas, et pour aller en chercher à l’arrière, il faut beaucoup de précautions si bien qu’en raison de danger constant, nous nous contentons simplement d’organiser les corvées indispensables pour faire cuire la soupe. Alors chaque matin au réveil qui sonne souvent de bonne heure car le froid se fait sentir dans nos cabanes dès 2 heures du matin, nous sortons de notre niche comme les chiens, nous nous secouons un peu la tête et nous nous mettons au travail pour nous réchauffer, à moins que comme depuis deux jours, nous nous passions un peu de neige sur la figure et les mains.

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Nicolas Bonnal : "Kubrick reste un vieil humaniste enraciné à la viennoise"

Nicolas Bonnal : “Kubrick reste un vieil humaniste enraciné à la viennoise”

29/10/204 – PARIS (via Dualpha)
Nicolas Bonnal vient de publier aux éditions Dualpha un livre sur Stanley Kubrick (photo). Le livre fait le point sur des éléments nouveaux issus de la cyberculture qui a élu Kubrick « plus grand cinéaste de l’histoire ». Mais pour Bonnal Kubrick reste aussi un vieil humaniste enraciné à la viennoise. Nous lui avons demandé comment pouvait s’expliquer ce paradoxe… rétrofuturiste.


bonnal-mysteres-kubrickPourquoi un livre de plus sur Kubrick ?

J’adorais Kubrick ; il est vrai que j’aurais pu écrire ce livre il y a trente ans quand le monde des cinéphiles attendait chaque film de Kubrick comme un monolithe. A l’époque j’étais fasciné par son usage de la musique classique (Barry Lyndon) ou moderne (Shining) et bien sûr par le visuel, secondairement par le sujet. Aujourd’hui le soufflet est retombé, ce qui permet d’être parfois dur (Kubrick se répète, il a beaucoup emprunté – Aldrich, Walsh, Hitchcock, Welles…) et de se situer aussi par rapport à des sujets nouveaux comme la conspiration ou les Illuminati.

La conspiration ?

Par exemple sur 2001, l’odyssée de l’espace. La conquête spatiale apparaît maintenant comme une farce issue de la Guerre froide. J’ai montré aussi que Kubrick était très inspiré par les documentaires soviétiques de Klushantsev sur la question. Ceci dit, après les scandales de Folamour, 2001 raconte avant tout l’histoire d’une conspiration du silence entretenue par la NASA autour du monolithe tombé sur la lune.

Et qui est Hal 9000 ?

Un être hermaphrodite. Car 2001 explique aussi comment les ordinateurs vont nous désexualiser. Sur la conspiration, Eyes Wide Shut a passionné aussi les chercheurs car il retrace, sur fond viennois (un vieux et passionnant sujet de Schnitzler) l’attitude indécente et criminelle de notre élite mondialisée – qui n’a pas changé depuis les Romains -; et l’inertie, l’anesthésie spirituelle de ceux qui en sont les victimes. Kubrick, depuis Les Sentiers de la gloire ou Spartacus, a toujours dénoncé le rôle des élites et notre programmation militaire ou autre. Les femmes aussi sont formatées pour le plaisir macho dans son univers noir.

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La ministre de la Culture incapable de citer une œuvre de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature

27/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
Interrogée dans le “Supplément” sur Canal +, Fleur Pellerin n’a pas réussi à citer un des titres de Patrick Modiano, écrivain français prix Nobel de littérature cette année.

“Son dernier livre ?”, tente ensuite la présentatrice. Fleur Pellerin préfère alors jouer la carte de l’honnêteté. “J’avoue sans aucun problème que je n’ai pas du tout le temps de lire depuis deux ans. (…) Je lis beaucoup de notes, beaucoup de textes de loi, les nouvelles, les dépêches AFP mais je lis très peu”, répond-elle.

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"Les Déshérités ou l’urgence de transmettre" de François-Xavier Bellamy

“Les Déshérités ou l’urgence de transmettre” de François-Xavier Bellamy

27/10/2014 – PARIS (via Polémia)
« Vous n’avez rien à transmettre. » Ces mots d’un inspecteur général de l’Education nationale à François-Xavier Bellamy, qui effectuait sa première rentrée comme jeune enseignant, ont profondément marqué le jeune normalien, agrégé de philosophie, aujourd’hui maire adjoint de Versailles.

Les-DesheritesC’est en réponse à ce postulat que François-Xavier Bellamy a publié son premier livre Les Déshérités (éditions Plon)(1) en septembre dernier, qui figure déjà au titre des succès littéraires de cette rentrée 2014. Dans cet essai sans concessions, le jeune enseignant en philosophie dénonce le « bouleversement intérieur » que représente ce refus de transmettre l’héritage culturel.

Cette rupture n’est pas, selon lui, un accident ou un échec mais relève d’une volonté réfléchie, d’un choix délibéré dont il établit la genèse dans la première partie de son livre à travers les trois figures de Descartes, Rousseau et Bourdieu. Descartes, parce qu’il oppose raison et transmission, appelant à « se défaire de toutes les opinions reçues auparavant… » ; Jean-Jacques Rousseau, parce qu’il considère que la culture pervertit et éloigne l’homme de son état de nature, seule « source de la sagesse, de la vertu et du bonheur » ; Pierre Bourdieu enfin, qui dénonce le coupable privilège des « Héritiers », que leur environnement social et familial a préparés à devenir l’élite qui accédera à son tour au pouvoir. Cette dénonciation des « Héritiers » par Bourdieu nous a conduits, trente ans plus tard, à l’affligeante situation des « Déshérités » que dénonce François-Xavier Bellamy dans son livre.

Dans la droite ligne de la pensée soixante-huitarde, l’école vise aujourd’hui à déconstruire le patrimoine culturel qui était jusqu’alors transmis au fil des générations, et ce, dès le plus jeune âge. La transmission de la culture y apparaît comme éminemment suspecte, considérée comme « un héritage d’aliénation et d’enfermement ». Trop complexe et archaïque, issue d’un lointain passé et d’une longue et savante construction, la langue française comparaît au premier rang des suspects, vécue comme élitiste et discriminatoire. Le langage est ainsi décrit comme « fasciste » par Roland Barthès parce qu’il oblige à déterminer, distinguer et situer des identités. L’orthographe n’est pas épargnée : « L’obsession orthographique est un moyen pour disqualifier les moins savants », accuse Gabriel Cohn-Bendit. Et devant l’effondrement du niveau, ce ne sont pas les méthodes pédagogiques modernes qui sont mises en cause mais l’orthographe elle-même qui est accusée et qu’il faudrait d’urgence simplifier…

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Alain Borer : « Nous collaborons à la disparition du français » [extrait]

Alain Borer : « Nous collaborons à la disparition du français » [extrait]

Poète, essayiste, romancier, dramaturge et grand spécialiste de Rimbaud, Alain Borer déplore, en amoureux de la langue, notre soumission au modèle dominant de l’anglais. Un asservissement synonyme, selon lui, d’appauvrissement. Source : L’Express -21/10/2014


Est-ce votre éloignement — vous êtes “professeur invité” à l’université de Los Angeles — qui vous a poussé à proférer cet appel à la révolte contre l’invasion de l’anglais et ce cri d’amour pour la langue française ?

J’habite et travaille à Paris et en Touraine ; il est vrai que je suis, trois mois par an, le dernier des fantassins de la langue française sur la côte Ouest des États-Unis. Là-bas, tous mes compatriotes parlent la langue du maître. Mais, en réalité, je suis travaillé par cette question depuis toujours.

De façon ironique, vous rappelez l’apport de la langue française à l’anglais, soit quelque 37000 mots qui ont investi la Grande-Bretagne à partir du XIème siècle…

Les Anglo-Saxons ont deux grands problèmes. Le premier est de ne pas vouloir savoir qu’ils parlent français à 63% : somme toute, l’anglais est du français mal prononcé. C’est un véritable symptôme collectif, un gigantesque refoulement. Le second, qu’ils s’interdisent de parler français. Leur projet est explicitement hégémonique. On l’a vu lors des Jeux olympiques de Londres. A l’exception du prologue, le français en était totalement absent. Même constat dans les aéroports (“control passport”), ou dans les colloques internationaux, etc. : ils font perdre à la langue française sa visibilité. Le drame, c’est que nous collaborons à cette disparition -dans tous les domaines, et même entre nous.

Nous sommes passés, dites-vous, de l’enrichissement mutuel des langues à l’asphyxie de la langue française par l’”anglobal”.

Oui, l’”anglobal” est une forme de parasite. A la Renaissance, des milliers de mots italiens sont entrés dans la langue française, mais ils ont été rapidement absorbés, transformés, francisés. Aujourd’hui, et c’est une première dans l’histoire de la langue, les mots anglais qui s’implantent chaque jour dans notre vocabulaire ne sont plus de l’ordre de l’échange, mais de la substitution (“checker” à la place de “vérifier”) : ils font penser aux 30 000 flèches d’Azincourt. En France colonisée, c’est Halloween tous les jours. Mais, plus que de colonisation, nous devons parler d’autocolonisation. Nous n’avons pas d’ennemi. C’est l’effet Banania, le début de la déculturation. Regardez ce qu’il se passe avec Daft Punk, The Artist… Pour être reconnus du maître et obtenir la récompense majeure, il faut le mimer, abandonner, renoncer à ce que nous sommes.

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Entretien avec Éric Branca, auteur de “3000 ans d’idées politiques”

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Présence de Thierry Maulnier - par Christopher Gérard

Présence de Thierry Maulnier – par Christopher Gérard

25/10/2014 – PARIS (via Archaïon)
Itinéraire singulier que celui de Jacques Talagrand (1909-1988), mieux connu sous son pseudonyme de L’Action française, Thierry Maulnier (photo). Normalien brillantissime, condisciple de Brasillach, de Bardèche et de Vailland, Maulnier fut l’un des penseurs les plus originaux de sa génération, celle des fameux non conformistes des années 30, avant de devenir l’un des grands critiques dramatiques de l’après-guerre, ainsi qu’un essayiste influent, un chroniqueur fort lu du Figaro, et un académicien assidu.

Georges Feltrin-Tracol, "Thierry Maulnier. Un itinéraire singulier"

Georges Feltrin-Tracol, “Thierry Maulnier. Un itinéraire singulier”

Un sympathique essai tente aujourd’hui de sortir Maulnier d’un injuste purgatoire, moins complet bien sûr que la savante biographie qu’E. de Montety a publiée naguère, puisque l’auteur, Georges Feltrin-Tracol, a surtout puisé à des sources de seconde main. Moins consensuel aussi, car ce dernier rappelle à juste titre le rôle métapolitique de Thierry Maulnier, actif dans la critique du communisme en un temps où cette idéologie liberticide crétinisait une large part de l’intelligentsia, mais aussi du libéralisme, parfait destructeur des héritages séculaires. Car Maulnier, en lecteur attentif des Classiques, savait que l’homme, dans la cité, doit demeurer la mesure de toutes choses sous peine de se voir avili et asservi comme il le fut sous Staline, comme il l’est dans notre bel aujourd’hui. Feltrin-Tracol souligne par exemple le fait que, peu après Mai-68, Maulnier s’impliqua aux côtés d’un jeune reître au crâne ras, qui avait tâté de la paille des cachots républicains, dans l’animation d’un Institut d’Etudes occidentales qui influença la toute jeune nouvelle droite. L’activiste en question s’appelait Dominique Venner, futur écrivain et directeur de la Nouvelle Revue d’Histoire

Le digne académicien, le ponte du Figaro, n’avait pas oublié sa jeunesse d’orage, quand, exaltant Nietzsche et Racine dans deux essais mémorables, il critiquait les mythes socialistes ou nationalistes, et analysait cette crise de l’homme européen dont nous ne sommes pas sortis, en tout cas par le haut. Héritier de Maurras, mais de manière critique et sans servilité aucune (posture moins courante qu’on ne le croit chez les intellectuels français, si friands d’obédiences et de chapelles, si perinde ac cadaver), Maulnier prôna dans des brûlots tels que L’Insurgé (dangereusement proche de la Cagoule, comme me le dit un jour le délicieux Pierre Monnier, salué comme il se doit dans la jolie préface de Philippe d’Hugues) ou Combat une révolte spirituelle (et agnostique), aristocratique (et libertaire), conservatrice (et personnaliste), aux antipodes des mises au pas rouges ou brunes. Son credo peut se résumer par une phrase de son vieux maître provençal : « Un ordre qui est une tendresse tutélaire pour la chair et l’âme des hommes et des choses, à qui il permet de naître, de grandir, et de continuer d’être ». En un mot comme en cent, la subversion classique, celle-là même qu’illustra l’écrivain Jacques Laurent.

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Méridien Zéro émission n° 205 : "La bataille culturelle peut-elle être gagnée ?"

Méridien Zéro émission n° 205 : “La bataille culturelle peut-elle être gagnée ?”

24/10/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ce vendredi de 21 heures à 23 heures, Méridien Zéro vous propose une émission très largement consacrée à la 7e journée de la réinformation organisée samedi dernier par Polemia sur le thème de “la bataille culturelle”. Nous avons pu y rencontrer des intervenants – Gabriel Robin (Boulevard Voltaire), Arnaud Naudin (Novopress), Patrick Péhèle (Eléments) ou encore Orick (dessinateur, affichiste [affiche ci-dessous]) – ainsi que des observateurs extérieurs et attentifs, comme David Doucet (Les Inrockuptibles) et Dominique Albertini (Libération). Ces entretiens s’insèrent dans un bilan de la journée que nous menons avec Pierre Brabant (Polemia) et Xavier Eman (Zentropa et Livr’arbitres).

A la barre Gérard Vaudan et Jean-Louis Roumégace, à la technique JLR.

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