Palmyre Etat islamique

Syrie : l’Etat islamique a repris ses destructions à Palmyre

26/01/2017 – PALMYRE (NOVOpress) : L’Etat islamique, qui avait été chassé de Palmyre en mars 2016 mais en avait repris le contrôle en décembre, a repris ses destructions dans la cité antique. Selon le chef du service des antiquités, cité par Euronews, douze des seize colonnes des Tétrapyles ont été détruites, « une information que semblent confirmer les photos satellite ». Selon la même source, la façade du théâtre romain, datant du Ier siècle, a elle aussi été ravagée par les vandales djihadistes.

brigitte-bardot

Brigitte Bardot appelle de ses vœux « un régime autoritaire »

20/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une interview à TV Magazine à l’occasion de la diffusion, le 27 janvier sur France 3, d’une soirée qui lui est consacrée – le documentaire Bardot amoureuse sera suivi du film En cas de malheur, de Claude Autant-Lara, qui avait été élu député FN au Parlement européen –, Brigitte Bardot répond à quelques questions politiques, où elle renouvelle sont soutien à Marine Le Pen. Extraits.

Quel regard portez-vous sur la société actuelle?

C’est lamentable ! Nous vivons dans une période où tout est vulgaire, ordinaire et médiocre. La France n’a plus le rayonnement, la majesté qu’elle avait. Aujourd’hui, le pays est à l’image de deux qui les dirigent. Depuis Chirac et ses successeurs, les choses ne se sont pas améliorées. Pour redonner de l’éclat au pays, il faut nous redonner des libertés, retrouver un climat serein sans avoir peur des attentats. Il faudrait mettre en place un régime autoritaire.

On vous dit proche du Front national. C’est vrai?

Je suis très patriote. J’ai été élevée par un père et un grand-père qui se sont battus pour la France et qui m’ont inculqué l’amour de la patrie. Je ne suis pas fière de ce qu’est la France aujourd’hui. Je suis contre le vivre ensemble, mais je ne suis pas facho, pas plus que Marine Le Pen.

Êtes-vous en phase avec ses idées?

Pour la plupart. Marine Le Pen a la volonté de reprendre la France en main, de remettre des frontières et de redonner la priorité aux Français.

Philippe de Villiers

Philippe de Villiers : « Nous sommes confrontés à un véritable choix de civilisation »

18/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Nous sommes confrontés à un véritable choix de civilisation », affirme Philippe de Villiers dans un entretien à la Nouvelle Revue d’Histoire (NRH), dans lequel il retrace le combat culturel qu’il aura mené durant toute sa vie. Il s’explique ainsi sur ce choix de civilisation : « Ou nous assurons le retour de notre identité nationale et culturelle, nous renouons avec la fierté de notre histoire, nous retrouvons notre pleine mémoire, ou l’attitude contraire conduit à nous résigner à accepter la victoire du multiculturalisme et à l’acceptation du paradis diversitaire, pavé de bonnes intentions mais chargé des pires menaces. »

Puis le fondateur du Puy du Fou ajoute :

« Je conclurai sur ce point en exprimant ma conviction qu’un homme qui perd la mémoire perd l’orientation, qu’un pays qui perd son histoire est frappé de la maladie d’Alzheimer. On lui attribue alors une tierce personne pour l’accompagner. J’ai peur que cette tierce personne soit un fiché S et je n’en veux pas. »

Succès de la journée de la fierté parisienne

16/01/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)
Succès de la journée de la fierté parisienne samedi après midi.

C’est devenu une tradition pour les amoureux de la capitale. Tous les ans, au cours du mois de janvier, l’association Paris Fierté organise la journée de la fierté parisienne.

La journée a commencé samedi sur une péniche à proximité du pont des Arts. De 15 h à 18 h, tous les Parisiens pouvaient venir profiter d’un bistrot de type guinguette, installé et animé pour l’occasion. L’ensemble des produits vendus étaient d’origine parisienne ou francilienne. Une ambiance joviale et sympathique, dans un cadre typiquement parisien.

A partir de 18 h, les participants se sont dirigés vers le pont de la Tournelle pour la traditionnelle marche Sainte Geneviève

Selon les organisateurs, c’est un petit millier de personnes qui s’est retrouvé au pied de la statue de la sainte patronne de Paris. Le cortège s’est ensuite dirigé, sans incident jusqu’en haut de la colline du Panthéon. La ferveur était de mise, malgré le froid et le temps plus que maussade sur Paris samedi après midi. Cette année, la marche avait pour leitmotiv : Défendons Paris. Une manière de marquer une résistance vis à vis des attaques islamistes qu’a connu la ville de Paris depuis quelques temps.

Avec plus d’un millier de participants, la journée de la Fierté Parisienne fut une véritable réussite. Les organisateurs ont déjà annoncé que la journée aura de nouveau lieu l’année prochain !


Christiane Taubira pense que la droite a gagné la guerre idéologique

16/01/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire “Le 1”, Christiane Taubira déclare ceci : “Elle (la gauche) s’est soumise à l’hégémonie culturelle de la droite, au sens où l’a analysée Gramsci, en adoptant ses codes et son langage“.

Pour Maxime Tandonnet, si l’on ne peut nier que les idées de droite ont conquis la majorité de l’opinion publique, les “élites” actuelles ont encore du mal à tourner la page.

Il existe une pensée dominante dans le monde médiatique, en particulier le service public radio-télévision qui semble héritée de la révolte de mai 1968 et de son mot d’ordre: “il est interdit d’interdire”. Elle correspond aussi au monde issu de la fin du communisme, en 1990, qui fait de l’individualisme, de l’argent roi, et du libre arbitre, les valeurs suprêmes du monde occidental. L’autorité, l’Etat, la nation, les frontières sont considérées comme les péchés suprêmes. On prône une société de l’individu roi, du consommateur, le rejet des contraintes, les minorités contre l’unité nationale. Toute vision qui ne correspond pas à cette approche, est qualifiée de réactionnaire ou populiste, vouée aux gémonies, diabolisée. Il est difficile de dire si cette idéologie dominante est vraiment de droite ou de gauche. Elle se dit de gauche, mais de fait, elle est à l’opposée des valeurs traditionnelles de gauche, axées sur le collectif, la nation et l’étatisme. Cette vision prédomine aujourd’hui dans les médias.


Stonehenge

Bataille autour d’un projet de tunnel sous les mégalithes de Stonehenge

15/01/2017 – ROYAUME-UNI (NOVOpress) : Un projet de tunnel routier sous le site de Stonehenge, à proximité de Salisbury, attise les passions. Les uns estiment que ce tunnel menace l’existence du site et que sa construction va détruire un site archéologique qui est loin d’avoir délivré tous ses secrets, les autres pensent qu’il va permettre de mieux le mettre en valeur, tout en assurant la tranquillité des habitants du voisinage, surtout en période estivale, lorsque les touristes se pressent.

Le percement de ce tunnel, qui vise à désengorger la circulation autour de Stonehenge et à créer une voie souterraine qui sera reliée à d’importants axes de circulation, plus éloignés, avait été envisagé il y a trois ans et c’est l’annonce par Chris Grayling, le secrétaire d’Etat (conservateur) aux Transports, qu’il avait donné son feu vert, qui a mis le feu aux poudres. Dans un communiqué, le ministre du gouvernement de Theresa May – il avait fait campagne en faveur du Brexit en compagnie de Nigel Farage – a expliqué que cet investissement allait « réduire les congestions » et « stimuler l’économie », en mettant les habitants à un temps de transport moins important des bassins d’emploi.

Un argument de peu de poids pour divers archéologues et historiens comme Tom Holland, qui dénonce un « acte de vandalisme et une catastrophe qui seront une honte pour toute une génération ».

Chaque camp développe ses arguments, et chaque camp propage ses propres vidéos en vue de la consultation publique qui doit avoir lieu avant que les travaux ne s’enclenchent, en 2020. Les partisans montrent un Stonehenge paisible après la réalisation du tunnel, les opposants mettent en lumière tout ce qui serait à jamais détruit. Nous publions ci-dessous une pour et une contre.

Tintin chez les rouges, et en couleurs !

Tintin sovietsLes éditions Casterman publient le mythique Tintin au pays des soviets, en couleurs. Le premier tirage est de 300 000 exemplaires, ce qui est énorme, pour un récit dessiné, vieux de 88 ans et souvent réédité, du moins depuis la chute du mur de Berlin.

La société Moulinsart, qui gère le patrimoine hergéen, a peu de choses à se mettre sous la dent en fait de nouveautés, puisque Hergé avait interdit que les aventures de Tintin soient reprises après lui. Il y a en tout et pour tout 24 albums (ou plutôt 23 albums et demi, puisque Tintin et l’Alph’art n’avait pas été achevé). Mettre Tintin au pays des soviets en couleurs, c’est en quelque sorte permettre une relance intéressante, commercialement parlant, et donner une seconde jeunesse à cet album.

Soyons clairs : coloriser Les Soviets, ce n’est pas trahir Hergé, au contraire. Tous les premiers albums étaient parus en noir en blanc, entre 1931 et 1942, et Hergé, avec l’aide de Jacobs, les a colorisés par la suite. S’il ne l’a pas fait pour Les Soviets, c’est qu’il jugeait que le travail à reprendre était trop lourd, car les personnages eux-mêmes souffraient encore d’une maladresse des dessins, ce qui n’était déjà plus vrai dans le second album en noir et blanc, Tintin au Congo.

Tintin SovietsPar la suite, l’air du temps a constitué un autre obstacle à la réédition de l’album, que ce soit en noir et blanc ou en couleurs. Casterman craignait des représailles des gauchistes et des gros bras du service d’ordre de la CGT et du PC, comme nous l’avaient expliqué les commerciaux de la maison d’édition belge, à Alain Sanders, Jean-Claude Faur et à moi-même, au festival de la bande dessinée d’Angoulême, en 1985, quand nous avions remis le prix Russie Libre de la bande dessinée au scénariste BD Jean-Michel Charlier.

Aujourd’hui, les obstacles sont tombés : on peut librement critiquer le communisme – enfin ! – sans être traité de crypto-fasciste. Mais la très large diffusion des Soviets (cet album où tout était vrai de la vie en URSS, car directement puisé dans le témoignage du consul belge Joseph Douillet) n’en fait plus un acte du combat politique – ce qu’était l’album, à l’origine – quand le récit était publié dans les pages du Petit XXe, du génial abbé Norbert Wallez.

Il n’empêche que se dire que 300 000 enfants vont apprendre très tôt à haïr le bolchevisme, Lénine et Trotski, en s’identifiant à Tintin, cela fait tout de même plaisir !

Tintin au pays des soviets, d’Hergé, 144 pages, 14,95 euros.

Francis Bergeron

Article paru dans Présent daté du 14 janvier 2017

Paris Fierté 2017

Journée de la fierté parisienne : entretien avec Pierre Larti

Les bénévoles de Paris Fierté organisent comme chaque année depuis 12 ans maintenant la journée de la fierté parisienne. Pierre Larti, un de leurs responsables, nous donne rendez-vous ce samedi à partir de 15 heures, journée qui se terminera par la traditionnelle marche aux flambeaux dans les rues de Paris.

Paris Fierté 2017— Pouvez-vous présenter le programme de la journée ?

— Cette nouvelle édition de la journée de la fierté parisienne prend un sens très particulier cette année. Nous avons décidé de l’articuler autour du mot d’ordre « Défendons Paris ! » Comme chacun sait, notre continent européen – à Paris, Nice ou Berlin – est attaqué avec férocité. Nous pensons qu’il est temps que les peuples européens prennent conscience de leur héritage, l’affirment et le défendent, d’où cet appel. Nous accueillerons donc le public sur une péniche repensée en bistrot-guinguette à la parisienne, au niveau du Pont des Arts (métro Saint-Germain-des-Prés ou Pont Neuf) entre 15 heures et 17 h 30. Nous invitons tous les lecteurs de Présent à nous rejoindre pour un moment convivial et familial, propice aux discussions, aux danses et aux dégustations de produits exclusivement franciliens. Il y en aura pour tous les goûts ! Salé, sucré, solide ou liquide, il nous appartient de redécouvrir notre patrimoine parisien.

A 18 heures, nous donnons rendez-vous à tous les Parisiens, jeunes et moins jeunes, au Pont de la Tournelle (métro Pont Marie ou Maubert Mutualité) pour une grande manifestation en l’honneur de sainte Geneviève, patronne de Paris et modèle pour notre cité. Notre cortège, bruyant, festif, jeune et familial, arpente les rues de la Montagne Sainte-Geneviève pour finir devant l’église Saint-Etienne du Mont, où repose notre patronne. Nous étions près de 800 l’année dernière et nous sommes certains que nous serons encore plus nombreux cette année !

— Vous placez votre journée sous le patronage de sainte Geneviève. En quoi son image est-elle d’actualité ?

— Je voudrais vous raconter une histoire : c’est celle d’une grande ville paisible, où les habitants sont heureux, construisant des bâtiments grandioses, développant son économie et vivant selon une identité forte. Mais cette ville fait des envieux et des combattants de contrées lointaines – dont les chefs sont des barbares sans foi ni loi – se mettent en route pour prendre la ville et tuer ou soumettre son peuple. Cette histoire – toute ressemblance avec des événements actuels est purement fortuite –, c’est celle de Paris au temps de sainte Geneviève. Sainte Geneviève qui, devant les craintes et le découragement des Parisiens, a fait preuve d’une force morale et combative extraordinaire, motivant et rassemblant les habitants, ce qui a eu pour effet d’effrayer suffisamment Attila et les Huns pour ne pas attaquer Paris.

C’est l’esprit de Geneviève que nous voulons perpétuer : celui de la force morale, de la droiture, du courage et de la prise en main de son destin.

Propos recueillis par Louis Lorphelin

Entretien paru dans Présent daté du 13 janvier 2017

Fanny Ardant

Fanny Ardant : « Les journalistes ont toujours besoin de diaboliser quelqu’un »

12/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Invitée de l’émission 28 Minutes sur Arte à l’occasion de la sortie du film Le Divan de Staline, avec Gérard Depardieu, Fanny Ardant s’est livrée à un réquisitoire très politiquement incorrect contre « l’Occident », ce « donneur de leçons » qui « se croit toujours autorisé à donner des bons points ou des mauvais points ». Elle s’en est prise particulièrement aux médias : « Les journalistes ont toujours besoin de diaboliser quelqu’un », a affirmé l’actrice, qui, évoquant le traitement qui est réservé à Vladimir Poutine, a demandé aux journalistes présents sur le plateau s’ils n’étaient pas « les laquais de l’Amérique ». « Dès qu’on ouvre un bulletin d’information, a-t-elle ajouté, il y a la pensée unique sur les mêmes hommes et sur les mêmes choses. »

Droite Gauche Branca

Eric Branca sur TV Libertés : « Il y a une psychologie de droite »

12/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Avec Michel Marmin, Fabrice Madouas et Eric Branca sont les chevilles ouvrières d’une nouvelle collection littéraire innovante, « Le Tour de la question », aux éditions Chronique. Dans ce nouveau concept, chaque livre reprend deux aspects d’une question comme Gauche/Droite ou Paradis/Enfer. Sur un ton enlevé, Fabrice Madouas et Eric Branca, qui ont longtemps travaillé à Valeurs actuelles, répondent tour à tour aux questions de TV Libertés.

Fabrice Madouas explique qu’il n’a pas fallu l’avènement de la civilisation judéo-chrétienne pour trouver des croyances en un Paradis et, à contrario, en un Enfer. Il apporte aussi une réponse existentielle fondamentale : irons-nous tous au Paradis malgré notre étrange fascination pour Satan ?

De son côté, Eric Branca affirme qu’il y a une psychologie de droite et une psychologie de gauche, même si, à travers l’Histoire, les lignes politiques ont constamment bougé. Il n’hésite pas non plus à tenter de définir qui incarne le mieux la droite et la gauche aujourd’hui. Sans manichéisme, avec humour voire malice, les auteurs appréhendent leur sujet avec des points de vue complémentaires et avec un parfait esprit de synthèse.

platon

Le racisme anti-Blancs s’en prend à Kant ou à Platon

10/01/2017 – LONDRES (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le racisme anti-Blancs s’en prend maintenant aux philosophes européens. Le journal britannique Daily Mail rapporte qu’un groupe d’étudiants de la très réputée School of Oriental and African Studies (SOAS) de l’université de Londres mène actuellement une campagne pour en éradiquer l’héritage colonialiste, qui serait symbolisé par l’enseignement des philosophes Kant, Descartes ou Platon ! Selon eux, les philosophes enseignés sont tout simplement trop blancs : « La majorité des philosophes étudiés devraient être originaires d’Afrique ou d’Asie. »

Sir Anthony Seldon, vice‑chancelier à l’université de Buckingham, leur a répondu :

« Que le politiquement correct devienne hors de contrôle est un réel danger. Nous devons comprendre le monde tel qu’il a été et non pas ré‑écrire une histoire comme certains auraient voulu qu’elle soit. »

Le syndicat étudiant à l’origine de cette campagne anti-Blancs, qui se réclame d’Aimé Césaire, inscrit son action dans le cadre d’une entreprise de « décolonisation » de « l’institution blanche », affirmant que « les philosophes blancs » ne doivent être enseignés « si nécessaire » et d’un « point de vue critique ». Par exemple en indiquant le « contexte colonial » dans lequel les philosophes des Lumières ont écrit.

On ne sait pas s’ils pensent à Voltaire écrivant :

« Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir. »

Vous avez quatre heures.

Meryl Streep Golden Globes

Happening anti-Trump à la cérémonie des Golden Globes

10/01/2017 – ETATS-UNIS (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie: Pour ceux qui ne le savent pas se tenait dans la nuit de dimanche à lundi la cérémonie des Golden Globes. L’occasion pour tout le gratin hollywoodien de se retrouver afin de se voir remettre des prix récompensant leur performance dans les films et à la télévision américaine. Traditionnellement les lauréats font un discours pour remercier famille, producteurs et tous ceux qui les ont aidés et accompagnés dans leur travail.

Cette année un discours a été particulièrement salué par la presse cosmopolitiquement correcte, celui de Meryl Streep, actrice plusieurs fois décorée pour ses nombreux rôles. Elle a tenu un discours résolument anti‑Trump jalonné par certaines formules et phrases se voulant facétieuses. Par exemple, évoquant la « Hollywood Foreign Press », comité qui organise la cérémonie, Meryl Streep a commencé son discours en déclarant : « Nous faisons maintenant partie des populations les plus dénigrées de la société américaine. Hollywood. Les étrangers. La presse. »

Le présentateur général de la cérémonie, Jimmy Fallon, s’en est pris lui aussi à plusieurs reprises au président élu américain. Il s’est par exemple attaqué au collège électoral en disant que Hollywood est « le seul endroit où l’on tient encore compte du vote populaire ». Là encore des sorties largement relayées et saluées par les médias conventionnels. Donald Trump n’a pas tardé à répondre en qualifiant Meryl Streep d’actrice sur-considérée à Hollywood.

Mais la vraie question est la suivante : pourquoi les Républicains et les conservateurs se préoccupent-ils encore du message dégagé par Hollywood ? Tout simplement parce que, malgré tout, Hollywood représente encore l’ensemble des Américains. Dans les années 1940 et 1950, les Américains considéraient Hollywood comme leur industrie. De surcroît Hollywood représente ce que les Américains devraient avoir en commun : la culture. Ils ne sont pas forcément d’accord sur les questions politiques, mais peuvent se réfugier sans peur dans leur univers du divertissement censé être neutre. A l’inverse, Hollywood joue le rôle de caution cosmopolite à la botte des candidats démocrates. Pas sûr que ça plaise longtemps au citoyen américain qui vote Républicain, qui se voit dire à la télé qu’il est une « mauvaise personne ».

Mont Saint Michel identité chrétienne

L’identité chrétienne de la France : on y tient, par l’abbé Guillaume de Tanoüarn

Sur l’identité chrétienne de la France, deux livres paraissent le même 12 janvier, ce ne peut être un hasard dans le Landernau parisien : il va s’en parler.

Dandrieu Eglise ImmigrationL’un est signé par le rédacteur en chef Culture de Valeurs actuelles, Laurent Dandrieu. L’autre est le fait d’un blogueur bien connu, Koz, de son vrai nom Erwan Le Morhedec. J’ai eu quelques bonnes feuilles du second et le livre du premier, livre intitulé tout simplement Église et immigration : le grand malaise et sous-titré Le pape et le suicide de la civilisation européenne. Le travail de Dandrieu est à son image, précis, charpenté, bien écrit. Et sur un tel sujet, on voit l’âme affleurer ici ou là ce qui ne gâte rien. Je ne peux pas me prononcer définitivement sur le travail de Koz, puisque, pour l’instant, je n’en ai eu que les bonnes feuilles, publiées dans La Vie. Le titre est tout un programme : Identitaire, le mauvais génie du christianisme.

Dans les textes que nous tenons en main, rien n’est fait pour définir l’adjectif « identitaire ». On a l’impression simplement qu’« identitaire » signifie « d’extrême droite » (pouah !), raciste (beurk) ou racialiste. Comme si l’identité était une question de couleur de peau ou d’engagement politique. Autant appeler les racistes… des racistes, et les « fascistes »… des diables !

Mais un livre ou une pensée qui parle d’identité, qui essaie de la définir, c’est tout simplement un livre qui s’enquiert du fond de notre cœur, un livre qui parle de tout ce qui était en nous avant nous. Faudra-t-il dire que cette démarche « identitaire » participe au « mauvais génie du christianisme » ? Koz ne distingue pas diverses formes d’attachement identitaire. Pour lui, au-delà du racisme ou du racialisme, l’expression « France chrétienne » semble ne plus avoir de sens. Je cite : « Est-il donc vraiment manifeste, dans ses débats, ses positions, sa culture contemporaine, que la France soit chrétienne ? » Et je réponds à la mise en question de Koz : mais oui, dans ses débats, aujourd’hui, la France est chrétienne. Elle est sans doute chrétienne sans le vouloir. Son christianisme est dévoyé. Elle mélange la justice sociale et la miséricorde spirituelle. Elle dit aux homosexuels qui se marient : « Qui suis-je pour juger ? » Je ne sais pas ce que sera la France dans un siècle, musulmane peut-être. Mais aujourd’hui, la politique de la France est faite des « vertus chrétiennes devenues folles ».

couverture_identitaire_lemorhedecLe Morhedec continue : « À la vérité, cette affirmation ne tient que par référence à une France fictive, théorique, entité séparée des Français, susceptible de rester chrétienne, quelles que soient l’évolution effective du pays et la politique menée ». Et là encore, il se trompe : cette France fictive qu’il veut dézinguer, cette France idéologique, elle n’existe plus depuis longtemps. Ce qui existe, avant nous et en nous que nous le voulions ou non, c’est une France qui nous a donné des réflexes chrétiens. Allons, citons un nom que l’on trouve dans la topographie de beaucoup de villes françaises : Jean Jaurès. Le socialisme de Jaurès, c’est du christianisme laïcisé, comme celui de Mélenchon !

N’allons pas plus vite que la musique, pour ne pas en oublier nos responsabilités présentes : la France aujourd’hui demeure chrétienne, elle ne l’est pas forcément comme nous voudrions peut-être qu’elle le soit, de façon confessionnelle. Mais la vague identitaire qui retrouve, au cœur des Français, ces fondamentaux, peut en mener beaucoup (et plus qu’on ne l’imagine) devant l’autel, j’en suis, en tant que prêtre, le témoin.

C’est au fond de ce point de vue, foncièrement raisonnable et simplement réaliste, que se place Laurent Dandrieu. C’est en tant que chrétien, qu’il s’élève contre les vertus chrétiennes devenues folles. Pour lui, comme pour Pascal, comme pour Descartes, comme pour Montaigne, si l’on veut bien se souvenir des grands esprits français, il y a deux ordres différents : l’ordre de la gestion et du calcul, qui est intrinsèquement raisonnable et au nom duquel on mène une politique, et l’ordre de la charité, qui procède de la foi.

Dans un très beau prologue, il pose, au nom de l’immigration sans frein, la question de la survie d’une civilisation européenne qui pourrait se détruire à force d’ouverture à l’autre : « Cet universalisme-là, qui pousse l’amour de l’autre jusqu’au mépris des siens, n’est pas plus conforme au véritable esprit catholique qu’il ne l’est à la nature humaine. Comme les êtres humains, les civilisations ont un légitime instinct de survie ; s’il leur arrive de prendre conscience qu’elles aussi sont mortelles, elles savent également qu’elles représentent un apport unique et irremplaçable au trésor de l’humanité, et qu’il est de leur devoir de le faire vivre aussi longtemps qu’il est en leur pouvoir. L’Europe, qui inventa l’idée même de civilisation et qui est la société particulière dans laquelle s’est incarné le judéo-christianisme, par laquelle il a accédé concrètement à l’universalité en se répandant dans le monde entier, le sait plus que toute autre civilisation ».

Abbé Guillaume de Tanoüarn

Laurent Dandrieu, Église et Immigration : le grand malaise, Le pape et le suicide de la civilisation européenne, Presses de la Renaissance 288 p., 17,90 €.

Erwan Le Morhedec, Identitaire, le mauvais génie du christianisme, éd. du Cerf 167 p., 14 €.

Texte repris du blog du magazine Monde & Vie

Anthony Kavanagh: “Il n’y a pas assez d’arabes à la télévision”

09/01/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Invité dans On refait la télé sur RTL, Anthony Kavanagh s’en est pris à la télévision française qui ne respecterait pas assez la diversité.

J’ai la France d’arpenter les routes de France. Cette France-là que j’aime, cette France qui est une mosaïque. Elle n’est pas représentée à la télé. Il n’y a pas assez d’arabes, il n’y a pas assez de femmes qui présentent des émissions. (…) On ne voit pas d’asisatiques à la télé, on ne voit pas beaucoup d’handicapés. On ne voit pas la vraie France.


Hervé Juvin

Hervé Juvin : « Une vraie révolution : le gouvernement du désir »

08/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Essayiste et consultant international, Hervé Juvin est bien connu des téléspectateurs de TV Libertés qui peuvent le suivre régulièrement dans l’émission “Juvin en libertés”. Le brillant intellectuel vient de publier chez Gallimard (Débats) un essai intitulé Le Gouvernement du désir. Pour Hervé Juvin, nous vivons une révolution de notre condition humaine sans équivalent depuis plusieurs millénaires. Cette révolution, c’est le gouvernement du désir ! Le désir est le nouveau pouvoir et il gouverne nos vies en un système devenu une machine d’apocalypse.

Pour l’auteur, le système du désir tient les peuples plus étroitement qu’aucune idéologie. Ce que l’on appelait « la libération » est devenu une contrainte. C’est par exemple en matière d’économie : la libéralisation financière marche du même pas que la libération des mœurs. Poursuivant son analyse implacable, Hervé Juvin affirme que la révolution du désir a soumis la planète et l’humanité au désir des mêmes choses, c’est à dire à la globalisation et à la perte des identités.

Pour restaurer nos libertés politiques, l’auteur prône le retour de plusieurs outils : la nation, l’écologie humaine et la prise de conscience de la nécessaire défense de la civilisation européenne face à la submersion migratoire.

Alain de Benoist Moment populiste

Pour Alain de Benoist, le « moment populiste » remplace le clivage droite/gauche

05/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Le Moment populiste – Droite/Gauche c’est fini ! : tel est le titre du fort essai que publie le 26 janvier Alain de Benoist, le directeur de la revue Krisis, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, qui en diffusent cette présentation :

Moment populiste« L’extraordinaire défiance de couches de population toujours plus larges envers les “partis de gouvernement“ et la classe politique en général, au profit de mouvements d’un type nouveau, qu’on appelle “populistes“, est sans nul doute le fait le plus marquant des transformations du paysage politique intervenues depuis au moins deux décennies.

Le phénomène tend même à s’accélérer, comme l’a montré l’élection de Donald Trump, survenant quelques mois après le Brexit britannique. Partout se confirme l’ampleur du fossé séparant le peuple de la Nouvelle Classe dominante. Partout émergent de nouveaux clivages qui rendent obsolète le vieux clivage droite-gauche.

Mais que faut-il exactement entendre par populisme ? S’agit-il d’un simple symptôme d’une crise générale de la représentation ? D’une idéologie ? D’un style ? Ou bien le populisme traduit-il une demande fondamentalement démocratique face à des élites accusées de ne plus faire de politique et de vouloir gouverner sans le peuple ? C’est à ces questions que répond ce livre, qui part de l’actualité la plus immédiate pour situer les enjeux politiques, sociologiques et philosophiques du débat.

A quelques mois d’une élection présidentielle où le thème du populisme ne va pas manquer d’être discuté avec vigueur, Alain de Benoist publie un véritable manuel de la question. »

Alain de Benoist, Le Moment populiste, Pierre-Guillaume de Roux, 352 p., 23,90 € 
(en librairie le 26 janvier).

noel

Noël, la plus européenne des fêtes

Si les recueils de contes de Noël sont nombreux et variés, il n’existait pas jusqu’à présent de véritable anthologie rassemblant les récits, poèmes et contes de Noël de toutes époques et de tous pays. Ce vide est aujourd’hui comblé avec la parution aux éditions Robert Laffont du Bouquin de Noël, magistrale somme rassemblée par Jérémie Benoit, conservateur des châteaux de Trianon à Versailles, historien d’art de la Révolution et de l’Empire, mais aussi auteur de plusieurs essais sur les cultures indo-européennes.

noel-bouquinDavantage qu’une simple compilation de textes, ce gros pavé de mille pages revient aux sources de la tradition. Jérémie Benoit, dans sa préface joliment intitulée « Le Noël des écrivains », constate que si le sens de cette fête s’est aujourd’hui perdu, réduit à une unique soirée « festive », prétexte à agapes familiales et à débauche mercantiliste, c’est auprès des écrivains que l’on peut retrouver sa signification perdue, chrétienne ou non, « tous ayant sauvegardé l’esprit de Jul, le Noël scandinave qui, bien que depuis longtemps enfouis sous des dehors chrétiens, avait perduré ».

Les écrivains, passeurs de mémoire

Ce livre s’adresse tout autant à ceux qui s’intéressent à l’anthropologie qu’à la littérature. À travers les textes présentés, le lecteur pourra constater comment la perception de cette période sacrée entre toutes évolue selon les contrées et à travers les âges. C’est ainsi dans les récits de l’Europe septentrionale que l’esprit archaïque de Noël est le mieux conservé tandis qu’en Europe du Sud, France comprise, c’est la Nativité qui donne sens. De même, alors que chez les écrivains français, les récits de Noël sont essentiellement consacrés à la nuit du 24 décembre, en Belgique, Allemagne, Russie, Suède, c’est tout le temps de l’Avent jusqu’à la saint Sylvestre qui est mis en valeur. Reprenant cette vision, Jérémie Benoit fait commencer le cycle depuis la Samain/Toussaint, puis à travers le mois de l’Avent jusqu’au jour de l’an et à l’Epiphanie. L’ordre des textes présentés suit cette chronologie. Ils sont classés non pas en fonction des auteurs mais selon les fêtes qui rythment la période symbolisant l’entrée dans l’âge sombre de l’année.

L’enchaînement des récits et contes nous fait ainsi voyager dans le temps et l’espace. Du plus profond des âges, les mythes antérieurs à la christianisation sont encore bien visibles dans les textes médiévaux comme à travers la légende flamande d’Halewyn, le récit de la Chasse sauvage par le Normand Orderic Vital ou bien encore dans Gauvain et le chevalier vert, énigmatique récit du cycle arthurien. L’esprit de Noël, c’est aussi bien sûr la Nativité du Christ, substitut chrétien du retour de la lumière. C’est encore et surtout la présence enfantine lorsque sont évoqués le sapin, les jouets, les lumières comme dans Le grillon du foyer de Charles Dickens, Le Noël de Trott de Lichtenberger, Le casse-noisette d’Hoffmann, Le livre de Noël de Lagerlöf. Nombre d’écrivains de Noël cités dans cet ouvrage entrent également dans la catégorie des auteurs régionalistes, comme Le Braz pour la Bretagne, Daudet pour la Provence, La Varende pour la Normandie ou Erckmann-Chatrian pour l’Alsace.

Le lecteur averti constatera qu’entre la Renaissance et la Révolution, les textes consacrés à Noël disparaissent. Jérémie Benoit attribue cette parenthèse au triomphe du christianisme de la Contre-réforme, particulièrement méfiant vis-à-vis des cultures paysannes traditionnelles.

La plus européenne des fêtes

un-chant-de-noel_couvC’est avec l’éveil du romantisme au XIXe siècle que la littérature retrouve le chemin de Noël, notamment en terres germaniques, restituant l’esprit ancien des étranges nuits de Noël. Certains récits sont aujourd’hui devenus célèbres, comme Le Chant de Noël de Dickens ou Les Trois Messes basses de Daudet. D’autres, oubliés, méritaient d’être redécouverts. Souvent émouvants, ils évoquent des Noëls enneigés, des mondes silencieux, l’âtre rougeoyant, les joies simples et enfantines. La mélancolie et la tristesse sont aussi présentes car la mort est là qui rôde toujours en ces nuits sombres, comme dans La Petite Fille aux allumettes d’Andersen ou le méconnu Fleur de Blé de Camille Lemonnier.

À travers cette anthologie, les textes rassemblés nous démontrent que, par-delà la portée universelle du message de la Nativité, Noël représente la plus européenne des fêtes. En ces nuits étranges ouvrant le passage vers la nouvelle année et célébrant le cycle éternel de la vie, un véritable syncrétisme s’est instauré autour de Noël, puisant aux sources latines, nordiques, germaniques, slaves puis chrétiennes. Derrière ces figures et ces festivités se dissimulent des croyances qui révèlent parfaitement la religion originelle de l’Europe, nous rappelant qui nous sommes. C’est pourquoi il est important de lire, de s’imprégner et de transmettre ces récits à l’heure où certains, au nom d’un laïcisme dévoyé, voudrait désacraliser Noël en interdisant crèches et sapins afin de ne pas déplaire aux adeptes d’une religion profondément étrangère à notre monde.

Pierre Domnaiche

Le Bouquin de Noël, par Jérémie Benoit, éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », novembre 2016, 1024 pages, 30 euros.

Texte repris du site d’Iliade, l’Institut pour la longue mémoire européenne

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Comprendre le terrorisme et relever le défi, par Philippe Conrad

11/12/2016 – FRANCE (NOVOpress) : « Comprendre le terrorisme et relever le défi », tel est le titre de l’éditorial du hors série n° 13 de la Nouvelle Revue d’Histoire, consacré au terrorisme. C’est ce texte, signé par Philippe Conrad, que nous publions ci-dessous.

terrorisme-nrh-2Semant l’inquiétude et suscitant une condamnation générale, le « terrorisme » s’est progressivement installé au premier rang des préoccupations des Français. Mais, demeure le sentiment diffus qu’il n’a pas été analysé pour ce qu’il est, que les dirigeants des pays occidentaux n’ont pas évalué correctement la nature du défi qui leur est lancé. La définition du phénomène demeure incomplète, au point que les grilles d’interprétation utilisées pour en rendre compte apparaissent dangereusement obsolètes, le mot « terrorisme » désignant souvent des réalités bien différentes.

Si l’on se réfère à l’étymologie, le latin terrere signifie « terrifier » ou « effrayer », mais le mot peut recouvrir des acceptions très larges. Il apparaît dès 1794 pour rendre compte de la politique de « Terreur » mise en œuvre à partir de l’automne 1793 par le Comité de salut public pour sauver la République menacée. Cette terreur organisée par l’État n’a guère à voir avec les violences aveugles exercées par des minorités se jugeant opprimées. Dans un autre registre, le tyrannicide légitimé par les clercs, notamment dans le contexte des guerres religieuses de l’époque moderne correspond à un contexte bien particulier. L’assassin d’Henri III ou les conspirateurs qui tentent de faire sauter le Parlement anglais appartiennent à un autre monde de croyances et de représentations.

La machine infernale de la rue Saint-Nicaise, qui doit tuer le Premier Consul Napoléon Bonaparte s’inscrit davantage dans notre vision contemporaine du terrorisme, tout comme l’attentat qui coûte la vie – à Marseille, en octobre 1934 – au roi Alexandre de Yougoslavie. Il s’agit là, en faisant disparaître un chef d’État, de créer les conditions d’un chaos dont on attend qu’il permette de changer la situation politique mais l’attentat, réussi ou non, n’est qu’un épisode d’une lutte pour le pouvoir, il ne signifie pas une volonté de bouleversement radical de l’ordre établi et de la société dans son ensemble.

L’émergence du sentiment national va bientôt fournir, à partir du XIXe siècle, une légitimité nouvelle aux actions violentes de peuples luttant pour leur émancipation, des Irlandais rebelles aux Macédoniens privés d’État lors des recompositions territoriales balkaniques, des combattants de l’Irgoun sioniste aux fellaghas algériens. Selon le point de vue adopté à propos de ces différents conflits, le « terroriste » peut se transformer en « résistant », sans qu’il soit possible de départager sans appel les différents acteurs, le cas de l’interminable conflit israélo-palestinien demeurant exemplaire à cet égard.

Le terrorisme révolutionnaire visant à abattre l’ordre politique et social existant est d’une autre nature. Les nihilistes russes champions de la « table rase », les militants de la Fraction armée rouge allemande d’Andreas Baader hostiles à « l’impérialisme », ceux des Brigades rouges déterminés à établir un « pouvoir ouvrier » aux contours des plus flous se reconnaissent dans leur volonté commune du recours à la violence sachant que celle-ci, selon la formule de Raymond Aron, va obtenir « des effets psychologiques hors de proportion avec ses résultats physiques. » Elle doit intimider et faire peur, afin de créer les conditions d’un chaos dont on espère qu’il mobilisera « les masses » en vue du triomphe de la Révolution, porteuse des éternels « lendemains qui chantent ». Il faut toutefois constater que, le plus souvent, les capacités de résilience des sociétés ont permis de venir à bout des minorités violentes.

Le terrorisme auquel nous sommes confrontés aujourd’hui est d’une nature différente. Il ne vise pas le triomphe d’une idéologie révolutionnaire telle que celles que nous avons connues depuis deux siècles, il ne revendique aucun territoire particulier. Il vise en revanche l’établissement d’un Dar al-Islam appelé à se confondre avec l’ensemble du monde. La bataille engagée dans un monde musulman, fort d’un milliard trois cents millions d’âmes apparaît, de ce point de vue, décisive car la victoire des islamistes, aujourd’hui encore minoritaires, signifierait la fatalité d’un « choc des civilisations » porteur de terribles conséquences.

Philippe Conrad