Les JMJ 2011 en Espagne resteront comme l’une des réalisations concrètes les plus caractéristiques du pontificat de Benoît XVI : liturgie solennelle, très souvent en latin ; exigence spirituelle et silence. On est très loin de la première mise en œuvre du concile Vatican II. Sous l’impulsion du pape, les croyants reviennent à leurs racines. Quel sera l’impact d’un tel renouveau spirituel ? Il est trop tôt pour le dire.
Deuxième image : la veillée de prière, samedi soir. Il y a d’abord eu le déchaînement des éléments : tonnerre, pluie, vents. Le pape abrège fortement son discours. Les jeunes réagissent avec enthousiasme. Et puis le silence se fait sur la demande des organisateurs, le silence total d’un million et demi de jeunes. Quelque chose d’unique ! Et dans ce silence une grande machinerie sort de terre. L’hostie sacrée s’élève aux yeux de tous dans la célèbre custode de Arfe, chef-d’œuvre d’orfèvrerie en or et en argent, avec 260 statuettes. Ce chef-d’œuvre, remontant au début du XVIe siècle, provient de la cathédrale de Tolède.
La puissance visuelle de ce moment doit être soulignée. L’Église a oublié la timidité postconciliaire et le dépouillement volontaire dont elle voulait s’entourer dans les années 1970.
Durant ces JMJ, on a observé un retour aux sources baroques de la contre-réforme. Comme pour confirmer cette intuition, une voix s’écrie dans toutes les langues, mais d’abord en espagnol : « Voici le Roi des rois » (« El rei de los reyes »)… Autour de moi des journalistes se mettent à genoux… Des chants latins résonnent : Ave verum, Tantum ergo… Je suis où ?
Troisième image : la messe de dimanche matin, devant deux millions de personnes, essentiellement des jeunes, en majorité des Espagnols, mais aussi des Italiens, des Allemands, des Polonais et des Français. Là encore, comme le remarque notre confrère Jean-Marie Guénois sur son blog, ce qui frappe c’est le silence, c’est la piété : des jeunes restent en action de grâce un quart d’heure après la messe. On nous dit que les JMJ ont fait rentrer « la fiesta » dans l’Église. Ce n’est pas ce que j’ai vu !
La plupart des chants étaient en latin : Kyrie, Gloria, Sanctus… et le Christus vincit à la fin. Il y avait, en espagnol, le chant des JMJ : « Confirme-moi dans la foi… » On a fait plus révolutionnaire comme cantique. Et, pour accueillir le pape ou le saluer, ce slogan : « Esta es la Juventud del Papa », que l’on peut traduire par : « La jeunesse du pape est là. »
Sur les 4 900 journalistes présents, près de la moitié étaient espagnols. Il faut signaler aussi la prestation du cardinal Rouco, archevêque de Madrid, admirable de présence et de prestance et revendiquant l’identité catholique de l’Espagne sur la Place des Cibeles devant 500 000 personnes, en accueillant le pape. L’Espagne est en crise, plus encore que la France, comme le montre la démission annoncée du premier ministre Zapatero. Ces journées ont résonné dans ce pays comme un acte de foi collectif.
[question]Peut-on dire qu’il y a un changement entre les JMJ selon Jean-Paul II et les JMJ selon Benoît XVI ?[/question]
Le quotidien espagnol « El Pais » a bien exprimé les choses en écrivant, c’était un titre : « Jean-Paul II a écrit la mélodie ; Benoît XVI est en train d’écrire les paroles ». Je me souviens des JMJ parisiennes, en 1997 : il y avait indéniablement un côté « fiesta ». Je n’ai pas retrouvé cela du tout à Madrid cette année. On pourrait dire que Benoît XVI a « traditionalisé » les JMJ.
Propos recueillis par Joël Prieur







Les petites altercations avec les manifestants gauchistes étaient de bon augure elles aussi.Dommage que Benoit 16 persiste dans sa stratégie scuicidaire de dialogue (de concessions à sens unique) avec l’Islam.Les bons sentiments et l’hypocrisie n’ont toujours pas été remplacés par le réalisme en ce domaine alors que la situation empire dans toute l’Europe (3 églises attaquées pendant la messe en 2010 en France, c’est nouveau).Quand Benoit 16 remplacera le pseudo-dialogue par la confrontation il sera estimable, pas avant.
Je regrette que le service public télévisuel se soit assis sur la laïcité nécessaire et ait retransmis e direct pendant cinq jours, les différentes manifestations de ce rassemblement, qu’on oubliait de qualifier de “… jeunesse chrétienne”. Et après cela, comment être crédible dans notre saine critique de la montée de l’islamisme ? Quant à Benoît XVI, il est normal qu’il entretienne de bonne relation avec l’islam, les chefs religieux de ces deux religions sont, à ce jour, les pires conservateurs et récationnaires. Et puis il vaut mieux des croya,ts musulmans que des athés (je rappelle que dans l’esprit du vatican un laïc est un athé).
Ladam,
La confrontation que vous appelez de vos voeux serait payée immédiatement au prix du sang par des milliers de catholiques en terre d’islam. C’est déjà le cas et cela serait pire encore. Nos coreligionnaires sont des otages et nous n’avons de toutes façons pas les moyens de la confrontation.
Par l’intelligence et le retour à la doctrine traditionnelle, Benoît XVI fait plus qu’une confrontation, il affirme un sens spirituel, un rapport personnel avec le divin face à une religion qui n’est qu’une coquille vide sur le plan spirituel, une prison mentale.
Pour les doctrinaires de l’islam, la confrontation les avantagerait très nettement, vu notre faiblesse et justifierait encore plus leur haine et leur violence. La comparaison spirituelle les effraie bien plus.
Le discours de Ratisbonne a eu lieu et personne ne peut parler de complaisance envers l’islam de la part du pape.
À propos du laïcat, l’Eglise distingue un sain et légitime laïcat du laïcisme qui n’est qu’une idéologie antireligieuse.
Face à l’islam pour qui un athée est un chien, il faut une réalité spirituelle vécue fortement. N’en déplaise aux contempteurs de l’Eglise.
Cela, il faudra aussi que les laïcistes qui prétendent lutter contre l’invasion sociale et politique de l’islam le comprennent. On ne combat pas des dogmes de foi avec un refus de dogmes.
Jacques, vous ne laissez guère le choix : être religieux ou … être religieux. Nous en avons fini avec l’inquisition chrétienne, une autre pointe son nez au nom de l’islam, je crois que la laïcité, au-dessus des religion, est la seule bonne réponse surtout pour les athées (qui n’ont pas envie d’être traités comme des chiens par les isalmistes comme ils l’ont été par les chrétiens en leur temp). La guerre entre des vieux dogmes serait un retour au moyen-âge.
Bonsoir Gus, j’ai parcouru vos messages avec attention, et je reste assez dubitatif… Pour résumer votre pensée (peut-être caricaturalement ?), j’aurais tendance à vous répondre : le Grand Orient, c’est la porte à côté.
Vous n’avez à la bouche que “retour au moyen âge”, “vieux dogmes”, “retour en arrière” etc… et stigmatisation systématique des racines quelles qu’elles soient, ce qui commence à être un brin agaçant. En fait, quand je lis ce que vous écrivez, l’Islam aurait presque tendance à m’être sympathique, comme toute tentative de la part des peuples (réussie ou maladroite) de se maintenir dans la tradition pour ne pas se laisser aspirer par le grand merdier mondialisto-progressisto-humanisto-n’importe quoi.
Cordialement.
Je ne sais pas ou vous avez trouvé que être laic c’est être athée pour le Vatican, mais un lai, c’est qulqu’un qui n’est ni religieux ni prêtre, bref qui n’est pas dans les “ordres”.
On peut être chrétien et laïque!
Qui est cet étrange GUS ??? La République est peut-être laïque, mais la France est catholique ! Et notre religion (que l’on soit croyant ou pas n’est même pas la question, la religion est avant tout une manière d’ordonner le monde) fait partie de notre identité ?
On ne combat pas les musulmans parce qu’ils ont une religion, mais parce qu’elle n’est pas la notre et qu’ils veulent l’imposer sur notre sol.