Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich
Grèce : Le paradis s’appelle Bâle-Genève-Zurich

Dès qu’il est question de la crise grecque, les médias évoquent volontiers tout ce qui ne va pas dans le pays de Périclès et de Thucydide. La liste est longue : gabegie, indolence, maquillage des comptes publics, effectifs pléthoriques sans l’administration… Pourtant, il existe une question que peu de journalistes abordent : la fuite des capitaux vers la Suisse.

L’homme qui connait le mieux le dossier, Georges Papaconstantinou, ministre des finances, chiffre entre 10 et 15 milliards d’euros par an le montant de la fraude fiscale à destination de la Suisse.

Depuis que le gouvernement grec semble vouloir lutter contre ladite fraude, le mouvement s’accélère. La perte de confiance dans les banques grecques favorise également cette fuite des capitaux. Dimitri Kouselas, secrétaire d’Etat au ministère grec des Finances, évalue à « 280 milliards d’euros, soit 120% du PIB grec » les fonds helléniques en Suisse. D’après lui, « depuis dix-huit mois, les comptes courants en Grèce ont perdu 38 milliards d’euros, transférés en majorité vers la Suisse ».

Du côté de la Banque nationale suisse, on minimise grandement ce mouvement. En 2009, les banques suisses recevaient 2,2 milliards de francs suisses de capitaux grecs (1,8 milliard d’euros). Sans prendre en compte les actions et les obligations.

La Suisse possède tous les atouts pour bénéficier de cet exode fiscal. Non seulement le secret bancaire pèse lourd dans la balance, mais encore la Confédération présente l’avantage de ne pas appartenir à l »’Union européenne, tout en étant proche d’Athènes.

Traditionnellement la Grèce faisait preuve de laxisme envers l’évasion fiscale. Payer des amendes ne faisait pas partie de la culture nationale : « dans le passé, le ratio des amendes fiscales qui ont été effectivement payées était inférieur à 10% », affirme Georges Papaconstantinou qui vient de renforcer les moyens et les effectifs chargés des contrôles fiscaux.

Il y a belle lurette que les grandes fortunes grecques ont choisi d’abriter leurs fonds à proximité du lac Léman. Les plus connues appartiennent au monde des armateurs (familles Onassis, Niarchos, Livaros).

Nécessité faisant loi, le gouvernement grec espère récupérer quelques sous. Aussi a-t-il entamé des négociations avec la Suisse pour taxer les fonds déposés par les Grecs dans la Confédération.

[cc] Novopress.info, 2011, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d'origine [http://fr.novopress.info/]
Réactions (1)
1 réactions
  1. Au lieu de toujours chercher un bouc-émissaire comme l’ont déjà fait la France et les USA en s’attaquant au secret bancaire suisse il faudrait se poser la question pourquoi les capitaux fuient ces pays. Les impôts trop élevés, la bureaucratie inefficace, l’immobilisme politique, etc… En Suisse toute augmentation du taux d’imposition est sujet à un referendum populaire. La règle d’or du Président Sarkozy pour limiter le déficit budgétaire a déjà été mise en place en Suisse depuis 10 ans sous le nom de frein à l’endettement.

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