« Tuer un raciste n’est pas un crime »
par Philippe Vardon (http://blog-identitaire.com)
C’est en tout cas manifestement le message qu’essaie de faire passer le pouvoir depuis deux jours. Le procureur de Paris Jean-Claude Marin a ainsi rendu hier hommage au « courage » du policier qui a tiré jeudi soir sur un groupe de supporters du PSG, en tuant un sur le coup… « Ce fonctionnaire de police a tiré pour se protéger et pour protéger quelqu’un. Il aurait pu rester dans son coin sans rien faire et appeler des renforts. Il a opté pôur une attitude à mon avis courageuse », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.
Pour le Procureur, mais aussi pour les syndicats de policiers, pour le Ministre de l’intérieur et pour les médias, on ne parle pas de bavure mais bientôt d’héroïsme! Il semble bien qu’à l’instar de l’Italie des années de plomb où l’on se plaisait à dire que « tuer un fasciste n’est pas un crime », la France de 2006 considère que « tuer un raciste n’est pas un crime »!
J’ai hésité à écrire ce billet, mais le déferlement médiatique que nous subissons depuis hier a fini de me convaincre… Il y a une vérité, simple et crue, à rappeler: un jeune supporter a été abattu! Il est mort. Mort.
Julien Quémener a été atteint mortellement touché par un coup de feu tiré par un policier qui ne s’est identifié à aucun moment comme tel et n’a procédé à aucun tir de sommation. Par ces deux faits, ce policier s’est placé dans l’illégalité, et c’est là-dessus que devrait porter le débat.
Entendons nous bien, il ne s’agit pas pour moi de vouloir défendre les violences du monde ultra ou hooligan*, encore qu’il y aurait bien des choses à diire à ce sujet… Je reste persuadé que la plus chaude des « rencontres à risque » du championnat français n’atteindra jamais les sommets de violence et de haine d’une confrontation entre cités rivales. Et je ne crois pas non plus que le hooliganisme pourrisse la vie quotidienne des citoyens.
Depuis hier, on tente d’excuser un geste inacceptable en mettant une fois de plus en accusation la tribune parisienne de Boulogne. Le principal tort des pensionnaires de cette tribune? Affirmer leur patriotisme! Parfois avec excés et une tendance à la provocation à laquelle nous n’adhérons pas (le monde du supporterisme est celui de la symbolique, il ne s’agit pas d’une réunion politique), mais en s’affirmant toujours comme un espace de liberté. Et c’est peut-être cela que le pouvoir reproche tant à ces supporters ultras: les tribunes sont des espaces de liberté, avec leurs codes et leurs règles. Il est d’ailleurs étonnant de voir à quel point sont toujours montrés du doigt les groupes de supporters réputés « à droite » alors que d’autres tribunes « très très à gauche » sont parfois aussi virulentes, et que leurs tribunes sont d’ailleurs souvent de véritables supermarchés de la drogue… Mais dormez bien citoyens, le régime veille!
Les excuses politiques au geste de ce policier tombent d’ailleurs un peu à plat quand on considère que le premier garçon blessé par la balle qui a tué Julien se prénomme Mounir. Mais il est certainement lui aussi un affreux hooligan raciste du kop de Boulogne!
Rien, RIEN, ne peut justifier cette bavure. Imaginons que ce coup de feu ait eu lieu dans d’autres conditions, lors d’une émeute en banlieue peut-être? Les réactions seraient certainement bien différentes. Parlant d’émeutes et de banlieue, on croit d’ailleurs rêver quand on se rend compte que lors des émeutes de novembre 2005, alors que plusieurs fois les policiers ont essuyé des coups de feu, jamais il n’a été fait usage de leurs armes. Nulle utilisation de leurs pistolets non plus lors des multiples agressions ont ils ont été victimes récemment.
Pour le pouvoir, il semble que la police doive baisser les yeux (et les bras) devant la racaille mais donner la charge aux pompiers, faire la chasse aux automobilistes ou tirer sur les supporters! Si j’ai toujours rappelé que pour un militant identitaire le policer n’est ni un ami**, ni un ennemi, il est de rigueur de se rappeler que le système qu’il sert est lui notre ennemi. Et après tout, si c’était un jeune militant sortant d’une manifestation identitaire ou se défendant contre une attaque gauchiste – comme celle ayant encore eu lieu jeudi soir à Paris contre l’hommage au soulèvement de Budapest – qui avait été abattu? N’entendrions-nous pas chanter le même refrain?
Il se murumure fortement que Nicolas Sarkozy devrait réclamer aujourd’hui la dissolution des Boulogne Boys, principal groupe de supporters de la tribune Boulogne. Réponse délirante à l’asassinat d’un de leurs membres par un policier!
Repose en paix Julien.
SARKOZY DEMISSION!
* Un dossier, auquel j’ai apporté ma contribution, sera d’ailleurs consacré à ce sujet dans le prochain numéro d’ID magazine.
** Pour ceux qui croiraient encore cela je rappelle que le syndicat UNSA (proche du PS) est depuis hier le principal syndicat policier.