10/10/2009 – 19h00
PARIS (NOVOpress) – La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand provoque décidément bien des remous. Jusqu’au sommet de l’Etat, la cinquième République pourrissante n’en finit décidément pas d’exhaler ses remugles nauséabonds.
En 2005, Frédéric Mitterrand publie un livre, La mauvaise Vie, dans lequel il fait un étalage morbide, complaisant et écœurant de ses jouissances pédophiles lors de ses virées sexuelles en Thaïlande ou aux Philippines. On aurait pu croire que lorsqu’il a nommé l’individu au poste de ministre de la culture, le président de la République ignorait la teneur de ce livre. Or il n’en est rien. Le 7 juillet dernier, dans un entretien qu’il accordait au Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy, loin de manifester le moindre dégoût du personnage, déclarait au contraire qu’il avait trouvé le livre « courageux et talentueux ». A croire que Nicolas s’y est reconnu, et qu’à ses heures perdues, il pratique également ce genre de tourisme. En tout cas, les problématiques « préférences sexuelles » de M. Mitterrand n’ont en rien dissuadé M. Sarkozy de le prendre dans son gouvernement. Lorsqu’ils entendent le mot « culture », certains sortent leur revolver. Nicolas, quant à lui, dégaine son Frédéric.
Jeudi soir, sur une télévision commerciale, Frédéric Mitterrand balayait toutes ces accusations d’un revers de main, et affirmait que, sauf si le président de la République le lui demandait, il était hors de question pour lui de quitter le ministère de la « culture ». Il faut dire que la première syllabe du mot doit être terriblement évocatrice pour M. Mitterrand.
Lundi dernier, sur le plateau d’une télévision d’État, Marine Le Pen demandait la démission de Frédéric Mitterrand, après avoir lu des extraits particulièrement abjects de son livre, extraits qui tombent évidemment sous le coup des lois qui répriment le tourisme sexuel. Egalement présent sur le plateau, le porte-parole de l’UMP, un autre Frédéric, Lefèvre celui-là, a courageusement affirmé qu’il ne pouvait se prononcer sur le fond de l’affaire, n’ayant pas lu le livre.
La secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara s’est quant à elle indignée hier de la polémique. « Le problème, a-t-elle estimé dans un français incertain, c’est tout simplement que vous avez son nom qui est entré au gouvernement, donc c’est un problème de couleuvre difficile à avaler pour certains dirigeants de la gauche, c’est tout ». Elle non plus n’a pas lu le livre mais a en revanche conservé le souvenir « de ses déclarations où, a-t-elle assuré, il disait que c’était à la fois une fiction et un rêve ». On a les rêves qu’on peut.
A gauche, un certains nombre de « têtes d’affiche » ont, une fois n’est pas coutume, appuyé la demande du Front National. Ainsi en début de semaine, Arnaud Montebourg ou encore Benoît Hamon ont exigé de M. Sarkozy qu’il se sépare de son ministre de la culture. En réaction, Daniel Cohn-Bendit demandait la démission de Benoît Hamon, après avoir enfoncé Roman Polanski qui avait été soutenu par Frédéric Mitterrand. Tout cela est parfaitement limpide.
Quant au maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, friand de séjours un peu crapuleux en Tunisie, il a dénoncé jeudi une « offensive populiste contre Frédéric Mitterrand », ajoutant : « Lorsque Frédéric Mitterrand est devenu ministre, nul n’a fait référence à ses écrits. Aujourd’hui, face à cette offensive populiste, je refuse les amalgames, les déformations et même la lâcheté, là où la dignité de la politique se nourrit d’honnêteté et d’exigence (sic) »
Quoi qu’il en soit, il est peu probable que le président de la République démette son ministre de la culture, alors qu’il déclarait dans l’entretien au Nouvel Observateur que M. Mitterrand « caractérise magnifiquement l’ouverture à gauche ». A ces niveaux-là, il ne s’agit plus d’ouverture mais carrément de béance. Reste à savoir pendant combien de temps encore, les gentils électeurs de l’UMP garderont le petit doigt sur la couture, sinon de la braguette, du moins du pantalon.
Henri Dubost pour Novopress France
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