De la prison ferme requise contre José Bové

José Bové25/09/2009 – 17h00
BORDEAUX (NOVOpress) –
José Bové a comparu ce Mardi devant la chambre des appels correctionnels de la Cour d’appel de Bordeaux. Il était notamment poursuivi pour dégradations et violences. En cause : le fauchage organisé d’un champ de maïs génétiquement modifié à Lugos (Gironde), en novembre 2006. En octobre dernier, le leader syndicaliste, élu député européen lors des récentes élections, avait été condamné à 200 jours-amendes. Rappelons que l’agriculteur, poursuivi pour avoir tenté de défendre son bien, avait également été condamné à 160 jours-amendes.

Il y a, devant la Cour d’appel, un étonnant contraste entre ce dernier, qui n’a, après tout, que cherché à défendre sa propriété, et les faucheurs volontaires, martyrs auto proclamés d’une cause faussement humaniste. L’agriculteur, Marc Giblet, paraît bien isolé dans une simplicité que refusent les « faucheurs volontaires» . Défendre son bien et son travail contre les intrus paraît une cause par trop prosaïque aux yeux de ces derniers qui se parent d’un messianisme écologiste médiatiquement imparable. Ils ont d’ailleurs beau jeu de dénoncer la schizophrénie de l’Etat : en lutte contre ceux qu’ils ‘appellent les « empoisonneurs de la planète» , ils se sentent, plus que soutenus, justifiés et confortés dans leur lutte pour un intérêt supérieur, par l’action publique et voient dans le « Grenelle de l’environnement» une onction dont ils s’emparent sans vergogne. Et face à cette colère aux accents faussement religieux, l’opposition relève de l’hérésie, et les juges qui oseraient rappeler quelques vérités premières se retrouveraient damnés comme complices de crimes anti-écologistes, et portés rapidement au bûcher.

A l’instar des nombreux lobbies actuels, ces faux écologistes s’emparent d’un argument moral pour justifier une position qui n’est ni scientifiquement étayée, ni démocratique, ni juste. Leur but avoué est de faire pression sur l’Etat pour « faire évoluer les mentalités» . Et leur cause progresse chaque jour davantage, pour preuve l’élection de Bové au Parlement européen. Mais mesure-t-on vraiment le danger qu’il peut y avoir à élire ces petits prêtres, adeptes d’une théo-écologie drastique, autoritaire, dont la prose ressemble étrangement aux discours des communistes d’il y a un siècle ?

L’arrêt de la Cour d’appel devrait être rendu le 25 novembre prochain. Une question reste en suspens : à supposer que la justice condamne Bové, sera-t-elle en mesure d’appliquer la sanction, ou le bruyant moustachu excipera-t-il de son immunité parlementaire pour éviter la case prison ?

Denis Parest pour Novopress Aquitaine


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