Kouchner ou l’ambiguïté à la française

– REVUE DE PRESSE –

Kouchner toujours prêt à figuration devant les caméras[…] Le fait est que Kouchner s’est mis à voir des génocides partout : au Rwanda, bien sûr, mais de façon plus contestable au Kosovo et au Darfour. Face à une guerre civile, il a pris l’habitude de faire de l’un des camps l’incarnation du mal pour ranger l’autre dans la catégorie des victimes innocentes. Quand la guerre en question avait une composante ethnique ou tribale, cela revenait pour ainsi dire à stigmatiser des peuples entiers (par exemple, les Serbes ou les Hutus) et donc à encourager cette diabolisation ethnique qu’il entendait combattre par ailleurs.
Dans A Bed for the Night, une étude de 2002 sur l’aide humanitaire, David Rieff soulignait le don gênant qu’avait Kouchner de fournir aux téléspectateurs les fables simples que ce média ainsi : “Il est aisé de railler Kouchner. Mais il n’est pas du tout évident qu’il ait tort […]. Si les travailleurs humanitaires ne veulent pas que leurs organisations deviennent totalement dépendantes de quelques grands donateurs, comme le sont déjà certaines ONG américaines, ils se doivent de plaider leur cause dans les médias. Si certains parviennent mieux que d’autres à enjoliver ces pratiques, et si quelques-uns, rares, en parlent aussi ouvertement que le fait Kouchner, les travailleurs humanitaires ont, en tout état de cause, vocation à vendre aux journalistes leur organisation et leurs besoins tels qu’ils les perçoivent.”
Le grand succès du “French doctor” a consisté à théoriser (avec l’aide de l’avocat en droit international Mario Bettati) le fameux droit d’ingérence, consistant à passer outre à la souveraineté d’un Etat pour intervenir partout où il y a crise humanitaire, et à le faire codifier par la résolution 43/131 de l’ONU. Sa mise en application a eu quelque chose de sournois : elle appelle à une intervention en cas de “catastrophes naturelles et situations d’urgence du même ordre”.[…] La résolution a rendu la souveraineté nationale conditionnelle et s’est traduite par une militarisation croissante de l’humanitaire.
Kouchner ou l’ambiguïté à la française, LONDON REVIEW OF BOOKS (extraits), dans courrier International 1er au 19 août 2009

En lire plus : Courrier international

A lire, à voir aussi :
Forum humanitaire mondial : vers la mise en œuvre du nouveau concept mondialiste de « déplacés climatiques »

Ailleurs sur le Web :
MICHEL COLLON: KOUCHNER, LE VRAI ET LE FAUX PARTIE 1 (vidéo)
MICHEL COLLON: KOUCHNER, LE VRAI ET LE FAUX PARTIE 2 (vidéo)

Novopress.info
Partager cet article
bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark
Novopress.info

Articles liés

Politique Les derniers articles