Dans notre série spécial « été à Avignon », aujourd’hui nous nous penchons sur deux spectacles qui ont retenus notre attention.
« Cauchemars du gecko », un texte de l’auteur malgache Raharimanana mis en scène par Thierry Bedard. Un texte elliptique, peu clair et une mise en scène sommaire pour imager les fractures et incompréhensions entre le Nord et le Sud…Le tout mixé avec un peu de musique, ces passages du coq à l’âne (aide au développement, attentats du 11 Septembre…) ne manqueront pas de ravir les amateurs de grand théâtre.
Avouez donc, cela vous fait follement envie. Mais vous hésitez encore, car une autre production a retenue votre attention: « Ticket ». Ce voyage sans concession (de Jack Souvant), radicalement anticonformiste vous plongera dans l’enfer de la clandestinité. Pas de salle pour ce spectacle: le spectateur a rendez-vous sur l’îlot Chapiteau, de l’autre côté du Rhône. En chemin, il est pris en charge par King Phone, un passeur dont la mission est de guider le groupe jusqu’à un camion pour traverser la frontière. On se baisse, on court à travers la forêt pour rejoindre deux Russes à qui il va falloir remettre ses papiers. Puis, on se retrouve enfermé dans la remorque d’un camion, sans lumière, dans une moiteur et une chaleur étouffantes. Le camion roule, une jeune femme noire craque, elle veut tout arrêter. A elle aussi, on lui a fait miroiter la vie en Europe, le travail, l’argent. Le groupe est découvert.
Mais n’oubliez-pas: la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale…