08/07/2009 – 12h00
PARIS (NOVOpress) – Le journaliste Jean-Pascal Couraud, surnommé JPK, disparaissait à Tahiti dans des conditions mystérieuses le 15 décembre 1997. Selon certains témoignages, il enquêtait sur des transferts de fonds suspects entre une grosse entreprise polynésienne, dirigée par un certain Robert Wan, et un présumé compte en banque détenu au Japon par Jacques Chirac.
La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a confirmé son avis défavorable à la déclassification de trois documents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) qu’elle a examiné le 4 décembre 2008, concernant tous la disparition du journaliste. Ces trois documents resteront donc « secret défense », à l’abri des investigations des journalistes.
La quasi-totalité des quelque 140 avis de la CCSDN ont toujours été suivis par les autorités concernées (Elysée, Matignon, ministères). Le ministre de la Défense Hervé Morin a décidé de suivre cet avis, a-t-on indiqué à son cabinet. Six autres documents se rapportant à la même affaire avaient déjà été examinés par la CCSDN et en revanche déclassifiés par décision du ministre.
Un premier avis (du 2 octobre 2008) de la CCSDN était favorable à la déclassification de 16 documents sur les 17 saisis le 4 juin 2008 au siège de la DGSE. Un deuxième avis (4 décembre 2008) était favorable à la déclassification de 11 documents et à la déclassification partielle de deux documents mais défavorable à la déclassification des 13 autres documents de la DGSE.
Après la disparition du journaliste, le tribunal de Papeete avait d’abord conclu au suicide et prononcé un non-lieu en octobre 2002. Mais l’enquête avait été rouverte en 2004 après le témoignage d’un ancien membre du Groupe d’intervention de la Polynésie (GIP, service d’ordre personnel de l’ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, un proche de Jacques Chirac), affirmant avoir assisté à l’assassinat de M. Couraud par des membres du GIP, avant de se rétracter.
En décembre 2004, la famille du journaliste a déposé plainte contre X avec constitution de partie civile pour assassinat et complicité. En mai 2006, M. Chirac avait démenti « catégoriquement » avoir jamais possédé un compte au Japon, estimant que ces « allégations » étaient « à rattacher à une campagne de calomnies » lancée avant la présidentielle de 2002. Il n’empêche que les Chirac se sont de très nombreuses fois déplacés vers l’archipel nippon, alimentant les rumeurs de « voyages d’affaire » du couple présidentiel.
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