Attentat de Karachi : le président de la République pourrait être impliqué dans un scandale hors norme

Sarkozy 329/06/2009 – 21h00
PARIS (NOVOpress) –
L’enquête sur l’attentat dans lequel 11 ingénieurs français avaient trouvé la mort en mai 2002 à Karachi s’oriente désormais vers un contentieux mafieux entre l’Etat pakistanais et certains hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy et plusieurs de ses proches. La piste de l’attentat « islamiste » impliquant al-Qaeda avait dû être abandonnée, faute d’éléments tangibles.

Lors de la vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994, le gouvernement français s’était engagé à verser des commissions à des officiels pakistanais. A charge pour ces derniers de reverser une part de ces sommes à des hommes politiques français, sous forme de « rétro-commissions » occultes. Un mécanisme classique dans la classe politique hexagonale, puisqu’il a déjà été à l’œuvre lors du scandale des frégates de Taïwan qui avait éclaboussé la gauche.

Pour les juges antiterroristes français, c’est l’arrêt du versement de ces commissions qui aurait décidé Karachi à « donner une leçon » à Paris en ordonnant le massacre de nos onze ingénieurs, tous salariés de la Direction des constructions navales (DCN), la société qui a construit les sous-marins.

« Peu après ma nomination au ministère de la Défense, en 1995, Jacques Chirac m’a demandé de passer en revue les différents contrats de ventes d’armes en cours et de stopper le versement des commissions pouvant donner lieu à des rétrocommissions. C’est ce qui a été effectué : chacun d’entre eux a fait l’objet d’une expertise particulière », a affirmé M. Charles Millon à Paris-Match le 24 juin. Le président nouvellement élu aurait en effet craint qu’une partie de ces rétro-commissions n’aient servi au financement de la campagne de son rival malheureux Edouard Balladur, dont le directeur de campagne était alors un certain Nicolas Sarkozy, à l’époque également ministre du Budget, qui avait donc la haute main sur les commissions déclarées auprès de l’administration des douanes pour y être défiscalisées. A ce titre Nicolas Sarkozy pourrait donc, pour le moins, avoir eu connaissance de ces fameuses « rétro-commissions » et de ses bénéficiaires.

Invité ce dimanche du Grand Jury LCi-RTL, Edouard Balladur a vivement contesté la thèse du financement politique occulte. « Mes comptes de campagne ont été établis, déposés, contrôlés et validés par l’organe compétent à cet effet » a protesté l’ancien premier ministre, qui dénonce « l’absence de preuves ». Le nom de l’actuel président de la République est plusieurs fois cité dans le dossier des juges anti-terroristes, en compagnie de ceux de plusieurs membres de son « premier cercle », dont Brice Hortefeux, Jean-François Copé, et l’ex-secrétaire adjoint de l’Elysée François Pérol.


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