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Laïcité : les fonctionnaires bien armés… face au bénédicité

Le Figaro reprend sans sourciller les exemples du « livret de formation » des fonctionnaires à la laïcité : « Que faire face à « des élèves qui demandent la non-mixité d’un cours de sport, un collégien qui refuse de visiter une cathédrale au prétexte qu’il est juif, un écolier qui récite le bénédicité à la cantine ? ».

Où et quand un prof a-t-il jamais été confronté au cas d’un enfant récitant à voix haute sa prière avant le repas ou à celui d’un jeune juif s’accrochant au fauteuil du car pour ne pas mettre un pied dans une église ? On veut la date et le lieu.

Valeurs République Laïcité« Que feriez-vous face à ces cas problématiques ? », interroge le livret Valeurs de la République et laïcité dont le premier souci est surtout de ne pas froisser nos frères musulmans. Car c’est bien connu et on le voit sans arrêt partout autour de nous, toutes les religions sans exception posent problème : les catholiques, les juifs, les bouddhistes et surtout les sikhs avec leurs grands turbans qui vous empêchent de voir le film au cinéma.

Pour ne pas laisser les fonctionnaires seuls avec « un certain nombre d’angoisses », le ministre de la Fonction publique Annick Girardin a décidé que la « formation initiale à la laïcité » deviendrait obligatoire pour tous les agents de la fonction publique. Après les attentats de 2015, le ministère pensait que toutes les collectivités allaient réclamer d’eux-mêmes ces stages de formation pour leurs agents. En fait non… Beaucoup de maires ont trouvé le programme tellement mal fait, hypocrite et dérisoire qu’ils n’en veulent pas. D’autres sont tellement engagés dans une logique clientéliste avec la communauté musulmane qu’ils ne veulent plus ou ne peuvent plus reculer.

Quand on se penche sur le déroulé de ces stages à base de « rappels historiques », « quiz d’auto-positionnement » ou « jeux de rôle », on s’aperçoit que les agents viennent tous pour des difficultés de la même origine mais le mot d’islam n’est jamais cité : une maîtresse de maternelle confrontée à une mère qui refuse que sa fille soit déshabillée pour la sieste, au nom de sa religion : « Elle portait trois collants en juillet ! » Des nourrices voilées, payées par la municipalité, qui accueillent les enfants dans une ambiance d’école coranique, une responsable de colonies de vacances face à un animateur qui fait le ramadan et qui doit conduire un bus rempli d’enfants.

« Je sais que je ne dois pas lui parler du ramadan » bredouille la stagiaire. « J’lui glisse : T’as bien dormi ? » Et vous savez quoi ? Il répond « oui » et il monte dans le bus avec vos enfants. Les stages de laïcité ça marche !

Caroline Parmentier

Article et dessin de Chard parus dans Présent daté du 9 mars 2017
sous le titre « Armés face au bénédicité »