Slogans fétiches au FN : Du «Un million d’immigrés = un million de chômeurs» à «On est chez nous!»

11/02/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Invitée de L’Emission politique sur France 2, Marine Le Pen a convaincu 41% des téléspectateurs. Pour Jérôme Fourquet, qui dirige le département «Opinion & stratégies d’entreprise» de l’Ifop, la candidate du FN peut encore amplifier sa dynamique.

Compte-tenu des difficultés dans lesquelles se débat actuellement le candidat de droite, Marine Le Pen peut espérer consolider voire amplifier cette dynamique et voir son score progresser encore de quelques points au premier tour. Une avance nette au premier tour lui donnerait assurément un élan supplémentaire pour le second tour. Et si elle devait affronter Emmanuel Macron, elle pourrait bénéficier de l’apport d’une partie de l’électorat de François Fillon. Néanmoins ces deux éléments ne sembleraient pas à ce jour (mais il faut à ce stade rester prudent car la situation créée serait inédite) suffisants pour la propulser jusqu’à 50%. Le fameux plafond de verre serait toujours présent.

Même si l’hypothèse d’une victoire n’est pas donc pas à ce jour probable, deux points doivent toutefois être soulignés. D’une part, bien que partant d’un socle de premier tour déjà très élevé (26%), Marine Le Pen bénéficierait d’une «capacité d’allonge» importante car elle prendrait 11 points d’un tour à l’autre, ce qui est tout à fait significatif dans le cadre d’une présidentielle. Et d’autre part, bien que demeurant éloigné de la victoire, le niveau qu’elle atteindrait (37%) serait deux fois plus élevé que celui enregistré par son père en 2002 face à Jacques Chirac (18%) ce qui en dit long sur la dynamique et l’enracinement de l’influence du FN dans la société française ces dernières années.

Jérôme Fourquet évoque aussi le changement de slogan fétiche des frontistes qui sont passés du «un million d’immigrés = un million de chômeurs» dans les années 80 et 90 à «On est chez nous!» :

Une part croissante des populations européennes et américaine estime être du côté des perdants de la mondialisation et se sent abandonnée sur le bord de la route comme un objet devenu soudain obsolète et inutile. A cela s’ajoute, la poursuite des phénomènes migratoires qui nourrissent l’insécurité culturelle et le sentiment de ne plus reconnaître son propre pays. D’où le retour en force de la thématique de la frontière (que l’on pense à la campagne de Sarkozy en 2012 d’inspiration buissonnienne ou au mur de Trump à la frontière mexicaine) et le changement de slogan fétiche des frontistes qui sont passés du «un million d’immigrés = un million de chômeurs» dans les 80 et 90 à «On est chez nous!», qui prend acte de la transformation de l’immigration économique en une immigration de peuplement, avec toutes les conséquences que cela implique.