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Dhimmitude Française

06/10/2016 – FRANCE (NOVOpress avec Les 4 vérités)

Le mot dhimmitude a été forgé par mon amie Bat Ye’or, l’une des plus grandes spécialistes mondiales de l’islam.

Le mot désigne la condition et le comportement des non-musulmans qui se placent dans une attitude de soumission à l’islam, et qui intériorisent leur statut dans le cadre de l’islam, celui de mécréants, d’êtres inférieurs se devant, pour être épargnés, de parler comme s’ils prenaient des vessies pour des lanternes et d’agir en rasant les murs et en courbant la tête.

La dhimmitude est l’attitude de la quasi-totalité des dirigeants français aujourd’hui, mais aussi celle de la quasi-totalité des journalistes, des enseignants et des gens travaillant dans les secteurs culturels.

Les exemples qui pourraient permettre de le montrer sont si nombreux qu’un article ne suffirait pas pour les énumérer tous.

Les plus flagrants concernent la « déradicalisation » : un centre de « lutte contre l’endoctrinement islamiste » a ouvert, voici peu, en Indre-et-Loire, et porte le nom grotesque et pompeux de « Centre de prévention et d’insertion par la citoyenneté ».

Comme ses prédécesseurs, ce centre ne servira à rien, pour une raison très simple dont j’ai déjà traité ici. Un « musulman modéré » est un mauvais mu­sulman, un musulman occidentalisé. Un bon musulman est un musulman qui applique les préceptes du coran à la lettre, comme le coran l’exige, et vouloir exercer une prévention en disant qu’un bon musulman français doit respecter la laïcité n’a aucun sens. Un bon musulman ne doit pas respecter la laïcité.

Vouloir insérer des musulmans par la citoyenneté n’a pas da­vantage de sens. Un bon musulman est membre de la oumma, communauté des croyants, et n’a que faire de l’insertion et de la citoyenneté.

S’il considère que l’islam est attaqué, il peut pratiquer la taqiyya, le mensonge défensif, et dire que, oui, bien sûr, il va s’insérer et être un bon citoyen, jusqu’au moment où il n’aura plus à mentir.

L’argent consacré à la « déradicalisation » est de l’argent gaspillé : les socialistes sont ex­perts en termes de gaspillage de l’argent des contribuables, et ex­perts aussi dans la tenue de discours censés faire prendre des vessies pour des lanternes.

Ils sont des compagnons de rou­te de l’avancée de l’islam dans les sociétés occidentales.

Ils sont donc dans leur rôle.

Mais, quand un institut qui se dit libéral se comporte selon les règles de la dhimmitude, c’est un peu plus inquiétant.

C’est ce que vient de faire l’Institut Montaigne en publiant un rapport sur l’islam en France.

Le rapport en question commence très mal, en sous-estimant délibérément le nombre de musulmans en France, et en le situant entre trois et quatre millions de personnes.

Les statistiques par religion étant interdites en France, le chiffre exact n’est pas connu, mais les services de renseignement étrangers donnent des chiffres qui sont le double de ceux donnés dans le rapport. Les sondages figurant dans le rapport, si on les considère exacts, sont autant de signaux d’alarme, mais ne semblent pas alarmer l’auteur du rapport.

Le fait que 28 % des musulmans français veulent l’application de la charia et la considèrent supérieure au droit occidental ne peut en aucun cas être pris comme un élément positif.

Le fait que 60 % d’entre eux soient favorables au port du voile à l’école ne peut pas non plus être pris pour un élément positif.

Ces faits signifient que 28 % des musulmans français sont de bons musulmans, car tout bon musulman doit vouloir l’application de la charia et doit la considérer comme supérieure au droit occidental, et qu’un nombre plus élevé de musulmans français est à même de rejoindre les rangs des bons musulmans.

Les praticiens de la dawa (invitation ressemblant à une offre qu’on ne peut refuser) ont encore du travail à faire. Ce n’est pas ce que dit le rapport, bien sûr.

Le rapport propose néanmoins des « solutions » : « construire un islam français », le doter de « ressources financières », « dé­velopper la connaissance sur l’islam »…

On peut noter que l’auteur du rapport n’est pas un dhimmi : il est musulman. J’aurais tendance à dire qu’il pratique la dawa, mais je craindrais de passer pour « islamophobe » dans un contexte de dhimmitude…

Guy Millière