daesh-is-isis-terror-islamischer-staat-kaempfer

Une trentaine d’anciens soldats de la Bundeswehr dans les rangs de Daech

Il fallait s’y attendre. A son tour, l’armée allemande fait face à de plus en plus de cas de radicalisation. D’après une enquête, le Militärische Abschirmdienst (MAD), l’équivalent allemand de la DPSD, a identifié 29 anciens militaires s’étant rendus en Irak ou en Syrie pour rejoindre l’Etat islamique.

Une fois leur contrat terminé ou après avoir été renvoyés, justement pour des problèmes d’extrémisme religieux, ces anciens de la Bundeswehr, dont plusieurs sous-officiers, ont profité de leur formation aux armes pour aller renforcer Daech. Ainsi, depuis 2007, 320 soldats soupçonnés de radicalisation ont été mis sous surveillance par le MAD. Parmi eux, 65 font toujours l’objet d’une enquête et 22 ont été classés comme « islamistes radicaux ». 17 d’entre-eux ont d’ores et déjà été renvoyés, les 5 restants sont arrivés au terme de leur contrat.

Outre ces cas d’anciens militaires reconvertis dans le jihadisme, la Bundeswehr craint également que les islamistes radicaux qui sont encore sous l’uniforme ne servent de recruteurs pour l’organisation terroriste, ce qui permettrait à Daech d’infiltrer l’armée allemande. Pour Hans-Peter Bartels, commissaire parlementaire pour les forces armées, « la Bundeswehr peut être attrayante pour les islamistes cherchant à se former au maniement des armes ».

Si l’état-major considère que ces cas de radicalisation ne sont pas le problème principal, ils demeurent malgré tout « un danger réel qui doit être pris au sérieux ». Pour y faire face, dans un premier temps, la Bundeswehr entend mettre en place des « filtres » permettant de vérifier l’identité de ses recrues. Un système qui existait déjà mais ne concernait que les militaires ayant accès à des documents confidentiels.

Christopher Lings

Extrait d’un article publié dans Présent n° 8590 daté du 19 avril 2016