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Intégriste et fraudeur, mais pas expulsé ?

Source : Boulevard Voltaire

Khattabi – interdit de prêche à celle de la Paillade – l’aura, sa grande mosquée. La preuve : 45.000 euros ont déjà été récoltés.

« Il n’y a pas un prêcheur de haine en France qui a vocation à rester en France », déclarait solennellement Bernard Cazeneuve, en juin 2015. Eh bien, si : Mohamed Khattabi ! Qui est aussi un « fraudeur et un tricheur », comme le dénonçait le préfet de l’Hérault, en décembre 2015, dans Le Figaro.

Non seulement cet imam destitué, en 2014, au bout de dix ans, de ses fonctions à la mosquée La Paillade de Montpellier pour cause de discours incompatible avec les « valeurs républicaines » continue de prêcher dans un hangar connu pour s’appeler « mosquée Aïcha », mais il vient juste d’être requis, contre lui, six mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve pour « recel de fraude aux allocations, travail dissimulé et blanchiment ». Pour sa femme et mère de quatre de ses enfants, c’est trois mois avec sursis pour « fausse qualité de parent isolé ». Un petit air de polygamie dans l’air, chez Khattabi ?

Faux, ils ne vivent pas sous le même toit ! Nadia Mallem, « elle vient, elle s’installe, elle repart, c’est très irrégulier », témoigne Mohamed. Un imam venu au tribunal en djellaba adepte de modernité, qui l’eût cru ? Pas la Caisse d’allocations familiales (CAF), en tout cas, qui a évalué les sommes indûment perçues à 20.000 euros. En outre, le préfet Pierre de Bourquet l’accusait aussi de percevoir l’allocation « adulte handicapé, alors qu’il ne l’est pas ». La raison pour laquelle, sans doute, à l’audience, ce sombre personnage de 53 printemps s’appuyait ostensiblement sur une canne… Sentence sera rendue le 18 mai 2018.

Et le clou : il n’est pas français ! Monsieur Khattabi est canado-marocain. Ah, il peut l’exhiber, sa carte de séjour renouvelée vingt fois depuis vingt ans par la France, cette bonne mère, alors qu’il est persona non grata au Canada ! Pour quelle raison le gouvernement n’a-t-il pas déjà expulsé manu militari cet imam étranger fraudeur qui « symbolise l’islam dont on ne veut pas dans ce pays », dont « les paroles de haine contre notre mode de vie » risquent d’influencer les jeunes, toujours selon le préfet sus-nommé ?

À cause de l’amitié, peut-être. À tu et à toi avec Philippe Saurel, le maire de Montpellier, qui lui doit une partie de sa victoire, en mars 2014. Très reconnaissant, le maire : Khattabi – interdit de prêche à celle de la Paillade – l’aura, sa grande mosquée. La preuve : 45.000 euros ont déjà été récoltés. Quoi d’autre ? L’amitié, peut-être encore, entre Manuel Valls et le maire en question, décoré par ses soins de la Légion d’honneur,en décembre 2014, soit neuf mois plus tard…

Récapitulons : l’État garde sur son territoire un étranger condamné pour l’avoir volé ; l’État héberge un imam, étranger qui, le 13 novembre 2015, jour des attentats, dans son prêche à la mosquée soutient « les moudjahidines ». Enfin, l’État ne trouve rien à redire à ce qu’un fraudeur, imam, étranger, déclame, enflammé : « Le Coran est notre identité, notre hymne, notre Constitution. ».

« Nous avons décidé d’être intransigeants » [envers les imams radicaux], déclarait Manuel Valls, en 2012. « S’il est étranger, il sera expulsé, je le fais systématiquement », renchérissait Bernard Cazeneuve, en 2015. Et depuis, combien d’autres spécimens comme Mohamed, à être toujours là ? Hein, combien ? On n’ose pas le savoir..

Caroline Artus