Chard Présent 8585

Le président de Civitas minimise les menaces terroristes contre son association

Le parquet fédéral belge a révélé que Mohamed Abrini (arrêté vendredi) également impliqué dans les massacres du 13 novembre, projetait de commettre de nouveaux attentats en France. Prise de court par l’arrestation d’Abdeslam, la cellule djihadiste a finalement décidé dans l’urgence de frapper Bruxelles. Dans l’ordinateur d’Abrini la police a retrouvé un fichier qui contenait des cibles détaillées des djihadistes : le grand centre commercial Les Quatre Temps du quartier d’affaires de la Défense et l’association catholique Civitas. Alain Escada réagit à chaud pour Présent.

— Savez-vous pourquoi Civitas est visé par les islamistes ?

— Si je voulais vous répondre un peu sur le ton de la plaisanterie, je dirais que cela signifie que nous incarnons pour l’opinion publique l’emblème de la véritable chrétienté. Nous avons évidemment une visibilité dans l’affirmation catholique et peut-être que cela nous donne plus d’audience et d’importance aux yeux des islamistes que d’autres mouvements. Mais, objectivement, je relativise. Car si plusieurs médias ont relayé cette affirmation du Parquet fédéral belge, dans les faits nous n’avons eu aucune confirmation ni infirmation.

— Avez-vous reçu des menaces ?

— Ni menaces ni contact avec la police, ou avec un quelconque service ni organe officiel, qu’il soit français ou belge. Seuls des journalistes m’ont contacté.  

 — Bénéficiez-vous d’une protection ?

 Absolument pas. Il n’y a eu aucune proposition en ce sens. Je relativise beaucoup l’information. Je pense que faire sauter la boîte aux lettres de notre association ne relève pas d’un fait de guerre particulièrement attractif pour les djihadistes puisqu’en l’occurrence notre siège n’est jamais qu’un siège administratif avec des boîtes aux lettres.

— En somme, vous êtes plus menacé par le fisc que par Daech ?

— Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneurs ! Je remarque que nous intéressons aussi bien le fisc, Bercy, la franc-maçonnerie qui est à l’origine de la demande faite au fisc de nous redresser sévèrement que l’Etat islamique. Je m’étonne qu’ils accordent plus d’importance à Civitas qu’à imaginer le gouvernement comme une meilleure cible ! Je trouve curieux aussi que les deux seules cibles citées soient un grand centre commercial de la Défense et une association comme Civitas qui, soyons honnêtes, n’est quand même pas un organisme si important que cela pour faire l’objet d’un retentissement international.

Propos recueillis par Caroline Parmentier

Interview  parue dans Présent n°  8585 daté du 12 avril 2016