Eric Zemmour et les Panama Papers : « Les élites ont fait sécession »

05/04/2016 – PARIS (NOVOpress) : Ce matin sur RTL, Eric Zemmour a réagi à la publication des « Panama Papers ». D’abord avec amusement : « La vie est cruelle. On fait des efforts pour sortir du lot. Pour être riche et célèbre. Pour réussir sa vie, selon les canons de l’époque. Et puis un jour, on s’aperçoit qu’on n’est qu’un raté, qu’un zozo, qu’un minable, un moins que rien. On n’ose pas rentrer chez soi. On a peur du regard de sa femme, de ses enfants. Peur de leur avouer la triste réalité : non, on n’a pas de compte au Panama. […] Celui qui à cinquante ans n’a pas de compte au Panama a raté sa vie. »

L’entame est amusante, le plat de résistance est féroce : car au fait, « pourquoi Panama et pourquoi pas le Delaware ? Pourquoi les copains de Poutine et pas les copains de Wall Street d’Obama ? Pourquoi le Syrien Assad et pas le Turc Erdogan ? Pourquoi Platini et pas Zidane ? Pourquoi Lionel Messi et pas Cristiano Ronaldo ? Qui instruit ? Qui vérifie ? Qui condamne ? Qui alerte et qui est alerté ? »

En 1892, déjà, la IIIe République avait vacillé face au scandale de Panama. « Mais à l’époque, c’était de la corruption traditionnelle, à l’ancienne. Depuis, les élites ont fait de gros progrès. Elles se sont internationalisées, mondialisées […] Comme l’avait prédit Christopher Lasch dans son livre La Révolte des élites, elles ont pris le large. De leurs pays et de leurs peuples. Elles sont devenues des citoyens de monde. Les paradis fiscaux, c’est leur paradis. Un lieu idyllique, sans impôt, car l’impôt est historiquement l’acte de naissance des nations. […] C’est le fondement de la solidarité nationale et le fondement de la démocratie puisque les représentants du peuple votent l’impôt. »

Eric Zemmour conclut, assassin : « Les élites mondialisées, comme disait Chevénement, ont fait sécession, élites politiques, économiques, financières, sportives mais aussi mafieuses, venues des pays démocratiques comme des dictatures. Un monde à part, un monde dans le monde, qui vit sa propre vie, avec ses codes, ses relations, ses valeurs, loin des peuples – ces graines de populistes –, loin des lois, loin des administrations fiscales, dans le temps toujours béni de la mondialisation heureuse… »

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