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La Lufthansa, solution-miracle au problème des immigrés ?

Source : Boulevard Voltaire

Pour les immigrés, finies les traversées hypothétiques et les noyades en mer !

C’est fou, à quel point les dirigeants européens sont pauvres en pensée. Le problème des immigrés leur passe vraiment au-dessus de la tête. Au-dessus de la tête ? Mais la voilà, bon sang, la solution miracle. Pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? Pourquoi avoir toujours les yeux rivés sur la mer puis sur le sol ? C’est quelque chose, ça : il y a le ciel, quand même !

Chacun sait que l’Allemagne, sous la direction de Notre Dame des Affligés Angela, tourmentée par le souvenir du massacre en 1905 des Héréros et des Namas dans l’actuelle Namibie, de celui des civils belges et français pendant la Première Guerre mondiale et, évidemment, par le souvenir de la barbarie nazie, traverse aujourd’hui une profonde crise de mysticisme.

Ayant depuis longtemps préféré la mort à la vie, elle ne fait plus d’enfants ou si peu. Seulement la vie, le patronat allemand, lui, il en a besoin. Certes, il a pour lui les lois dites Hartz pour s’engraisser, mais sans nouvelle chair fraîche, c’est la sienne qui est sérieusement menacée. Alors, Notre Dame des Affligés, ne se référant qu’à Dieu, oubliant que Celui-ci avait d’autres ouailles, notamment européennes, est venue à son secours en ouvrant sa porte. Sûr, l’Allemagne va rester la quatrième puissance économique mondiale. Mais, faisant des immigrés sa solution, elle en a fait, dans son égoïsme, le problème des autres. Il ne revient donc désormais qu’à elle de l’assumer. « Aide-toi et le ciel t’aidera », dit-on. Or, le ciel, justement, pour les Allemands… c’est la Lufthansa !

En 2015, cette compagnie aérienne a transporté 107,7 millions de passagers. Il lui est donc possible de transporter aisément les quelques centaines de milliers d’immigrés qui s’agglutinent encore aux portes de l’Europe. Les Allemands, qui ont le sens du commerce, pourront demander à chacun d’eux la somme modique de 10 euros. Ce ne sera pas la mer Égée à boire ! Il leur suffira de rouvrir l’aéroport d’Ellinikon (Ελληνικόν) à Athènes, qui avait d’ailleurs été inauguré par les nazis en 1938, et à y entreprendre, sans trop de frais, quelques simples travaux de rénovation. Ils pourront alors faire passer les immigrés… au-dessus de la tête des États qui assument aujourd’hui les conséquences de leur irresponsabilité.

Pour les immigrés, finies les traversées hypothétiques et les noyades en mer ; les longues et épuisantes pérégrinations sur les chemins boueux et froids des Balkans ; les barbelés hongrois, macédoniens, croates, slovènes et, désormais, autrichiens. Pour les Européens, l’espace Schengen retrouvera sa belle vigueur et tous entonneront en chœur l’Hymne à la joie composé… par un Allemand (Beethoven) sur le poème d’un autre Allemand (Friedrich von Schiller). La démocratie sera préservée. Il n’y aura plus toutes ces crapules de passeurs, mais un seul, universel et altruiste comme le bon Dieu : la Lufthansa, donc. Et l’Allemagne -qui se sera alors enfermée, bien sûr, dans ses frontières – crâneuse pourra dire : « Moi seule, j’ai réglé le problème des immigrés ! » L’Europe entière acquiescera, lâchant, admirative : « Cette Merkel, quand même, ça, c’est une dirigeante ! »

Philippe Arnon