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Radicalisation d’une communauté

09/03/2016 – SOCIÉTÉ (NOVOpress)
La communauté musulmane de France se recroqueville sur elle-même. Malgré ce qu’en disent les déconstructeurs des nations modernes, les critiques légitimes du camp patriote ne sont pas responsables de ce constat.

Jamil Sayah, professeur de droit public à l’université Pierre Mendès France à Grenoble, expliquait dans une interview donnée au mensuel Objectif Rhône-Alpes l’importance du financement des lieux de culte musulmans par le biais des collectivités locales. Pour lui, l’enjeu financier étant tellement important et lié à des intérêts étrangers, qu’il serait urgent que la loi de 1905 soit révisée, car il reconnaissait et semblait timidement déplorer que « les musulmans de France cherchent de plus en plus à consommer en respectant les règles de l’Islam » et « qu’aujourd’hui, beaucoup d’immigrés se disent avant tout musulmans ».

Mais comment ce musulman laïc, peut-il nous faire croire que le financement des mosquées par le contribuable français permettrait à l’islam de mieux s’intégrer en France ? L’influence des pays étrangers sur la communauté musulmane de France diminuerait certainement, mais pour combien de temps ? Les frontières n’arrêtent pas les idées et encore moins la foi. Les Européens sont bien placés pour le savoir.

Les islamistes ont compris l’importance de durcir la politisation de l’Islam en France en créant un business répondant aux besoins et aux attentes des musulmans. Tout est prétexte pour faire de l’argent. Aziz Sahiri, ancien adjoint d’Alain Carignon, témoignait de cette dérive, dans les colonnes d’Objectif Rhône-Alpes : « les calendriers, les quêtes, les pèlerinages vers la Mecque, les morts, la viande hallal, les cours d’arabe… » servent bien souvent à enrichir des réseaux fondamentalistes. C’est une société parallèle qui s’installe chez nous, en toute liberté et en toute connaissance de cause.

Selon un sondage CSA-La Vie, datant déjà de 2006, nous apprenions que 51 % des musulmans de France se déclaraient déjà pratiquant et 88 % suivaient le ramadan alors qu’ils n’étaient que 60 % à déclarer jeûner en 1989 ! Pour les islamistes se sont autant de clients potentiels. Pour la France, c’est une communauté qui se replie sur elle-même, sur des coutumes qui nous sont profondément étrangères. Jean Sévilla nous mettait en garde avec son livre Historiquement incorrect : « numériquement, l’islam est la deuxième religion de France, en 2020, il pourrait atteindre 20 %, soit un habitant sur cinq. Ces musulmans de France adopteront-ils la culture nationale ou conserveront-ils les coutumes des sociétés dont l’islam est issu ? Sur la longue durée de l’histoire de France, ce n’est pas une évolution : c’est une révolution. »

Il serait grand temps de sortir de la doctrine aveuglante : « ni amalgame ni stigmatisation ». Notre société change avec la complicité de nos élites et jamais nous ne pouvons en parler librement. Que voulons-nous vraiment pour demain ? Il serait grand temps de se faire entendre.

Vincent Revel