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De la crise migratoire au Brexit : l’Union européenne en voie d’atomisation

Source : Boulevard Voltaire
Schengen n’est déjà qu’un vague souvenir. L’Euro s’effondre progressivement. Les nations libres s’imposent comme la solution d’avenir, la solution logique.

Le premier coup dur porté à la construction européenne fut le référendum volé de 2005. Une large majorité de Français avaient refusé le traité établissant une Constitution pour l’Europe, avant d’être trahie, peu de temps après, par Nicolas Sarkozy. Échaudés, les télégraphistes de Bruxelles (pardon, les gouvernants français) n’ont, depuis lors, plus présenté de référendum au peuple. Quand le peuple vote mal, on ne le fait plus voter.

L’Allemagne porte la responsabilité du démantèlement prévisible de l’Union européenne. En cause, sa politique égoïste et irresponsable dans tous les domaines : immigration, économie, défense et énergie. Quant à la France, elle est coupable de faiblesse. Soumis, les dirigeants français n’ont eu de cesse de faire des cadeaux à Berlin. Tout s’est accéléré sous la présidence de François Mitterrand, lequel, européiste acharné, craignait que l’Allemagne réunifiée ne se tourne irrémédiablement vers l’Est.

François Mitterrand a concédé à l’Allemagne la création d’un euromark, monnaie largement surévaluée pour les pays du Sud, dont le nôtre, et largement sous-évaluée pour l’Allemagne qui a pu, depuis lors, dominer économiquement tout le continent. Nos exportations en souffrent et nous sommes incapables de relancer notre économie avec un tel boulet attaché à nos pieds. Récemment, Aléxis Tsípras a piégé son peuple et s’est laissé piéger par le chantage des « eurobéats ». Angela Merkel aurait dû laisser la Grèce quitter la monnaie unique, qui ne lui sied guère et l’empêche de rebondir. Idem pour le Portugal et l’Espagne, qui ne peuvent se permettre un tel luxe. Idem pour la France et l’Italie, qui stagnent.

Pour alimenter en hommes son industrie prédatrice, prospérant sur un atout de compétitivité injuste qu’est l’euromark, l’Allemagne infertile a d’abord attiré les jeunes des autres pays d’Europe, notamment les Polonais, les Tchèques et les Hongrois. La maison de retraite allemande doit maintenant trouver sa main-d’œuvre bon marché ailleurs, hors de l’Europe.

Angela Merkel n’a aucune conscience identitaire, elle ne raisonne que sur des motifs économiques profondément égoïstes. Elle importe massivement de faux réfugiés qui peuvent librement circuler dans la zone Schengen, alors que certains pays, comme la France, ne peuvent plus se permettre d’accueillir une immigration de peuplement, faute d’avoir pu assimiler les précédentes vagues, et que d’autres pays, comme les membres du cercle de Visegrád, constatant les difficultés rencontrées par les pays qui ont consenti au multiculturalisme, refusent de se laisser dissoudre dans le néant des sociétés dites « plurielles ».

L’Union européenne germanique souffre d’un défaut de construction. Elle n’a pas de frontières extérieures, pas d’État et pas d’armée. Comment pourrait-elle alors maintenir une monnaie fictionnelle et une politique étrangère commune tout aussi fictionnelle ? Les bookmakers anglais donnent le « out » à 50/50. Il est possible que le Royaume-Uni s’échappe, alors qu’il a déjà en sa possession la plupart des éléments de souveraineté dont nous avons été dépossédés. Il est temps de redevenir acteurs de notre destin historique, plutôt que simples spectateurs de notre destruction. Il faut le souhaiter ardemment. Un « out » anglais donnerait un signal majeur. Les Français doivent cesser de se laisser intimider par des hommes politiques médiocres et des éditorialistes complices.

Schengen n’est déjà qu’un vague souvenir. Bientôt, les pays européens rétabliront leurs frontières pour se protéger de l’invasion en cours. L’euro s’effondre progressivement. Les nations libres s’imposent comme la solution d’avenir, la solution logique. L’Union européenne est un organisme de promotion du libre-échangisme le plus mortel. Non, les êtres humains ne sont pas interchangeables. Pour rester prospère, l’Europe doit divorcer de l’Union européenne.

Gabriel Robin