calais_la_jungle_reportage_bv_02

L’État refuse de vider la jungle de Calais

25/02/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Les associations mandatées par l’État pour intégrer les migrants ailleurs qu’à Calais souhaitent procéder, par leurs interventions, à l’assimilation des migrants en France. L’État poursuit en effet le but suivant : détruire le camp et déplacer ailleurs ses occupants. Les solutions qu’il propose s’incarnent dans des structures comme les Centres d’Accueil et d’Orientation, qui traitent les demandes d’asiles. Cependant, ce type d’association cherche à assimiler, mais traite au cas par cas et ne peut donc plus s’occuper du plus grand nombre. L’association de Vie Active, par exemple, ne distribue pas de repas en nombre suffisant.

La solution est-elle donc à chercher dans une amélioration des conditions de vie sur place, à Calais même ?
C’est la position que soutient Médecins sans frontières, pour qui l’urgence se trouve dans cette jungle du camp de Calais. Travaillant sur place, cette association explique que les solutions proposées par l’État ne sont pas les bonnes, car elles empêchent de s’occuper du plus grand nombre.
Pour y remédier, Médecins sans frontières est parvenu à obtenir sur place l’installation d’eau potable, un ramassage des déchets et l’installation de 90 toilettes sèches supplémentaires pour qu’il y en ait au moins une pour 20 personnes. Par ailleurs, chaque personne peut bénéficier d’une douche de 6 min tous les 3 jours. Ainsi, selon eux, ce n’est pas le démantèlement du camp ni la dissémination très progressive des migrants en France qui régleront le problème, mais bien plutôt de meilleures conditions de vie pour ces migrants qui attendent de passer en Angleterre.

Y a-t-il une véritable opposition entre l’État et ces associations qui travaillent sur place ?
Sans doute, leurs objectifs ne sont-ils pas les mêmes. Alors que Médecins sans frontières cherche à soigner l’urgence humanitaire du plus grand nombre, l’État, lui, sans s’y opposer, souhaite le démantèlement de ce camp junglesque et inhumain. Derrière, c’est l’idée d’une possible assimilation de cette population en France. Mais est-ce le cas ? Peut-on réellement intégrer et assimiler une population déracinée qui n’attend que de continuer son périple ? La question reste en suspens.