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Nouveau pas dans l’escalade en Syrie : la Turquie attaque l’armée régulière et les Kurdes

15/02/2016 – MONDE (NOVOpress)
En droit international, cela s’appelle un casus belli. L’armée turque a bombardé des positions de l’armée syrienne et du PYD, le parti de l’union démocratique kurde en territoire syrien

Cela fait plusieurs jours que la Russie le clame, la Turquie l’a reconnu ce week-end. L’armée turque effectue des bombardements sur le territoire syrien. Elle a visé samedi des cibles de l’armée régulière syrienne, officiellement en riposte à des tirs sur un poste militaire dans la région de Hatay (sud de la Turquie).

De plus, l’artillerie turque a bombardé des secteurs du nord de la province d’Alep que les Unités de protection du peuple kurde (YPG) ont récemment repris à des islamistes, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Une source au sein des YPG a indiqué à l’AFP que les bombardements avaient notamment visé l’aéroport militaire de Minnigh, repris le 10 février par les forces kurdes.
Situé à une dizaine de km de la frontière entre a Turquie et la Syrie, l’aérodrome de Minnigh se trouve entre deux routes importantes qui mènent de la ville d’Alep, deuxième ville du pays, à Azaz, plus au nord. Et le fait de le contrôler donne aux forces kurdes une base de départ pour de nouvelles offensives contre le groupe djihadiste État islamique (EI) plus loin en direction de l’est.

L’objectif d’Ankara paraît dès lors clair : briser l’encerclement des bataillons de l’État Islamique encore présents autour d’Alep et la fermeture de la frontière turco-syrienne, opérée conjointement par l’avancée de l’armée régulière et des forces kurdes du PYD.
Cet aveu Turc sur les bombardements en territoire syrien donne encore plus de crédit aux affirmations russes sur des mouvements de troupes turques vers la frontière syrienne, affirmations là encore datant de plusieurs jours.

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Incirlik, la grande base militaire du sud de la Turquie, déjà utilisée par l’US Air Force, va accueillir des avions saoudiens.

Tant la Turquie que l’Arabie Saoudite ont affirmé être prêtes à envoyer des troupes au sol, officiellement pour lutter contre le terrorisme, en réalité pour sauver leur créature (Daesh) du désastre annoncé. L’Arabie Saoudite a déjà commencé à envoyer des avions vers Incirlik, la grande base militaire du sud de la Turquie, déjà utilisée par l’US Air Force.

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Turcs et Saoudiens envisagent sérieusement d’intervenir au sol en Syrie. Ils se retrouveraient face aux alliés de Damas, l’Iran et la Russie.

La Russie a déjà prévenu que l’envoi de troupes turques ou saoudiennes constituera un casus belli… belle preuve de retenue, tant il est vrai que le bombardement d’une armée régulière par une autre en constitue déjà un.
La France et les États-Unis ont de leur côté exhorté Erdogan de cesser ses bombardements, rappelant à celui-ci qu’il est supposé avoir le même ennemi que les Kurdes du PYD – par ailleurs alliés des USA —, à savoir L’État Islamique. Pour Erdogan, cependant, l’ennemi est avant tout Kurde, tant au sein des ses frontières où ils subissent en ce moment même une répression sévère, qu’à l’extérieur.
Rappelons aussi que c’est dans ce contexte que notre supposé allié Turc utilise les « migrants » pour faire chanter l’Union européenne. Autant dire que les négociations de Munich, qui semblaient relancées la semaine dernière par l’accord entre la Russie et les États-Unis a du plomb dans l’aile. Au rythme où vont les choses, on s’estimera heureux s’il n’y a que lui.