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Tous les crocodiles ont pleuré l’« église » des « migrants »

09/02/2016 – FRANCE (NOVOpress)

Jamais une église n’avait tenu tant de place dans les gros médias. Pas un journal n’a manqué, la semaine dernière, de titrer sur « la destruction d’une église et d’une mosquée » dans la jungle de Calais, par ordre de la préfecture : et c’est immanquablement, de l’Humanité au Figaro la photo de ladite église, une grande croix au-dessus des décombres, qui a été choisie pour illustrer l’article.

Il fallait lire de très près pour découvrir, au détour d’une phrase, qu’il s’agissait d’une « église évangélique ». Or une « église évangélique », en français, cela s’appelle un temple. Le nom d’église est réservé aux lieux de culte catholiques ou orthodoxes, c’est-à-dire à des édifices consacrés, avec un autel sur lequel se célèbre le sacrifice. Ce n’est pas une chicane de théologie, c’est la définition du dictionnaire. Voyez le Trésor de la langue française : « église : édifice où les fidèles de la religion catholique ou orthodoxe se réunissent pour l’exercice du culte public ».

Un temple protestant, spécialement dans la tradition réformée à laquelle se rattachent les évangéliques, n’est en aucune manière un espace sacré, mais un simple lieu de réunion, au même titre qu’une salle de spectacle. « Il nous faut donner garde, avertit Calvin dans l’Institution de la religion chrétienne (livre III, chapitre 20), d’estimer les temples propres habitacles de Dieu (comme on a fait par longues années) et dont notre Seigneur nous prête l’oreille de plus près : ou que nous leur attribuions quelque sainteté secrète, laquelle rende notre oraison meilleure devant Dieu ». On a démoli dans la jungle de Calais, pour des raisons de sécurité, un baraquement où les clandestins se réunissaient pour pratiquer le culte évangélique : ils se réuniront ailleurs, voilà tout.

Présentée de cette manière, qui est la vraie, l’information, bien sûr, était moins susceptible de faire pleurer le bourgeois catholique. « Une mosquée et un temple », ça faisait moins d’effet. « Les défenseurs des migrants », complaisamment cités par les médias, ont donc pris soin de toujours parler d’« église ». Christian Salomé, « président de l’association l’Auberge des migrants », est allé jusqu’à prétendre en gémissant dans le Figaro qu’« il y avait encore une messe dans l’église hier ». Comme si les protestants évangéliques disaient la messe, qu’ils regardent comme une abomination !
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Que cette manipulation grossière ait fonctionné et que bon nombre de bourgeois catholiques aient dûment versé leurs larmes sur « l’église des réfugiés », à Radio Notre-Dame, dans les magazines pour chaisières et sur les réseaux sociaux, voilà qui n’étonnera pas ceux qui connaissent la jobardise de ce milieu, son inculture, y compris et d’abord religieuse, et aussi son snobisme : car manquer à pleurer sur les migrants, n’est-ce pas, ça fait peuple, ça fait vulgaire, ça fait beauf qui vote FN. Certains n’ont pas même craint de dénoncer un acte de « christianophobie » – selon le terme que ces gens ont cru subtil de forger, en s’imaginant qu’il aurait le même succès qu’« islamophobie » et qu’il les rendrait, eux aussi, intouchables.
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L’un d’entre eux – le même qui s’en était naguère pris à la crèche de Béziers comme une « provocation » au motif qu’elle n’était pas « traditionnelle » –, a recouru au procédé rhétorique toujours cher aux bourgeois qui veulent paraître pondérés, la fausse symétrie. Ceux qui s’indignent à « chaque dégradation d’église » auraient, à l’en croire, obligation de dénoncer « aussi celle-là ».
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Comme s’il y avait quelque parallèle à faire entre les profanations routinières de nos églises – qui sont, du point de vue catholique, un sacrilège et, du point de vue français, un saccage de ce que Barrès appelait « la physionomie architecturale, la figure physique et morale de la terre française » – et la démolition administrative d’un lieu de culte étranger non-autorisé. Et de quel culte ! On n’ira pas jusqu’à reprendre le mot de Joseph de Maistre : l’islam et le paganisme « sont des religions, et le protestantisme n’en est point une ». Il est du moins évident que le protestantisme évangélique, répandu à travers le monde à force de dollars par des réseaux américains, est absolument étranger à la tradition française. Le véritable scandale, c’est de voir les médias du Système se préoccuper tout à coup de la destruction d’une « église », au seul motif que cette prétendue église est celle des soi-disant réfugiés, et que cette pseudo-information – tout comme à l’inverse le silence de principe sur les dévastations que subissent tous les jours les sanctuaires de notre terre et les monuments de nos morts –, peut servir la propagande immigrationniste. Tout est sacré chez les envahisseurs, rien ne l’est chez les autochtones.

Flavien Blanchon