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Pour Jean-Luc Mélenchon, il faut en finir avec cette idée « inacceptable » de « Français de souche »

Source : Boulevard Voltaire
Jean-Luc Mélenchon ne voit-il pas que cet acharnement contre les mots « Français de souche » est à la fois profondément insultant et irrationnel ?

Benoît Hamon et 35 députés veulent profiter de la révision constitutionnelle pour remettre sur le tapis, à travers un amendement, le droit de vote des étrangers aux scrutins locaux.
Aussitôt, Jean-Luc Mélenchon a ouvert les volets et montré sa tête à la fenêtre comme un coucou alsacien, pour twitter : « Bravo @Benoît Hamon ! Il est temps d’en finir avec cette idée “inacceptable” de “Français de souche” ».

Dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon, les mots de « Français de souche » reviennent avec une régularité de métronome. Inutile de faire des statistiques, c’est l’homme politique qui les prononce le plus. Tous les prétextes sont bons, même les plus éloignés de la question. Ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage.
De la rage, en effet, avec en général deux variantes : le « Français de souche » n’existe pas ou – c’est ce qu’il tweete, aujourd’hui – l’idée de « Français de souche » est inacceptable.

Vous noterez les guillemets. Essentiels, les guillemets. C’est ce qu’avait expliqué doctement le socialiste Bruno Le Roux, sur BFMTV, pour justifier l’usage (qui avait beaucoup choqué) des mots « Français de souche » par François Hollande lors d’un dîner du CRIF : quand on met des guillemets, c’est que l’on veut dénoncer (en l’occurrence, lors de ce dîner, il s’agissait de souligner qu’une profanation dans un cimetière juif avait été perpétrée par des « Français de souche »), et indiquer que « cela » n’existe pas. Comment, sans exister, peut-on tenir la pioche et casser la pierre tombale ? Personne, visiblement, n’a souhaité approfondir la question.

Jean-Luc Mélenchon ne voit-il pas que cet acharnement contre les mots « Français de souche » est à la fois profondément insultant et irrationnel ?
Insultant parce que, s’il les récuse, c’est donc qu’il considère qu’être français depuis des temps immémoriaux est un avantage, une qualité, une supériorité dont il serait injuste que seuls certains puissent se prévaloir. Quand ce n’est qu’un fait. Une donnée généalogique. Et alors ? Être de vieille souche algérienne, camerounaise ou kurde serait donc moins flatteur ? Il y aurait moins de fierté à en tirer ? Qu’il aille donc l’expliquer aux intéressés, ils seront sûrement ravis. Faire disparaître le concept de Français de souche, c’est, si l’on retourne la chaussette, vouloir in fine effacer celui de Français fraîchement naturalisé. Serait-ce, pour « Jean-Luc Mélenchon », un sceau d’infamie ? Une sorte de casier judiciaire qu’il faudrait à tout prix effacer ?

Irrationnel parce que si Jean-Luc Mélenchon considère qu’ils ne recouvrent aucune réalité, si le « Français de souche » est un être fantasmagorique n’ayant pas plus d’existence que le monstre du Loch Ness, le yéti ou le fantôme de Michael Jackson, si le nom de famille que certains croient lire sur le monument aux morts est un tour que leur jouent leurs lunettes, si le registre paroissial de leur village est un fake et si leur grand-mère leur a raconté des craques, pourquoi s’user la santé ? La mystification tombera d’elle-même.

Les volets sont refermés, le coucou est rentré. « Jean-Luc Mélenchon » attend la prochaine occasion. Oui, je sais, je lui ai mis des guillemets. Selon Bruno Le Roux, il devrait donc, de facto, ne plus exister. On peut toujours essayer…

Gabrielle Cluzel
Écrivain, journaliste