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Libye : une situation préoccupante, mais pas d’intervention occidentale en vue

03/02/2016 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Alors que la situation ne fait qu’empirer en Libye et que l’État islamique renforce ses positions, les gouvernements semblent divisés sur la voie à suivre. Après Franco Roberti, procureur national de la Direction antimafia et antiterrorisme à Rome, Jean-Yves le Drian a évoqué dimanche dernier de possibles infiltrations djihadistes parmi les clandestins qui embarquent en Libye. Une intervention serait sérieusement à l’étude, ce que Laurent Fabius a catégoriquement infirmé hier. Cependant, des éléments des forces spéciales américaines, françaises et anglaises seraient sur le terrain « en reconnaissance ».

Pourtant, hier ne s’est-il pas tenu une grande réunion à ce sujet Rome ?
En effet, hier, le gouvernement italien a réuni à Rome les ministres des Affaires étrangères de la « coalition anti-EI ». La situation en Libye a été évoquée, mais uniquement pour aboutir à une impasse : il n’y aura aucune intervention occidentale tant qu’il n’y a pas de gouvernement légitime d’union nationale. Le défi est de taille dans un pays en proie à la guerre civile. Depuis l’intervention occidentale, en 2011, tout principe d’unité a volé en éclat, feu le colonel Kadhafi étant alors le seul à pouvoir faire coexister dans une même nation une mosaïque de près de 150 tribus et à faire de la Libye un pays prospère.

Comment sortir de cette impasse ?
Selon l’africaniste Bernard Lugan, une intervention en Libye est envisageable, car il existe une institution légitime : le Conseil suprême des tribus libyennes. Ce serait la seule institution capable de rétablir l’unité de la majorité des tribus libyennes. Cependant, les Occidentaux ne veulent pas en entendre parler. Ce forum s’est opposé à l’intervention de Sarkozy en Libye et, en septembre dernier, il a élu pour le diriger le fils aîné de Kadhafi, Seïf el-Islam, qui venait d’être finalement libéré par les Berbères. En outre, la Cour pénale internationale siégeant à La Haye a délivré un mandat d’arrêt afin de le juger pour crime contre l’humanité. La situation en Libye est un vrai casse-tête. Ce ne sont pas les débats qui auront lieu à ce sujet cet après-midi au Parlement européen, qui résoudront quoi que ce soit !